Aux pays de mes ancêtres

REMILLY

Remilly

Remilly carte geoAu pied du versant Sud du Parc Régional du Morvan, entouré par les communes de Lanty, Savigny-Poil-Fol, Avrée et La Nocle-Maulaix, Rémilly est situé à 5 Kms de Sémelay la plus grande ville des environs.
Dans la vallée au Nord, de l'autre côté de la rivière, se trouvait autrefois une motte, entourée de larges fossés et ombragée de grands arbres.
Le village perché au Nord de la commune, sur l'autre rive de la rivière s'appelait Saint-Michel-en-Longue-Salle et était une paroisse indépendante de Rémilly, réunie à celle-ci en 1682.

 Toponymie 

Rumilacum, Remiliacum

 Hydrographie 

L'Alène traverse la commune d'Est en Ouest.
Le Bulvin, ruisseau affluent de l'Alène.
Il existait jadis un moulin sur la rivière.

Drapeau francais fond blanc Histoire 

De nombreux vestiges gallo-romains sont retrouvés sur le sol de la commune : ruines de villas, voies, tuiles à rebords, poteries et urnes funéraires. Aux Milleries, un établissement important, au vu des ruines qui y ont été découvertes et des quatre voies romaines qui y aboutissent, devait exister.
Deux tertres sont encore existants au XIXème siècle, près de Montreuil et au château des Besaces.
La paroisse de Rémilly est citée au XIème siècle faisant partie de l'archiprêtré de Moulins-Engilbert.
L’évêque de Nevers, Fromond (1121/1144) donne le patronage de cette cure au chapitre de sa cathédrale, qui le vend en 1685 à la chartreuse d'Apponay avec obligation de nommer une personne suffisante et capable.
L’évêque de Langres Geoffroy de La Roche-Vanneau (1139/1163) donne à l'abbaye de La Bussière les deux paroisses d'Agey et de Gissey avec leurs dépendances : Baume-la-Roche et la moitié de la paroisse de Rémilly, et exempte les moines de toutes dîmes et exactions.
En 1511, Guillaume Billaud, curé de la paroisse, fait l'acquisition de la place de l'ancienne maison-forte qu’il revend à l'abbaye d'Apponay en 1525.
En 1682 la paroisse de Saint-Michel-en-Longue-Salle  est rattachée à Rémilly. Elle possède une église du XIème siècle dont il ne reste que le chœur et l'abside.

 Seigneurs et gens de la noblesse

Aux XIème et XIIème siècles, mes ancêtres portant le nom de de Rémilly sont seigneurs de la ville (voir § nos lointains ancêtres en bas de page).

