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Beaumont-en-Argonne
Ce petit village entre forêts, vallons et bords de Meuse, proche de la frontière Belge, est une ancienne ville fortifiée qui a gardé des traces de son passé.
Ses maisons à arcades présentent une particularité architecturale remarquable avec une succession de colonnades dont l'origine historique reste inconnue.
Entourée par les communes de Létanne, Luzy-Saint-Martin et Yoncq, la commune est située à 8 kms au Sud-Ouest de Mouzon la plus grande ville des environs.
Les armes de la commune se blasonnent ainsi : De sinople à la main dextre d'argent mantelé cousu de gueules chargé d'une fleur de lys d'or adextrée d'une crosse et senestrée d'une épée, le tout aussi d'argent, au chef bastillé de quatre merlons et deux demis du même.
Toponymie
Bellus mons au XIIème siècle.
Hydrographie
La Meuse, les ruisseaux de Tortu et du Pont de Lussian sont les principaux cours d'eau qui traversent la commune.
En 1552, les armées de Charles Quint (1500/1558), après avoir pris Stenay, pillent et brûlent Beaumont-en-Argonne, Grandpré, Saint-Julien, Marcq, Cornay, l'abbaye de Chéherre, Attigny, Brieulles.
Le 12ème régiment de tirailleurs sénégalais y subit une offensive allemande le 18 mai 1940, au début de la Seconde Guerre Mondiale.
La Loi de Beaumont
Charte promulguée en 1182 par Guillaume de Champagne dit aux Blanches Mains (1135/1202 portrait de droite), évêque de Chartres, archevêque de Sens puis de Reims dont il est duc et seigneur et qui vise à organiser l'affranchissement de la commune de Beaumont-en-Argonne. La Loi libère la localité de toute servilité envers le seigneur du lieu et autorise à l'élection de mandataires locaux en échange de redevances.
Le document, écrit en latin, reprend les principes de la Willelmine accordée la même année aux Rémois. Elle est par la suite appliquée pour l'affranchissement de plusieurs villes
du Nord-Est de la France, du Sud de la Belgique et du Grand-duché du Luxembourg.
Elle est abrogée en Belgique en 1775 par l'impératrice Marie Thérèse Walburge Amélie Christine de Habsbourg dite Marie Thérèse d'Autriche (1717/1780 portrait de gauche) et est invoquée en France jusqu'à la Révolution Française en 1789.
La Bataille de Beaumont, également appelé surprise de Beaumont ou encore bataille de Beaumont-Mouzon, ce combat de la Guerre Franco-Prussienne se déroule
le 30 août 1870.
Elle oppose le 5ème corps d'armée français du général Pierre Louis Charles Achille de Failly (1810/1892 portrait de gauche), à l'armée de la Meuse du roi Albert de Saxe (1828/1902 portrait de droite).
Parti du Bois-des-Dames et de Belval, le 5ème corps arrive à Beaumont dans la nuit du 29 au 30 août et s'installe en hâte sur des positions déterminées sans étude préalable du terrain. Les troupes harassées de fatigue et difficilement dirigées par leurs officiers dans l'obscurité, s'entassent les unes sur les autres. L'arrière-garde n'arrive qu'à 5h du matin et campe devant la ferme de la Harnoterie.
Vers 7h, le maréchal Patrice de Mac-Mahon (1808/1893 portrait de gauche) traverse Beaumont, donne l'ordre au général de Failly de marcher sur Mouzon pour y franchir la Meuse. Les troupes sont épuisées et sans ravitaillement depuis 3 jours, le convoi de vivres va arriver, le général de Failly décide de partir après les distributions.
A 9h, le général de Failly convoque un conseil de guerre. Les rapports ne signalant pas la présence de l'ennemi, il est décidé de remettre un peu d'ordre dans les troupes, de les ravitailler et de faire nettoyer les armes. Le convoi de ravitaillement arrive du Chesne, la distribution est immédiatement faite. Les hommes mangent la soupe, nettoient leurs armes, font sécher leur linge et leurs effets au soleil, les chevaux sont conduits à l'abreuvoir. Tout à coup, vers 12h30, plusieurs coups de canon retentissent du côté de la forêt de Dieuliet. Les projectiles tombent au milieu des tentes et des soldats désœuvrés. La surprise est complète. Le corps d'armée du général de Failly est écrasé. La déroute précipite le désastre final de l'armée française lors de la Bataille de Sedan.
Lors de ces combats, les Français perdent 4 800 soldats et 42 canons, les Prussiens 3 500 soldats.
La rafle des 4 et 6 janvier 1944
8 janvier 1942, une lettre de la Feldkommandantur du Charleville ordonne au préfet d’adresser sans retard une état des juifs résidant dans les Ardennes.
