Normanville

Normanville seine maritime adm

Petite commune du Pays de Caux.
Les villes voisines sont Sainte-Marguerite-sur-Fauville, Thiouville, Beuzeville-la-Guérard, Ourville-en-Caux, Sorquainville.
La grande ville la plus proche est Le Havre à 40 kms au Nord à vol d'oiseau.

Blason normanville svgHéraldique

Les armes de la commune se blasonnent ainsi :
d’azur à la croix fourchée d’argent cantonnée de quatre molettes d’or.

Drapeau francais fond blancHistoire

La cure de Normanville était divisée en 3 portions avec une seule église.
La famille Pestel, barons de Normanville, présentaient le curé de la 1ère portion.
Les seigneurs d'Ausseville présentaient à la 2ème portion, mais également dès 1342 la famille Pestel. L'archevêque de Rouen présentait à la 3ème portion.
Chaque portion avait son presbytère (le manoir presbytéral de la portion archiépiscopale existe toujours).

Seigneurs et gens de noblesse

Roger de Normanville, seigneur de Normanville et de Hardouville, époux de Jeanne d’Estoutteville, meurt en 1455.
1675, François de Pestel de Normanville est seigneur de Normanville, châtelain de Saint-Laurent-en-Caux, époux de Blanche Le Cornier de Sainte Hélène.
Charles François de Pestel, dernier descendant direct de la famille de Normanville, est le seigneur du domaine. Comme tous les seigneurs de cette époque, il croule sous les charges imposées par Louis XIV et doit se résoudre à vendre la terre de ses ancêtres.
Jean Fiquet (voir § Patrimoine « Le château ») en fait l’acquisition en 1735. La possession de cette terre seigneuriale lui permet d'être anobli et il devient alors seigneur et marquis de Normanville.
Il meurt à Rouen en 1775, son corps est rapatrié à Normanville où il est inhumé dans la crypte de la chapelle qu’il a fait bâtir. Son épouse, Marie Thérèse Marquet meurt la même année et son corps est déposé près de celui de son mari.

Patrimoine

L’église Saint-Ouen et Saint-Barthélémy dont le chœur est du XIIIème siècle, le retable majeur des XVIIème et XIXème siècle. Le clocher-porche est édifié en 1836. La nef est rebâtie en 1833, sa corniche en tuf date du XIIème siècle. Le baptistère en pierre du XIIème a malheureusement disparu.
Dans la toiture du clocher existait encore dans les années 1945 une poterne appelée la porte d'Angleterre, d'où les anciens se souviennent que l'on percevait les côtes à la longue vue.

Le château (en ruines). Son histoire commence au XVIIIème siècle à Tôtes, ville par lequel passent les Anglais débarqués de Dieppe pour se rendre à Paris. Un riche homme d’affaires anglais tombé malade à l’auberge L’Écu d’Orléans est soigné par un valet d’écurie, nommé Jean Fiquet, qui le soigne avec un tel dévouement que l’Anglais lui lègue tous ses bagages et leur contenu s’il vient à mourir. L’homme meurt au bout de quelques jours, et le valet hérite de ses effets trouvant dans les valises des billets de banque qui font sa fortune.
Jean Fiquet achète alors les terres de Normanville et le château qui tombe en ruines (voir § « Seigneurs et gens de noblesse »). Il fait raser le château et en construire un nouveau  de 1737 à 1740, deux annexes y sont adjointes en 1742.
Ce château est richement bâti avec des fondations solides sur deux sous-sols et des murailles de presque 1m  de large. Les briques sont faites sur place. Un étang, dans le parc, est construit en pierres blanches taillées. Une pendule, sur la façade Sud du château  est, à l’époque, signe de richesse et de puissance. L’intérieur est paré de boiseries, de riches peintures et la rampe de l’escalier en marbre est faite par l’un des plus grands forgerons de Rouen. Les plaques et les marbres des cheminées sont de véritables œuvres d’art. L’ensemble est réalisé dans de remarquables proportions.
Par la suite, au Nord, au Sud et de chaque côté du château, Jean Fiquet fait tracer des allées plantées d’arbres (tilleuls, hêtres, forêt de chênes…) pour donner plus d’ampleur à son habitation. L’avenue des tilleuls, au Sud, est traversée par une futaie à la hauteur de la grille. L’ensemble forme alors un vaste T, ce qui fait appeler le château le Château du T.
En 1945, le château abrite des Ateliers de Jeunesse.
Le château est acheté pour les arbres qui entourent le parc. Une fois les arbres abattus, la bâtisse est laissée en ruine… Très abîmée, elle est détruite en 1950. De nos jours, subsistent les ruines et vestiges de1752/1754.