 La chartreuse Notre-Dame d’Apponay
Au XIIème siècle, les lieux sont couverts de landes et peuplées de quelques serfs.
En 1185, l’évêque de Nevers, Thibaut (+1188) avec le consentement de Jean, doyen du chapitre de sa cathédrale et de tous les moines réunis, donne ce lieu consistant en ferme, bois, prés, terres et eaux aux fils de saint Bruno (1030/1101), fondateur de l’Ordre des Chartreux, à condition qu'ils y fondent une Maison de leur ordre. Les Papes prennent cette nouvelle maison sous leur protection.
Par une bulle du 15 octobre 1227, signée par 13 cardinaux, le pape Ugolino de Anagni dit Grégoire IX (1145/1241) fait défense de troubler les religieux dans la possession de leurs terres, de brûler leurs granges, d'empêcher de s'y faire moines ceux qui le veulent, de donner refuge à un apostat, et de lever sur leurs biens aucune espèce de dîmes. Il veut qu'ils puissent bénir les églises et chapelles de leur dépendance et se faire ordonner où bon leur semble. Il est interdit à tout évêque ou autres personnes de les citer en justice, d'exercer sur eux aucune juridiction, de leur imposer un prieur autre que celui qu'ils ont librement élu, et de bâtir plus près de leur maison qu'à une demi-lieue, sous peine d'excommunication et déchéance de toutes charges et dignités...
Pendant 650 ans, la chartreuse est gouvernée par 70 prieurs, dont plusieurs remarquables.
Le 20 août 1520, sous le gouvernement de Jean VIII Choiseau, un incendie se déclare, consumant tous les bâtiments et contraignant les religieux à recourir à la charité publique. Une souscription est ouverte et le roi François Ier (1494/1547) donne ainsi que le dauphin François de France (1518/1536), la comtesse de Nevers Marie d'Albret (1491/1549), l'aumônier du roi, le curé de Chiddes, le chapitre général de l'Ordre, Pierre Le Goux procureur royal au baillage de Beaune, le chapitre de Nevers, le protonotaire de Langeron... ainsi qu’un grand nombre de nobles y participe. La collecte produit la somme énorme pour l’époque de 527 livres. Les religieux font réparer leur maison et y ajoute un bâtiment pour recevoir leurs hôtes. Celui-ci est par la suite converti en fruiterie et connu sous le nom de grenier de Saint-Bruno.
En 1570, les calvinistes pillent et dévastent le prieuré, garrottent le prieur Claude Guyot et Dom Jean Offroy, les emmenant prisonniers à La Charité-sur-Loire. Les moines sont contraints de vendre le domaine et le bois de Millery.
Dom de Maugarny reprend le domaine de Saint-Firmin engagé à Gaston de Condé et obtient, en 1644 du roi Louis XIV, pour son prieuré et Rémilly et autres dépendances l'exemption de logement des troupes en garnison à Decize, à Issy-l'Évêque et autres lieux du Bas et Haut-Nivernais et de toutes autres contributions. En 1650, Il fait réparer la salle du chapitre et remplacer les haies vives qui entourent les bâtiments conventuels par des fossés et de bonnes murailles.
Son successeur, Dom Denis Nicolas obtient des lettres patentes du roi, en 1663, confirmant à son monastère les privilèges accordés par les rois à ses prédécesseurs. Le monarque y ajoutant même une exemption d'impôts pour le prieur, les moines, les frères convers, les gens familiers, les serviteurs et domestiques, afin de les obliger à continuer leurs prières pour le roi et le bien de l'État.
Sous le gouvernement de Dom Joseph Cazet de Vautorte, le domaine s'agrandit et s'embellit. En 1683, il fait bâtir  deux nouvelles cellules et commence le grand cloître dont la première pierre est posée le 20 octobre 1683 par Jean Henri Bogne, doyen du chapitre de Nevers.
En 1713, le prieur et ses religieux, seigneurs de Rémilly s’opposent aux Taxes et Impositions pour l'année. Une réduction d’une centaine de livres leur est accordée.
En 1717, Dom Louis de La Barre, dont la funeste administration laisse Apponay dans les dettes, fait creuser le grand étang et rétablir la verrerie.
En 1742, un chartreux se sauve d’Apponay où il est en prison depuis 10 ans, et se met sous la sauvegarde du Roi.
Dom Louis Lancieux, redresse les finances du monastère et ouvre une faïencerie qui n’a pas plus de succès que la verrerie de son prédécesseur.
En 1745, une épidémie emporte le bétail, les moines ne sauvent que 2 animaux sur une centaine.
L’'année suivante le prieur Dom Hugues Pépin ouvre deux nouvelles cellules et fait effectuer des travaux de réparations dans les bâtiments.
En 1750, François Marie de Coëtivy est élu à la tête du monastère. Il fait creuser le grand étang et huit pêcheries pour y conserver la provision ordinaire de poissons.  En 1752, la foudre frappe le clocher de l’église abbatiale causant de graves dégâts que le prieur fait réparer. Deux tableaux sont transportés à l'église de Luzy, ainsi que les stalles, la cloche et le lutrin.
En 1789, la chartreuse Notre-Dame d’Apponay comprend :
-  8 domaines dont Millery, Saint Firmin et Villeneuve.
 - 3 moulins dont le moulin banal de la seigneurie et  le petit moulin construit en 1725 par Jean Poitou le meunier, contigu au premier.
-  La place de l’ancienne maison-forte acheté par le curé de la paroisse, Guillaume Billaud, en 1511 et revendu à la chartreuse en 1525.
 - La terre et le patronage de la cure acquit en 1683 par Dom Joseph Cazet de Vauvorte.
-  La chapelle Sainte Radegonde pour l'usage des serviteurs de la maison.
-  La verrerie du XVIème siècle est rétablie vers 1717 par Dom Louis de La Barre.
-  La Faïencerie ouverte par Dom Louis Lancieux.
-  38 étangs dont le grand Etang creusé sous Dom Louis de La Barre vers 1720 et l’Etang Neuf creusé vers 1750.
Lorsque survient La Révolution, les moines ne sont plus que 7. Ils sont dispersés, la maison et l'église dévastées et divers objets transférés à l'église paroissiale Saint Pierre de Luzy. En 1798, l'ensemble des biens est vendu comme Biens Nationaux à Nevers.
Dom Ledivelec ne fait aucun serment révolutionnaire et ne sort pas de France,  il est mis en réclusion à Nevers dans la maison claustrale par le Tribunal Révolutionnaire puis envoyé à Nantes, jeté dans le fond de cale de la galiote du port, il passe à Brest en 1794. À son débarquement, il est transporté malade à l'hôpital Saint Louis où il meurt le 28 mai 1794.

