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Dampierre
Cette commune rurale à habitat dispersé de la Champagne crayeuse est située à 7 Kms au Nord-Est de Ramerupt la plus grande ville aux alentours. Une partie de son territoire est occupée par le camp militaire de Mailly.
Les communes limitrophes sont : Balignicourt, Corbeil, Donnement, Isle-Aubigny, Lhuître, Saint-Ouen-Domprot, Bréban, Dommartin-le-Coq et Jasseines.
Toponymie
En bas latin Domnus Petrus, en latin Dominus Petrus = Saint Pierre, patron de la paroisse.
Les plus anciennes mentions de ce lieu datent de l'an 980 dans une charte du comte de Tonnerre, Milon III (915/987), en faveur de l'abbaye Saint-Michel de Tonnerre, ainsi qu'à la fin du XIème siècle, lors de la fondation de son prieuré par Thibaut de Dampierre (1050/1107), seigneur de Dampierre et de Moëslains.
Le nom se francise par la suite en Dampierre et devient même Dampierre de l'Aube pour le différencier de ses homonymes, mais cette dernière dénomination n'a jamais été officialisée et n'est plus utilisée de nos jours.
Hydrographie
Le ruisseau de l'Etang est le principal cours d'eau qui traverse la commune.
Il est fait mention de Dampierre pour la première fois en l’an 980, mais la cité existe depuis bien plus longtemps. Elle est protégée par un castrum dont la tour de 27m de hauteur subsiste jusqu'au début du XIXème siècle.
Très puissants, mes ancêtres les premiers seigneurs de Dampierre (voir tableau en bas de page) prennent la tête de la Maison de Bourbon au XIIIème siècle et donnent naissance à une lignée des comtes de Flandres.
Les seigneurs et gens de la noblesse
La Famille de Dampierre
Le plus ancien seigneur connu est mon ancêtre Hilduin de Dampierre (980/1050), époux de Mélissende de Limoges, puis suivent de pères en fils :
Eudes ou Guy de Dampierre (1010/1072) époux vers 1035 de Sybille de Boulogne ; Thibault Ier de Dampierre (1040/1107), époux vers 1065 de Marie de Saint-Just ; Thibaut II de Dampierre (1060/1107) lui succède dans ses terres et titres, épouse Elisabeth de Montlhéry et obtient grâce à ce mariage la plus grosse partie de la vicomté de Troyes, qu'il partage avec les maisons de Chappes et de Plancy ; Guy Ier de Dampierre (1105/1151) épouse vers 1125, Helvide de Baudément, fille d'André de Baudement, sénéchal de Champagne, et d'Agnès de Braine, qui font partie des proches des comtes de Champagne ; Guillaume Ier de Dampierre (1134/1160), grand bouteiller de Champagne, épouse Ermengarde de Toucy, et obtient la charge de connétable de Champagne, ce qui fait de lui le 3ème personnage le plus important du comté, après le comte et son sénéchal, il part en pélerinage à Jérusalem en 1167 et fonde en 1168 le prieuré de Macheret, de l'Ordre de Grandmont, avec Hugues III de Plancy (1130/1185) ; Guy II de Dampierre (1155/1216) hérite de son père les titres de seigneur de Dampierre et autres lieux, connétable de Champagne et d'Auvergne et vicomte de Troyes. Il est présent à la Cour de Champagne et à la Cour de France et fait partie des proches des comtes de Champagne, de la comtesse Blanche de Navarre (1177/1227) et du roi Philippe II dit Auguste (1165/1223). Il épouse Mahaut Ière de Bourbon (1165/1228) devient ainsi seigneur de Bourbon comptant parmi les plus puissants seigneurs du royaume de France. Il participe à la 3ème croisade et au siège de Saint-Jean-d'Acre, ainsi qu'aux guerres du roi Philippe II dit Auguste contre les Plantagenêt.
La Famille de Dampierre unit à la Famille de Bourbon donne également naissance aux branches cadettes de Namur, de Saint-Dizier et de Saint-Just.
Archambaud VIII de Dampierre (1197/1242), fils ainé du précédent (dont une fille épouse le comte Thibaud IV de Champagne, roi de Navarre) hérite de la seigneurie de Bourbon tandis que son frère Guillaume II de Dampierre (1196/1231) qui épouse en 1223 Marguerite de Flandres (1202/1280), hérite de Dampierre. A sa mort, un de ses fils, Jean Ier de Dampierre (1228/1257) est seigneur de Dampierre et de Saint-Dizier, vicomte de Troyes et connétable de Champagne. Ce dernier laisse la châtellenie à son frère en 1257, Jean II de Dampierre (+1307), qui la conserve jusqu’en 1307, date à laquelle sa fille Marguerite de Dampierre (1287/1316) en hérite et la transmet à son époux Gaucher VI de Châtillon (1281/1325) comte de Porcien.
