Albi

Albi, centre urbain intermédiaire, se situe dans le Nord du département, sur le Tarn, non loin des vignobles de Gaillac, du plateau Cordais et de la forêt de la Grésigne, entre le bassin aquitain et le Massif central, sur la partie Est du Midi toulousain.
À l'Est d'Albi, les premiers plateaux de faible altitude forment les contreforts des Causses. Au Sud-Est, quelques moyennes montagnes, atteignant 1300 m d'altitude, forment une barrière : monts de Lacaune, mont du Sidobre et la montagne Noire. Au Nord, existe un plateau de basse altitude appelé le Ségala.
Albi est surnommée la ville rouge du fait des briques apparentes, de couleur ocre de son centre historique et de sa cathédrale fortifiée (la plus grande du Monde en briques : 25 millions de briques ont été nécessaire pour l’édifier). C’est aussi la plus grande cathédrale peinte d’Europe.
Albi est située à moins de 3h des Pyrénées et à moins de 2h de la mer Méditerranée.
Les villes les plus proches sont : Castres, Mazamet, Graulhet, Lavaur, Gaillac, Carmaux, Montauban, Rodez et Toulouse.
Les communes limitrophes sont : Cagnac-les-Mines, Cambon, Carlus, Castelnau-de-Lévis, Cunac, Florentin, Fréjairolles, Lescure-d'Albigeois, Marssac-sur-Tarn, Puygouzon, Rouffiac, Saint-Juéry, Saliès, Le Sequestre et Terssac.
La commune possède un patrimoine naturel remarquable, composé d'une zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique.
Héraldique
Les armes de la commune se blasonnent ainsi : De gueules au château crénelé de quatre pièces d'argent, maçonné de sable, ouvert du champ de deux portes coulissées d'argent, d'un léopard d'or, les pattes posées sur les quatre créneaux, le tout brochant sur une croix archiépiscopale d'or posée en pal, sénestrée en chef d'un soleil du même et adextrée d'une lune en décours d'argent.
Définition : le mur crénelé à deux portes symbolise la ville fortifiée ; le mur soutenant en son milieu la crosse épiscopale accostée de la lune décroissante et du soleil, tous deux, sont les éléments des armoiries des comtes de Toulouse, puis du Languedoc ; le léopard placé sur ce mur, est symbole de la force.
La devise de la ville : Stat baculus vigilatque leo turresque tuetur = La croix est levée, le lion veille et protège les tours.
Elle date de 1764. La croix fait allusion à la croix archiépiscopale des armes de la ville.
Toponymie
Civitas Albigensium en 406 (première mention) = la cité des Albigeois, dans la Notitia Galliarum (fin IVème/début Vème siècle).
Apud Albiginsem Galliarum urbem = à la ville albigeoise des Gaules, pour Grégoire de Tours (VIème siècle)
Les premières formes autonomes attestées du nom d'Albi semblent être Albio en 961, puis Albi vers 972.
Hydrographie
Le Tarn traverse la ville d'Albi en formant une grande boucle qui coupe la ville en deux. C'est le troisième plus important affluent de la Garonne après la Dordogne et le Lot.
Il traverse la ville aux pieds des remparts et continue sa course vers le Sud-Ouest pour se jeter dans la Garonne. La rivière, navigable entre Albi et la Garonne, permet d'assurer le commerce du vin de Gaillac, du chanvre, du pastel et du charbon de Carmaux grâce à des gabarres à fond plat.
De petits affluents et sous-affluent du Tarn : le ruisseau du Séoux, le ruisseau de Caussels et son affluent le ruisseau de Jauzou traversent la ville, ainsi que le ruisseau de Carrofoul, le ruisseau de Cunac, le ruisseau de la Mouline, le ruisseau Lavergne, le ruisseau Rieumas et divers autres petits cours d'eau.
Jumelages
Albi est jumelée à :
- Gérone en Catalogne (Espagne) en 1985,
- Palo Alto en Californie (Etats-Unis), ville souvent désignée comme étant le berceau de la Silicon Valley,
- Lijiang (Chine) en 2017, ville dont une partie est sur la liste du Patrimoine Mondial de l'UNESCO, l'intérêt de la ville chinoise pour ce jumelage est de pouvoir gérer son patrimoine.
La ville entretient aussi un accord de coopération décentralisée depuis 2004 avec Abomey (Bénin) dont le musée historique est inscrit au Patrimoine Mondial de l'UNESCO et qui est la capitale historique du royaume de Dahomey.
Histoire
Les premiers hommes s'installent sur les bords du Tarn attirés par l'eau et par l'abondance de galets. Ils laissent derrière eux de nombreuses pierres taillées comme des bifaces, des racloirs ou des choppers. Des objets en bronze puis en fer sont retrouvés dans les environs. Un atelier de fondeur est découvert près de l'oppidum naturel du Castelviel.
Durant la seconde moitié du IVème siècle avant J.-C., les Rutènes (1) créent un large domaine correspondant aux futurs diocèses d'Albi et de Rodez.
En 120 avant J.-C., la région est conquise par les Romains, mais la romanisation est faible et Albi conserve son caractère de petite cité gauloise. Le port devient un lieu d'échange et de transit de nombreuses marchandises et de voyageurs.
Saint Clair est le fondateur et premier évêque de l'église d'Albi.

En 418, les Wisigoths envahissent la région et en prennent le contrôle, puis les Francs s'en emparent en 507, elle est soumise temporairement à la tutelle du roi de Neustrie, mes ancêtres Chilpéric Ier (527/584, portrait de gauche) puis son fils, Clotaire II (584/629, portrait de droite).