Les chapelles Saint-Éloy situé vers Bennetot, et Saint-Nicolas, au hameau de Beauquesne (en ruines).
Le dernier titulaire de ces chapelles est l'abbé François de La Porte qui, lorsqu’il arrive de Vismes (diocèse d’Amiens), ne trouve que des ruines, vraisemblablement détruites sur ordre de Charles François de Pestel.
En 1739, Jean Fiquet, apprenant le départ du prêtre, lui écrit cette lettre :

« Monsieur, depuis trois ans que j’ay acquis la terre de Normanville, et que j’y fais 4 à 5 mois de séjour par an avec ma famille, j’ai senty les incommodités de l’éloignement de l’Église ; je prents la party de faire réédifier les chapelles qui sont détruites, et dont vous êtes le titulaire, et même de me faire autorisé à ce qu’elles soient réunies et translatées dans une chapelle que je me propose d’establir près du nouveau manoir seigneurial, dépendant du fief auquel le patronage des dites chapelles est attaché. Je veux espérer que cela ne pourra pas blesser, n’y votre conscience, n’y vos intérêts, et être persuadé que vous trouverez ma proposition raisonnable… . Si je puis vous rendre quelque service dans le pays, vous pouvez compter sur moy…. »

Ce à quoi l’abbé de La Porte répond :

« Il n’y a rien que je puis vous refuser, estant seigneur de la paroisse, et vous n’avez qu’à commander, et l’on doit vous obéir dans les choses que l’on puis faire… Pourvu que Messieurs les curez de Normanville ne s’oppose pas à cela, et qu’ils ne puisse pas me faire d’affaire, je consent à tout ce que vous souhaitez… En un mot je vous fais le maistre de tout dans l’espérance, que si j’avais besoin de votre protection, sur qui je compte, je vous trouverais dans l’occasion, estant, monsieur, et à tout ce qui vous appartient, votre très humble et obéissant serviteur. »

Nicolas saulx tavannesJean Fiquet ordonne la construction, à proximité du château, d’une chapelle. Elle est surmontée d'une couverture faite d’ardoise et de plomb. L’intérieur est orné de boiseries en chêne de Hollande, de menuiseries en arc-boutant. Une crypte a été creusée sous toute sa surface, pour permettre l’inhumation de la famille dans un seul et même lieu. Le chœur de la chapelle est  agrémenté d’un triptyque avec en son milieu, un tableau représentant la crucifixion. De chaque côté de l’autel sont peintes les armes du seigneur écuyer Fiquet, marquis de Normanville.
Derrière se trouve une sacristie au-dessus de laquelle Jean Fiquet a fait aménager les appartements pour le prêtre en fonction.
L’union des deux chapelles est proclamée par le cardinal Nicolas de Saulx-Tavannes, 1690/1759 (photo ci-contre) et c’est l’abbé Feuillolay qui bénit la nouvelle chapelle dans les premiers jours de juin 1741 :

« ... le tout vu et considéré, nous avons uni, et unissons les deux Titres des dites chapelles détruites, pour n’en composer qu’une seule, sous l’invocation de Saint Nicolas et de Saint Eloy, lequel titre nous avons transféré et transférons à l’autel de la dite nouvelle chapelle du manoir seigneurial de Normanville, où le chapelain titulaire sera tenu d’acquitter deux messes par semaine, l’une le dimanche, l’autre à un jour de feste, s’il s’en rencontre dans la semaine, si non, un autre jour, à condition que la messe qui se dira le dimanche, ou feste, ne sera point dite à l’heure de la messe paroissiale…».

Le jardin, qui a reçu le label  jardin remarquable, est ouvert au public depuis 1995 et comporte entre autres 130 espèces rares de bambous.

Evolution de la population

Normanville seine maritime demo

Hameaux, lieux dits et écarts

Jeanmare, La Chaussée, La Chaussée romaine, La Foye, Le Beau Chêne, Le Château, Le Gaquerel, Les Petits Jardins et  les fermes du Château, des Colombiers, du Calvaire, du Moulin.

Nos ancêtres de Normanville …

Naissance/baptêmes :
LEBOUTEILLIER Thomas (sosa 8186G13) le 25 juin 1601.
RENAULT Claire (sosa 8187G13) vers 1612.

Unions :
DUHAMEL Nicollas (sosa 2046G11) et TIRVERT Marie (sosa 2047G11) le 22 novembre 1701.
LEBOUTEILLIER Thomas (sosa 16372G14) et BARBAREY Johanne (sosa 16373G14) le 20 janvier 1598.
LEBOUTEILLIER Thomas (sosa 8186G13) et RENAULT Claire (sosa 8187G13) le 22 octobre 1668.

Décès/inhumations :
DUHAMEL Pierre (sosa 4092G12), époux de LEBOUTEILLIER Marie (sosa 4093G12), le 27 novembre 1679.
LEBOUTEILLIER Marie (sosa 4093G12), veuve de DUHAMEL Pierre (sosa 4092G12), le 3 août 1711.
LEBOUTEILLIER Thomas (sosa 8186G13), veuf de RENAULT Claire (sosa 8187G13), le 20 mai 1674.
RENAULT Claire (sosa 8187G13), épouse de LEBOUTEILLIER Thomas (sosa 8186G13), le 17 mars 1671.

Carte de Cassini (1760)

Normanville seine maritime carte cassini

 


 

Sources
Sites et photo :
Wikipedia, Seine 76.
Visite virtuelle du château (2013) : YouTube - images et montage, Julien Baudouin – Musique, Laurent Boutonnat.

Date de dernière mise à jour : 27/07/2016