Dampierre reste ensuite dans la Maison de Châtillon pendant plusieurs générations.
Jean de Châtillon-Dampierre (1305/1362) ; Hugues Ier de Châtillon-Dampierre (1332/1390), 3ème fils du précédent, grand maître des Arbalétriers, seigneur de Dampierre et Sompuis après son frère Jean II de Châtillon-Dampierre (+1364) ; Jacques Ier de Dampierre (1365/1415), amiral de France, mort à la bataille d'Azincourt ; Jacques II de Châtillon-Dampierre et son frère Valéran de Châtillon-Dampierre (1405/1473) ; Marguerite de Châtillon-Dampierre (1445/1500) transmet Dampierre, Sompuis et Rollancourt à son époux Philippe de Lannoy (1460/1535), originaire de Flandre, chevalier de la Toison d’Or et chambellan de Charles V de Habsbourg dit Charles Quint (1500/1558).
Famille de Lannoy pour quelques générations.
Leur fils Philippe II de Lannoy (1487/1543) hérite de la seigneurie, il est chevalier de la Toison d'Or, seigneur de Santes,Tronchiennes et Wahagnies, baron de Rollancourt, vicomte de Sebourg, conseiller et chambellan de l'empereur Charles Quint (1500/1558), capitaine et gouverneur de Tournay ; puis Pierre de Lannoy qui meurt en 1522 sans descendance et est inhumé dans l’église de Dampierre. Sa sœur Jeanne de Dampierre et son époux François d’Haraucourt, seigneur de Frasnoy, vendent en 1526 la seigneurie (ainsi que Bréban, Vaucogne, Lignon...) au baron Louis Picot (+1545) seigneur de Pommeuse, premier président à la Cour des Aides de Paris.
La Famille Picot, originaire de Dampierre, est anoblie depuis 1496. La seigneurie est érigée en marquisat en 1645 pour...
Eustache Picot (+1649), homme d’armes. Puis suivent : François Picot (1629/1686), maître de cavalerie ; Jean Auguste Picot (1673/1745), capitaine de vaisseau ; Pierre Picot (1722/1783) brigadier des armées
du roi, capitaine des chasses et des plaisirs du roi ; Auguste Marie Henri Picot de Dampierre dit le marquis de Dampierre (1756/1793, portrait de gauche), a la cuisse arrachée par un boulet lors de l’attaque lancée pour rompre le siège de Valenciennes, il en meurt le lendemain. Son cœur est inhumé dans l’église de Dampierre; Charles Jacques Pierre Picot (1779/1870), aide de camp du général Jean Joseph Dessoles (1767/1828) sous Napoléon Ier Bonaparte (1769/1821), tué glorieusement au combat de Bagneux, sans descendance ; sa soeur Hélène Charlotte Pauline Picot (1803/1864), épouse du duc d’Estissac, Alexandre Jules de La Rochefoucauld (1796/1856), fait entrer le château et les biens de Dampierre dans la Famille de celui-ci.
Famille de La Rochefoucauld
Roger de La Rochefoucauld (1826/1889, portrait de droite) est le dernier marquis de Dampierre. Il laisse sa succession à ses filles, Marie Brigitte (1857/1933), Pauline (1859/1928) et Amélie (1860/1943) de La Rochefoucauld qui s’en dessaisissent en 1907.
Chronique communale
Le Camp militaire de Mailly
Le camp est créé en 1902. Il est très utilisé lors de la Première Guerre Mondiale, en particulier pour équiper et entraîner le corps expéditionnaire Russe en France en 1916, le général Charles Arthur Maitrot (1849/1924) y est commandant d'Armes.
Dans la nuit du 3 au 4 mai 1944, le camp, occupé et utilisé par l'armée allemande, est presque entièrement détruit par un bombardement de la R.A.F à la suite de transmission de renseignements par la Résistance.
De 1972 à 1993, le camp héberge le 3e régiment d'artillerie (3e RA), unité nucléaire tactique équipée du missile Pluton.
En 1996, le Centre d’entraînement au combat (CENTAC), formation de l'armée de terre dédiée initialement à l'entraînement tactique des compagnies et des escadrons de combat de l'armée de terre articulés en sous-groupements interarmes, est créé.
En 2016, il est renommé CENTAC-1er bataillon de chasseurs et en prend le fanion ainsi que les attributs et traditions.
En 2019, il est renommé CENTAC-1er bataillon de chasseurs à pied, gardien des traditions de ce dernier.
En 2023, il est équipé d'un poste de commandement Dédale, PC de niveau brigade semi-enterré et végétalisé.
Sa mission est d'entraîner les sous-groupements tactiques interarmes aux fondamentaux du combat interarmes haute intensité afin de leur permettre d'atteindre un niveau opérationnel adapté aux combats contemporains au plus près de la réalité des combats.