En juillet 666, un grand incendie ravage la ville.
Durant le Moyen Âge, la ville est un oppidum ceint de murailles.
Au Xème siècle, le premier pont sur le Tarn est construit (actuel Pont-Vieux). Il permet le développement de la ville sur les deux rives du Tarn.
Aux XIIème et XIIIème siècles, Albi est un centre du mouvement religieux Cathare. L'hérésie progresse rapidement et les diverses missions et prédications des prêtres de l'Église catholique romaine n'empêchent pas son essor. Le catharisme est violemment réprimé lors de la Croisade contre les Albigeois (voir § suivant). Albi passe dans le camp catholique sans résistance sous l'impulsion de son évêque Guilhem V Pierre de Brens (+1230) dit Gulhem Peyre qui renforce notablement l'autonomie de la ville.
La construction du palais épiscopal fortifié de la Berbie et de l'imposante cathédrale Sainte-Cécile ancre la ville dans le giron de l'Église. Les évêques veulent marquer le pouvoir de l'Église. La ville est aussi un important centre culturel connu pour son scriptorium.
Au XIVème siècle, la structure de la ville se transforme de façon importante : Elle est divisée en six quartiers entourés de murailles. Le Pont-Vieux est fortifié du côté du faubourg et de la ville, avec un pont-levis à chaque extrémité. Il est surmonté de maisons avec en son centre une chapelle dédiée à la Vierge. La Plassa est le cœur de la cité située au pied de la cathédrale.
Dans les faubourgs, un grand nombre de moulins : une dizaine destinés aux céréales, des moulins à foulons, des moulins actionnant des forges et des moulins installés sur des barques par manque de place sur les rives. Ces derniers encombrent le lit de la rivière qui ne peut plus s'écouler. Le dépôt de sédiments modifie son cours naturel et conduit à sacrifier certains de ces moulins pour laisser les eaux s'écouler.
Le fort séisme catalan du 2 février 1428 est ressenti jusqu'à Albi.
L'époque de la Renaissance est marquée par la prospérité grâce à la culture du pastel (2), plante servant entre autres à faire un colorant bleu très recherché à l'époque.
La région est appelée pays de cocagne. De nombreux bourgeois deviennent rapidement riches et influents dans la vie de la ville.
C'est l'époque de la construction de nombreuses demeures et hôtels particuliers encore visibles de nos jours dans les rues d'Albi. L'architecture de cette période se caractérise par l'utilisation exclusive de la brique foraine (ou Toulousaine) pour les murs et de la pierre pour les encorbellements et les entourages de portes et fenêtres.
En 1474, Louis d'Amboise (1433/1503) est nommé évêque d'Albi. Il est auparavant ambassadeur de France à Rome puis conseiller du roi Louis XI (1423/1483, portrait de droite) et lieutenant général de la Province de Languedoc. Il est à l'origine de l'installation de Jean Neumeister (1481/1510), maître-imprimeur originaire de Mayence et collaborateur de Johannès Gutenberg (1400/1468). C'est l'un des premiers ateliers d'imprimeurs de France après celui de Paris et Lyon.
Au XVIème siècle, de nouveaux troubles apparaissent avec l'arrivée du calvinisme en France vers 1540. L'évêché d'Albi est considéré comme l'un des plus importants du royaume, à cause de ses revenus considérables.
Le 25 février 1560, Albi organise une grande procession expiatoire et la régente Catherine de Médicis (1519/1589, portrait de gauche) nomme au siège épiscopal son cousin Laurent Strozzi (1513/1571, portrait de droite) qui est chargé de défendre la ville contre les protestants. Le massacre de la Saint-Barthélemy (24 août 1572 à Paris) se répète à Albi le 5 octobre, et donne lieu à des règlements de compte. Albi adhère à la fronde politique de la Ligue.
Vers 1581, en plus des Guerres de Religion, la Peste fait des ravages.
En 1593, les États de la Ligue se tiennent en présence du duc Henri de Joyeuse (1563/1608, portrait de gauche). Le Palais de la Berbie devient une place forte armée jusqu'en 1598, date à laquelle la Ligue disparaît avec la nomination d'Henri IV roi de France (1553/1610).
Le XVIIème siècle est une période de déclin économique pour Albi et sa région. Le pastel est en perte de vitesse et la ville recherche de nouveaux débouchés économiques. La verrerie, la tannerie et le tissage sont des activités importantes mais la ville n'arrive pas à revenir au niveau de prospérité passée.
Vers 1760, les remparts, inutilisés depuis longtemps et dont l'entretien coûte cher, sont démolis.
Le contexte économique à la veille de la Révolution Française en 1789 est particulièrement difficile. Albi perd un temps son rôle moteur au profit de Castres devenu le chef-lieu du nouveau département du Tarn en 1790. Les républicains jugent Castres peu sûre et la fuient pour se réfugier à Albi. La ville devient chef-lieu en 1797.
Les biens du clergé sont vendus et le Couvent des Carmes devient l'actuel Palais de Justice et le Couvent des Cordeliers est transformé en prison. Le Palais de Berbie devient le siège de l'administration départementale jusqu'en 1823. En 1794, les archives du clergé sont brûlées sur la place du Vigan.
Au XVIIIe siècle, le marquis François Paul de Solages (+1741), seig
neur de Carmaux, tente l'une des premières extractions industrielles de charbon en France. Il obtient l'autorisation de construire une ligne de chemin de fer hippomobile jusqu'à Albi.
