Corbigny

Corbigny adm

 

La commune est située aux portes du Morvan et du Parc Naturel Régional à la limite du Nivernais et du Morvan, au cœur d'une région d'élevage de bovins (charolais).

600px blason corbigny 58 svgHéraldique

Les armes de la commune se blasonnent ainsi : D’azur à trois corbeilles d’or.
Depuis le Moyen Âge, les trois corbeilles d'or sur fond d'azur de son blason affirment avec persistance la vocation commerçante de Corbigny.

Toponymie

Le nom originel de la ville Corboniacum, devient ensuite Corbeni-les-Saint-Léonard et enfin Corbigny.

Hydrographie

La commune est traversée par l'Anguison, affluent de l'Yonne.

Drapeau francais fond blancHistoire

Corbigny est autrefois l'une des premières étapes pour les pèlerins partis de Vézelay à destination de Saint-Jacques-de-Compostelle où ils honorent les reliques locales de saint Léonard.
Vers l'an 650, le seigneur Corbon décide de se faire construire une villa près du confluent de l'Yonne et de l'Anguison (voir § «patrimoine, abbaye Saint Léonard»).
Le roi Philippe II dit Philippe Auguste (1165/1223), après avoir renoncé à ses vœux de croisade prononcés à Vézelay en 1190, vient à Corbigny vénérer les reliques de saint Léonard.
Corbigny est chef-lieu de district de 1790 à 1795.
Au début du XXème siècle, la commune est desservie par une des lignes du Tacot du Morvan, de Corbigny à Saulieu. Sa gare, terminus de la ligne de 1901 à 1903, est située aux côtés de la gare de la liaison PLM construite en 1871. Le trafic voyageurs est stoppé le 15 mars 1939.

Seigneurs et gens de noblesse : Voir § « mes ancêtres » en bas de page.

Chronique communale

L’accident du Dewoitine D.332 Emeraude

Dewoitine d 332Le trimoteur de transport (ci-contre) pour 8 passagers, construit à un seul exemplaire par Émile Dewoitine en 1933 réalise son premier vol le 11 juillet 1933 et établit le record de vitesse entre Paris et Saïgon. Le 15 janvier 1934, lors de son voyage retour, après une halte à Marignane, pris dans un vent violet, il doit se poser à Lyon. Il  il redécolle néanmoins pour Le Bourget en début de soirée. À 19 h 30, le radio Ferdinand Queyrel envoie un message indiquant que l'avion vole à 1 700 m d'altitude et que tout va bien malgré une tempête de neige. André Launay est aux commandes. Quelques minutes plus tard, L'Émeraude s'écrase sur une colline du Morvan, à Corbigny (photo ci-dessous) et l'épave prend feu.
Les dix personnes à bord sont tuées : Maurice Noguès, pionnier de l'aviation et directeur général adjoint de la nouvelle compagnie Air France créée en 1933 ; Maurice Balazuc, directeur technique de cette dernière ; Emmanuel Chaumié, directeur de l'Aviation civile et son épouse Colette Chaumié ; Pierre Pasquier, gouverneur général de l'Indochine française ; Jean Jacques Larrieu, chargé de mission au Ministère de l'Air ; le capitaine Brusseaux, ordonnance du Gouverneur ; André Launay, pilote de l'appareil ; Ferdinand Queyrel, radio-télégraphiste et Camille Crampel, mécanicien-navigant.
Des obsèques officielles par le gouvernement français sont organisées 4 jours plus tard.
En 1938, un monument commémorant l'accident est érigé non loin du lieu de l'accident. La stèle, large de 26m, représente l'envergure de l'appareil.
Le Dewoitine D.333 en est dérivé : 3 exemplaires sont construits en 1935 pour Air France.

