Amblainville

 

Amblainville 60 adm

 

Amblainville 60 geoLa ville située à la limite du Vexin français, en grande partie sur le coteau près de la brèche que le Sausseron trace dans le plateau du Vexin, possède un riche patrimoine agricole naturel, le plus vaste territoire du canton avec 2098ha.
Les communes limitrophes sont : Méru, Esches, Fosseuse, Bornel, Arronville, Berville, Hénonville, Villeneuve-les-Sablons.

 Toponymie 

Durant l’Antiquité, une villa romaine existe du nom d’Umblevilla = le domaine d’Amala.
En 1104, Umbleville et Embleinvilla, puis Amblevilla en 1165, Ambleyville en 1200, Ambleville et Ambleinville en 1206, Ambleville en 1304. Ensuite Amblainville devient définitif.

 Amblainville blasonHéraldique 

Les armes de la commune se blasonnent ainsi De sinople à la croix de gueules bordée d'argent, cantonnée en pointe à dextre d'une gerbe de blé liée de sable et à senetre d'un heaume du même taré de demi-profil, à l'écu d'azur bordé d'argent brochant en cœur chargé d'une tour d'or terrassée de même, au chef de gueules chargé de trois besans d'argent et soutenu d'une devise d'or.
L'agriculture et le travail de la nacre ont un poids important pour la ville et sont représentés sur ce blason.

  Hydrographie  

La partie Sud du territoire abrite le marais du Rabuais, un écrin de 40ha pour la biodiversité, déclaré Zone Naturelle d’Intérêt Écologique Faunistique et Floristique (ZNIEFF) et enregistré comme Espace Naturel Sensible (E.N.S.) depuis 2005. Le Marais est utilisé au XIXème siècle pour le pâturage des chevaux et des bovins et la récolte du foin.
Les sources et ruisseaux qui l’alimentent sont aménagés pour la création de bassins d’élevage de sangsues. Le site est naturellement dangereux (trou sans fond, tourbières…).

Drapeau francais fond blanc Histoire 

Amblainville oise polissoir du neolithiqueDurant la Préhistoire, des hommes y vivent et cultivent la terre. Des  outils en pierre taillée, datant du Paléolithique, sont  retrouvés (ci-contre un polissoir du Néolithique exposé devant la mairie).
Au Moyen-âge, à la villa romaine succède la seigneurie d’Amblainville (voir § suivant).
Au XIIIème siècle, une léproserie existe dans la ville.
Au XIXème siècle, la principale activité est l’agriculture avec 1834 ha de terres labourables en 1837. Ce territoire très étendu est divisé en plusieurs grandes exploitations où domine la culture de céréales. L’autre activité économique est la fabrication d’objets en os et surtout en nacre (voir § Chroniques).

Les seigneurs et gens de la noblesse

En 1104, le seigneur Ade de Moussy cède l'église Saint-Martin d'Amblainville à l'abbaye Saint-Martin de Pontoise. Cette donation s'inscrit dans un vaste mouvement de restitution de biens ecclésiastiques spoliés encouragé par la réforme grégorienne. Plus que du don d'un lieu de culte, il s'agit du don de terres et de revenus.
En 1399, Guiot de Hédouville (+1406) possède la terre de Sandricourt et en est seigneur entre autres lieux. Sa descendance hérite du titre : Guy de Hédouville (+1465) ; Philippe de Hédouville époux en 1457 d'Huguette de Brihac ; Louis de Hédouville, époux en 1495 de Françoise de Rouvroy de Saint-Simon (1478/1517), dame d'honneur de la reine Anne de Bretagne (1477/1514), est le dernier de cette Famille a être seigneur de Sandricourt, il organise en septembre 1493 sur ses terres, ce qui est considéré comme le dernier et le plus fastueux Tournoi du Moyen-âge Le Pas des armes de Sandricourt (voir § Chroniques).
Tombe de marquis de beauvoirLa seigneurie passe à la Famille de Saint-Simon, marquis de Sandricourt, qui la possède jusqu’en 1755. 
Le marquisat est vendu en 1767 à Catherine Auguste de Banne, marquise puis baronne d’Avéjan, fille unique célibataire de Louis de Banne (1683/1738) mousquetaire et marquis d'Avéjan. Avec son neveu, le comte de Banne, ils font construirent le château actuel en remplacement de l'ancienne forteresse. Elle meurt au château de Sandricourt en 1767 et la baronnie  passe à Pierre de Banne, comte d'Avégan et seigneur de Montgros et de Lignemaille, époux en 1745 de Marie Françoise d'Arbaud de Blausac.
Durant presque tout le XIXème siècle, Sandricourt est à la Famille de Beauvoir qui rendent la chasse fameuse. Charles Marie Aymard Hébert de Beauvoir (1818/1870) et son épouse Marie Julie Sophie Gueulluy de Rumigny (+1893) sont inhumés dans le cimetière (leur tombe à droite).