Le chemin de fer arrive à Albi en 1864. Un deuxième pont (actuel Pont-Neuf), est construit sur le Tarn, ainsi qu'un viaduc pour le train ouvert en octobre 1864.
La métallurgie s'implante au Saut du Tarn entraînant l'apparition de fonderies spécialisées, mais l'activité la plus connue est la verrerie ouvrière d'Albi, fondée en 1896 en coopérative ouvrière, autogérée grâce à l'aide d'une souscription nationale et de Jean Jaurès (1859/1914, portrait de droite), et à la suite de la grève de Carmaux de 1895.
La chapellerie est aussi une industrie importante d'Albi, la plaçant parmi les premières de France au XIXème siècle.
Pendant la Seconde Guerre Mondiale, le régime de Vichy créé un Centre de rassemblement des étrangers (3). En août 1942, des manifestations ont lieu contre la Relève (4). L'archevêque d’Albi, Jean Joseph Moussaron (1877/1956, portrait de gauche), proteste ouvertement dès 1942 contre les persécutions à l’encontre des Juifs. Il organise parallèlement l’accueil clandestin de réfugiés juifs dans certaines institutions catholiques de la région et nomme secrètement des aumôniers dans les maquis. Arrêté par la Gestapo en juin 1944 puis incarcéré à Toulouse, il est accueilli triomphalement par les Albigeois à sa libération.
Peu avant la Libération, une colonne allemande tente de passer le Tarn, en venant de la Madeleine. Des résistants locaux et étrangers (Polonais et Espagnols) livrent un combat acharné sur le Pont-Neuf avant de devoir décrocher. Un monument aux morts rappelle leur action.
En octobre 1945, à 2 kms de la ville sur la route de Saint-Juéry, est présent un camp de 1200 prisonniers russes.
En 1972, la construction de la rocade démarre, elle contourne l'Est de la ville par l'axe majeur menant à Toulouse au Sud et à Rodez au Nord. En 2007, les ponts de la rocade et les murs anti-bruit sont aménagés. Le Sud de la rocade, voie express Albi/Marssac, est aménagée pour rejoindre l'autoroute A68 vers Toulouse. En 2010, la section Albi/Marssac est inaugurée et les derniers tronçons sont ouverts en 2015.
En 2009, un centre commercial de 10 ha, les Portes d'Albi, au bord de la rocade, ouvre ses portes.
De 2011 à 2014, la construction d'un grand complexe composé de salles de spectacle et de nombreux cinémas, d'un parking souterrain et d'un restaurant panoramique sur le toit du théâtre a lieu sur l'ancienne place de l'Amitié entre les peuples. La place Lapérouse devient entièrement piétonne, agrémentée de fontaines conçues par des designers étrangers, ainsi que la rue des Cordeliers qui mène au parc Rochegude.
En 2025, une passerelle cyclable et piétonne est mise en place pour relier la rive droite du Tarn et le centre historique de la ville.
Les seigneurs et gens de la noblesse
Les comtes d'Albi (mes ancêtres)
Ermengaud d'Albi (812/868) est cité en 864, il est comte d'Albi et de Rouergue.
Sa fille Garsende d'Albi, héritière d'Albi, épouse en 861 le comte Eudes de Toulouse (840/918) et fait passer le comté d'Albi aux comtes de Toulouse. En 918, il abandonne le gouvernement de ses différents comtés à ses deux fils : Raimond II de Toulouse (862/924) conserve les comtés d'Albi et de Toulouse, tandis qu'Ermengaud de Rouergue (870/935) obtient les comtés de Rouergue et de Quercy.
Les comtes de Toulouse confient la vicomté à un de leurs fidèles, Aton II, tout en conservant le titre de comte d'Albi.
Les vicomtes d'Albi
En 942 : Aton II d'Albi (910/958), fils d'Aton Ier d'Albi (900/942), vicaire d'Alzonne, époux de Diafronisse d'Ambialet.
En 972 : Siguin d'Albi (+972), fils des précédents.
En 972 : Bernard Aton II d'Albi (930/990), vicomte d'Albi et de Nîmes, frère du précédent, époux de Gaucienne de Nimes, héritière du comté de Nimes, père d'Aton III d'Albi, qui suit, et de Frothaire, évêque d'Albi en 972 et de Nîmes de 987 à 1016.
En 990 : Aton III d'Albi (955/1032), fils du précédent, époux de Gerberge et père de Bernard Aton III d'Albi, qui suit, et de Frothaire II, évêque de Nîmes de 1027 à 1077.
En 1032 : Bernard Aton III d'Albi (1010/1060), fils du précédent, époux en 1032 de Rangarde de la Marche, comtesse de Carcassonne, père de Raimond Bernard d'Albi, qui prend le surnom de Trencavel. Ce surnom, qui sert à désigner cette lignée seigneuriale, est repris par ses descendants et devient le nom de sa Famille.
En 1060 : Raimond Bernard Trencavel (1036/1080), fils du précédent, époux en 1062 d'Ermengarde de Carcassonne, comtesse de Carcassonne, de Béziers et d'Agde.
En 1099 : Bernard Aton IV Trencavel (1066/1129), fils du précédent, époux en 1083 de Cécile de Provence (1070/1150). Il récupère la cité de Carcassonne en 1082 après une lutte contre les autres prétendants. En 1101, il part en Terre sainte. A sa mort en 1129, ses trois fils se partagent ses vicomtés.