 Patrimoine 

La chartreuse Notre-Dame d'Apponay sur le bord de la route de Luzy à Decize (voir § précédent).
Aujourd'hui, ce lieu est composée d'un ensemble de bâtiments, dont une église de brique des XIIIème siècle et XIVème siècles, divers bâtiments des XVIème siècle et XVIIème siècles, le logis du prieur du XVIIème siècle et d’une chapelle du XVIIIème siècle.

L’ancienne verrerie Saint Bruno d'Apponay
Elle existe depuis le XVIème siècle, on y rencontre des gentilhommes connus sous le nom de Hennezel, maîtres verriers lorrains.
Elle est réouverte par le prieur Dom Louis de La Barre en 1717, son successeur la transforme en faïencerie mais ne rencontre pas plus de succès.

Le château de Saint Michel
Il est bâti en 1388 en hommage au comte de Nevers par Agnès du Chambon.
En 1575, hommage est rendu au duc de Nevers par Philibert de Maumigny (+1567), écuyer, époux de Madeleine de Juysard.
Au XIXème siècle, le domaine appartient à Georges de Champeaux de La Boulaye (né en 1837), ingénieur civil à Autun, il est marié en 1861 avec Marie Thérèse Abord (1841/1891), sa descendance Charles dit Denis VIII de Champeaux de La Boulaye (1865/1950) capitaine de vaisseau commandeur de la Légion d’Honneur, lui succède. Le domaine est vendu à sa mort.
Aujourd’hui, le château a été entièrement restauré. Le domaine d’En-Haut, est actuellement la propriété de M. Antoine Feidt, luxembourgeois de Christnacht. Le domaine agricole d’En Bas, est géré par une EARL, siège de l’association  Loisirs cynégétiques. Les deux domaines autrefois n’en faisaient qu’un.

La chapelle Saint-Michel
En 1682 la paroisse de Saint-Michel en Longue Salle est rattachée à Rémilly. Elle possède une église du XIème siècle dont il ne reste que le chœur et l’abside, sa toiture est couverte de petites tuiles plates en terre cuite de la région, deux contreforts sont encore visibles. Sous l’abside existait une ancienne crypte, avec un autel et une fontaine, dite de Sainte-Claire, où il se faisait autrefois un grand pèlerinage.
Le seuil du portail Ouest, remplacé par une porte de grange, est formé d’une pierre tombale portant une figure de chevalier sous une arcade trilobée. Elle est datée de la fin du XIIIème siècle début du XIVème siècle.  
En 1865, elle est convertie en grange à fourrage.

La chapelle Sainte-Radegonde
Elle est située détruite au Sud-Ouest de l’ancien monastère.
L'évêque d'Autun, Antoine de Châlons (+1500), accorde le 8 janvier 1492, 40 jours d'indulgence à tous ceux qui la visitent.
Elle est brûlée en 1856.

Le château de La Verrerie
Il est bâti au  XVIIème siècle et est propriété de Jean de Ponard en 1601.
Sa dénomination est due à l’ancienne verrerie fondée en 1717 par Dom Louis de La Barre, seigneur du lieu et prieur de Notre-Dame d’Apponay.

