Saâne-Saint-Just

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Cette petite commune, située sur l’antique voie romaine allant de  Bacqueville à Doudeville, sur la rivière La Saâne,  a été formée en 1821 de la fusion de Bourg-de-Saâne et de Saint-Just-sur-Saâne.
Les communes les plus proches de Saâne-Saint-Just sont Auzouville-sur-Saâne, Gonnetot, Saint-Ouen-le-Mauger, Lestanville.

Drapeau francais fond blancHistoire

A l'époque gallo-romaine, une voie traverse les vallées de la Saâne et de la Scie reliant la Bretagne à la zone maritime du Nord de la Gaule. Toute la contrée est riche en antiquités gauloises et romaines. Les bords de la vallée de la Saâne sont semés de briques, tuiles et médailles.
Sur le territoire de Saâne-le-Bourg, une énorme butte de terre séparée de la colline par une coupure profonde se nomme Les Châtelets, castella antique, où la paroisse allait autrefois en procession le jour de l’Assomption.
Presque toutes les crêtes des collines environnantes sont couronnées de fossés ou de retranchements dont l’origine reste inconnue.

1794 : Saane le Bourg
1801 (Bulletins des lois) : Le Saane
Après 1801 : Le Bourg-de-Saâne
1822 : Saâne-Saint-Just qui absorbe avec Saint-Ouen-le-Mauger, Herbouville, puis Saint-Just en 1823.

Seigneurs et gens de noblesse

Celestin iii papeSaint-Just, aujourd’hui réuni à Saâne-le-Bourg, est une paroisse fort ancienne où se trouvait le noble et antique fief de Saâne.
A la fin du XIème siècle, la femme du seigneur, nommé Gilbert, donne l’église de Saâne-le-Bourg (entre autres) à l’abbaye de Saint-Amand-de-Rouen, avec tous les droits qui s’y rattachent. Le pape Célestin III (portrait ci-contre) confirme la donation en 1193.
En 1207, Roger de Roncherolles dispute aux archevêques de Rouen le droit de nommer les curés de Gonnetot et de Tocqueville-du-petit-Caux.
En 1253, Gaultier de Laistre poursuit cette querelle ainsi que Guillaume de Bertreville en 1313, les héritiers de Marguerite de Longueil en 1315… tous abandonnent leurs prétentions. Colart de Saâne en 1371 continue seul, le procès dure encore en 1384. Les seigneurs de Saâne-Saint-Just finissent par l’emporter en… 1669 et eux seuls nomment le curé de Tocqueville jusqu’à la Révolution.
Jean de Clamorgan, seigneur de Saâne, né à Saâne-Saint-Just, a composé plusieurs ouvrages sur la chasse et la navigation (dont un qui traite de la chasse aux loups, traduit en italien et en allemand).
En 1696, Emard Quesnel est seigneur de Saâne-Saint-Just.

Personnages attachés à la commune

Guillaume de Saâne, né au château de Bourg-de-Saâne au XIIIème siècle. Ce célèbre prélat fonde à Paris, rue Neuve de Richelieu, devant l’église de la Sorbonne,  un des plus anciens collèges, dit le collège des Trésoriers.
 En 1540, les Jésuites s’y logent.
 Il est présent sur les plans de Paris en 1760 et 1771, comme collège sans exercice, tous les collèges sans exercice, ou  petits collèges  sont réunis en 1764 au collège Louis le Grand suite à l'expulsion des Jésuites en 1763.
Un hôtel nommé Hôtel des Trésoriers est construit à son emplacement au XIXème siècle.
En 1277, Guillaume de Saâne fonde à Rouen un hôpital pour les pauvres pèlerins qu’il nomme l’hôpital du Trésorier. Le roi de France, Philippe le Bel, afin d’avoir part aux prières des pauvres pèlerins, dote cette maison de solides revenus et transforme le nom en hôpital du roi. Cet hôpital est donné à la ville en 1566 par le roi de France Charles IX.

Chroniques communales

La fête champêtre
Un noyau de passionnés, d’anciens agriculteurs ou collectionneurs présentent chaque année fin juillet  à l’occasion de la fête champêtre une vingtaine d’engins agricoles dont certains datent des années 1950.

