Ferrières-les-Verreries

Ferrieres adm

Le village, situé au cœur des garrigues nord-héraultaises, domine les vestiges de la verrerie de Couloubrines sur l'itinéraire du chemin des verriers qui traverse le Causse de l'Hortus, au Nord du Pic-Saint-Loup, sur un éperon rocheux entre le bois du Pous et celui de Monnier.
Le ruisseau de Gorniès prend sa source au Sud du village dans une gorge profonde, les roues d'un moulin en ruines y tournaient encore au début du XXème siècle.

Blason ferrieresHéraldique

Les armes de la commune se blasonnent ainsi :
D'or à six fers à cheval de sable, ordonnées 3, 2, 1.

Drapeau francais fond blancHistoire

Les premières traces d’habitat sur ce site datent du Paléolithique.
Le plateau calcaire, couvert de grandes forêts à la Préhistoire, est le domaine d'élection de plusieurs populations qui se succèdent du Néolithique à l'Age du Cuivre (voir « Echelle des Temps »).
Les Ferriériens (2800/2300 avant J.-C.) y laissent de nombreux dolmens. L'un d'eux livre le mobilier à partir duquel cette civilisation est décrite. Une de ces tombes collectives est visible sur le sentier des Asphodèles près du Mas de Baumes.
Le 6 mars 1703, lors de la Guerre des Camisards, provoquée par la révocation de l'Edit de Nantes, une bande de révoltés au nombre de 1300 hommes venant du côté de la Vernède, le logis du Bosc et le Poux, brulèrent l'église et la maison claustrale, pillèrent les maisons des habitants et tuèrent cinq hommes devant l'église. Auparavant, vers le logis du Bosc, ils avaient tués 3 muletiers de Saint-Martin-de-Londres. Le même jour, l'armée des Camisards est battue à Pompignan (Gard).
Le 12 mai 1712, un nouveau prieur s'installe à Londres, le presbytère, la maison claustrale et l'église étant en ruines. C'est seulement en 1715 que le presbytère et la maison claustrale sont réparés, l'église ne l'est qu'en 1718.
Pendant la Révolution, le village sert d'asile à plusieurs prêtres réfractaires auxquels les habitants offrent secrétement l'hospitalité. Un de ces prêtre, Toutoulon, est arrêté à Baumes par les soldats et conduit à Saint-Hippolyte où il est guillotiné.
La Révolution abolit le prieuré, dont tous les biens, y compris le presbytère, sont vendus comme biens nationaux. La paroisse reste sans desservant jusqu'en 1859.
A partir de 1865, une école mixte est créée. Les instituteurs sont logés dans une vieille maison appelée l'ancienne maison Reboul.

L'art et la science de verrerie

Entre 1280 et 1789, une vingtaine de verreries fonctionnent sur le Causse de l’Hortus, à des périodes différentes. Les verreries de la Seube, de Couloubrines, de Baume, du Mas Neuf…
La tradition rapporte que le roi Louis IX avait accordé aux seigneurs qui l’avaient accompagné en Terre Sainte, ruinés par l’expédition, le droit de pratiquer l’art et la science de verrerie sans déroger (c’est-à-dire sans perdre leurs titres de noblesse).Les premiers ateliers connus dans la région remontent au XIVème siècle. Cet artisanat de luxe produit des gobelets à la mode vénitienne, des fioles et des flacons destinés aux apothicaires et aux parfumeurs.
En 1445, Charles VII confirme les privilèges des maîtres-verriers, essentiellement des exemptions fiscales et réaffirme leur obligation d’appartenir à la noblesse.
La production de verre ralentit au moment des Guerres de Religion, mais connaît son apogée au XVIIème siècle. Montpellier, avec sa Faculté de Médecine commande du verre en grande quantité. Les ateliers, qui comptent généralement entre cinq et dix ouvriers se multiplient avec une forte concentration au Nord du Pic Saint-Loup.
Ferrieres les verreries heraultLes maîtres surveillent les fours et ne réalisent que les pièces délicates. Tous issus de familles de gentilshommes-verriers, ils ne peuvent exercer qu’après une formation de dix ans. Ils forment un grand corps qui veille à leurs intérêts et à leurs privilèges et s’entraide en cas de difficultés.
Autour d'une verrerie se rassemblaient de nombreux métiers : des maçons pour entretenir et reconstruire les fours, des potiers pour refaire les creusets, des marchands pour prendre les objets et les vendre (les gentilshommes-verriers n'avaient pas le droit de faire du commerce), des bûcherons qui fournissaient les verriers en bois, des forgerons qui entretenaient les outils…
Cependant, le gouvernement s’inquiète de la déforestation entraînée par les énormes besoins en bois de chauffe des verreries. Les agents de Colbert contrôlent les coupes et mettent à l’amende les maîtres qui empiètent sur les forêts domaniales.
Au début du XVIIIème siècle, d’importantes commandes de bouteilles permettent un renouveau relatif de la production. Mais dès 1723, le pouvoir royal réglemente encore plus strictement les coupes de bois et interdit l’ouverture de nouvelles verreries. Il ordonne ensuite, à la demande des Etats du Languedoc, le déplacement des verreries dans les zones montagneuses, comme l’Aigoual ou le bois ne peut être d’aucune utilité pour les habitants de la province. Les maîtres-verriers n’ont pas les moyens ni de transférer leur production ni de payer le bois de plus en plus rare. Ils vont peu à peu cesser leur activité.
En 1780, il ne reste plus que quatre verreries forestières. A la fin du XVIIIème siècle, l’industrie du verre va se déplacer à proximité des bassins houillers qui fournissent un nouveau combustible, le charbon de terre. Dans le secteur de Bédarieux, s’ouvrent les verreries d’Hérépian et du Bousquet d’Orb.