Avion ecrase

Patrimoine

L'abbaye Saint-Léonard, monastère de religieux bénédictins, dépend de l'ancien diocèse d'Autun de1180 à 1789 et de l'actuel diocèse de Nevers de 1801 à 2010. Elle est bâtie sur un monticule à 195m d'altitude, dans la vallée de l'Anguison au Nord de la ville.
Le moine Saint Léonard meurt le 570. Il guérit les aveugles et est invoqué pour les oreilles, les yeux et la fièvre, ainsi que pour la libération des prisonniers. Il est enterré dans l'abbaye de Vandœuvre (Sarthe), de Saint-Léonard-des-Bois, qu'il a fondée. Ses reliques snt transférées à Tournus et, trois siècles plus tard, en 882, son corps est transporté à Corbigny au diocèse d'Autun. L'abbaye prend son nom ainsi que la ville de Corbigny Saint-Léonard, qui se construit autour.
À la fin du VIème siècle, l'endroit n'est qu'une villa dont le propriétaire, Corbon, laisse à sa mort toutes ses terres à son unique fils Widrar (+3 octobre 747),  qui entre dans les Ordres et fonde l'abbaye Saint-Pierre de Flavigny-sur-Ozerain, la collégiale Saint-Andoche de Saulieu et l’abbaye Notre-Dame de Faverney. Par testament en 706, il lègue ses biens aux abbayes. Il est proclamé plus tard Bienheureux,
En 854, Saint Egilon, archevêque de Sens, fait élever un oratoire à Corbigny grâce à l'aide financière de Louis II de France dit le Bègue (846/879) et de sa seconde épouse, Adélaîde de Frioul (850/901), sur l'emplacement de la villa de Corbon. L'apôtre Saint Pierre en est le saint patron et, en son honneur, il place dans les lieux 12 moines.
En 882, les moines font venir de Tournus les reliques de saint Léonard et de saint Vétéran. L'abbaye prend le nom de Saint-Léonard, la ville suit. Une indulgence plénière, en forme de jubilé, s'attache au pèlerinage des lieux par décisions des souverains pontifes.
Les moines, en 998, se veulent libres et indépendants et proclament Robert de Nevers (1005/1032), frère du comte Landry de Nevers, moine rusé et ambitieux, qui vient d'être chassé de l’abbaye de Flavigny, comme étant leur doyen, remplissant les fonctions de prieur claustral. Ces dérèglements lui valent le surnom de Robert le Diable. Les biens de l’abbaye sont dilapidés.
En 1032, Helmuin, évêque d'Autun, rassemble un synode et décide d'abolir le titre d'abbaye à Saint-Léonard et de replacer ce monastère sous la dépendance de Flavigny. Les moines refusent d'obtempérer et élisent un nouvel abbé.
En 1053, l'évêque Aganon demande aux deux abbés de l'accompagner à Rome pour demander l'arbitrage du pape. Lambert, doyen de Saint-Léonard, s'y rend mais pas l'abbé de Flavigny. Le pape donne raison à ceux de Corbigny.
Vers 1150, le grand nombre de pèlerins provoque des troubles. L'archevêque de Sens se déplace. Tétric, le chef des fanatiques, se cache dans une grotte, il en est tiré et brûlé sur la place publique en 1166. On retrouve d'autres fanatiques vers 1198.
En 1173, Seguin de La Tournelle, seigneur-abbé de l'abbaye et de Corbigny, obtient du comte de Nevers, l'autorisation de fortifier le bourg et l'abbaye à condition que l'un et l'autre soient remis entre ses mains et celles de ses successeurs.
En 1180, un incendie détruit le bourg et l'abbaye dont il ne reste rien.
En 1200, à la demande de l'abbé, le pape Innocent III (1160/1216) confirme à cette Maison son indépendance, tous ses biens, les églises de sa dépendance, les dîmes et autres droits et lui accorde de nouveaux privilèges. La reconstruction de l'abbaye et des bâtiments ayant entraîné de grosses dépenses et des dettes importantes, l'abbé Gauthier  a recours en 1228 à un acte d'affranchissement en proposant à ses sujets de racheter leur servitude. Ils s'affranchissent en payant 500 livres monnaie de Provins et une rente annuelle de 10 sous par hôtel, et s'érigèrent en commune.
Le monastère est reconstruit sur l'autre rive de l'Anguison. Seule subsiste de l'ancienne abbaye une élévation d'un autel en plein air, la chapelle de Sarre.
En 1432, le bailli d'Auxerre, prisonnier à Beauvais, se voue à Saint Léonard et lui promet un pèlerinage à pied à Corbigny.
En 1754, après la réforme de Saint-Maur, les bâtiments sont reconstruits d'après les plans de l'architecte Michel Caristie. Les structures de l'ancienne abbaye restent visibles au niveau du sous-sol.
En 1789, dom Landel, administrateur et prieur du monastère, préside à la restauration des bâtiments, lorsque survient la Révolution Française qui chasse les 8 derniers moines qui y réside.
A partir de 1789, l'Abbaye connait des usages divers : Hôtel de District en 1790 ;  siège d'un haras en 1807 ; petit séminaire diocésain en 1834 et succursale de la maison des frères de la doctrine chrétienne de Nancy ; école normale d'instituteurs en 1888 ; école primaire supérieure et cours élémentaire, avant un cours complémentaire  avec internat en 1889 ; école pratique d'agriculture en 1894 ; hôpital militaire en 1914... puis de nouveau cours complémentaire et collège d'enseignement général à partir de 1962...
Classée aux Monuments Historiques en 2001, l'Abbaye, renommée Abéicité, abrite depuis 2003 l’Office de Tourisme et les Espaces de cultures du Pays Nivernais-Morvan, lieu de création et de diffusion artistique.

