Avesnes-les-Aubert

 

Avesnes les aubert 59 adm

 

Avesnes les aubert 59 geoPetite ville située au Sud du département, à 10 Kms de Cambrai, 21 Kms de Valenciennes et 53 Kms de Lille
Les communes limitrophes sont : Rieux-en-Cambrésis, Carnières, Boussières-en-Cambrésis, Saint-Hilaire-les-Cambrai, Saint-Aubert et Villers-en-Cauchies.
Longtemps appelé par les habitants Le Grand Village, probablement par son étendue territoriale, mais aussi certainement en regard du nombre de ses habitants.

Avesnes les aubert 59 blason Héraldique 

Les armes de la communes se blasonnent ainsi : De gueules, à trois lions d'argent couronnés d'or.
Ce sont les armes de la Famille d'Esclaibes (voir § Les seigneurs).

 Toponymie 

Avesnae Oberti et Gobert, première mention du village en 1080.
Avesnae Wauberti  en 1322 et Avesnes-les-Waubier  en 1486. 
Avesnes-les-Gobert  et Avesnes les Aubert  sur les cartes du XVIIème siècle.
Avesnes lez Gobert en 1732, sur les registres de catholicité,
Avesnes lez Aubert  en 1738,  sur les registres paroissiaux des échevins de la ville de Cambrai, rendus obligatoires par la déclaration du roi Louis XV en 1736, laissant penser  que l'administration royale impose Aubert au détriment de Gobert, la commune étant proche d'une seigneurie renommée : Saint-Aubert. 
La liaison entre Avesnes et Aubert  : les, lès, lez porte aussi polémique. L'écriture officielle actuelle est : Avesnes les Aubert.
Paradoxalement en patois local Avesnes les Aubert se dit Avesnes les Gobert ou Avesnes les Gos .

Gobert = gueux,  du nom des révoltés qui se liguent en 1566 contre l'administration espagnole des Pays-Bas.
Avena = avoine, utilisé au sens de terre maigre plus apte à la culture de l'avoine qu'aux autres céréales.
-Aubert fait référence au village voisin Saint-Aubert.
Oberti, Wauberti, Woubiert et Gobert semble se rapporter au nom d'un seigneur local.

 Hydrographie 

La commune est située dans le bassin de l'Escaut.
L'
Erclin, affluent de rive droite, s'écoule au Nord de la ville vers l'Ouest et rejoint l'Escaut à Iwuy.
Le riot du Pont à Vaques longe le territoire communal à l'Est avant de rejoindre l'Erclin dans la commune voisine de 
Rieux-en-Cambrésis.

Drapeau francais fond blanc Histoire 

À l'époque Gallo-romaine le lieu appartient aux Nerviens (1), dont la première capitale, Bavay, est remplacée par Cambrai au IVème siècle.
Au XVème siècle, la ville est atteinte par une épidémie de Peste qui décime la population.

Seigneurs et gens de la noblesse

Wedric d’Avesnes (°962) ; Wedric II d’Avesnes dit Le Roux (990/1038), époux en 1018 de Yolande Gent ; Wedric III d’Avesnes dit Le Barbu (1020/1076), époux en 1048 de Jehanne de Chièvres ; Thierry d’Avesnes (1049/1106), époux de Richilde de Hainaut puis de Ade de Roucy ; Richilde d’Avesnes (1078/1132), fille du précédent, épouse Fastre II d’Oisy (+1112) ; Gauthier Ier d’Avesnes d’Oisy (1100/1147), époux d’Ide de Doornick ; Nicolas d’Avesnes (1120/1171), époux en 1149 de Mahaut de Laroche ; Jacques d’Avesnes (1150/1191), époux en 1160 d’Alix de Guise,  il se distingue à la tête des chevaliers de Flandre et périt à la Bataille d'Arsouf en Terre Sainte lors de la 3ème croisade ; Gauthier II d’Avesnes (1170/1246), époux en 1201 de Marguerite de Blois, et son frère, Bouchard d’Avesnes (1182/1244), époux en 1212 de Marguerite de Hainaut, ils participent tous les deux à la Bataille de Bouvines en 1214 ; Jean Ier d’Avesnes (1218/1257) comte héritier du Hainaut, fils de Bouchard, défait l’armée flamande à la Bataille de West Cappel en 1253 avec son beau-frère Guillaume Ier du Saint-Empire (1227/1256).
La Famille d’Esclaibes, qui transmet ses armes à la ville, est en possession de la seigneurie d’Avesnes vers le XVème siècle.

