VISAGES DE LA MARNE

 

Du VIème et XIXème siècle

33 familles d‘ancêtres dont 8 de la noblesse (roi, comte...)  
ont vécu dans ce département
67 individus dans 13 villes

où 102 actes ont été enregistrés :
34 naissances/baptêmes
o(o)
30 unions x
et 38 décès +(+)

 

 

Les familles …

Les familles de la marne

Voir détails pour chacun dans les communes concernées.

dans les villes

Tableaux ancetres marneTableaux ancetres marne 2

 

Quelques détails historiques

 

 Louis IV dit d’Outremer (920/954)  Roi de france

Famille : Il est le fils de Charles III dit le Simple (879/929) et de son épouse Edwige de Wessex (903/951).

Mon arbre généalogique : n° sosa 30 188 646 564 en 35ème génération.

Biographie : Il est roi des Francs, de Francie occidentale de 936 à 954.
Il nait vers 920 et meurt en 954 à Reims.

Après la déchéance de son père le roi Charles III dit le Simple par les Grands du Royaume le 30 juin 922, sa mère et lui, âgé de 2 ans, se réfugient en Angleterre (d’où son surnom), à la cour de son grand-père maternel Édouard l'Ancien (+924), roi de Wessex, puis à celle de son oncle Æthelstan (894/939).
Devenu l'héritier carolingien par la mort en captivité de son père, il est rappelé d'Angleterre par le puissant marquis de Neustrie, Hugues dit le Grand (898/956) afin de succéder au roi Raoul de Bourgogne mort au début de l'année 936.
C’est le retour de la dynastie carolingienne. Il est couronné en juin à l’abbaye Notre-Dame de Laon par Artaud, archevêque de Reims. Il a 15 ans.
Un début de règne difficile, Louis tente de se rapprocher des seigneurs hostiles à Hugues le Grand, devenu duc des Francs, seconde personnalité du royaume après le roi : Hugues dit le Noir, duc de Bourgogne ; Guillaume dit Tête d’Etoupe, duc d’Aquitaine ; et Alain Barbetorte, duc de Bretagne. Toutefois, ces soutiens restent limités, chacun préférant lutter dans ses Etats respectifs.
En 938, il reprend Corbeny (note 1)  tombé aux mains d’Herbert de Vermandois en 925.
Guillaume longue epeeEn 939, Gislebert, duc de Lotharingie, en révolte contre Othon Ier du Saint-Empire (912/973) roi de Germanie, lui offre la couronne de Lorraine. Il accepte, et recueille l’hommage de ses vassaux à Verdun. Mais l’expédition contre son beau-frère, Othon Ier, est un échec, les insurgés sont battus lors de la bataille d’Andernach en octobre.  Gislebert ayant trouvé la mort lors de l’affrontement, Louis IV épouse sa veuve, Gerberge.
En 940, Othon Ier soumet Louis en assiégeant la cité de Reims.
En 945, après la mort du comte des Normands, Guillaume Ier de Normandie dit Longue Epée (910/942, statue ci-contre), il tente de prendre à son compte le gouvernement de Normandie mais il est enlevé par les hommes d'Hugues dit le Grand.
En 948, le concile d'Ingelheim permet l'excommunication d’Hugues dit le Grand et la libération définitive de Louis IV.
À partir des années 950, le roi s'impose progressivement dans le Nord-Est de son royaume en tissant de nombreuses fidélités (notamment avec les Vermandois) sous la nouvelle protection ottonienne.
A la fin de l’été 954, il chevauche avec ses compagnons sur la route qui relie Laon à Reims. Alors qu'il traverse la forêt de Voas (près de sa résidence de Corbeny), il aperçoit un loup qu'il tente de poursuivre mais fait une chute de cheval. Emporté en urgence à Reims, il meurt de ses blessures  le 10 septembre.
La reine Gerberge prend en charge l'inhumation de son défunt mari à Saint-Remi de Reims. Puis, demande l'aval du duc Hugues pour sacrer son fils : Lothaire est sacré le 12 novembre 954 à Saint-Remi de Reims.
La régence du royaume ne revient pas à Gerberge mais à son frère, Brunon de Cologne, marquant une nouvelle fois le contrôle ottonien en Francie durant toute la seconde moitié du Xème siècle.
Le tombeau de Louis IV est détruit pendant la Révolution. Il est décrit ainsi : Le roi est représenté assis sur un trône. Il porte une barbe complète, est coiffé d'un bonnet, vêtu d'une chlamyde et chaussé de bottines extrêmement simples. Le trône est semblable à un banc posé sur un socle de même matière. Le siège a un dos qui s'élève au-dessus de la tête royale qu'il abrite à l'aide d'un toit à deux versants, trois arceaux ornent le dessous de ce toit. Le roi tient à la main un sceptre terminé par une pomme de pin. Le socle sur lequel reposent ses pieds est orné aux angles de lions.