Les religieux de l'abbaye Saint-Victor-lès-Paris (1) sont propriétaire de la seigneurie d'Amblainville au XVIème siècle.
Les Mathurins de Paris (2) ont également, à la même époque, une seigneurie au lieu-dit la Trinité
L’abbaye Notre Dame du Val de Mériel (Val d’Oise) (3) possède la seigneurie de La ferme de Fay-aux-ânes.

 Chroniques communales 

Le Pas d'armes de Sandricourt
En septembre 1493, 4000 personnes participent à ce Tournoi organisé par Louis de Hédouville de Sandricourt (voir § suivant), sous les murs de son château et dans la forêt voisine. Une foule nombreuse est présente, beaucoup d’installations sont nécessaires (chambres, cuisines, étables…) et tous les métiers pouvant être utiles sont rassemblés.
Ce Tournoi est relaté dans un récit du héraut d’armes de Louis duc d’Orléans, futur roi Louis XII (1462/1515) qui relate les nombreux combats donnés pendant 8 jours. A pied ou à cheval, avec des lances et des épées, ils se déroulent à quatre endroits différents. Après les combats, un grand banquet est donné (gravure ci-dessous).
Pour les nobles, les tournois sont une façon importante de se divertir en temps de paix.

Banquet du pas des armes de sandricourt​​​​​Amblainville oise memorial ferme du coudrayUne forteresse volante
En 1943, un Bombardier B17G de la 8ème Air Force américaine survole la région avec à son bord 10 hommes âgés de 18 à 25 ans. L’artillerie allemande fait feu, l’avion est touché et s’écrase à proximité de la ferme du Coudray alors qu’il revient de sa première mission, un bombardement en Allemagne. 4 soldats sont tués, les lieutenants Lowell Doan, Joseph Lamansky, Julian Schrero et le sergent Dee Troxell. 5, dont 2 blessés, sont faits prisonniers et, John Bitzer, le mitrailleur ventral, est récupéré par la Résistance grâce à la rapide intervention du propriétaire de la ferme et de son employé qui permettent son évacuation vers l'Angleterre.
Inauguré en juin 2001, en présence de l’unique survivant, un mémorial, situé en bordure du chemin de la Reine Blanche (ci-contre), rend hommage à l’équipage.

L'industrie boutonnière
Boutons nacreLa fabrication d'éventails, jetons, dés, dominos et boutons est  un monopole de la région et une activité prospère grâce à la mode et à la clientèle parisienne.
Vers 1900, pour faire face à la concurrence, les patrons imposent une baisse des salaires, parfois jusqu’à 30%. En 1909, un profond mouvement de révolte enflamme toute la région de Méru et conduit des milliers de boutonniers à la grève et la manifestationLe gouvernement Georges Clémenceau (1841/1929) envoie la troupe pour réprimer le mouvement. Le futur maréchal Joseph Joffre (1852/1931) vient en personne superviser la répression. Le mouvement populaire ne faiblit pas et les patrons doivent céder. Mais dès 1910, les ateliers asphyxiés par la concurrence étrangère commencent à fermer, les uns après les autres.
La Première Guerre Mondiale de 1914 à 1918, porte un coup décisif à l’industrie boutonnière de la région.
Le musée de la Nacre et de la Tabletterie installé à Méru, dans une ancienne fabrique, témoigne de ce passé ouvrier.

 Patrimoine 

L’ancienne Maison de Justice
Elle est construite au cours du XIIIème siècle, sa tour carrée date du XIVème siècle. Avec la rue du Pavé, elle témoigne encore du passé de la ville. Selon la légende, le roi Lous IX dit Saint Louis (1214/1270) y aurait rendu la justice.