Raoul Ier d’Esclaibes (+1253) seigneur d’Esclaibes, village qui dépend d'Avesne, est au service de Jean Ier d’Avesnes, il meurt à la Bataille de West-Cappel.
Jean d'Esclaibes (+1433), écuyer, époux en 1406 de Jeanne d'Avesnes (+1465) inhumée dans l'église ; Charles de Croÿ (1467/1527), prince de Chimay en 1486, chevalier de la Toison d’Or en 1491, seigneur d’Avesnes par son mariage en 1495 avec Louise d’Albret, dame d'Avesne et vicomtesse de Limoges, sœur de Jean III d’Albret (1469/1516), roi de Navarre. Il est également suzerain d’Esclaibes et parrain de Charles de Habsbourg dit Charles Quint (1500/1558).

 Chroniques communales 

Metier a tisserLe tissage à domicile
L’activité principale, comme dans de nombreux villages du Cambrésis, est le tissage à domicile de toiles fines, de batiste et de linon, par les mulquiniers. En 1789, la ville compte 433 métiers à tisser qui occupe 1588 personnes en 1910. Ce travail est saisonnier et alterne avec les travaux des champs.
Le tissage commence à être mécanisé au début du XXème siècle, et l'activité se concentre dans des ateliers. En 1954, la commune en compte encore 13 qui emploient 612 ouvriers.Les geants

Les deux géants
En 1985 la commune s'est dotée de deux géants, Grind'Rasette et Tiot'Epoele, respectivement betteravier et tisseuse, qui symbolisent les deux activités principales de la région au début du XXème siècle.
Ces géants, réalisés par des élèves du collège, sont laissés à l’abandon pendant plusieurs années avant d'être ressuscités en 2008 par l'association Y s'ron toudi là.

La râperie de la sucrerie
En 1872, la sucrerie d'Escaudœuvres, nouvellement construite, installe une râperie à Avesnes.
Les cultivateurs des environs y amènent leurs récoltes et les betteraves provenant des communes voisines. Le jus des betteraves sucrières, recueilli sur place, approvisionne l'usine centrale, par un réseau de canalisations souterraines.
Pendant la Première Guerre Mondiale, elle sert de grenier à grain et de dépôt de munitions pour les allemands qui la détruise lors de leur retraite en 1918. Elle n’est pas reconstruite mais reste un dépôt de betteraves pendant encore de nombreuses années.
 

La brasserie-malterie
Fondée vers 1920, elle produit de la bière jusqu'en 1929, puis du malt. Elle cesse son activité en 1994 et est détruite en 1997
pour laisser place à un espace vert et un coin ludique pour les jeunes enfants.

Le chemin de fer
En juin 1872, l'Assemblée Nationale décide la construction d'une ligne de chemin de fer de Cambrai à Dour, près de Mons en Belgique, passant par Avesnes-les-Aubert et Solesmes. En Belgique la ligne est inaugurée en 1882 jusqu'à la frontière. Après la gare de Bavay, elle se prolonge vers Cambrai par Le Quesnoy et Avesnes.
Dès la déclaration de la guerre en 1914, le trafic international est arrêté.

Après la guerre, la ligne souffre de la concurrence du transport routier et de la crise des années 1930, et le coup de grâce lui est porté par la Seconde Guerre Mondiale. L'exploitation cesse en 1960.

 Patrimoine 

L'Hôtel de Ville
Il est bâti en 1902, en remplacement d’une mairie devenue trop petite qui logeait également les instituteurs.
Le bâtiment est endommagé par un incendie en 1991 et les travaux de remise en état sont terminés en 1993. La façade de la mairie est conservée et l'intérieur réaménagé.