Seigneurs, gens de noblesse et mes ancêtres Granier

Les premiers seigneurs connus viennent de la Maison des Guillaume de Montpellier.
1204, Guillaume de Montpellier décède, il est l'époux d'Agnès d'Aragon.
1286, Raymond de Montpellier chevalier, est viguier de Sauve, seigneur de Ferrières. En 1312, il reconnait tenir le château de Ferrières avec ses appartenances et la juridiction haute et basse.
1445, Catherine Raymond, est héritière de son père feu noble Hugues Raymond, viguier de Sauve et seigneur de Ferrières.
Après cette dernière, la seigneurie devient possession de la Famille de Vézénobres.
1480, Jean de Vézénobres est viguier de Sauve et seigneur de Ferrières.
27 janvier 1506, reconnaissance est consentie par André Garonne et Jean Granier à Jean de Vézénobres, viguier de Sauve et co-seigneur de Ferrières.
1544, noble Antoine de Vézénobres et son épouse Jeanne Alberte, seigneurs de Ferrières, vendent à Guillaume et Barthélémy Granier, cousins, partie des Mas Deleuze et Cornayret contre ... (acte reçu par Maître Aurias de Sostella, notaire de Sauve).
1648, les habitants de Ferrières, représentés par Raymond et Claude Granier (père et fils), Anthoine Viala, Pierre Reboul et Jean Boussugar, rendent hommage à noble Louis Duranc, juge de la baronnie de Sauve, seigneur de Cabrières et Ferrières, et à son épouse Gilette de Valoscure. L'acte est signé par Claude Granier, les autres habitants ne savent pas écrire.
3 juin 1693, Hercule et Jean Duranc de Vézénobres (père et fils) vendent les terres et la seigneurie de Ferrières à Henry de Roquefeuil, marquis de Londres, seigneur de Cournonsec, le Villar, Rouet et autres lieux. Raymond et Claude Granier son cités dans l'acte.
1730, noble Jean Philippe de Roquefeuil, marquis de Londres, est seigneur de Ferrières.
1739, noble François Henri de Roquefeuil, marquis de Londres est baron et seigneur de Ferrières, Brissac et autres lieux.
1770, Marie Henri François, marquis de Roquefeuil, est seigneur de Londres et Ferrières. Il décède à Londre en 1837.

Chroniques communales

L’ancienne verrerie de Couloubrines

A moins de 500m du village de Ferrières-les-Verreries, elle a été restaurée à partir de 1989 et abrite désormais un four de verrier reconstitué avec les méthodes authentiques de la Renaissance. La métairie qui l’a abrité de façon intermittente entre le XVIème et le XVIIIème siècle comprenait un corps de logis principal à trois étages et des dépendances artisanales et agricoles. Mentionnée sous le nom de Mas de Calazau au XVème siècle, c’était alors un domaine exclusivement consacré à l’agriculture et à l’élevage. En 1426, elle appartient à Firmin de La Roque. En 1511 et 1522, elle fonctionne et est dirigée par Thomas de La Roque, gentilhomme-verrier, qui y pratique avec plusieurs compagnons l’art de verrerie. Calazau devient alors Couloubrines, du nom de la verrerie familiale des de La Roque.  Après être restée longtemps inactive, elle est à nouveau exploitée en 1780 par les sieurs de Girard qui la restaure et la loue à Louis de La Roque.
L'ancienne verrerie de Couloubrines reste l’unique témoignage de cette activité.

