Cesse

Cesse meuse adm

Cesse est un petit village de vallée, peu boisé, présentant de nombreux vergers et jardins situés en hauteur, entourés de murs de pierre, rappelant son ancienneté.
Les forêts de Jaulnay et du Dieulet sont très proches. La Meuse, quant à elle, coule à un kilomètre du village.
Cette commune appartient avant 1821 au département des Ardennes et passe au département de la Meuse par la loi du 11 avril 1821.

Drapeau francais fond blancHistoire

Autres noms : Settia en 973.

Terre de France et non de Lorraine, Cesse dépend jadis de l’abbaye de Mouzon, d’où son rattachement au département des Ardennes jusqu'en 1821.
Cette appartenance à la France permet à la commune de posséder une perception dès 1664.
Le village souffre des guerres et des épidémies durant lesquelles les habitants ont le droit de se réfugier à l’abri des remparts de Stenay avec leurs bestiaux.
L’activité industrielle est importante au XIXème siècle.
Une sucrerie,  produisant du sucre de betteraves,  s’installe sous le Premier Empire. Elle possède en 1829 la première machine à vapeur du département, construite à Londres.  Elle est détruite par un incendie vers 1837.
Trois distilleries et surtout une brasserie existent déjà en 1775. Elle appartient successivement à Ponce en 1840,  à  Louis Laporte en 1841 et à Emile Simon en 1861. Elle ferme ses portes en 1866.
Le petit moulin fonctionne jusqu’en 1958.

La bataille de la Meuse : Les combats de Cesse et Luzy-Saint-Martin

Le 26 août 1914, la retraite des troupes françaises de Belgique commence. Cette retraite n’est pas une fuite, l’armée se retire méthodiquement, défendant pied à pied le terrain.
Les Allemands passent la Meuse au niveau de Remilly, Villers-devant-Mouzon et Martincourt grâce à des ponts improvisés.
Au matin du 26 août, les allemands attaquent les parties Nord et Est de la forêt de Jaulnay puis ils poussent une pointe par Cesse vers  la forêt de Dieulet.
Le 27 août 1914, les colonnes allemandes, sans cesse renforcées, tentent de franchir la Meuse, au niveau de Luzy et Cesse, avec des passerelles de fortune. Aidées par l’artillerie lourde, elles progressent à Inor, dans la région de Stenay et attaquent les bois de Jaulnay et de Dieulet.

L'attaque sur Luzy-Saint-Martin
Il a plu toute la nuit du 26 au 27 août. Les chemins sont devenus impraticables et les ornières se sont transformées en véritables cloaques. Dans la forêt, l’acheminement des troupes et du matériel s’avère extrêmement pénible.
Le 27 août, à 4h, le 3e bataillon du 4e Régiment d’Infanterie Coloniale qui surveille le débouché de la Meuse face à Inor, se replie derrière la position défensive organisée le long de la haie forestière Cesse-Pouilly, dans la forêt de Jaulnay.
À 6h, profitant du brouillard, l’ennemi traverse la Meuse à Martincourt par les ponts de bateaux jetés pendant la nuit et se lance en nombre à l’attaque de la forêt de Jaulnay par Luzy et Cesse. Les coloniaux contre-attaquent sous une fusillade et une canonnade nourries vers la crête qui surplombe Luzy. Non soutenus par l’artillerie, les bataillons piétinent. Vers 8h30, ils tirent sur l’infanterie et les pièces allemandes en position sur les pentes à l’Est de Martincourt.
Vers 9h, deux bataillons sont pris de flanc par les mitrailleuses ennemies installées à la corne Nord-Est de la forêt de Jaulnay. Deux compagnies sont envoyées en renfort à l’attaque de cette partie du bois. L’artillerie allemande placée au Nord-Ouest de Martincourt et sur les hauteurs de Cervisy arrose copieusement les coloniaux d’obus de tous calibres, rendant la progression vers la crête de Luzy extrêmement difficile.
Vers 10h, un bataillon est appelé pour appuyer l’attaque. La traversée de la forêt, d’Ouest en Est, se révèle très difficile par l’état détrempé du terrain. Après avoir neutralisé les mitrailleuses allemandes de la corne Nord-Est et repoussé l’ennemi vers Inor, les coloniaux progressent en direction de Luzy, protégés sur leur flanc et appuyés par l’artillerie, ils nettoient à la baïonnette le plateau de Luzy. Les pertes ennemies sont importantes.
Vers midi, malgré des pertes énormes causées par les tirs d’enfilade de l’infanterie et le feu des batteries allemandes, une compagnie réussit à atteindre la crête qui domine la Meuse. Pour protéger le repli de leurs troupes, les canons allemands forment un barrage à l’Ouest de Cesse et Luzy. Des tirs de contre-batterie français sont vainement mis en œuvre pour éteindre le feu des obusiers placés sur les hauteurs de Cervisy.
Vers 13h30, deux compagnies réussissent à pénétrer dans Luzy. Le village est alors inondé de balles et d’obus par l’ennemi. Les pertes en hommes et en officiers sont considérables. Les soldats se retirent sur le plateau, poursuivis par un déluge d’obus. Luzy est en flamme.

