Autrêches

Autreches adm

Village calme et paisible, avec ses trois hameaux sertis dans un écrin de verdure, il doit son charme à ses beaux paysages.
Le territoire est traversé par le rû d’Hosier (autrefois Osier ou Hozien). Ce rû de 18Kms est un gros ruisseau de 3 à 4m de largeur qui prend sa source à 117m d’altitude au-dessus de la ferme de Montécouvé à Juvigny. Il traverse Autrêches sur  3Kms,  entre ensuite dans le département de l’Aisne et arrivant à Vic, se jette dans l’Aisne. Le rû d’Hosier paraît être le ruisseau qui est nommé Ausona dans une charte de 1277. Deux affluents viennent le grossir :
- Le rû des tanneurs, qui prend sa source au delà du Bout-de-Vaux et sur lequel se trouvait près de son confluent un moulin dénommé «le moulin rouge».
- Le rû de Bonval, qui prend sa source sur la commune et rejoint le rû d’Hosier.
Il y a un siècle encore, les eaux du rû d’Hosier servaient à l’alimentation de neuf moulins. A la fin du XIXème siècle,  subsistaient encore les moulins : d’Epagny, Vézaponin, Eury à Morsain, Pontfard à Chevillecourt, Hautebraye et Patard. Aujourd’hui, il ne reste plus de traces des différents moulins d’Autrêches.

Autreches blasonHéraldique

Blasonnement de la commune :
Ecartelé au premier et quatrième de gueules à la bande d’or, au deuxième et au troisième parti en I d’argent à la fasce de gueules et au II de Vair plain.

Drapeau francais fond blancHistoire

Au Haut Moyen-Age, Autrêches se nomme Atrepia  qui viendrait de Alta ripa (haute rive) ou Altrechia qui viendrait du gaulois altero (de second ordre) et aurait pour sens « petit ruisseau ». Autrêches tirerait donc son origine de sa situation dominant le filet d’eau qu’est le rû des Tanneurs.
Autrêches et Hautebraye sont  des noms d'origine gauloise tandis que Massenancourt et Chevillecourt évoquent plutôt une villa mérovingienne. Cette ancienneté du peuplement est corroborée par des découvertes archéologiques qui ont été faites au XIXème siècle.

Souvent victime des guerres et de troubles au fil des siècles, Autrêches fut pillée une dernière fois par le régiment de Picardie en 1653.
Autrêches atteint son apogée démographique avec 950 habitants au recensement de 1831 avant que l'exode rural puis la guerre ne la touche durement.
La Première Guerre Mondiale de 1914/1918 ravagea la commune qui se trouva coupée en 2 par la ligne du front durant 3 années. Les pertes en vies humaines et les destructions la marquèrent d'une manière durable, plusieurs dizaines d'années furent nécessaires pour qu'elle se relève.

La bataille d’Autrêches le 20 septembre 1914 (Sources : extrait du texte de Rémi Hébert sur le site http://autrecheshautebrayechevillecourt.wordpress.com/2012/05/23/le-sort-tragique-des-habitants-dautreches-durant-les-premiers-mois-de-la-grande-guerre/)

Le 30 août 1914, le 3ème Corps Allemand, commandé par le général Von Lochow, qui était allé porter secours à Roye le 30 août 1914 au général Von Bulow, passait l’Aisne à Vic-Sur-Aisne le 1er septembre, venant de Noyon et allant vers Villers-Cotterêts. Il livrait des combats à l’arrière garde de l’armée anglaise qui, en se retirant, était passée à Autrêches.  Le 11 septembre, le 35ème Régiment d’Infanterie atteint Vivières, et le 12, après avoir enlevé la ferme de Pouy et la râperie, il déborde Courtieux et s’empare de la crête du Chatelet. Le 13, le 35ème R.I. s’étant emparé de la ferme de Chapeaumont, se porte sur Saint-Christophe et Hautebraye et atteint le hameau de Chevillecourt. Le 14 septembre, la 14ème division d’infanterie attaque et la 28ème brigade a pour objectif le plateau Nord de Chevillecourt. Le 42ème R.I., par les pentes du ravin Est de la ferme Saint-Victor, arrive facilement à Autrêches et au Bout de Vaux et enfin à la Corne des Bois. Dans la soirée du 14 septembre, à la faveur de la nuit,  les Allemands mettent le feu à la ferme Saint Victor. Le 15 septembre, le 60ème R.I. par une nouvelle poussée, pénètre aux abords d’Autrêches que les allemands occupent et reprend Massenancourt et Chevillecourt. Le 308ème R.I. attaque les positions allemandes du Tiolet, la progression est enrayée par le feu ennemi. Le 18 septembre, le 35ème R.I. vient remplacer le 60ème R.I. qui va se reposer au Moulin d’Hautebraye quand le lendemain, il vient reprendre ses positions, il se trouve face à face aux Allemands, le bataillon du 35ème R.I. ayant été fait prisonnier. Un violent combat s’engage.
Le 20 septembre, peu avant le lever du soleil, les Allemands lancent une grande offensive. La bataille sera sanglante et acharnée. Après s’être battu dans les champs et les bois, on se livre à des combats de rue, chaque maison est défendue âprement, on tire au canon, à la mitrailleuse, au fusil de partout, des toits, des fenêtres, des caves …. Les civils sont au milieu de tout cela …. Les Allemands accusent les habitants de prendre part aux combats : 7 civils sont sommairement fusillés au Pont à la planche après que l’on les ait obligés à creuser leur tombe, 5  d’entre eux sont des habitants de Chevillecourt alors que les 2 autres n’étaient que de passage. Témoignage :