En 1129 : Roger Ier Trencavel (1090/1150), fils du précédent, époux de Bernarde de Comminges, sans descendance.
En 1150 : Raimond Ier Trencavel (1098/1167), frère du précédent, époux d'Adélaïde de Béziers, il est assassiné à Béziers.
Ma branche de Trencavel se poursuit ensuite avec Béatrix de Trencavel (1154/1199), fille du précédent, qui épouse en 1172 à Albi, Raimond de Toulouse-Bruniquel (1156/1222). Son frère (qui suit) prend le titre de vicomte d'Albi.
En 1167 : Roger II Trencavel (1155/1194), fils du précédent, époux d'Adélaïde de Toulouse (1158/1200).
En 1194 : Raimond Roger Trencavel (1185/1210), fils du précédent, époux en 1203 d'Agnès de Montpellier. Il perd son fief en 1209 lors de la Croisade des Albigeois qui pénètre dans ses vicomtés, vaincu, ses vicomtés sont attribués à un des croisés, mon autre ancêtre, Simon de Montfort.
En 1209 : Simon de Montfort (1175/1218), seigneur de Montfort, époux en 1190 d'Alix de Montmorency.
En 1218 : Amaury de Montfort (1192/1241), comte de Montfort, fils du précédent, époux de Béatrix de Viennois (1205/1248).
En 1224, il cède ses vicomtés au roi Louis VIII de France dit Le Lion (1187/1226, portrait de droite) qui les rattache au domaine royal en 1226.
Chronique Communale
La Croisade contre les albigeois 1209-1229
Cette croisade est proclamée par l'Église catholique contre l'hérésie, principalement le catharisme (5). Les textes de l'époque parlent d'hérésie albigeoise sans que cette région soit plus cathare que ses voisines.
Dès 1119, Gui de Bourgogne, pape Calixte II (1060/1124) dénonce cette hérésie. Pour contenir l'expansion de l'hérésie cathare, Guillaume II (+1054), évêque d'Albi, convoque un concile en mai 1165 à Lombers, ville importante de l'Albigeois, (environ 2 000 habitants). Ce concile des archevêques, évêques et abbés du Midi (Narbonne, Nîmes, Toulouse, Agde, Castres, Gaillac…) rend l'arrêt suivant : Moi, Gaucellin (Gaucelin de Raymond de Montpeyroux +1187), évêque de Lodève, par ordre de
l'évêque d'Alby et de ses assesseurs, je juge que ces prétendus bons hommes sont hérétiques, et je condamne la secte d'Olivier (évêque cathare) et de ses compagnons, qui est celle des hérétiques de Lombers, quelque part qu'ils soient, selon l'autorité des Écritures.
En 1177, le comte Raymond V de Toulouse (1134/1194, buste de gauche) demande l'aide de l'Abbaye de Cîteaux pour combattre l'hérésie qui ne cesse de gagner du terrain. Une expédition conduite par le comte et l'abbé Henri Settimo de Marsiac (1136/1189) assiège Lavaur, connue comme étant le centre de l'hérésie. la ville se rend, deux dignitaires cathares sont capturés et abjurent leur foi.
Raymond VI de Toulouse (1156/1222) succède à son père mais l'hérésie est tellement bien implantée qu'il ne peut rien faire sans susciter des révoltes de ses comtés, de plus une partie de la classe dirigeante est convertie au catharisme. Lotario dei Conti di Segni, pape Innocent III (116/1216, portrait de droite) délègue le prètre Pierre de Castelnau (1170/1208) auprès de la noblesse et du haut-clergé languedociens pour les inciter à prendre des mesures contre les cathares, mais
sans succès : Raymond VI n'agit pas. Il est excommunié début janvier 1208 et, quelques jours après, le 14 janvier, Pierre de Castelnau est assassiné.
Raymond VI de Toulouse fait amende honorable et se croise, tandis que Raimond Roger Trencavel (1185/1210) se prépare à se défendre contre la croisade. Une fois Béziers et Carcassonne prises et Trencavel emprisonné, les croisés désignent l'un des leurs en 1209, mon ancêtre Simon de Montfort (1175/1218, portrait de droite), pour poursuivre la lutte. Cette croisade évolue rapidement en guerre de conquête, d'abord pour le compte de Montfort lui-même, puis après sa mort et l'échec de son fils mon ancêtre Amaury de Montfort (1192/1241), au bénéfice de la couronne. La lutte contre le catharisme continue, d'abord sous la direction des évêques locaux, puis sous celle de l'Inquisition à partir de 1233.
Les vicomtés de Carcassonne, d'Albi et de Béziers sont annexées au domaine royal en 1226 ; le comté de Toulouse passe en 1249 à Alphonse de Poitiers (1220/1271), frère du roi Louis IX dit Saint Louis (1214/1270) et est annexé en 1271.
Le Languedoc, qui se trouve au début du XIIIème siècle dans la sphère d'influence de la couronne d'Aragon est entièrement passé à la fin du siècle sous celle du roi de France. Le catharisme est éradiqué en Languedoc, et quelques cathares seulement peuvent se réfugier en Lombardie.
Evolution de la population

Patrimoine
L'Hôtel de Ville
Le bâtiment est construit au XVIIème siècle et est inscrit au titre des Monuments Historiques en 1971.