Union et descendance : Il épouse en 939 Gerberge de Saxe (914/984), veuve de Giselbert II de Lotharingie, fille d’Henri Ier de Saxe dit l’Oiseleur et de son épouse Sainte Mathilde de Ringelheim.
La reine est une femme dynamique et dévouée, elle est  constamment aux côtés du roi, résiste aux sièges de Laon en 941 et de Reims en 946, puis participe aux expéditions militaires d'Aquitaine  en 944 et de Bourgogne en 949. Elle meurt à Reims également en 984.
Le couple a plusieurs enfants :
- Lothaire, roi des Francs, à la mort de son père ;
- Mathilde (943/ 992) inhumée en la cathédrale Saint-Maurice de Vienne (Isère) ;
- Charles  (945/953)  livré aux Normands comme otage pour le roi Louis IV tombé entre leurs mains et mort à Rouen ;
- une fille née début 948 ;
- Charles, duc de Basse-Lotharingie se serait installé sur une île de la rivière de Zenne, la Senne, au centre du Brabant, où il aurait érigé un castrum dans le bourg dit de Bruoc Sella ou Broek Zele devenu Bruxelles  ;
- Henri, frère jumeau du précédent, né à Laon pendant l'été 953, est mort peu après son baptême.


 Henri Ier de France (1008/1060)  Roi de france

Voir texte et diaporama dans « Visages du Loiret ».

 

 Renaud Ragenold de Roucy (925/973)  Comte de france

Famille : D’origine Viking ou Normand.
Il est le fils d’Achard de Laferté-sur-Aube (890/930), seigneur, et de son épouse Acharde de Bar-sur-Aube.

Mon arbre généalogique : n° sosa 15 094 323 402++ en 34ème génération.

Biographie : Il est comte de Roucy, de Reims et de Rouen.
Il nait vers 925 à Reims, est tué en 973 à Péronne et inhumé à Reims.

Son nom apparaît dans l’histoire pour la première fois en 923. Il guerroie alors dans le blésois, au service de qui l’appelle ou contre qui le tente. En 924, Raoul, duc de France et maire du palais, fait une nouvelle paix avec les Normands et étend leurs possessions en Normandie ; mais Renaud est absent et ne reçoit rien. Il continue Herbert ii de vermandoisses ravages en Champagne et jusqu’en Bourgogne. On ignore ce qui le pousse à s’allier avec le roi Louis IV dit d’Outremer, mais on le trouve en 936 au siège de Reims puis en 943, qui l’assiste dans la lutte que ce dernier mène contre le comte Herbert II de Vermandois (880/943, portrait ci-contre).
En 945, il sert toujours le roi et prend pour son compte la ville de Sens.
Louis IV, pour le récompenser lui donne en mariage sa belle-fille et  en fief la terre de Roucy, entre Reims et Laon, avec charge pour lui de bâtir une forteresse, ce qui est fait entre 947 et 953. Ce premier château-fort est une construction provisoire, élevée hâtivement, formée d’une tour et d’une palissade en bois, entourée d’un large et profond fossé. Sa construction en pierre n’est probablement entreprise qu’au cours du XIème siècle et il est rebâti à la Renaissance. Il ne subsiste de nos jours que quelques anciens murs d'enceinte sur la butte qui surplombe Roucy. Il est détruit lors de la Première Guerre Mondiale (1914-1918).
En 945, Renaud souscrit une charte de donation en faveur de l'abbaye de Charlieu fondée en 875.
En 946, Hugues de Vermandois, archevêque de Reims, est destitué par le roi et remplacé par Artaud. Ce dernier confie le pouvoir temporel du diocèse à Renaud, qui devient ainsi comte de Reims.
En 954, à la mort de Louis IV, il reporte sa fidélité au fils du roi, Lothaire.
Il est tué le 10 mars 973, dans une bataille devant Péronne et inhumé dans l'église abbatiale de Saint-Remi de Reims.

Union et descendance : Il épouse vers 945 Albérade de Lotharingie (930/973), fille du premier mariage de la reine Gerberge de Saxe  avec Gislebert II de Lotharingie et donc belle-fille de Louis IV d’Outremer.
Le couple a plusieurs enfants :
- Ermentrude (+ 1004), qui épousera en premières noces Aubry II de Mâcon (+982), comte de Mâcon, puis le comte Otte-Guillaume (+1026), comte de Bourgogne ;
- Gislebert de Roucy (+ 1000), comte de Roucy et vicomte de Reims ;
- Brunon de Roucy (956/1016), évêque de Langres ;
- une fille qui épousera  Fromond II (+1012), comte de Sens.