Autreches oise cpa 14 18 pv execution sommaire

Autreches oise cpa 14 18 pv execution sommaire temoinAutreches oise cpa 14 18 plaque victimes civiles 1914Le soir, le front  sépare la commune en deux. De part et d’autre, des retranchements sont creusés et chacun fortifie le terrain qu’il va occuper pendant près de 3 années.
Postérieurement au 20 septembre des habitants sont tués dans la rue, leur maison ou leur cave…
Le 20 août 1918, le communiqué officiel dit : «…Au Nord de l’Aisne, complétant notre succès entre Carlepont et Fontenoy, nous avons enlevé le village de Morsain…». Il ne mentionne plus le nom d’Autrêches qui meurtri, blessé, torturé, ruiné à deux reprises différentes, aura été l’un des points de départ de la victoire finale qui a couronné la guerre.
C’est fini. Le village est ruiné, les maisons détruites, l’église réduite à un tas de pierres, les bois et les champs bouleversés et les pertes humaines dramatiques.

Seigneurs et gens de noblesse d’Autrèches

Avec le Moyen-âge vint le temps des seigneuries. Celle d'Autrêches était laïque, faisant partie de la châtellenie de Pierrefonds. L'abbaye Saint Médard était seigneur de Ponfard et d'une partie d'Hautebraye tandis que le Tiolet dépendait de l'abbaye d'Ourscamp.
Différentes familles, appartenant souvent à de puissantes lignées, se sont succédées à la tête de la seigneurie. Elles furent parfois proches des rois, tels Gautier II d'Autrêches qui accompagna Saint-Louis en croisade où il mourut ou bien encore comme Jean de Béthune mort à Azincourt.
Dans l’église, le blason de la famille Henin-Bossu, témoigne du passage d’un des ses membres qui fut seigneur d’Autrêches en épousant Catherine de Béthune. Autrêches resta la propriété des Hénin-Bossu jusqu’en 1475, date à laquelle Gauthier de Hénin vendit la seigneurie à la famille de Saisseval dont les armes figurent sur le petit portail de la façade de l’église.

XIIème siècle : Maison de Nanteuil

Gaucher 1er de Nanteuil, premier seigneur connu, avoué de Vic-sur-Aisne pour l’Abbaye de Saint-Médard.
Guy de Nanteuil, second fils du précédent.
Gaucher II de Nanteuil dit d’Autrêches, fils aîné du précédent est cité avec éloges, par Joinville, dans ses Mémoires. Il accompagna le roi Saint-Louis dans sa croisade en Terre Sainte et y succomba à la bataille de Mansourah, en février 1250.
1250 : André de Nanteuil, fils ainé du précédent.
Gaucher III de Nanteuil, fils du précédent, qui ne laissa qu’une fille.

XIVème siècle : La Maison de Guines, dite de Coucy

Enguerrand 1er de Guines, dit de Coucy, ayant épousé la fille du précédent, qui était dame d’Autrêches, devint possesseur de cette seigneurie. Il mourut en 1344.
Enguerrand II de Coucy, fils du précédent, ne laissa pas d’enfants, la seigneurie d’Autrêches revint à sa sœur Jeanne, en 1351.