L’église Saint-Martin
La première église d'Amblainville, de style Roman, remonte au XIème siècle, même si la découverte de  80 sarcophages mérovingiens en 1835 dans le prieuré voisin, permet l'hypothèse d'un lieu de culte plus ancien. Au XIIIème siècle, l'église reçoit son chœur carré au chevet plat et le transept, édifiés dans le style gothique. Amblainville oise eglise saint martin confessionnalEn 1505, la nef est réparée. Vers 1585, les deux chapelles latérales du chœur, en  style de la Renaissance, sont ajoutées et la façade occidentale est refaite dans ce même style. La flèche élancée en charpente est moderne. La date d'inauguration de la cloche Marie Anne en 1679 indique que la flèche est terminée à cette date.
De 1876 à 1893, le curé est Eugène Barret. Il décide de restaurer l'église et de créer une grande oeuvre théologique contribuant à l'élévation spirituelle de ses paroissiens. Grâce aux dons des fidèles, dont la Veuve Joséphine Henriette Rousselle (1812/1892) à laquelle la paroisse exprime sa gratitude dès 1887 par une plaque commémorative dans la chapelle de la Vierge, les travaux commencent. Le curé n'hésite pas à prélever les fonds nécessaires sur ses propres deniers. Il fait redécorer le presbytère, sans demander l'admission préalable du Conseil Municipal, fort mécontent en constatant ces aménagements au départ du curé en 1893. Voilà quelques commentaires :
-Amblainville oise eglise saint martin grotte de lourdes l'église a complètement perdu son caractère médiéval et est remaniée  par un curé imaginatif qui l'a agrandie de faux bas-côtés et décorée de constructions en stuc (tribune, grotte, confessionnal, chaire, faux plafonds...) d'un goût douteux (Source : Bernard Duhamel).
Curé d'Amblainville pendant 17 ans, Eugène Barret conduit la réalisation de cette originale et spectaculaire ornementation de style Renaissance, composée de la chaire, du confessionnal et d'un chemin de croix. Cet ecclésiastique, passionné d'histoire et d'art, membre de la Société Française d'Archéologie, est décoré d'une médaille d'argent en 1887... (Source : Catherine Rigollet).
En 1877, l'église Saint-Martin est en fort mauvais état, le curé et le maire demandent que des travaux soient effectués d'urgence pour que l'église ne tombe pas en ruines. En 1900, les travaux réclamés 23 ans plus tôt ne sont toujours pas entamés et la restauration profonde ne commence qu'en 2000 avec le clocher, la toiture de la nef. En 2005, le collatéral Sud et les façades Nord et Sud sont ravalées.
Parmi ses principales curiosités, la chaire et le confessionnal ciselés dans la pierre et une reproduction de la grotte de Lourdes, réalisée à la fin du XIXème siècle.
Elle est classée aux Monuments Historiques en 1982.

Le prieuré bénédictin Saint-Pierre
Ancien prieuré bénédictin fondé au XIIème siècle, terminé dans le courant du XVIIème siècle, appartient autrefois à l’Abbaye bénédictine Saint-Martin de Pontoise. 80 sarcophages mérovingiens y sont découverts en 1835.
Il fait l’objet d’une inscription au titre des Monuments Historiques en 1988 pour ses façades et toitures, la cheminée du XVIIème siècle et des décors peints.
Devenu aujourd'hui une ferme, il abrite des logements.

La ferme de la Trinité du Fay
Il s’agit d’une ancienne dépendance de l’abbaye Saint-Martin de Pontoise, puis de l’Ordre des Trinitaires (4).
De ce modeste prieuré aux champs où résident autrefois quelques frères, subsiste une chapelle gothique du XIIème siècle à trois travées dont le chœur rectangulaire est décoré latéralement de lancettes ornées et d’un triplet analogue à celui de l’église. La charpente est en coque de navire renversé. Agrandie au XVIème siècle, aménagée en logement au XVIIème siècle et désaffectée depuis le XVIIIème siècle, elle est inscrite partiellement à l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques en 1988.

La ferme de Fay-aux-ânes
A
ncienne seigneurie, appartenant autrefois à l’Ordre Hospitalier des Trinitaires (4) dont les moines ne peuvent se déplacer qu’avec des ânes, d’où le nom de la ferme.

Le domaine de Sandricourt et le château
Le château actuel est construit au XIXème siècle, en remplacemen de l'ancienne forteresse médiévale, par Catherine Auguste de Banne et son neveu,  au fond d’une vaste cour d’honneur bordée de communs et d’une chapelle datant de la fin du Moyen-âge. Le parc du domaine est dessiné entre 1880 et 1900 par Henri et Achille Duchêne, deux architectes paysagistes.
Au XXème siècle, la propriété est rachetée et considérablement agrandie par le milliardaire américain Monsieur Goelett.
Pendant la Seconde Guerre Mondiale, les bois de Sandricourt sont occupés par les nazis et leur état major. Ils servent de rendez-vous de chasse pour les officiers supérieurs qui viennent y chasser (Goering lui-même grand chasseur, y fait un séjour à cette époque).
L’allée dite de la Marquise, longue et majestueuse allée de hêtres, s'étend sur plus de 4 Kms à partir du château et a fait l’objet d’un classement au titre des Monuments Historiques en 1991. Le grand parterre dit parterre de Diane, cascade de fleurs et clairière ronde, sont inscrits à la même date.
Le pigeonnier est le seul vestige de la seigneurie de Sandricourt, à proximité de l’Allée dite de la Marquise. 