Le Tortillard
En 1909, le département de la Seine-Inférieure concède à Émile Laborie l'établissement et l'exploitation de la ligne de chemin de fer d'intérêt local à voie métrique de Motteville à Ouville-la-Rivière.
Le 16 mars 1912, l'exploitation est autorisée, les essais des ponts métalliques sont jugés conformes aux règles de sécurité, la ligne est ouverte pour ce train dit le Tortillard.
Le train n°1, départ 6 h 10, emprunte le circuit suivant : départ de la gare d'Ouville-le-Rivière, arrêt à Ribeuf, gare de Gueures-ville, arrêt à Gourel, halte à Brachy, arrêt à Saint-Ouen-sur-Brachy, halte à Rainfreville-Tocqueville, halte à Biville-la-Rivière, gare de Saâne-Saint-Just/Saint-Laurent, Auzouville-sur-Saâne, arrêt au Mesnil-Mascarel (Thiédeville), arrêt d'Imbleville, gare d'Anglesqueville-sur-Saâne (Val de Saâne), arrêt de La Fontelaye, arrêt de Bourdainville, halte du Mesnil-Carpentier, gare de Yerville, arrêt du Bosc-Mauger et du Bosc-Renoult et arrivée en gare de Motteville, au km 32,3 à 7 h 55.
Ensuite, après plein de charbon et d'eau, vérification des niveaux d'huile, la machine fait demi-tour pour faire le trajet en sens inverse, train n°2 de 8h40.
Le train est composé d'une locomotive Corpet et Louvet de type 130T et de trois wagons. Il transporte, outre des voyageurs et du courrier, des marchandises variées comme du sable, du charbon, des ardoises, de la fonte, des engrais, ainsi que du savon, des vélos, de la vaisselle, des liqueurs, du champagne, des fûts de bière, des vins de Bordeaux et de Bergerac, sans oublier des produits exotiques comme le riz, le rhum et les épices arrivant du Havre par bateaux et expédiés dans tout le département. Une multitude de produits divers arrivent dans les endroits les plus reculés du Pays de Caux. Du fait de la facilité du transport à un prix plus abordable, les produits sont accessibles à un plus grand nombre de gens.
Toutes les gares sont construites sur le même modèle, une maison à un étage de 88 m2 environ avec le logement du chef de gare, une halle accolée avec un quai haut, des sanitaires et un bûcher.
La gare de Saâne-Saint-Just voit son nom s'allonger par l'accolement de celui du gros bourg de Saint-Laurent-en-Caux. C'est une coutume que l'on retrouve souvent quand un bourg assez conséquent n’est pas desservi par le train. Saâne-Saint-Just/Saint-Laurent-en-Caux, est une gare importante de la ligne, mais deux minutes d'arrêt suffisent pour faire les échanges de voyageurs et pour charger ou décharger des marchandises.
Le déficit de la ligne entraîne la suppression de toute activité le 1er mars 1947.

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Patrimoine

L’église Saint Just est bâtie en grès au XIIIème siècle. Le portail en plein cintre et la nef unique sont remaniés en 1729. De plan allongé, à chevet plat, son clocher en ardoise couronne la façade antérieure.

L’ancienne chapelle Saint Saëns de Saâne-le-Bourg est construite antérieurement au prieuré.  Elle prend le nom de chapelle de la Sainte Vierge ensuite, puis devient paroisse en 1240. Elle sert alors aux religieuses et au peuple jusqu’en 1337, date à laquelle la prieure, Nicole de Saint-Laurent, désireuse de laisser l’église pour le peuple, fait construire sur l’un des côtés une vaste chapelle pour les religieuses. Cette chapelle prend le nom de Sainte Catherine, tout comme le prieuré, et est déclarée titulaire en 1362 par le pape.

L’ancien prieuré de Saâne-le-Bourg de l’Ordre des Bénédictines est toujours en titre dans l’abbaye de Saint-Amand de Rouen en 1674. A partir de 1676, les 3 édifices (église, chapelle et prieuré) sont supprimés, ruinés par les guerres. Les bâtiments abandonnés tombent en ruine et disparaissent peu à peu.

De l’ancienne église, subsiste une pierre tombale gravée d'armoiries, transférée dans l'église de Saint-Just en 1791. C'est le seul élément restant de l’ancienne église de Saâne-le-Bourg. Sur cette pierre, on peut y voir une religieuse priant la tête voilée.

Aucune référence à l’ancien château de Saâne-le-Bourg où est né Guillaume de Saâne au XIIIème siècle (voir § Personnages attachés à la commune).

Evolution de la population

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Hameaux, lieux dits et écarts

Bracquemont – L’ancienne Gare – Saâne-le-bourg.

Nos ancêtres de Saâne-Saint-Just …

Unions :
HEMARD Guillaume (sosa 1994G11) et TALBOT Anne Marguerite (sosa 1995G11) le 16 mai 1701.

Carte de Cassini

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Sources
Sites et photo :
Wikipedia, Mairie de Saâne-Saint-Just, Patrimoine religieux.
Livres, revues et documents :
Les Cahiers de Terres de Caux n°04, Le Tortillard, chemin de fer d'intérêt local de Motteville à Ouville-la-Rivière, par Jean Pierre Pérez, illustré, 106 pages, 2003.
Histoire des environs de Dieppe, par A. Guilmeth, 1842.
Histoire des archevêques de Rouen, par le père François de la Pommeraye.
Manuel du bibliographe normand, par Edouard Frère, 1858.
La Seine Inférieure historique et archéologique, par l’abbé Cochet, 1866.

 

Date de dernière mise à jour : 01/07/2016