La Cité épiscopale
Située sur la rive gauche du Tarn, elle correspond au centre historique ancien d'Albi. Art roman et art gothique se mêlent dans un festival de tons rose-ocre-rouge de la brique foraine et de la tuile romane, tandis que dans les quartiers médiévaux, les influences de l'époque cathare du XIIIème siècle sont encore présentes.
Elle est dominée par la cathédrale Sainte-Cécile, centre de la zone et comprend le palais de la Berbie, la collégiale Saint-Salvi et son cloître adjacent, le pont vieux du XIIème siècle, et les jardins en terrasses de la berge Nord du Tarn. Les maisons de la zone classée comprennent de nombreux exemples de construction à colombage.
Le Palais de la Berbie
Il forme avec ses jardins et la cathédrale l'ensemble de la cité épiscopale édifiée après la Croisade contre les Albigeois. Son édification permet de protéger les évêques d'Albi, devenus les maîtres de la ville, des hostilités des cathares et des bourgeois d'Albi. Elle permet aussi de se protéger d'éventuelles attaques extérieures et de renforcer la présence de l'inquisition.
Cet ancien château urbain des évêques d'Albi, est construit entre 1228 et 1308, sous l'épiscopat de trois évêques successifs. Voulu comme résidence de prestige par l'évèque Durand de Beaucaire, il devient forteresse sous Bernard II de Combret, qui fait clore le palais épiscopal de remparts pour se mettre à l'abri face à l'hostilité de la population albigeoise et prévoir de la place pour le Tribunal de l'Inquisition, et Bernard III de Castanet (1240/1317).
Par la suite, le palais est plusieurs fois remanié par les évêques entre les XVIème et XVIIIème siècles, gagnant en confort sans perdre tout à fait l'aspect d'austère forteresse.
Il est classé aux Monuments Historiques en 1862 pour la construction et en 1965 pour des éléments intérieurs isolés : plafonds, cheminée, boiseries... Depuis 2010, il est classé au patrimoine mondial de l'UNESCO par son appartenance à l'ensemble architectural médiéval de la cité épiscopale d'Albi.
En 1905, la loi de séparation des Églises et de l'État dépossède l'archevêché d'Albi de la résidence épiscopale et permet l'ouverture d'un musée. En 1922, les parents du peintre Henri de Toulouse-Lautrec (voir § Personnages) donnent leur collection pour étoffer le musée qui prend son nom.
Le château se présente comme une forteresse de briques foraines. Les murailles sont renforcées par des contreforts hémicylindriques supportant en hauteur des arcs masquant les mâchicoulis. La construction sert de modèle à celle de la cathédrale Sainte-Cécile.
Chaque évêque imprime son style, correspondant aux besoins de son époque et aux modes de l'architecture :
- Durand de Beaucaire fait construire une grosse maison et une tour à but utilitaire. L'austérité rappelle le gothique méridional en vogue et s'oppose à l'opulence du gothique du Nord du pays.
- Bernard II de Combret fait réaliser des fortifications rendues nécessaires par l'opposition entre l'évêque et sa ville. Il adopte les contreforts semi-cylindriques et les mâchicoulis en arc surbaissés. Les voûtes sont en arc presque plat, proche du plein cintre.
- Bernard III de Castanet, fait réaliser des murs talutés, renforçant l'épaisseur des murs à la base et permettant de renvoyer vers les assaillants les projectiles lancés depuis le haut des remparts. Les voûtes adoptent un arc brisé aigu et des arcs formerets, absents auparavant.
La cathédrale Sainte-Cécile
Le premier édifice du IVème siècle est détruit en 666 ou 667 par un incendie. Un second apparaît dans les textes en 920 sous le nom de Sainte-Cécile, patronne des musiciens. L'ensemble épiscopal regroupe la cathédrale, un baptistère et une chapelle dédiée à saint Pierre. De cette époque subsistent quelques arches de l'ancien cloître.
Entre 1245 et 1260, la cathédrale est profondément modifiée par des travaux de grande ampleur. Une ouverture permet la communication entre la cathédrale et le Palais de la Berbie tout proche en construction. Cette église perdure à côté de la nouvelle cathédrale pendant environ deux siècles sous le nom d'église vieille. Elle est finalement ruinée par le conflit entre deux évêques concurrents, Bernard V de Cazilhac (+1462), élu par le chapitre de chanoines, et Robert d'Auvergne dit Robert Dauphin (+1462), nommé par Gabriele Condulmer, le pape Eugène IV (1383/1447, portrait de gauche). Leur querelle dure de 1435 à 1462 et l'église disparaît des textes après 1437. Au siècle suivant, les ruines sont aplanies pour aménager une esplanade destinée à recevoir de l'artillerie durant les Guerres de Religion.
Sicard Alaman (1210/1275), gestionnaire des comtes de Toulouse, lègue une forte somme en 1275 pour la reconstruction de l'église. Bernard de Castanet (1240/1317, portrait de gauche), nommé évêque en 1276, assure le projet par la mise à disposition du vingtième des revenus de l'évêché durant 20 ans et par la rentrée de la dîme. La décision de bâtir en brique rompt avec l'ancienne cathédrale de pierre mais le chantier de la collégiale Saint-Salvi a déjà amorcé le changement. Il est probable que l'architecte de Sainte-Cécile est Pons Descoyl.
Le style gothique méridional, est le mieux adapté à la pauvreté prônée par les Cathares. L'architecture s'inspire des dernières constructions du Midi indépendant, comme le couvent des Jacobins de Toulouse.