L'église Saint-Rémy
Le village déjà citée comme paroisse avant 1076 laisse supposer qu'une première église existe avant celle dont le clocher date de 1543.
Elle est agrandie à partir de 1732. De 1890 et 1892, le cœur et le transept sont agrandis
Pendant la Première Guerre Mondiale, les 3 cloches sont emportées et fondues par l'occupant allemand afin d'approvisionner leurs usines d'armement.
En 1918, au cours de l'offensive britannique de la seconde Bataille de Cambrai, le clocher est détruit au cours d'une bataille entre l'artillerie anglaise et allemande. Sa reconstruction démarre en septembre 1921. Il compte à nouveau 3 cloches : Renée-Pacifique-Françoise, offerte par la municipalité, Linette-Véronique, issue de la souscription des paroissiens et Marie-Agnès-Rémigia, grâce au don de l'abbé Farineaux, curé de l'époque. Sa bénédiction solennelle a lieu en juillet 1923 par Mgr Massart, archevêque de Cambrai.
A l'extérieur, scellé dans le mur, un retable de l’ancien maître autel de 1543.
L'église fait l'objet de soins intensifs de la municipalité : rénovation du clocher en 1961, installation d'un nouveau coq en 1981, rénovation intérieure de 1985 à 1987, réfection de la toiture et restauration des vitraux en 1995, réparation des escaliers en 2010 avec construction d'une rampe d'accès pour les personnes à mobilité réduite.

La Maison du mulquinier
Elle est inaugurée en 2000, rue Louise Michel. Sa vocation est de présenter aux visiteurs une maison de tisseurs du début du XXème siècle. Elle comporte une pièce d’habitation, une cuisine, une chambre à coucher, une cave et un grenier et représente typiquement le logement de l’époque.
Les métiers disparus y sont présents : les mulquiniers, ourdisseurs, navetiers, flileuses en relation avec le tissage ; les briqueteux pour la fabrication à la main et la cuisson des briques pour la construction ; les betteraviers qui pratiquaient le binage et l’arrachage des betteraves ; les déchargeurs, tareurs et basculeurs en râperie.

Avesnes les aubert 59 la chapelle sainte philomeneLa chapelle Sainte Philomène (2)
Elle date de 1841 et est construite pour conjurer une nouvelle épidémie de choléra qui s’abat sur le village, déjà victime en 1832.
Depuis l’édification de cette chapelle destinée aux personnes
souffrant de problèmes locomoteurs, des guérisons étranges et inexplicables se sont produites. Après avoir prié la sainte, il faut faire trois fois le tour de la chapelle dans le sens des aiguilles d'une montre pour envisager une guérison... On raconte que des béquilles se sont retrouvées accrochées au mur de l'édifice.Avesnes les aubert 59 la chapelle sainte rita

La chapelle Sainte Rita (3)
Elle est érigée en 2010, sur la route de Solesmes, à la demande de Jean Pierre Gallez, ancien fermier de Saint Aubert, à la suite d’un vœux de sa défunte mère.

Le calvaire
Situé près de la route de Cambray à Landrecies, est édifié au XVIIème siècle, détruit durant la Révolution Française, et reconstruit en 1905.

Le monument aux morts
Lors de son inauguration en 1920, sous celui-ci, les reliques de 11 soldats morts pour la France sont déposées dans une boite en zinc.
Sur les quatre faces du monument, figurent les noms et prénoms de 155 soldats avesnois tombés lors de la guerre 1914-1918 et de 20 soldats lors du conflit de 1939-1945. Une nouvelle plaque en mémoire aux victimes déportées, internées, fusillées pendant la guerre de 1939/1945 est apposée en 2009, pour la commémoration du 8 Mai.

Sur le mur extérieur de l'église figurent les noms des 8 soldats avesnois tués lors de la guerre de 1870/1871.

Tout près, une stèle est dédiée à la mémoire des anciens combattants d'Afrique du Nord, Algérie, Tunisie et Maroc.

L'ancienne brasserie-malterie
Elle est connue sous les noms de brasserie-malterie l'Union, puis malterie Chevalier Martin, et malteries franco-belges. Elle est détruite en 1995 et est inscrite à l'inventaire du patrimoine culturel.

 Personnages liés à la commune 

André Parsal (1900/1967), de son vrai nom André Puech, ouvrier agricole, syndicaliste, député communiste français, puis responsable d’un mouvement de collaboration pendant la période de l’Occupation, il est responsable du Syndicat Régional Unitaire d'Avesnes-les-Aubert regroupant les saisonniers du Cambrésis en 1933.