La Maison de Béthune

1351 : Jean de Béthune, seigneur de Vendeuil, épousa Jeanne de Coucy et devint ainsi seigneur d’Autrêches. Il eut au moins 4 enfants : Robert (seigneur de Vendeuil), Jeanne (épousa Jean de Roye, seigneur de Plessier-de-Roye et de Crapeaumesnil), Jean dit de Locres, et Marie.
1373 : Jean II de Béthune dit de Locres, fils du précédent, fut tué à la bataille d’Azincourt, en 1415. Il épousa en 1401, Isabeau d’Estouteville avec qui il eut au moins une fille, Catherine.

XVème siècle : La Maison de Hennin dit de Bossu

1438 : Jean de Hennin dit de Bossu, épousa Catherine de Béthune, fille du précédent avec qui il eut au moins un enfant, Gauthier. Il hérita de la seigneurie d’Autrêches et mourut peu après.
1458 : Gauthier de Hennin  dit de Bossu, fils du précédent,  devint seigneur de Bailly et d’Autrêches. Il épousa Jeanne de Mesnil-Soissons, dont il n’eut pas d’enfants. Après son décès, la seigneurie d’Autrêches fut vendue.

XVIème siècle : La Famille de Saisseval (petit village près de Picquigny, en Picardie)

1475 : La terre d’Autrêches fut adjugée au seigneur de Saisseval qui mourut jeune, laissant une fille, Jeanne, sous la tutelle de sa mère.
1518 : La veuve du précédent, dame d’Autrêches.

La Famille de Bobecq

1520 : Jean de Bosbecq, écuyer, capitaine, épousa Jeanne de Saisseval, fille des précédents, et devint seigneur d’Autrêches. Le couple eut au moins un enfant, François.
1542 : François de Bosbecq, fils du précédent, homme d’armes «de la bande de Monseigneur de Vendosme», seigneur d’Autrêches, de Poulandon et de Moissy-sur-Yonne. Il épousa Françoise de Frétel, fille de Pierre de Frétel et de Catherine de Guise, avec qui il eut au moins trois enfants : Charlotte (mariée à Antoine de Gonnelieu, écuyer, seigneur de Jumencourt), Catherine et Geoffroy (mort en bas-âge).
Françoise de Frétel morte au manoir de Poulandon est enterrée, avec son fils, dans l’église de Ressons-le-Long.  
Antoine de Gonnelieu, époux de Charlotte de Bosbecq, fut  assasiné à Luzarches, son corps retrouvé quelques jours plus tard, fut inhumé dans l’église d’Autrêches en 1572. Une dalle, en pierre bleue, porte l’inscription suivante : «Ci-gîst noble hôme Anthoine de Gonnelieu, chevalier, seigneur de Jumencourt, premier chambellan et capitaine des Gardes du Roi Charles IX, et gentilhomme ordinaire de la chambre de Monseigneur le Duc d’Alençon, frère dudit seigneur, lequel trépassa le vingt-sixième jour mars 1572».