Patrimoine
Le Château-fort et la grosse tour de la seigneurie de Dampierre remonte au VIIIème siècle.
La vieille tour supporte l'assaut du duc de Bourgogne en 1420, elle est démolie en 1810. Il ne reste plus de l'ancien fort que le pavillon flanqué de tourelles et quelques vestiges de fossés.
Le château actuel est construit en 1671 par François Mansart (1598/1666, portrait de gauche).
On y pénètre par une grille monumentale en fer forgé de l’Ecole de Nancy du XVIIIème siècle. Une tour carrée, cantonnée de 4 tourelles aux toits en poivrières ou en dôme, autrefois précédée d’un pont-levis sous lequel coulait l’eau des fossés entourant le château féodal aujourd’hui comblés et démolis. Un passage voûté accède à la cour d’honneur. Quatre parterres aux buis taillés, aux broderies de coquilles et arabesques, et une bâtisse en pierre à 2 étages percés de 11 ouvertures dont 3 sur un avant-corps, coiffé d’un toit à la Mansard à 3 lucarnes, se détache.
Le château est possédé par des personnages importants, seigneurs de Saint-Dizier, vicomtes de Troyes, connétables de Champagne (voir § « Seigneurs et gens de noblesse »).
A la fin du XVIIIème siècle, un jardin à l’anglaise est dessiné et planté là où autrefois s’alignaient les allées droites de tilleuls, les bosquets de charmilles, les quinconces et les parterres dans le style Le Nôtre.
L’église Saint Pierre et Saint Paul est fondée au Xème siècle avec un prieuré au bénéfice de l’abbaye Bénédictine de Marmoutier. Elle est reconstruite après 1197 au moment du mariage de Gui II de Dampierre avec Mahaut de Bourbon.
Elle est en partie détruite en 1433 durant la Guerre de Cent Ans et reconstruite à la fin du XVème siècle dans les styles Gothique, Pré-Renaissance et Renaissance.
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Elle est pourvue de 10 verrières dont 3 grands vitraux du XVIème siècle classés à l’inventaire des Monuments Historiques. Le sanctuaire et le chœur datent de la fin du XIIème siècle, la nef et ses collatéraux du XVIème siècle. Les bas-côtés de la nef sont de 1610. Les orgues de grandes factures sont installés en 1755. Transept et sanctuaire sont témoins de l’architecture religieuse champenoise rurale des XIIème et XIIIème siècles. Le portail de style Flamboyant est orné des statues de la Trinité, de Saint Pierre et d’un Saint évêque. L'église est dédicacée en 1618. Le clocher est construit au-dessus de la nef en 1682. Le mécanisme de l’horloge date de 1895.
A l’intérieur, une toile figure la tradition des clés de Saint Pierre ; une belle Vierge à l’Enfant sculptée date du XIVème siècle ; deux dalles contenant les cœurs de Pierre Picot et d’Auguste Marie Henry Picot ainsi que le tombeau avec gisant du seigneur Pierre de Lannoy (ci-contre).
Elle est classée aux Monuments Historiques en 1913.
Le prieuré bénédictin est fondé au Xème siècle par Thibaut de Dampierre (1040/1107) seigneur de Moëslains et de Dampierre. Il dépend de l’Abbaye de Marmoutier vers 1100, sous l'évêque Philippe de Troyes (1083/1121).
La Halle ouverte se compose d’un comble en tuile supporté par des poteaux en bois. Le bâtiment d’origine date de 1762. Elle est restaurée en 1984 et aménagée en salle polyvalente.
Les deux moulins : l’un à eau, isolé au Sud du château vers l’extrémité du parc ; l’autre à vent à l’Est du village.
Evolution de la population
Faubourgs, quartiers, hameaux, lieux dits et écarts
Le Mez-Aleran dont la première trace remonte à 1120, est un hameau avec une chapelle désaffectée au XIXème siècle et un cimetière mentionné en 1784. La sculpture d’une vierge d’inspiration populaire taillée dans un tronc évidé qui devait servir d’armoire liturgique, est aujourd’hui abritée dans l’église et provient de cette chapelle. En 1172, le fief de Mez-Aleran relève de la châtellenie de Rosnay.
La Chapelle composé de 6 maisons, à l’endroit de l’ancienne chapelle du prieuré. La tradition prétend que ce hameau est le reste d’un ancien village plus important que celui de Dampierre.
Les anciennes fermes : Nuisement ; Le Plessis, autrefois petit fief relevant de la Maison de Dampierre ; Argentole, bâtie en 1840 ; Orgeval, ferme aujourd’hui située sur le camp militaire de Mailly le Camp.
Mes ancêtres de la noblesse de Dampierre ...
Carte de Cassini
Sources
Sites, livres et/ou photo : Wikipedia.
Date de dernière mise à jour : 19/06/2026