Le collège Saint Léonard dans l’ancienne abbaye est ouvert en 1889 par les Sœurs de la Sainte Famille de Besançon. Cet établissement d’enseignement secondaire avec internat se développe jusqu’à la Première Guerre Mondiale (voir § ci-dessus).

L'église Saint-Seine, de style gothique flamboyant à trois nefs, est édifiée au cœur de Corbigny au début du XVIème siècle sur les ruines du premier sanctuaire paroissial corbigeois de 1134. Elle est consacrée en 1537.
L’édifice, composé d'une nef à chevet plat  sans transept soutenue par des piliers ronds sans chapiteaux, comprend trois chapelles dont une est transformée en sacristie. À l'intérieur se trouve un lutrin de style Louis XV provenant de la chartreuse Sainte-Marie du Val Saint Georges, le maître-autel en marbre blanc et rose provient de l'église abbatiale de Saint-Léonard. Elle possède : 22 stalles et 2 bénitiers en fonte, dont un daté de 1584, classés aux Monuments Historiques ; 2 statues en bois polychrome représentant saint Seine et saint Augustin ;  des fonts baptismaux du XVIIIème siècle en marbre rose et en cuivre également classés ;  un triptyque central.

La chapelle de Sarre, est un petit édifice très humble, près de la fontaine Sainte-Agathe, qui possède un autel en pierre, vestige de la première abbaye après l’incendie de 1180 qui la détruit complètement, qui contenait les reliques de saint Léonard au XIIème siècle.
Elle fait l'objet, avec la fontaine, d'un pèlerinage dès le XIIème siècle.

La fontaine Sainte-Agathe, à proximité de la chapelle, fait l'objet d'une vénération de la sainte. Ses eaux passent pour procurer du lait aux nourrices. Un pèlerinage important y avait lieu tous les ans dès le XIIème siècle.

La tuilerie de la Chapelle de Sarre, briqueterie-tuilerie à l'ancienne, est construite au  XVIIIème siècle, sur la route de Cropigny à Corbigny.  Briques, tuiles et tomettes, produites à partir de la terre de la carrière voisine, sont cuites au feu de bois.

La mairie comporte deux chapiteaux romans en pierre sculptée classés aux Monuments Historiques en 1097 et en 1913.

Personnages liés à la commune

Étienne Poitreau (1693/1767), peintre paysagiste, est né à Corbigny et mort à Paris.

Hippolyte Lavoignat (1813/1896), graveur sur bois et peintre, est né à Laon (Aisne) et décédé à Corbigny le 24 octobre 1896.

Édouard Pail (1851/1916), peintre, est né à Corbigny et mort à Paris en 1916. Ses œuvres sont conservées aux musées de Nevers et de Clamecy.Franc nohain

Maurice Étienne Legrand dit Franc-Nohain (1872/1934, portrait de droite), avocat, sous-préfet, écrivain, journaliste, poète et librettiste, est né à Corbigny. Il est le père de Jean Nohain (1900/1981), animateur de télévision française, de l'acteur Claude Dauphin (1903/1978) et de Francine (1914/1970) illustratrice comme sa mère, Marie Madeleine Dauphin (1879/1942).

Louis Paillard (1876/1946), journaliste et homme de lettres, est né à Corbigny. Il était l’ami des écrivains  Jules Renard (1864/1910) et Henri Bachelin (1879/1941).

Hameaux, lieux dits et écarts

Beugnon, Echereau, L’Homme, La Chapelle de Sarre, La Clave, La Garenne, La Scierie, La Senelle, Le Gros Chêne, Le Moulin de Marcy, Les Charnées, Les Granges, Rennebourg, Vigne André.

Evolution de la population

Corbigny demo

Nos lointains ancêtres de Corbigny ...

12 naissances/baptêmes et  11 décès/inhumations y sont enregistrés :

Corbigny ancetres 1Corbigny ancetres 2Corbigny ancetres 3

Carte de Cassini

Corbigny cassini

 

 

 


 

 

Sources
Sites et photo : Wikipedia, Mairie, Office de Tourisme

 

Date de dernière mise à jour : 29/01/2018