La Famille de Gonnelieu

1566 : Nicolas de Gonnelieu, vicomte, seigneur de Pernant et d'Autrèches, était chevalier de l’Ordre du Roy et lieutenant d’une compagnie de 50 hommes d’armes de ses ordonnances. Il épousa Catherine de Bosbecq, fille du précédent qui hérita en 1556 des terres d’Autrèches et de Poulandon, qu’elle lui apporta par contrat de mariage en 1559. Le couple eut au moins trois enfants : Antoine (seigneurie et vicomté d’Autrèches), Jean (terres et vicomté de Pernant) et François (seigneurie de Poulandon).
1588 : Antoine de Gonnelieu, fils du précédent, seigneur de Jumencourt et d’Autrèches, écuyer, épousa Catherine Caulaincourt avec qui il eut deux enfants : Léonor et René (seigneur de Jumencourt). Il meurt en 1595. Leurs deux enfants, alors mineurs, furent mis sous la tutelle de leur mère, et au décès de celle-ci en 1611 au château d'Autrèches,  sous la tutelle de Jean de Gonnelieu, seigneur de Pernant, leur oncle.
1595 : Léonor de Gonnelieu, fils du précédent, écuyer, fut seigneur d’Autrêches, Chevillecourt, Massenancourt, Hautbraye (en partie) et Jumencourt après la mort de son père. Cependant, ce n’est qu’à la mort de sa mère qu’il devint réellement titulaire de la seigneurie d’Autrêches. A l’âge de 20 ans, en  1614, il fut émancipé et vécut encore quelques années sans contracter d’alliance. Il mourut en 1619, à l’âge de 25 ans.
Toutes ces seigneuries passèrent, par héritage, à son oncle Jean de Gonnelieu.
1619 : Jean de Gonnelieu, oncle du précédent, chevalier, seigneur et vicomte de Pernant, Autrêches et autres lieux, gentilhomme de la chambre du Roi, fut fondateur de la Congrégation de Notre Dame de Soissons, fondation faite en faveur de sa fille Charlotte, en l’année 1622. Il épousa en 1593, Madeleine de Bourbon, fille d’André de Bourbon, de la branche bâtarde de Bourbon-Rubempré, dont il eut au moins six enfants : Louis (chanoine régulier à Saint-Crépin de Soissons), Charles (chartreux), Jérôme, Nicolas (seigneur de Bouillancourt, de Grainville et de Radepont quil épousa, en 1647, Geneviève Branche, fille du prévôt de Laon), Marie Madeleine (religieuse de la Congrégation) et Louise (religieuse au Trésor).
1634 : Jérôme de Gonnelieu, fils du précédent, seigneur de Pernant, Bouillancourt et autres lieux, épousa en 1634, Françoise de Laval qui meurt en 1655, puis en 1656, Elisabeth Anne de Brouilly, fille d’Imbert de Brouilly, chevalier, seigneur de la Brosse, maistre d’hostel ordinaire de la chambre du Roy et gouverneur des ville, château et duché de Nemours et d’Elisabeth Coignet, son épouse. Il eut au moins deux enfants, nés à Autrèches, avec sa première épouse : Anne née en 1637 et Jérôme né en 1640 et au moins un enfant avec la seconde : Elisabeth Anne (religieuse à Saint-Léger).
De 1637 à 1651, Il venait souvent, avec sa famille, résider au château d’Autrèches mais leur domicile était à Soissons. Il décède vers 1658.
1658 : Anne de Gonnelieu, fille du précédent et de sa première femme,  lui succéda dans toutes ses seigneuries. Elle épousa en 1655, François de Harlus, seigneur et baron de Givray, mort peu après et vers 1661, Richard de Gedouin, chevalier, seigneur de Belle-Isle, capitaine de la compagnie de chevau-légers dans le régiment du Roi, noble par son père Denis Gédouin, mort revêtu de la charge de secrétaire du Roi, après 14 années de service. Elle eut au moins trois enfants : François de Harlus né en 1656 (capitaine d’une compagnie de cavalerie au régiment de Clermont, puis major de la ville de Soissons en 1711), Valentine de Harlus (épousa en 1682, en l’Eglise Saint Victor d’Autrèches, Henry Charles de la Fontaine, chevalier, seigneur d’Iviers, fils de défunt Henry de la Fontaine, chevalier, seigneur de Bitry, et de Marie le Picard) et Joachim de Gédouin (lieutenant-colonel du régiment d’Etampes, chevalier de Saint-Louis et major de Soissons, qui hérite de la terre de Pernant au décès de son père).
En 1662, elle fut marraine de la cloche d’Autrêches, ainsi que l’indique l’inscription sur celle-ci.
En 1674, devenue veuve une seconde fois, elle se retira au château d’Autrêches qu’elle habita alors sédentairement, jusqu’à sa mort.
En 1697, la seigneurie fut vendue à Henry Charles de la Fontaine son gendre.
Elle meurt le 9 octobre 1717, à l’âge de 80 ans. Son corps fut inhumé en l’Eglise d’Autrêches.

