
Petit village situé dans une plaine, au bas des monts de Champagne ou une dizaine de cultivateurs exploitent un terrain entrecoupé de coteaux élevés et de vallons marécageux.
Entouré par les communes de Rouvroy-Ripont et Minaucourt-le-Mesnil-lès-Hurlus, Fontaine-en-Dormois est situé à 2Kms de Gratreuil la plus grande ville à proximité.
La commune est proche du Parc Naturel Régional de la Montagne de Reims..
Toponymie
Ce n'est pas la rivière Dormoise qui donne le nom de Fontaine-en-Dormois mais l’ancien pagus Gallo-romain, Dulcomensis, nom venant de son ancienne capitale, Doulcon (Meuse).
La rivière Dormoise ne passe pas sur le territoire de la commune.
La commune se nomme Fontaine à la Révolution Française, puis prend son nom au XIXème siècle.
Histoire
La terre de Fontaine est vendue en 1384 à Evrard Deshamps.
En 1699, l’archevêque-duc de Reims, Charles Maurice Le Tellier (1642/1710, portrait de droite) érige Fontaine en cure dépendant de la cure d’Ardeuil. Le curé jouit de la plus grande partie des dîmes.
Fontaine passe en 1719 à Marie Anne Givry (1669/1745) veuve de Pierre Baugier de Bignipont (1655/1719), seigneur de Bignipont, greffier en chef du Bureau des Finances. Cette Famille est toujours propriétaire du château et de ses dépendances en 1819.
Début septembre 1914, la préfecture de la Marne donne l'ordred'évacuer les villages dans le secteur de Fontaine-en-Dormois. Les familles rassemblent et entassent sur des chariots leurs biens les plus précieux et prennent le chemin de l'exode. Pour certains cet éloignement va durer quatre ans.
La Première Guerre Mondiale de 1914-1918 à Fontaine et dans ses environs
Les troupes allemandes, déterminées à bloquer l’avance française en Champagne entre l’Argonne et Reims, s’installent sur les hauteurs. En septembre 1914, la Préfecture de la Marne donne l’ordre d’évacuer les villages dans le secteur de Fontaine.
De nombreux régiments allemands s’installent, construisant des camps, des abris importants et un chemin de fer à voie étroite. Les tranchées, essentiellement faites en béton armé, très bien aménagées, sont constituées d’abris souterrains de plusieurs mètres de profondeur. Quelques traces sont encore visibles de nos jours, La route, menant de Ripont (village disparu) à Gratreuil en passant par Fontaine, existe toujours.
Bien protégée par les buttes de Fontaine, l’artillerie allemande dirige ses tirs sur la Côte 185. Le croisement de la route Cernay-en-Dormois, Fontaine, Bouconville et Monthois sont souvent bombardé par les troupes françaises pour empêcher les allemands de ravitailler le front en munition et en vivres.
Le bourdon du clocher de l’église de Fontaine est décroché par les allemands pour donner l’alerte aux gaz. L’invasion se poursuit jusque septembre 1918.
L'invasion allemande va se poursuivre jusqu'au 26 septembre 1918.
De nombreux régiments allemands se trouvaient dans le secteur de Fontaine, mais je vais vous parler plus précisément du 51. régiment d'artillerie de campagne de réserve prussien ( 51.RFAR ) avec leurs batteries de calibres de 10,5cm et 7,7cm. Ce régiment s'est battu du mois de février 1917 dans le secteur de Fontaine, Ripont et Tahure jusqu'au 19 mars 1918.
Les seigneurs et gens de la noblesse
La Famille de Bignipont se succède de père en fils à la seigneurie de Fontaine :
Pierre Baugier de Bignipont (1655/1719) époux en 1694 de Marie Anne de Givry (1669/1745) ;
Pierre Louis Baugier de Bignipont (1700/1781), époux en 1735 de Marie Anne Jacquette Papillon de La Ferté (1714/1764) ;
Charles Louis Baugier de Bignipont (1747/1805), époux en 1797 de Marie Louise Pierre de Lespinay de Marteville de Pancy (1775/1839) ;
Françoise Jacquette Louise Aline de Bignipont (1799/1867, portrait de droite) épouse en 1817 du comte Marie Henry de Lignières (1785/1866).
Patrimoine
L’église Saint-Rémi est érigée en 1923, elle possède quatre vitraux représentant la vie de saint Rémi (437/533).
Le calvaire est situé à la sortie du village sur la route de Rouvroy.
Le château, maison de campagne de la Famille du Général Tirlet (voir § suivant), est mis à la disposition des Œuvres des Bonnes Vacances avant la Première Guerre Mondiale.
Il est fort probable qu’il a été détruit durant la guerre, mais aucune certitude dans les écrits.
La ferme est construite en 1925, les murs extérieurs sont en briques alternées rouges et blanches, elle comporte deux granges, détruites lors de la tempête de 1999, une seule est reconstruite. La façade en briques est préservée, le reste de la structure est en parpaings.
Subsiste aujourd’hui des bâtiments d’origine, la façade en briques de la grange détruite, une étable avec un grenier, une porcherie, une bergerie avec grenier, une écurie avec grenier, un garage, une maison d'habitation avec cave et un étage, une salle de traite en parpaings, les deux maisons des ouvriers agricoles.
Personnages liés à la commune
Louis Tirlet (1771/1841, portrait de droite) baron d’Empire, général et député de la Révolution Française, conseiller général de la Marne, pair de France, grand-croix de la Légion d'Honneur, commandeur de l'Ordre de Saint-Louis, grand-croix des Ordres de Charles III d'Espagne et de Saint-Alexandre Newsky de Russie, mort à Fontaine-en-Dormois où il est inhumé dans l’église Saint-Rémi.
Il fait partie des 660 personnalités à avoir son nom gravé sous l'Arc de triomphe de l'Étoile à Paris sur 21ème colonne.
Eugène Louis Tirlet (1817/1874). vicomte, administrateur de l’Isthme de Suez et des Forges de Fourchambault, conseiller général de la Marne, chevalier de la Légion d’Honneur, fils du précédent. Il meurt à Paris et repose dans l’église Saint-Rémi.
Evolution de la population
La Première Guerre mondiale fait chuter la population de 68 %.

Mes ancêtres de Fontaine-en-Dormois ...

Carte de Cassini

Sources
Sites, livres et/ou photo : Wikipedia, Mémoires de Champagne-Ardennes.