Avesnes les aubert 59 la maison natale de raymond gernezRaymond Gernez (1906/1991, sa maison natale ci-contre), homme politique et résistant, né à Avesnes-les-Aubert. En 1940, il vote en faveur des pleins pouvoirs à Philippe Pétain (1856/1951) mais constatant que ce dernier se sert de ces pouvoirs pour supprimer la République et instaurer une dictature alliée à l’Allemagne, il entre dans la Résistance et participe à la reconstitution de la Section Française de l'Internationale Ouvrière (SFIO) clandestine, parti politique socialiste français.
​​​​​​​Il diffuse Le Populaire et devient un dirigeant du 
réseau Brutus (4).

Raymond Gernez (1912/2000), homonyme du précédent, est le dernier mulquinier actif de la commune, chevalier dans l'Ordre des Palmes Académiques en 1990 pour avoir exposé son métier à tisser et fait des démonstrations dans différents établissements scolaires dans les années 1980 à travers le département du Nord-Pas-de-Calais.

Andre gernezAndré Gernez, (1923/2014, portrait de droite), médecin adepte des méthodes dites non conventionnelles, biologiste, né à Avesnes-les-Aubert.
Il est attaché auprès de la Fondation Française contre le Cancer, l'
Institut Curie, après la Seconde Guerre Mondiale. De 1950 à 1976, il travaille à Lille comme chef de travaux de radiologie puis établit son cabinet de radiologie à Roubaix. Vers 1970, il fonde l’Union Biologique Internationale, qui devient par la suite l'Association Biologique Internationale avec plusieurs biologistes.
En 1979, il reçoit le prix Hans Adalbert Schweigart de l'Union Mondiale pour la Protection de la Vie, pour ses travaux sur les pathologies dégénératives
Il demande sa radiation de l’Ordre des Médecins en 1991.
En 2007 et en 2012, il reçoit les médailles d'or de la Société d’Encouragement au Progrès.

Gustave Pézin (1924/1993), historien local.
Il est contremaître de tissage. Passionné par l'histoire et le patrimoine de son village, il mène des recherches toute sa vie au contact d'historiens et de chercheurs, en s'intéressant au textile et au patois très particulier du village.
Il publie dans des revues comme Jadis en Cambrésis et le Petit Avesnois, journal paroissial qu'il fonde en 1949.

 Evolution de la population 

Avesnes les aubert 59 demo

 Nos ancêtres d’Avesnes-les-Aubert 

Avesnes les aubert 59 ancetres

 Carte de Cassini 

Avesnes les aubert 59 cassini

 

 


 

Notes :

(1) Les Nerviens, sont l'un des plus puissants peuples belges du Nord-Est de la Gaule belgique. Durant l'époque romaine, leur capitale, Bagacum (Bavay), à l'Est de l'Escaut, les sépare des Ménapes et des Atrébates. La tribu contrôle une grande partie de l'importante route commerciale d’Amiens à Cologne.

(2) Sainte Philomène (291/304) vierge et martyre de l'Église catholique, qui a fait l’objet d'une vénération importante de 1805 à 1961, suite à la découverte de ses restes en 1802 dans la catacombe de Priscille, à Rome. Plusieurs miracles lui sont attribués.

(3) Sainte Rita (1381/1457) est implorée pour être la sainte des cas impossibles, l'avocate des causes désespérées, le refuge de la dernière heure.

(4) Le réseau Brutus est un réseau de Résistance fondé en 1941 par le colonel Pierre Fourcaud (1898/1998) et les résistants socialistes des Bouches-du-Rhône, regroupés autour de Félix Gouin (1884/1977). En 1943, il prend une importance nationale.

 


 

Sources et liens :
Sites, blogs, photographies, lectures… : Wikipedia ; BNF, Inventaire du Fonds Pézin, dossier n° IX ; BNF, 1975, le r
écit autobiographique de Mémé Santerre (Marie Catherine Gardez, née en 1891, et épouse d'Auguste Santerre) mis en forme par Serge Grafteaux (1927/2001), récit de la vie d'une tisseuse d'Avesnes-les-Aubert née à la fin du XIXème siècle.

Date de dernière mise à jour : 10/12/2020