Au XVIIIème siècle : La famille La Fontaine

1700 : Henry Charles de la Fontaine, gendre de la précédente, seigneur de Bitry et vicomte d’Autrêches. Depuis son mariage en 1682, avec Valentine de Harlus, il habitait le château d’Autrêches.Le couple eut au moins cinq enfants : Anne Charlotte née en 1683, Louis Charles né en 1684 (page de la duchesse de Bourgogne en 1702, enseigne-colonel du régiment de Chartres, mort de la petite vérole à Ulm, Allemagne, en 1704), un fils né en 1685 mort à 1 jour, Marie Françoise née en 1687 et un fils né en 1689 qui dut mourir peu de temps après. Tous nés au château d’Autrêches.
Son frère, Philippe de la Fontaine, chevalier, seigneur de Solare, Villers-Hagron, Vendières et autres lieux, qui demeurait à Largny, vint habiter quelque temps avec lui et se remaria, en  1691, avec Charlotte Madeleine de Gaya, dame de Tresville, de Compiègne.
Henry Charles de la Fontaine est décédé en 1718, à l’âge de 71 ans et fut inhumé dans l’église d’Autrêches. Sa femme, Valentine de Harlus, lui survécut jusqu’en 1721.
1721 : Anne Charlotte de la Fontaine, fille du précédent, épousa en 1706, en l’Eglise d’Autrêches, François des Essars, marquis de Lignières, seigneur de Léchelle, Bracheux, Martiset et autres lieux, fils de feu Alexandre des Essars, marquis de Lignières, capitaine au régiment des Gardes Françaises, gouverneur de la ville et citadelle de Landrecies et de Marie Catherine de Mérélessart. Le couple eut au moins quatre enfants qui naissent au château d'Autrèches : Henry Charles François Valentin né en 1707, François Louis Alexandre né en 1708, Henriette Mélanie Charlotte Victoire née en 1709 (décédée en 1610, elle fut inhumée dans l’Eglise d’Autrêches) et Marie Catherine née en 1711.
En 1712, la famille quitte le château d’Autrêches pour habiter celui de Léchelle où d’autres enfants naissent dont Anne Simon, (comte des Essars, capitaine de cavalerie au régiment de la Rochefoucault) qui mourut en 1740.
En 1743, le garde-chasse, Victor Fontaine, était l’agent des affaires de la dame d’Autrêches et Jacques Nicolas Cuneaux, notaire royal à Vic-sur-Aisne, était bailli de la terre et seigneurie d’Autrêches, fonctions qu’il occupait encore en 1751. En 1754, Jacques Rousserie était régisseur de la terre et seigneurie d’Autrêches et en 1757, Louis Alexandre Sémichon était garde de la terre d’Autrêches. En 1770, La seigneurie fut vendue.

La famille Louvel (qui deviendra Lupel)