L’ancien Palais de Justice, situé rue du Pavé, est une maison faisant partie d’un vaste corps de ferme. Certaines décorations à lancettes permettent de penser que le bâtiment principal offre encore des vestiges importants du XIIIème siècle. La tour d’escalier, large et carrée à encorbellements à ressauts date du XIVème siècle. Elle est pourvue de latrines à double siège, logées dans une petite bretèche accrochée à la façade. Selon la légende, Saint Louis aurait rendu justice dans cette demeure.

 Hameaux, lieux dits, faubourgs, quartiers et écarts 

Les hameaux :
Saint-Claude ; Vignoru ; Fays aux Ânes, ancienne seigneurie appartenant aux moines de l'Ordre Hospitalier des Trinitaines Sandricourt, ancienne seigneurie ayant appartenu à la Famille d’Hédouville (voir § Les Seigneurs).

Les écarts :
La ferme des Granges ; le Petit Sandricourt ; Pontcharmont La Trinité, ancienne seigneurie des Mathurins de Paris (voir § Les Seigneurs).

 Evolution de la population 

 Amblainville 60 demo

 Mes parents à Amblainville ... 

Amblainville 60 mes parents

 Carte de Cassini 

Amblainville 60 cassini

 


Notes :

(1) L’abbaye Saint-Victor de Paris est une ancienne abbaye de chanoines réguliers fondée au XIIème siècle par Guillaume de Champeaux, archidiacre et écolâtre de l'Ecole Cathédrale de Notre-Dame de Paris. En quelques dizaines d'années, Saint-Victor devient l'un des centres les plus importants de la vie intellectuelle de l'Occident médiéval, surtout dans le domaine de la théologie et de la philosophie. Supprimée en 1790, à la Révolution Française, l'abbaye est démolie en 1811 et remplacée par la Halle aux vins, puis dans la deuxième moitié du XXème siècle, par la Faculté des Sciences, et aujourd'hui par l'Institut de Physique du Globe et l'Université Jussieu.

(2) Le couvent des Mathurins est la maison parisienne, au coeur du Quartier Latin, de l'Ordre des Trinitaires du début du XIIIème siècle jusqu'à la dissolution de l'Ordre en 1790. 

(3)  L'abbaye Notre-Dame du Val de Mériel est une ancienne abbaye cistercienne, la plus ancienne fondation cistercienne d’Île-de-France, fondée vers 1125, soit plus d’un siècle avant les abbayes voisines de Royaumont et de Maubuisson. Devenue carrière de pierres et ruinée à partir de 1822, il en subsiste aujourd’hui plusieurs bâtiments dont un des plus beaux dortoirs monastiques médiévaux de France et une galerie du cloître. L’abbaye du Val est classée monument historique depuis 1947 pour le bâtiment des moines, et depuis 1965 pour les autres corps de bâtiment. Le domaine d’une superficie de 120 ha à l’orée de la forêt de L’Isle-Adam constitue un site inscrit depuis 1950.

(4) L'Ordre de la Très Sainte Trinité et des Captifs, dit Ordre des Trinitaires ou Mathurins, est un ordre religieux catholique fondé vers 1194 à Cerfroid par les Français saint Jean de Matha (1154/1213) et saint Félix de Valois (1127/1212), à l'origine pour racheter les chrétiens captifs en Terre Sainte. C'est la plus ancienne institution officielle de l'Église catholique consacrée au service de la rédemption sans armes à la main. Aujourd'hui, ils aident les prisonniers et les captifs de toutes sortes.
C'est un des deux Ordres dits rédempteurs de l'Église, l'autre, fondé quelques années plus tard, est l'Ordre de Notre Dame de la Merci ou Mercédaires.


 

Sources
Sites, blogs, photo, livres et revues ... : Wikipedia. Mairie d'Amblainville.
Le Pas d'armes de Sandricourt : ouvrage d'A. Vayssière, élève de l’Ecole des Chartes (d’après un manuscrit du XVème siècle de la Bibliothèque de l’Arsenal), Ed. Léon Willem, Paris en 1874.

Date de dernière mise à jour : 27/03/2021