Commencée par la façade orientale, la construction débute par la pose de la première brique le 15 août 1282 par Bernard de Castanet. Entre 1282 et 1303, les murs goutterots de l'abside et des quatre premières travées droites sont érigés. Entre 1301 et 1308, des différends apparaissent entre le roi de France Philippe IV dit Le Bel (1268/1314, portrait de gauche) et Bernard de Castanet car les officiers royaux perçoivent les revenus du diocèse à la place de l'évêque. En 1310, le chantier reprend par l'établissement de voûtes sur la partie construite précédemment et la construction des murs de trois nouvelles travées jusqu'en 1340. Entre 1340 et 1370, les murs sont achevés et la base du clocher s'amorce. Entre 1370 et 1390, les voûtes sont terminées.
L'évèque, Dominique de Flourence (+1422) fait construire l'escalier d'accès à l'édifice côté Sud pour les fidèles. Le bas est doté d'une porte fortifiée qui porte son nom, plus décorative que réellement défensive, elle s'appuie sur le mur de la cathédrale et sur une tour ronde en brique. Cette dernière abrite le trésor des chanoines au XVIIIème siècle. Un dessin de 1833 montre que cette porte s'ouvre dans un couloir sombre entre la cathédrale et la ville qui arrive au pied de l'édifice.
Après 1400, une période sombre de 70 ans voit le chantier stagner : les épidémies de Peste et la Guerre de Cent Ans affaiblissent l'économie locale et le conflit entre les évêques concurrents détourne les maigres subsides au profit de la rétribution des combattants.
La reprise du chantier se produit sous la responsabilité de l'évèque Louis Ier d'Amboise (1433/1503) qui consacre la nouvelle cathédrale le 23 avril 1480.
Le massif clocher carré gagne deux étages octogonaux à baies closes de volets qui masquent les cloches. Une galerie intérieure, assise sur des voûtes s'appuyant sur les contreforts, est ajoutée pour ceinturer la cathédrale au niveau du bas des baies. Des ouvertures sont percées. Des baies sont ouvertes dans les absides, au marteau dans la brique.
Un jubé de pierre est ajouté à l'intérieur du chœur de la cathédrale. Cette construction de pierre constitue presque une église dans l'autre. Les éléments sont totalement séparés du reste de l'édifice en brique. La dentelle de pierre constitue une séparation entre les fidèles et le chapître de chanoines. La présence, en plusieurs endroits, de blasons de la Famille d'Amboise, situe l'érection de cet ensemble entre 1474 et 1517.

La vaste surface du mur occidental aveugle est utilisée pour représenter un Jugement dernier de 270 m2, la plus grande fresque médiévale de la France méridionale.
Louis II d'Amboise (1477/1511), neveu du précédent, nommé évèque en 1503, fait venir des artistes peintres d'Italie. Plusieurs d'entre eux installent leurs ateliers à Albi.
Le début des décorations se situe autour de l'année 1509 et l'achèvement des voûtes date de 1512. Le haut de chaque mur latéral est orné des armes de France ou de Bretagne, en hommage à Louis XII (1462/1515, portrait de droite) et son épouse Anne de Bretagne (1477/1514, portrait de gauche), monarques de l’époque. Le haut des murs du chœur Est est ornés des armes de mariage de France et de Bretagne.
Un baldaquin de pierre, au-dessus de l'entrée, tranche sur la brique omniprésente. À l'origine, il est prolongé vers l'Ouest par une chapelle de même architecture destinée à recueillir les sépultures des chanoines. Elle comporte une nef de trois travées et une abside à cinq pans. Elle
disparait au début du XIXème siècle. Sur les piliers du baldaquin figurent deux cadrans solaires datant du XVIIème siècle, ils sont restaurés en 2008.
Le clocher est rehaussé à la fin du XVème siècle. Il abrite 5 cloches : Notre-Dame-du-Mont-Carmel pour la plus ancienne fondue en 1773, Tiburce qui date du XIXème siècle, Émilie-Carissime fondue grâce à une souscription dans les années 2010, Cécile fondue en 1929, et le bourdon Valérien qui date du XIXème siècle.
Charles Le Goux de La Berchère (1467/1719, portrait de droite), archevèque d'Albi, décide d'adapter sa cathédrale au mouvement général consistant à replacer les fidèles au cœur de la messe en supprimant la séparation entre les religieux et les laïcs. Il conserve le jubé mais sacrifie la partie centrale du jugement dernier en faisant ouvrir une porte pour aménager une chapelle, sous le clocher derrière l'autel installé dans la partie occidentale.
l’archevêque d’Albi, Armand Pierre de La Croix de Castries (1569/1747) fait construire le grand orgue entre 1734 et 1736 par le grand facteur d'orgue, Christophe Moucherel.
La Révolution Française est fatale aux statues du portail du jubé. En 1792, l'évêque constitutionnel Jean Joachim de Gausserand demande la démolition de la clôture du chœur et du jubé de la cathédrale. Le ministre intervient pour faire arrêter les projets de destruction.
En 1830, la toiture fuit, l'eau de pluie traverse la voûte et des traces apparaissent au niveau des fresques. Des travaux de restauration sont décidés : étanchéité des voûtes, surélévation du toit pour créer un vide sanitaire, rehaussement des murs pour masquer la modification de toiture. Les murs sont munis d'arcatures supportant une balustrade de pierre, renforçant l'aspect défensif de l'ouvrage. Il décide également de doter les contreforts avec des tourelles à clocheton.