1770 : Antoine Marie de Louvel (-/1783), vicomte, fils d’Etienne François de Louvel, chevalier, vicomte, seigneur de Ravenel, Warvillers, Petit Heilly et Béthisy et de Charlotte de Vendeuil. Il se rendit acquéreur du domaine d’Autrêches et devint seigneur d’Autrêches, Warvilliers et Lechelle. Il épousa en 1731, Gillette de Trécesson avec qui il eut au moins un enfant, Charles Gilles puis en 1751, se remarie avec Reine Robertine de Noue.
Il résida à Warvillers et confia ses intérêts d’Autrèches à un receveur de la terre et seigneurie, Louis Chirol Ducastel, qui mourut en 1774 sans être remplacé.
Charles Gilles de Louvel (1735-1818), comte, fils du précédent, épousa en 1758, Marie Anne Antoinette Nicolle de Guillebon avec qui il aura au moins un enfant : Antoine Gilles Marie. Il fixa semble-t-il sa résidence à Autrêches délaissant Warvillers. Toutefois, en 1791 il achète une maison, qu’il habite, au 522 de la rue des Cordeliers à Soissons pour 16.450 Livres.
On le disait d’une exquise politesse avec tous. Sa personnalité est décrite comme suit : « Ce comte, ancien officier supérieur de cavalerie était le vrai type du gentilhomme français. Aussitôt qu’il paraissait dans une assemblée publique, même à l’église, tout le monde se levait comme un seul homme tant il inspirait le respect ».
Il fut incarcéré à Amiens le 29 Pluviôse an II par mesure de sûreté générale, sur un arrêté de Saint-Just et consorts. Un mois après l’emprisonnement de cet homme de 59 ans, auquel on ne reproche que son état d’aristocrate, le comité de surveillance d’Autrêches indique : « …il n’a jamais eu aucune liaison ou relation suspecte et a toujours paru zélé pour la Révolution... ».
Il se rendit acquéreur de biens nationaux : le château de Vassens notamment que sa petite-fille, Marie Gabrielle Eugénie reçut en dot.
Le Comte Charles Gilles est mort le 3 octobre 1818 au château d’Autrèches. Son corps est inhumé dans la crypte de l’église. Il fut le dernier seigneur a être enterré dans l’église même.
Antoine Gilles Marie de Louvel (-/1793), fils du précédent, capitaine au Régiment de Conty-Dragons en 1778, épousa en 1783, Marie Anne Charlotte Christine Gabrielle Lucye de la Myre avec qui il eut au moins quatre enfants : Marie Gabrielle Eugénie en 1784 (Mariage en 1801 avec Hémeraut de Thury dont elle divorça en 1805  pour «incompatibilité d’humeur et de caractère». Le divorce fut prononcé à la mairie d’Autrèches), Marie Alexandre  Edouard en 1786, Marie Antoinette Amélie en 1788 (Mariage en 1809 avec Louis François Bertrand de Vigneral, de Ry dans l'Orne). La mariée demeurant chez son aïeul paternel au château d’Autrèches) et Marie Joseph Eléonore en 1793.
Marie Alexandre Edouard de Louvel (1786/1867), fils du précédent, comte d’Autrêches, épousa Adèle Euphrasie du Tremblay dont il eut au moins quatre enfants : Marie Pierre Arthur né en 1816, Marie Pierre Eugène né en 1818, Marie Alexis Edouard né en 1820 et Marie Gabriel Gustave né en 1822. Les trois derniers sont nés à Autrèches.
Il se fit remplacer à la conscription de 1806 par un garçon tailleur, nommé Daugy, pour une somme de 4.000 livres tournois.
Un jugement du 30/11/1821 permit la substitution du nom patronymique Louvel à Lupel (... un épouvantable forfait ayant enlevé à la France l’un de ses princes mort par le poignard conduit par la main meurtrière de l’exécrable Louvel le nom devient à jamais odieux : les porteurs de ce nom s’empressèrent de recourir à l’autorité du Roy pour en obtenir le changement en celui de Lupel …).
C’est probablement lui qui fit construire le château où il meurt en 1867, laissant son domaine à Marie Pierre Arthur, son fils aîné qui allait mourir 6 mois après.
Marie Pierre Arthur de Lupel (1816/1867), fils du précédent. Il partageait son temps entre Paris et Autrêches et fréquentait la cour impériale. Au cours d’une chasse avec l’Empereur Napoléon III, il fût victime d’un accident de cheval en forêt de Compiègne. Il succomba à ses blessures en son hôtel du 45 de l’avenue Montaigne à Paris en juin 1867. Son corps, ramené à Autrêches, fut inhumé dans un caveau élevé dans le parc du château, non loin du chemin qui, d’Hautebraye, conduit au village même. La petite chapelle qui surmonte le caveau a été détruite pendant la dernière guerre. Son corps fut transféré dans le cimetière communal. Il ne laissa pas de postérité.
Marie Alexis Edouard de Lupel, frère du précédent, épousa demoiselle de Carpat et se fixa à Warvillers (berceau de la famille). Le couple eut au moins un enfant : Guillaume (qui épousa Demoiselle de Montalembert).
Marie Pierre Eugène de Lupel, frère du précédent, épousa en 1844 à Autrèches, Marie Clémentine Vinchon, dont il eut au moins une fille : Jeanne (épousa le comte Jean Maxime Boula de Mareuil). Les époux résidèrent en Alsace où décéda la comtesse. Il vint habiter Autrèches en 1867 à la mort de son frère aîné, Marie Pierre Arthur.
Il est le denier comte d’Autrêches a y avoir résidé. De caractère taciturne, il habitait seul le château en 1872. En 1876, il y vit avec sa gouvernante Marie Schmidt (alsacienne de 40 ans), un domestique, 2 ouvriers agricoles et ses chiens. Il recevait peu. Dans le village on l’appelait « le comte aux chiens ».
Ses biens immobiliers d’Autrèches revinrent à ses neveux Boula de Mareuil qui les vendirent vers 1990.

Au début du XXème siècle, tout l’ensemble castral avait subsisté au bas de l’église : le château et son parc, la glacière, la ferme et ses nombreux bâtiments, la pâture et les étangs.
La Première Guerre Mondiale transforma le domaine en ruines. L’héritière du dernier comte acquit une maison bourgeoise à Compiègne avec les dommages de guerre perçus et abandonna le domaine.

Chroniques communales

La pierre Saint Martin

Le plus ancien monument d’Autrèches était en grande partie enfoui sous une gangue végétale. Ce bloc massif de grès se trouve quelques mètres à l’Est de l’entrée supérieure du cimetière. Il s’agit très vraisemblablement  d’un mégalithe qui a été fiché  profondément dans le sol et qui a sa légende : La croyance voulut que Saint Martin passant par là descende de son cheval pour prier, l’anfractuosité que l’on peut encore observer aujourd’hui serait la marque de la déformation du grès sous le genou du Saint.
Il faut savoir qu’il y a 3000 ans les ancêtres des Gaulois, s’appelaient les Celtes, et leurs prêtres les Druides. Ces derniers, un peu magiciens, beaucoup sorciers, décidaient qu’en certains endroits, des pierres seraient posées (pierres magiques ayant des pouvoirs bénéfiques ou maléfiques, selon leur situation, par rapport aux nœuds géologiques des lignes du réseau souterrain qui parcourent le domaine terrestre).
La pierre Saint Martin d’Autrèches serait l’une de ces pierres.  Posée là, depuis des millénaires à l’intersection de deux lignes géo biologiques souterraines. Son action serait bénéfique, mais voilà, il faut connaître la clé qui permet de profiter de ses bienfaits.