 

 Jean de Montmirail (1165/1217) le Bienheureux  Vicomte de franceBaron de france

Famille : Il est le fils d’André de Montmirail (1135/1180), seigneur de Montmirail et de la Ferté-Gaucher, et de sa première épouse, d’Hildiarde d’Oisy (1140/1177), vicomtesse de Meaux.

Mon arbre généalogique : n° sosa 235 848 798++ en 28ème génération.

Biographie : Il nait vers 1165 à Montmirail et décède le 29 septembre 1217 à Longpont.
Il est baron de Montmirail, vicomte de Meaux, châtelain de Cambrai, seigneur de La Ferté-Gaucher, de Bellot, d’Oisy, de Crèvecoeur, de Bellonne, de la Ferté-sous-Jouarre, de Tresmes, de Gandelu, de Condé-en-Brie et de La Chapelle-en-Brie, connétable de France.

C’est un bel enfant aimable, gracieux, soumis, respectueux, doué du plus heureux caractère et faisant la joie, la gloire et l’orgueil de ses parents. Ayant perdu sa mère dans sa première jeunesse, il reçoit de la seconde femme de son père, la comtesse de la Ferté-Gaucher, les marques de la plus grande affection et les leçons des plus grandes vertus. Il étudie le latin le droit romain,  fort instruit dans le droit coutumier de Vitry et de Cambrai.  Aucun seigneur ne lui est comparable en politesse comme en courage.
Philippe ii augusteDu même âge que Philippe II dit Auguste (1165/1223, portrait ci-contre) il brille à la Cour. Il est alors le premier seigneur par son rang, sa fortune, l’illustration de sa naissance, ses qualités  mais il surpasse tous ses titres par les dons du corps et de l’esprit. Son crédit est immense. Il se fait chérir de son roi  avec qui une grande amitié se forme. Il devient l’ami, le favori et plus tard le conseiller de Philippe Auguste qui le décore du titre de baron.
Sa belle-mère, lui présente pour compagne, Helvide de Dampierre, dame de Somsois, qu’il épouse avant 1185.
Il sauve la vie du roi à Gisors (note 2) et participe à la 4ème croisade (1202-1204).
Vers 1200, il renonce à la vie mondaine et établit un ermitage dans la forêt de Beaumont, à une demi-lieue de Montmirail.
Il maintient partout le bon ordre, déploie un zèle infatigable pour prévenir les scandales, arrêter les abus, détruire le mal, pourvoir aux besoins des peuples confiés à ses soins et faire appliquer partout la justice. Il parcourt ses domaines, redressant les torts de ses officiers, rendant à chacun ce qui lui est dû. Il est bon avec les faibles et sévère avec les forts, les méchants et les scélérats.
Il se montre généreux en faisant d’importantes donations à différents établissements religieux.
Cet éclat qui a environné toute sa vie, il a voulu l’anéantir en disparaissant entièrement dans l’obscurité du cloître de l’Abbaye de Longpont, de l’Ordre de Cîteaux, où Jean l’Humble, y donne le modèle des plus pures vertus religieuses. Il y meurt le 29 septembre 1217 à l’âge de 52 ans.
Il est béatifié vers 1250, date à laquelle un mausolée (note3) en marbre noir et blanc, est érigé, dans l'abbaye de Longpont, vers l'an 1250.

Union et descendance : Il épouse Helvide de Dampierre, né en 1158, fille de Guillaume Ier de Dampierre (1134/1160) et d’Ermengarde de Toucy (+1209),  sœur de Gui II de Dampierre, connétable de Champagne.
Le couple a plusieurs enfants :
- Guillaume, qui meurt avant son père et ne laisse aucun souvenir ;
- Jean II de Montmirail, seigneur de Montmirail et d'Oisy ;
- Mathieu de Montmirail, seigneur de Montmirail et d'Oisy ;
- Élisabeth, qui sera religieuse ;
- Félicie, qui épousa Hellin, seigneur de Wavrin et sénéchal de Flandre ;
- Marie de Montmirail, qui épousa Enguerrand III de Coucy  ;
- Renaud de Montmirail, mort en croisade.
 