40 travailleurs agricoles juifs et leurs familles sont raflés sur ordre de la Gestapo les 4 et 6 janvier 1944 pour être déportés au camp d’extermination d’Auschwitz (photo ci-contre).
Les seigneurs et gens de la noblesse
Louis de Joyeuse (1450/1498) est comte de Chartres, seigneur de Bouthéon, Bansac, Saint-Geniez, Rochefort, La Roche-sur-Yon et Champigny. Il fonde la branche de la Famille de Joyeuse, comtes de Grandpré. Il est le fils du vicomte Tanneguy de Joyeuse (1420/1486) et de Blanche de Tournon.
Il est conseiller et chambellan des rois Louis XI (1423/1483), Charles VIII (1470/1498) et Louis XII (1462/1515) ; lieutenant au gouvernement de Paris, Île-de-France, Senlis, Beauvoisis, Vermandois, Champagne, et Brie ; gouverneur de Mouzon et de Beaumont-en-Argonne.
Le roi Louis XI lui donne la seigneurie de Marvejols et La Roche-sur-Yon en 1481.
Il donne plusieurs gouverneurs à Beaumont-en-Argonne :
Claude de Joyeuse (+1621) fils de Foucault de Joyeuse (1520/1597) et de Anne d'Anglure (1525/1565), époux en 1588 de Philiberte de Saulx ;
Antoine François de Joyeuse (1602/1631) fils de Antoine de Joyeuse (+1611), abbé de Belval, et de Henriette de la Vieuville (+1611).
Il est abbé de Thenailles et de Belval, il quitte la soutane pour être mestre de camp d'un régiment d'infanterie puis gouverneur de Mouzon et de Beaumont-en-Argonne. Il devient comte de Grandpré par son mariage en 1623 avec Marguerite de Joyeuse, fille et héritière du comte de
Grandpré, Claude de Joyeuse ;
Charles François de Joyeuse (1620/1680 portrait de gauche) chevalier des Ordres du Roi en 1661 ; gouverneur de Mouzon et Beaumont-en-Argonne puis mestre de camp de cavalerie et lieutenant général des Armées du Roi. Il est l'époux en 1651 de Marie Antoinette Charlotte de Mailly dite de Coucy, marquise de Chémery (1630/1657), puis en 1658 avec Henriette Louise de Comminges (1638/1678).
Patrimoine
L’église Saint-Jean Baptiste est implantée au centre du village.
L´édifice souffre de la Guerre Franco-Espagnole de 1635 puis de la Fronde des Princes entre 1650 et 1653. Son curé adresse alors une requête à l'archevêque de Reims pour la reconstruction de l'église car elle est en ruines et la messe se célèbre dans une grange.
Le chœur, ses chapelles et les bras du transept sont reconstruits entre 1703 et 1704 sur les fondations des parties d’origine avec les matériaux issus de la démolition. Les collatéraux et le massif occidental sont reconstruits en 1844 dans un style néo-classique tout en épargnant le vaisseau central et la croisée du transept datant du XIIème siècle. La partie terminale du clocher est reconstruite après la Première Guerre Mondiale. Le bas-côté Sud est reconstruit après la Seconde Guerre Mondiale.
L’église présente un plan en croix latine, une nef à trois vaisseaux de trois travées. La tour du clocher, au centre, est encadré par deux chapelles et sa base accueille un escalier à vis et une tribune d'orgue à trois arcades en plein-cintre. La couverture est en ardoise, le clocher comporte un flèche polygonale.
La chapelle Saint-Jean Baptiste est située à l'Est du village, sur la route de Stonne.
Une inscription peinte sur la voûte de l'abside indique que la chapelle est restaurée en 1853.
Le vaisseau central de la nef date du XIIème siècle.
Elle présente un plan allongé. La courte nef est suivie par une abside à trois pans. La nef est bâtie en pierre de taille en petit appareil et l'abside en moellon avec chaîne en pierre de taille. La façade principale est ouverte sur toute sa largeur par un portail en forme d'arcature à chapiteaux feuillagés, fermé par une porte en fer. Le volume intérieur est couvert de fausses voûtes d'ogives. La couverture est en ardoise. La nef est couverte par un toit à longs pans et l'abside par une croupe polygonale.
Plusieurs maisons à arcades, des XVème et XVIIIème siècles, sur la Place principale de Beaumont, sont inscrites aux Monuments Historiques en 1927.
Evolution de la population
Mes ancêtres de Beaumont-en-Argonne ...
Carte de Cassini
Sources
Sites et photo … : Wikipedia ; L'Album d'Auschwitz/yadvashem.org
Date de dernière mise à jour : 11/06/2026