L'attaque sur Cesse
Le 26 août, un bataillon avance rapidement sous couvert du brouillard qui enveloppe la plaine. Pris de front par l’artillerie ennemie et de flanc par les mitrailleuses placées à la corne Nord-Est de la forêt de Jaulnay, il réussit à progresser jusqu’aux abords de Cesse où il se terre.
Vers 10h, l’attaque est lancée. Arrivé à mi-chemin entre le bois et Cesse, le bataillon est stoppé par les feux de l’infanterie ennemie placée à la lisière du village. Les renforts envoyés sont pris d’enfilade par les batteries ennemies vraisemblablement placées aux environs des casernes de Stenay. Plusieurs compagnies progressent sous le feu mais elles se trouvent rapidement en flèche à l’extrême droite des vagues d’attaque et se replient à proximité du village et vers les bois. Le plateau de Luzy et la plaine de Cesse sont jonchés de cadavres et de blessés des deux camps.
Cordonnier leonVers 15h, un groupe se porte sur Laneuville pour y appuyer une contre-attaque sur Cesse.
Vers 16h30, le feu est ouvert sur la lisière Est de Cesse et sur les pentes de la rive droite de la Meuse.
Entre 15h et 17h, assommés par les obus, fatigués par les attaques et contre-attaques successives et suspectant une reprise de la corne Nord-Est de la forêt de Jaulnay par l’ennemi, les soldats se replient par groupes, en désordre. Sur la route de Stenay à Beaumont, un barrage d’officiers et de gendarmes procède au tri des éléments mélangés et à la reprise en main des unités par leurs officiers. Le général Cordonnier (photo ci-contre à gauche), commandant la garnison de Stenay, se porte à la lisière de la forêt de Dieulet pour réconforter ses hommes et pour faire le point.

L'attaque de nuit
Le matin du 27 août, les différents généraux ont du mal à rassembler leurs hommes, à coordonner leurs mouvements et à se mettre d’accord sur la préparation de l’attaque. Il est plus de 19h et le jour commence à tomber quand l’assaut est enfin lancé avec quatre bataillons. Deux batteries positionnées à la cote 218, appuient de leur feu cette attaque et bombardent Cesse d’où s’élèvent des cris de terreur.
Ossuaire de brieullesIl fait maintenant nuit, les bataillons s’approchent du village. Ils sont fortement pris à partie devant les bastions de la voie ferrée, de la rue principale et du cimetière, que l’ennemi a considérablement fortifiés. Au cœur d’une mêlée indescriptible où toutes les unités sont mélangées, dans un environnement infernal de cris d’horreur et d’injures, de coups de fusil et d’éclatement d’obus, il devient difficile de faire la différence entre amis et ennemis. Dans cette confusion, il est évidemment impossible de continuer la mission sur Luzy et sur la passerelle de Stenay. Cesse est en feu et presque complètement détruit.
Toute la nuit du 27 au 28 août,  des éléments épars, au retour de l’attaque, errent dans la forêt de Dieulet. Ils se rallient au petit jour à la corne Sud-Ouest, près du ruisseau de la Wiseppe.
Monument marcel thomasUn grand nombre de soldats tués au cours de ces combats sont enterrés sur place, ils sont, plus tard, déplacés dans un ossuaire à Brieulles-sur-Meuse (ci-contre à droite).
Marcel Thomas, lieutenant au 72ème Régiment d’Infanterie est tué à la tête de sa section, au passage de la Meuse à Cesse, à l’âge de 28 ans. Un monument lui rend hommage (ci-contre à gauche).