 

Notes

1. - Corbeny (Aisne)
Sous les Carolingiens, Corbeny possède une résidence royale.
Pépin dit le Bref y célébre la fête de Noël 757, et celle de Pâques l’année suivante, son fils Charlemagne y séjournent notamment au moment de la mort de son frère Carloman, et Charles III dit le Simple y réside en 900 lors des invasions normandes.
Ce dernier accorde asile aux religieux de Nanteuil (près de Coutances en Normandie) fuyant devant les Normands. Ils apportent avec eux les reliques de saint Marcoul, abbé de Nanteuil. Il leur fait construire un prieuré, maintenant détruit, où reposent les reliques du saint.
Les rois de France viennent s'y recueillir au lendemain de leur sacre à Reims, avant de se livrer dans l'église, à la pratique des pouvoirs thaumaturges.
 À partir de Louis XIV, le roi ne se rend plus en pèlerinage à Corbeny, les reliques de saint Marcoul viennent à la basilique Saint-Rémi et le toucher se fait dans le jardin.
L'époque florissante de Corbeny se situe au XIVème siècle, avant les invasions anglaises, où sont dénombrés entre 600 et 700 feux (entre 2 000 et 2 500 habitants).
Lors de l'offensive du Chemin des Dames au cours de la Première Guerre Mondiale (1914-1918), Corbeny est complètement rasée et perd le prieuré et l’église du XIème siècle.

2. - Gisors
Richard dit Cœur de Lion (1157/1199) et Philippe Auguste se réconcilient pour la 3ème croisade (1189-1192), mais l’harmonie ne dure pas longtemps entre ces deux héros qui semblent être nés pour rivaliser de gloire. Après leur retour de Terre Sainte, il est question d’exécuter le Traité, conclu en Palestine, par lequel le Prince anglais doit rendre à la France Gisors et le Vexin, donnés à Marguerite puis à Alix, sœurs de Philippe.
Gisors a été pris en 1106 par Henri Ier Beauclerc (1068/1135), roi des anglais, au roi  Louis VI dit le Gros (1081/1137).
Sur le refus d’obéir aux lettres de Richard, arrêté et prisonnier en Allemagne, Philippe entre de force dans le Vexin et prend Gisors.
Richard ayant obtenu sa liberté d’Henri, empereur d’Allemagne, rassemble secrètement une armée et vient fondre sur le Vexin avec 1500 cavaliers et 40000 fantassins. Le Roi Philippe avec seulement 500 lances, ne voulant pas reculer devant son vassal, alors qu’il allait être entouré par les Anglais, refuse de rebrousser chemin. Abandonné par sa troupe qui ne peut le suivre au milieu de ses ennemis, il va infailliblement être fait prisonnier, lorsque Jean se précipite au milieu de leurs rangs, porte des coups rapides et vigoureux, parvient à écarter une multitude d’ennemis et permet à Philippe de s’échapper sain et sauf et de rentrer à Gisors. Revenant promptement à Paris, il rassemble ses troupes et fait payer cher à Richard sa surprise.
Jean se hâte de retourner à Montmirail et réunissant la noblesse et les gens de guerre de ses terres, il amène au Roi un renfort considérable.
 Les Anglais sont repoussés partout. Philippe Auguste arrache de force des mains du Roi d’Angleterre Gisors et toute la Province.

3. - Le mausolée
Au premier étage, on voit étendu le seigneur de Montmirail, encore jeune, revêtu de son armure guerrière, avec le casque et la visière levée. Sa terrible épée repose à sa gauche ; à sa droite, son bouclier chargé de ses armoiries qui sont de , à ses pieds son chien fidèle, emblème de la fidélité de ses vassaux et de celle qu'il a eu lui-même pour le roi, son suzerain.
Une pierre, de la même dimension que tout le monument, forme le second étage. Il y est représenté couché et revêtu de la grande robe de religieux de saint Bernard, ses mains sont enveloppées dans les manches, son visage est sillonné de rides et sa tête chauve.
Deux conditions différentes : comme seigneur terrien et comme humble religieux.
Le haut du mausolée est un ouvrage d'architecture ogivale du style le plus pur. Il est porté sur des colonnes élégantes, soutenu aux quatre angles par des arcs-boutants. Chaque face est ornée d'une rose, d'un riche entablement, de galeries et de clochetons. Quatre anges déploient leurs ailes au-dessus des chapiteaux et présentent au bienheureux une couronne et une palme.
Ce mausolée et ces statues ont été détruits en 1793. (voir dans diaporama, le dessin établi d'après des gravures de 1641.)

 

 

 

 

 

 


 

Sources
Sites et photo : Wikipedia,
Roucy.

Date de dernière mise à jour : 17/11/2017