Le domaine du Mas de Baume, sur le causse de Pompignan.

La verrerie est citée au XIIIème siècle comme propriété de l’évêque de Maguelone. Elle est attestée  en 1355. Ses fours sont en activité en  1515 et 1625. Depuis le XIVème siècle, la métairie de Baume (comme certains mas des environs) est régulièrement louée à des compagnies de gentilshommes-verriers. Au XVIème siècle, elle appartient au seigneur de Roquefeuil.
Elle cesse son activité en 1746, date à laquelle les de La Roque-Vallongue et les de La Roque-Couloubrines  s’associent pour établir une nouvelle verrerie au Mas des Parts à Saint-André-de-Buèges.
Le mas de Baume, revendu, redevient un domaine entièrement vouée à l’agriculture et à l’élevage jusqu’aux années 1960. En 2005, les locaux sont rénovés et transformés en hôtel-restaurant.
Au Nord-Est, des bâtiments abritant logements et communs bordent une cour où se trouvent les vestiges de deux fours de verriers. Au Nord-Ouest, une bergerie voûtée jouxte une aire de dépiquage (battage) dallée tandis qu’au Nord est implantée une autre grande bergerie.

La cachette des verriers.

La tradition voudrait que des artisans du verre, restés huguenots après la Révocation de l’Edit de Nantes,  se soient dissimulées dans cette  construction en pierre ruinée. Or, les gentilshommes-verriers de ce secteur se sont convertis ou se sont exilés. Cette appellation est donc sans fondement historique mais témoigne cependant du souvenir des persécutions subies par les protestants sous le règne de Louis XIV.

Patrimoine

L'église romane Saint-Jean-de-Ferrières date du XIème siècle. Elle est très endommagée au cours de la Guerre des Camisards en 1703. Elle possède une cloche fondue par le montpelliérain, Léonard Bordes, en 1646. Plusieurs familles jouissent du privilège d'être inhumé dans l'église dont mes Granier.     
Elle est classée aux  Monuments Historiques.

L'ancienne verrerie de Couloubrines, un des témoignages de l'activité des gentilshommes verriers qui ont soufflé le verre sur le causse de l'Orthus durant près de cinq siècles (voir texte dans § Histoire).

Le dolmen, bien caché dans un petit bois de chênes verts, se trouve dans les proches environs de la commune. C’est un dolmen du Néolithique. Il est constitué d’une chambre sépulcrale rectangulaire d’une superficie de 10m2, d’un long couloir axial de pierres sèches de 9m de long dans lequel s’ouvre un second couloir terminé par une autre chambre étroite formant un appendice.
Il a servi de lieu d’inhumation jusque l’Age de Fer et a livré de nombreux objets archéologiques, vases, parures et belles lames de silex ainsi que  cheveux et os, appartenant à un couple venant probablement du Nord de l'Europe.
Les vases de ce groupe culturel (la culture de Ferrière 3200/2600 avant J.-C) sont reconnaissables à leur décor de lignes incisées disposées en motifs géométriques (chevrons, triangles), parfois incrusté d’une pâte blanche faite à partir d’os ou de calcaire brûlé. Les fouilles qui ont précédé la restauration du dolmen ont montré une utilisation du couloir par des gens de la culture de Fontbouisse (2600/2200 avant J.-C.). On estime aussi que la construction de l’appendice doit être attribuée à l’Age du Bronze (2200/800 avant J.-C.). Cette évolution architecturale renvoie aux fréquentes réutilisations de la tombe et illustre la longue permanence du peuplement des garrigues jusqu’aux temps historiques (voir « Echelle des Temps »).

Le sentier des Asphodèles part du Mas de Baumes, sur le causse de l'Hortus, égayé au printemps par des milliers de hampes d'asphodèles.

Hameaux, lieux dits et écarts

Baume, Le Castelet et Les Jasses qui portait autrefois le nom de Mas de la Salle. Cette importante propriété appartenait pour parties égales aux famille de Girard et Granier.

Evolution de la population

Ferrieres demo

Nos ancêtres de Ferrières-les-Verreries…

Naissances/baptêmes :
GRANIER Barthélémy (sosa 198336G18) vers 1380.
GRANIER Barthélémy (sosa 99168G17) vers 1410.
GRANIER Barthélémy (sosa 49584G16) à une date inconnue.
GRANIER Guillaume (sosa 24792G15) vers 1480.

Unions :
GRANIER Barthélémy (sosa 198336G18) avec JULLIAN Guillaumette (sosa 198337G18) vers 1410.
GRANIER Claude (sosa 13396G14) avec BERTRAND Isabeau (sosa 13397G14) vers 1578.