Les combats vécus par les civils
Après la débâcle de la bataille des frontières, les troupes françaises en retraite engorgent les routes et les villages.
Ce 26 août, quelques unités cantonnent dans Luzy. Des Uhlans sont aperçus dans les bois d’Inor.
Dans l’après-midi, les unités quittent le village et se dirigent sur Beaumont. Un invraisemblable mélange de troupes se produit. Les échelons d’artillerie et les canons de 75 débouchent de la route de Malandry et se dirigent sur Stenay. Puis arrivent les fuyards débraillés et sans armes qui précèdent toujours les armées. Suivent ensuite les civils qui quittent leur village par peur des Prussiens et de leurs exactions. Leurs biens les plus précieux ont été mis en sécurité, bien dissimulés dans les caves. Certains ont préféré rester chez eux par crainte de tout abandonner à l’ennemi. Le service santé et ses colonnes de blessés arrivent à leur tour et sont dirigés vers l’église de Laneuville qui sert d’ambulance, pas pour longtemps car elle est rapidement évacuée. En milieu de journée, les civils qui sont restés sur place constatent que les ponts sur la Meuse ont été détruits.
Inor est occupé progressivement par l’ennemi, un bataillon traverse le village et se porte vers Moulins. Il est aussitôt pris sous le feu des fantassins français placé dans les champs de la ferme de Prouilly. Les Allemands répliquent depuis le château d’Inor. L’artillerie ennemie tire depuis la ferme de Soiry.
Dans la soirée, Luzy est bombardé. Les villageois se réfugient dans les caves pendant que les coloniaux affectés à la défense du bourg dressent des barricades. Dans le village quelques maisons sont détériorées.
Des obus tombent sur Laneuville, détruisant et incendiant quelques maisons.
Dans la nuit du 26 au 27 août, les coloniaux ont quitté Luzy. Quelques maisons sont éventrées, l’église est criblée d’éclats et les vitraux sont brisés. Les Allemands entrent dans le village et font la chasse aux éventuels francs-tireurs. Ils cherchent sans succès le maire ou un de ses adjoints. À défaut de le trouver, ils se rabattent sur un éventuel curé du village qui n’en possède pas. Les armes personnelles, stockées dans un râtelier à la maison de l’école, sont réquisitionnées pour éviter toute surprise.
Le 27 août, avant le début de l’attaque, l’ennemi rassemble la population et la met à l’abri derrière un mur dans le haut du village, et derrière le talus du chemin de fer. Les Allemands mettent le feu au village. Durant toute la journée, les habitants affamés ne voient de la bataille que la retraite allemande après l’offensive des coloniaux et la contre-attaque ennemie après l’arrivée de renforts.
Dans la soirée, Luzy est en flamme. La population est rassemblée dans une grange restée intacte pour y passer la nuit.
Le 28 août, les villageois sont évacués vers Martincourt où la population leur distribue de la nourriture.
Après le départ des troupes françaises et des convois allemands, la population est autorisée à regagner le village.
À partir du 30 août, elle participe aux soins des blessés et à l’inhumation des morts. Cette dernière opération dure jusqu’au 17 septembre. Les cadavres en putréfaction sont chargés sur des chariots à l’aide de crocs et ensevelis dans des fosses communes.
Les blessés de Luzy et Cesse sont acheminés vers Stenay où ils reçoivent des soins.

Personnage lié à la commune

Marcel Thomas 28 ans, lieutenant de réserve, demeurant à Clermont dans l’Oise où il était avoué, a trouvé la mort à Cesse le 27 août 1914. Il est décoré à titre posthume de la Légion d’honneur et de la Croix de guerre avec citation.
En 1921, le 17 mars, une cloche est bénite solennellement par le chanoine Mouton, doyen de Stenay. Modeste dans ses proportions, elle perpétue, dans la paroisse, le souvenir de Marcel Thomas.
Cette cloche nommée «  Marcelle », a eu pour parrain l’abbé Mayot, curé de Cesse, et pour marraine Mme André Thomas, mère de l’officier.

Chronique communale

La pommade de la Dame de Cesse

La fabrication confidentielle  de cette pommade, efficace contre les maladies de peau, est encore d’actualité à la fin des années 1960.

Patrimoine

Presque tout le patrimoine ancien a été détruit par les combats de 1914.

Le prieuré Sainte-Marguerite, établi vers le Xème ou le XIème siècle, agrandi en 1260 pour six bénédictins, dépendait de l’abbaye de Mouzon. Sa chapelle a été détruite vers 1840.

L’église Notre-Dame de Cesse, consacrée à l’Assomption de la Vierge, est du XIXème siècle. Sa première pierre a été posée en 1892. Imitant le style roman, elle possède quelques éléments intéressants provenant de l’ancienne église, et abrite plusieurs éléments classés au titre des Monuments Historiques, comme cette partie de cuve baptismale du XIIème siècle, la chaire à prêcher du XVIIIème siècle, ou les stalles provenant  du prieuré Sainte-Marguerite.
Une plaque de marbre y évoque le souvenir du lieutenant Thomas.

Les monuments aux morts de 1914, celui établi en bordure de la D30, sur le lieu même de la bataille, en mémoire des régiments qui y ont combattu et tenu garnison à Stenay  et celui du lieutenant Marcel Thomas (cité plus haut) dans le cimetière communal.

Hameaux, lieux dits et écarts

La Maison Blanche, Le Prieuré.

Evolution de la population

Cesse demo

Nos ancêtres de Cesse…

Naissance/baptême :
BARTHOLET Marie (sosa 2749G12) vers 1650.

Union :
BREUSE François dit Cabant (sosa 1364G11) avec RENNESSON Françoise (sosa 1365G11) vers 1665.

Décès/inhumations :
BARTHOLET Jean (sosa 5498G13) époux de GOBERT Anne (sosa 5499G13) avant novembre 1677.
GOBERT Anne (sosa 5499G13) veuve de BARTHOLET Jean (sosa 5498G13) le 5 novembre 1677.

 


 

Sources
Sites et photos
 :
1914-1918Wikipedia, Communauté de Communes.

 

 

Date de dernière mise à jour : 25/11/2015