Le château de La Bouë (2)
Ancien fief de basse et moyenne justice, il est construit au début du XIVème siècle pour Guillaume de la Perrière.
Il connait ensuite plusieurs propriétaires dont : Eustache Després, écuyer, seigneur de Charly et La Bouë qui l’occupe au XVIIème siècle et qui s’oppose en 1674 à Charles Quarré, époux d'Anne de Druy, seigneur de Millery et de Saint-Michel ; au XVIIIème siècle, François de Prisyé de Certaine, capitaine au Régiment de Florentin achille seilliere 1813 1873Champagne, qui, dans le cadre d'une affaire matrimoniale, s'oppose en 1721 à François du Crest (1) (1696/1742), seigneur de Ponay et de Saint-Michel-en-Longue-Salle ; au XIXème siècle, il appartient à François Florentin Achille Sellière (1813/1873 portrait ci-contre), banquier, époux de sa cousine Camille Zoé Sellière (1821/1866).
Le château comprend une tour carrée de la construction primitive à deux niveaux couverte d’une toiture à rampants très aigus, et d'une jolie tourelle d'escalier circulaire en briques de la Renaissance. Le corps de logis, datant de 1784, est accosté de deux tours rondes. La tour Sud, coiffée d’un toit en poivrière, est éclairée de baies à accolades du XVème siècle. La porte, défendue par une bretèche, est décorée au XVIème siècle d'un arc en plein cintre retombant sur deux pilastres cannelés. Le fronton porte un écusson mutilé aux armes de la Famille de Maumigny, seigneurs du lieu.
Il est entouré de fossés aux XVème et XVIème siècles.
Les bâtiments d'exploitation en briques sont de la fin du XVIème siècle.
La maison dite du Buisson-Guipier a longtemps fait partie des dépendances du château de La Bouë.
L'ancien château et fief de Trougny, sur la châtellenie de Saint-Saulge, était vassal de La Bouë.

L’ancienne verrerie de La Bouë (3)
A l’origine, elle est fondée par Jean de Ponnard (+1574).
En 1642, maître Jean de Virgille (1615/1692), gentilhomme, écuyer du Roi, fils d'Honoré de Virgille et de Marguerite du Sas, époux d'Anne de Verdigny (+1682) la dirige. Il s'oppose à Jean de Meslier, écuyer, maître de la verrerie de Saint-Bruno d'Apponay.  La verrerie de La Bouë est, à cette époque, le rendez-vous des gentilhommes italiens et lorrains.
Puis elle passe à son fils, Claude de Virgille, écuyer et sieur de Chevannes, maître verrier, qui, en 1684, a maille à partir avec un marchand de Decize, Claude Marinyer.
En 1779, Louis de Virgille (1700/1784), écuyer, et son frère Honoré de Virgille (+1779), tous deux fils de François de Virgille, gentilhomme verrier à La Bouë en 1694, et de son épouse en 1689 dame Marie de Nourry (1)sont qualifiés de seigneurs de la Verrerie de la Bouë. Ils possèdent également le domaine de Saint-Michel-en-Longue-Salle.
Elle est reprise en 1831 par Louis Rousseau Salomon-Cohen (1794/1876) dans le cadre de la mise en régie par la Banque Sellière du domaine de La Bouë, les propriétaires étant alors à la fois propriétaires du château, de son domaine et de la verrerie.

Le château du Bourg
Ce château domine la vallée de la rivière Alène. Belle demeure du XVème siècle, elle comporte un corps de logis rectangulaire massif, percé par des fenêtres à meneaux et accolades, une tour d’angle qui a été arasée, et une belle tour ronde défensive accolée à sa façade, elle est coiffée d’une toiture conique polygonale recouverte d’ardoises, et possède une ouverture défendue par mâchicoulis.

La Tour de Bost
Grande tour ronde, vestige du puissant château du Bost datant du XVème siècle et démantelé sous le roi Louis XIII (1601/1643) par ordre de Armand Jean Duplessis, cardinal de Richelieu (1585/1642).

 Hameaux, lieux dits et écarts 

Champ de la Presle, Milleries, Charnay, Montreuil, Château des Besaces, Saint Michel (jadis : Saint-Michel-en-Longue-Salle), Pré de la Rivière...

 Evolution de la population 

Remilly demo

 Nos lointains ancêtres de la noblesse de Rémilly ... 

 5 individus connus, au moins  3 naissances/baptêmes et  2 décès/inhumations y sont enregistrés :

Remilly ancetres

 Carte Cassini 

Remilly cassini

 


 

Sources
Sites et photo : Wikipedia,
Nièvre Passion

(1) Nobiliaire du Nivernais page 527
(2) Base Mérimée, 1986 (fiche IA00002040),
Répertoire archéologique du département de la Nièvre, Nevers, 1875
(3) BNF - La verrerie et les gentilshommes verriers de Nevers, 1885, page 124
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Date de dernière mise à jour : 30/04/2019