Les écoles et la mairie d’Autrèches

Avant  la Révolution, elles sont implantées, dans le bourg d’Autrêches, car le centre était là ou se trouvaient l'église et le château, c'est-à-dire le pouvoir spirituel et le pouvoir seigneurial. Les affaires communales se traitaient dans des assemblées composées des habitants de la paroisse. Elles se tenaient à l'issue de la messe ou des vêpres devant la porte de l'église (ou dans l'église en cas de mauvais temps). Le Syndic, tout comme le maire aujourd'hui, convoquait l'assemblée et la présidait. Il n'avait pas la qualité de magistrat et ne pouvait prendre d'arrêté. Chaque habitant avait la possibilité de prendre part aux débats comme aux votes.
La mairie et l'école des garçons sont donc situées place de l'église, contigu à l'actuel café, et l'école des filles, rue Train tout à côté.  Le bâtiment comprenait la salle de classe, la salle de mairie, le logement du maître d'école. Un escalier monumental reliait le rez-de-chaussée au 1er étage.
Les déplacements se faisant à pied à cette époque, habiter loin du centre des activités sociales était un inconvénient considérable. Un édit royal de juin 1787 mit fin à ce système et mit en place une représentation communale préfigurant l'organisation actuelle. En dehors du Seigneur et du Curé (membres de droit) tous les autres membres étaient élus par ceux des habitants payant au moins dix livres d'impôt.
Les premières élections municipales d'Autrèches eurent lieu en 1788.
En 1918, la commune n'était plus qu'un champ de ruines, il n'est pas resté une pierre de la mairie. Une mairie provisoire fut édifiée dans des baraquements à Chevillecourt sur l'emplacement des préaux de l'actuelle école. Ce baraquement servit de mairie pendant 10 ans.
La question se posa alors du choix du lieu où l'on devait reconstruire. Deux camps s'opposèrent, ceux qui voulaient que l'école soit reconstruite à Autrêches (les habitants du bourg, de Tiolet et Massenancourt) et  ceux favorables à une implantation à Chevillecourt. Le Conseil municipal proposa de construire l'école à mi chemin entre Autrêches et Chevillecourt, mais c'est un 3ème projet qui l'emporta. Le terrain adopté est situé à Chevillecourt, c'est un terrain de culture, et le financement de la reconstruction est assuré par les dommages de guerre. En 1926, un architecte fut désigné et chargé des travaux, les travaux commencèrent en octobre 1927 et l'inauguration eut lieu le 11 Novembre 1928.
Le ressentiment des habitants d'Autrêches resta longtemps vif.
En 1929, le Conseil municipal demanda la construction d'une seconde école à Autrêches mais cette demande intervenant 9 mois après l'inauguration fut jugée hors de propos par le Préfet.
En 1983, la Mairie traverse la rue.

Patrimoine

L’église Saint Victor, est une église catholique paroissiale réalisée au XVIème siècle de style gothique. Elle comporte une grande tour carrée sur laquelle s’élève un clocher octogone, réplique exacte de la tour droite de Saint-Jean-des-Vignes de Soissons (construite vers 1520), il est sans conteste l’un des plus remarquable de la région.  Il servit de point d’observation aux Allemands durant la Première Guerre Mondiale.
A la voûte de la chapelle terminale de gauche, jadis dédiée à Sainte-Barbe et à Saint-Sébastien, le blason de la famille des Henin-Bossu, dont l’un des membres devint seigneur d’Autrêches en épousant Catherine de Béthune. Sur le petit portail de la façade le blason de la famille Saisseval qui acheta la seigneurie ensuite.
En partie détruite pendant la guerre de 1914/1918, des travaux de rénovation ont eu lieu en 1956. A la différence du reste de l’église, la crypte n’a pas eu trop à souffrir de la guerre et son mobilier fut sauvegardé. Elle était le siège d’un pèlerinage où l’on venait vénérer les reliques de Saint Victor. Celles ci furent transférées dans une nouvelle châsse en 1776 et l'on mit dans une seconde chasse, les reliques du pape saint Pie V, de saint François de Sales et de sainte Jeanne de Chantal. Les châsses contenant les insignes reliques et un rare autel républicain survécurent au conflit, mais ont hélas disparu depuis.
La pierre tombale de Jérôme de Gonnelieu, capitaine des gardes du roi Charles IX, qui mourut assassiné en 1572 et seigneur d’Autrèches, qui se trouvait jadis devant le chœur a été fixée récemment à droite du grand portail.
L'église a fait l’objet d’un classement au titre des Monuments Historiques en 1913.