Ces travaux choquent les habitants d'Albi et le chantier est interrompu en 1866. Ils reprennent après la mort de l'architecte en 1896 : les clochetons sont démontés sauf un sur la façade orientale et la balustrade remplacée par un mur de brique. Les abords de la cathédrale sont dégagés.
L'ancienne place de la Pile, cœur économique de la ville, devenue trop petite pour la ville, est démolie pour créer un grand parvis devant la cathédrale et ménager des accès vers l'Est, axe de développement de la ville depuis que la route royale Toulouse/Lyon remplace les remparts.
La cathédrale fait l’objet d’un classement au titre des Monuments Historiques en 1862.
En 1929, les ouvertures de l'abside sont reprises. Les autres restaurations du XXème siècle sont menées dans un esprit de préservation et d'entretien.
En 1988, un couple de faucons pèlerins y élit domicile. Dès 1989, il bénéficie d'un nid ajouté à son usage. Depuis 2001, chaque année voit s'envoler de nouveaux jeunes.
En 2012, un programme de rénovation du chœur de Sainte-Cécile est lancé et s'étend jusqu'à fin 2013.
La collégiale Saint-Salvi
Le monastère dirigé par Salvius d'Albi est une communauté d'anachorètes (6) soumis à l'obéissance à leur abbé.
Au VIIème siècle, l'Albigeois appartient à la riche Famille Desiderii-Salvii. Un de ses membres laisse son nom, saint Salvi (+584) à la collégiale où il est inhumé. La légende lui attribue le titre de premier évêque de la ville, entre 574 et 584. La collégiale a un temps, conservé ses reliques.
La collégiale n'est pas le siège d'une paroisse qui est assurée par l'église Sainte-Martiane toute proche, démolie à la Révolution Française pour cause de vétusté.
Le site du premier monastère, où Salvi est moine et est enterré, est inconnu.
En 940, un texte relate un projet de reconstruction. Le chantier est décidé en 1057, date correspondant au Concile de Toulouse et à la réforme grégorienne : la gestion des chanoines gagne en rigueur et leurs revenus augmentent de manière importante. La construction commence avec l'érection de la tour Nord vers 1060.
Le culte de saint Salvi, personnage de haut lignage, explique la prééminence de la collégiale sur la cathédrale : les évêques d'Albi y ont leur sépulture jusqu'en 1230 et rendent hommage au saint lors de leur prise de fonction, comme les puissants lors de leur visite à Albi.
Au Xème siècle, le collège de chanoines reçoit des donations des comtes de Toulouse et des vicomtes d'Albi, toutefois ce n'est pas un enrichissement de la communauté : la règle de Chrodegang permet à la famille de récupérer le bien mis en dot à la mort du religieux et lors d'une donation, le donateur conserve l'usufruit des biens. Ce n'est qu'à partir du concile de Toulouse en 1056, que l'aristocratie reconnaît la cession de ses droits à l'église.
L'église a un aspect hétéroclite, reflet de l'évolution des modes de construction, mêlant l'art roman languedocien et l'architecture gothique. Le cloître attenant et la canourgue, groupe d'anciennes résidences des chanoines, forment avec la collégiale, un ensemble remarquable à une centaine de mètres de la cathédrale Sainte-Cécile et du Palais de la Berbie.
La cité épiscopale
La cathédrale Sainte-Cécile
La cathédrale Sainte-Cécile, cpa
La cathédrale Sainte-Cécile et l'archevêché, cpa
Les voûtes de la cathédrale Sainte-Cécile, cpa
Le Palais de la Berbie, aile Renaissance
Le Palais de la Berbie, cour centrale
Les jardins du Palais de la Berbie
Le Palais de la Berbie, cpa
Le Palais de la Berbie, cpa
La Collégiale Saint-Salvy
La Collégiale Saint-Salvy
Le cloître de la collégiale Saint-Salvy
Le cloître de la collégiale Saint-Salvy, cpa
La collégiale Saint-Salvy, cpa
Le Temple réformé
Ils appartiennent à la cité épiscopale d'Albi, classée au patrimoine mondial de l'UNESCO en 2010.
Le Temple réformé
Il est fondé en 1871, la paroisse est rattachée à l'Église Protestante unie de France.
La ville est bien atteinte par la Réforme au XVIème siècle mais les protestants disparaissent rapidement. Hormis à Réalmont, aucune implantation huguenote ne perdure dans l’ancien Diocèse d’Albi. Il faut attendre la Restauration pour trouver quelques traces d’une petite communauté protestante, rattachée à l’Église de Réalmont, et composée en partie de familles alsaciennes venues travailler à Saint-Juéry, ainsi que de quelques techniciens étrangers.
En 1859, Claude Émile Jolibois (1813/1894) arrive à Albi comme archiviste départemental. Ancien Professeur, converti au protestantisme en 1852, il devient l’âme de cette petite communauté très dispersée organisant le culte dans son salon. La recherche de locaux plus adaptés n'est pas simple dans une région fortement catholique. Un terrain est trouvé rue de l’École-Normale, des financements réunis, un temple d'une taille modeste bâti et inauguré en juillet 1871. Des aménagements importants sont achevés en 1883.
Avant la Première Guerre Mondiale de 1914, un projet d’agrandissement demandé reste sans suite vu l’état général du bâtiment et son exiguïté. Il faut construire un temple neuf mais hors de question que le temple soit construit en plein centre-ville. Plusieurs projets sont proposés dont l’un inclue un logement pour le concierge. Le Pasteur Emile Jolibois est l’artisan de cette construction, des entreprises subventionnent largement l'opération, mais également des églises suisses et hollandaises, ou des paroissiens de Mazamet dont les enfants fréquentent le Lycée départemental d'Albi.