Décès/inhumations :
DELEUZE Pierre (sosa 396678G19) vers 1411. Il était l’époux de DELPUECH Marie (sosa 396679G19).
DELPUECH Marie (sosa 396679G19), épouse DELEUZE Pierre,  vers 1411.
GRANIER Barthélémy (sosa 198336G18) avant 1440.
JULLIAN Guillaumette (sosa 198337G18), épouse de GRANIER Barthélémy, avant 1432.
GRANIER Barthélémy (sosa 99168G17) avant 1476.
GRANIER Claude (sosa 6198G13) vers 1649. Il était l’époux de Jeanne RICARD (sosa 6199G13).
GRANIER Guillaume (sosa 24792G15) le 31 décembre 1540. Il était ménager au Mas d’Euze et l’époux de TESSIER Claude (sosa 24793G15).

Traces historiques de la famille Granier de Ferrières-les-Verreries (voir § Histoire)

La famille Granier a succédé aux Deleuze, dont un grand nombre de documents prouve l'existence à Ferrières à partir du XIIIème siècle jusqu'au début du XVème siècle.
Il existe au XVIIème siècle deux branches de la famille Granier qui descendent de mon ancêtre Barthélémy Granier vivant en 1404 (sosa 198336G18). Cette descendance se divise en deux branches : les Granier de Pompignan et du Crès et les Granier de Ferrières et de Saint-Bauzille-de-Putois. On en trouve la trace à travers les différents actes les concernant :
Le 4 février 1451, les héritiers Terondel vendent le Mas de Posancres (jadis appelé Casal) à Guillaumette Julian (sosa 198337G18) et son époux Barthélémy Granier (sosa 198336G18) pour 237 Livres Tournois (Source : acte Jean Deleuze, notaire de Ganges).
Sont officiers de justice de Ferrières : En  1613, un autre Barthélémy Granier, en 1639, Claude Granier puis en 1680, Hercule Granier.
En 1671, Marguerite Granier (famille de Ferrières-les-Verreries) épouse François de Girard, seigneur de La Croix, fils de Pierre et de Françoise de La Roque. Il exerce à la verrerie du Rouet en 1697 avant d'être propriétaire de la verrerie de Ferrières. Marguerite Granier décède le 12 juin 1721, veuve de François de Girard et âgée de 66 ans,  elle est inhumée dans l'église de Ferrière.
En 1679, le rôle de la Taille pour la commune de Ferrières est de 1442 Livres, réparties entre les habitants. Claude Granier paie 197 Livres et Raymond Granier 299 Livres.
En 1506, Guillaume et Jean Granier (frères) sont cités dans une reconnaissance du Mas de la Salle ayant appartenu à Pons Deleuze.
Le compoix de Ferrières est dressé en 1657 par Claude Puech et Jean Soulier, assisté de Claude et Raymond Granier.
Entre 1679 et 1685, Claude, Jean et Hercule Granier sont témoins dans des actes d'abjuration du protestantisme.
En 1712 et en 1745, Jean Granier est consul de la commune de Ferrière (le consul est élu par l'Assemblée des chefs de famille de la ville).
En 1739, confirmation, par l'évêque d'Alais, à Jean Granier, bourgeois, de la permission accordée aux siens d'être inhumé dans l'église comme par le passé.
En 1759, une autre Marguerite Granier de Saint-Bauzille-de-Putois épouse Jean François Granier de Pompignan avec une dispense (4ème degré de consanguinité) en raison de la parenté entre les deux futurs époux.
En 1759, le rôle de la Taille est de 2976 Livres pour la commune de Ferrières. Claude Granier paie 496 Livres et Jean Granier 529 Livres.
En 1759 encore, le sieur Granier, prêtre du diocèse, célèbre la messe en présence de l'évêque d'Alais.
En l'An X, le rôle est de 3137 Livres, et il est mentionné : "seulement trois propriétaires fonciers demeurent : Viala, Cabane et Reboul. Tous les autres, soit deux familles de Girard (successeurs des Granier), La Roque des Baumes,  La Roque de Couloubrines ont quitté Ferrières et ne sont plus revenus dans les maisons de leurs ancêtres."

 


 

Sources
Sites et photo
:
Wikipedia, La Halle du Verre, Crdp-montpellier, Théo et Guilhem, Le dolmen, Jean Arnal, Jacques DeschardBNF/Gallica "Histoire de Ferrières"

 

 

Date de dernière mise à jour : 18/09/2015