Le cimetière, lorsqu'après 1870 il ne fut plus possible d'enterrer dans le vieux cimetière autour de l'église, il fut décidé l'implantation d'un nouveau cimetière à égale distance d'Autrêches et de Chevillecourt par souci d'équité.

Le monument aux morts entouré d'une grille, se dresse à gauche de l'entrée du cimetière et surplombe légèrement la route. Le nombre d’enfants du pays, morts en 1914, est impressionnant : une cinquantaine de noms y figure et parmi eux, plus d’un tiers sont des civils.

La pierre Saint Martin (voir texte ci-dessus)

Le château. Une plaque à l’entrée d’une ferme indique « ferme du château ».
Un bâtiment, de taille conséquente,  existait bel et bien il y a encore un siècle ; il n’en est pas resté le moindre mur après la guerre. Différents plans, dessins et documents nous permettent de restituer une partie de son passé : en 1862 le château était ainsi décrit : « un bâtiment très simple et solidement construit. Le principal corps de logis porte la date de 1574. Des réparations dirigées peu artistiquement ont amené la suppression des tourelles et des lucarnes en pierre en meneaux croisés qui décoraient les toitures comme on en trouve dans les édifices de la même époque ».

Trois calvaires subsistent aujourd’hui à Autrèches.Leur nombre était jadis deux à trois fois supérieur mais la Révolution et les guerres les ont presque tous fait disparaître.
Leur orientation ne respecte que rarement la tradition qui veut que Jésus-Christ regarde vers l’Ouest. Autrefois, chaque voie d’accès comportait une croix à la limite des maisons. Elles constituaient des limites entre hameaux. Leur emplacement est souvent extrêmement ancien. Le socle de pierre est généralement plus ancien que la croix, souvent détruite et remplacée par une croix de fer ou de bois. Le socle subsiste car il s’agit d’une borne sacrée dont l’emplacement fixé à l’origine est immuable. Déplacer une croix est sacrilège. Les processions ont disparu avant la Première Guerre Mondiale. La dernière a eut lieu à l’Ascension, elle allait de l’église au calvaire de la Folie.

La Maladrerie (ou léproserie) possédait une ferme dont une partie des baux sont conservés aux Archives départementales de l’Oise. C’était au temps où la lèpre  faisait de terribles ravages dans le pays. La chapelle subsista longtemps mais avec l’extinction progressive de la maladie à partir de la fin du XVIème siècle, elle disparut et ses biens furent attribués à l’Hôtel-Dieu de Soissons.

Hameaux, lieux-dits ou écarts rattachés à la commune

Hautebraye tire également son nom de sa situation géographique. Ce hameau est situé à flanc de coteau au dessus d’une zone marécageuse. Au Moyen-âge, il se nommait Ultebrai (qui est devenue Outrebraye puis Hautebraye). Ulte signifiant au delà de et Braye (venant du gaulois bracu) voulant dire boue (en français du XIIème siècle).

Le Bout-de-Vaux tire son nom de sa situation géographique au bout du Val (vallée).

Chevillecourt et Massenancourt sont d’origine mérovingienne, époque de grands défrichements des forêts et d’extension des zones cultivées. Le suffixe court (ou curtis en bas-latin) désigne la cour de la ferme, puis par extension la ferme, puis le domaine rural, puis enfin le village. On peut imaginer que ce soit de gros fermiers mérovingiens d’un nom approchant Masseneau et de Chevil qui seraient à l’origine de ces noms.

Le Tiollet, lieu où poussait un tilleul. De fait, jusqu’à la fin du siècle dernier subsistait un bouquet de tilleul aux abords de la ferme.

Evolution de la population

Autreches demo

Nos ancêtres d'Autrêches …

Naissance/baptème :
DESNOYELLES Honoré Magloire (sosa 118G7) le 10 novembre 1787.
Il est probable qu’il ait fréquenté l’école du village et qu’il ait eu comme instituteur Gervais MARTEAU, maître d’école puis instituteur public d’Autrèches de 1751 à 1806.

 

Date de dernière mise à jour : 02/04/2015