Le pasteur, à la fois liturge et prédicateur, président du Conseil presbytéral, exerce non seulement l’autorité spirituelle mais le pouvoir.
Le bâtiment est dessiné dans un style néo-roman avec une tour destinée à être visible. Il comporte une abside, sur laquelle trône la chaire dominant la table de communion et un chevet plat. Le parquet et la barrière (enlevée dans les années 1980) séparent le pasteur et le Conseil presbytéral du reste de l’assemblée qui assiste au culte.
L’inauguration a lieu le 26 juin 1924. Il est inscrit au titre des Monuments Historiques en 2015 et bénéficie également du label Patrimoine du XXème siècle.
D'autres églises :
Notre-Dame-du-Breuil, inscrite au titre des Monuments Historiques en 2005 ; Sainte-Madeleine ; Saint-Jean de Rayssac, inscrite au titre des Monuments Historiques en 2005 ; Saint-Joseph ; Notre-Dame de Fonlabour ; Saint-Antoine ; Notre-Dame-de-la-Drèche. classé au titre des Monuments Historiques en 1995 ; Saint-Jean-Baptiste des Brus ; le clocher de l'ancienne église Saint-Loup.
Les églises évangéliques, protestante, la salle du royaume des témoins de Jéhovah.
De nombreuses chapelles :
du centre hospitalier Pierre Jamet ; de l'hôpital général ; du couvent des Dominicaines ; du Grand Séminaire ; du lycée Lapérouse ; Sainte-Carême ; Saint-Jean de Veyrières ; Saint-Joseph ; Saint-Martin ; l'assemblée évangélique action chrétienne.
La commanderie de Rayssac
Ancienne commanderie Hospitalière de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem, établie depuis le milieu du XIIème siècle, avec un premier commandeur attesté dès 1150. Toutefois, la présence des Hospitaliers au Sud-Est d'Albi remonte à l'année 1120 avec la donation de l'église Saint-Geniès de Puygouzon.
En 1195, le commandeur de Rayssac inféode la ville, le fort et la paroisse de Lacapelle, puis en 1220 l'église Saint-Benoit de Gourgues. La dévolution des biens de l'Ordre du Temple permet aux Hospitaliers d'hériter de leurs biens, en particulier la commanderie de Cambon-du-Temple où un commandeur Hospitalier s'installe de 1314 à 1336, date à partir de laquelle Le cambon-du-Temple intègre la juridiction de la commanderie de Rayssac en tant que membre.
La commanderie de Rayssac fait partie du grand prieuré de Saint-Gilles et de la langue de Provence.
Lors de la Révolution Française, la commanderie est mise sous séquestre, puis vendu aux enchères.
L'édifice est inscrit au titre des monuments historiques en 1928.
La commanderie de Rayssac se compose d'un corps de logis rectangulaire sur deux étages, en bel appareil de pierre de taille. L'édifice s'organise sur plusieurs ailes, encadrant une cour d'honneur. Au Sud, une partie ruinée est remplacée. Plusieurs tours circulaires agrémentent la structure : la première, comportant des meurtrières, flanque le bâtiment à l'angle Nord-Ouest, et la seconde, avec un escalier à vis, donne sur la cour par une porte ornementée.
L'intérieur du bâtiment possède encore quelques décorations d'époque, comme des fresques recouvrant les murs d'une des salles de la première tour, les armoiries de l'Ordre du Temple ou celles de Toulouse. L'édifice actuel date dans son grand ensemble du XVème siècle.
Le château de Cantepau
Il est construit par la Famille Delecouls, riche Famille consulaire d'Albi, qui constitue aux XVIIème et XVIIIème siècles un important domaine foncier. Néanmoins, un premier château pourrait avoir été construit au XVème siècle, ce dont témoigne quelques fenêtres à meneaux encore visibles.
En 1746, Jean Pierre Delecouls (1706/1790) aménage une chapelle dans l'une des tours et engage un chapelain. Il acquiert le domaine voisin de Lévizac. De son mariage en 1731 avec Agathe de Treil (1712/1799) nait un fils, Joseph Delecouls (1743/1801), qui prend le nom de Delecouls de Cantepau, et hérite de tous les biens de ses parents. Avocat au Parlement de Toulouse, il est un membre important de la loge maçonnique d'Albi, consul d'Albi et dernier maire de la ville sous l'Ancien Régime.
Le château de Cantepau reste dans la descendance de la Famille Delecouls de Cantepau jusqu'en 1878. A cette date, il est vendu à la Famille Pago d'Albi.
En 1969, il est racheté par une société de construction de HLM, les terres agricoles comprises dans le domaine sont loties, avec la création du quartier de Cantepau actuel. Le château est fermé et livré au pillage.
En 1984, après avoir été inscrit aux Monuments Historiques, il est rétrocédé à la municipalité d'Albi, dans le cadre de la création de la zone d'activité commerciale de Cantepau.
Les pillages ont eu raison des stucs de style Louis XVI du grand-salon qui représentaient des instruments de musique, mais aussi les cheminées de marbre, portes sculptées, et autres boiseries.En 2006, il est revendu à un particulier, Didier Sirgue, et des travaux de réhabilitation débutent en 2009. Ils visent à créer un complexe hôtelier, avec la construction sur le parc du château d'une brasserie, ainsi qu'une résidence hôtelière. Le château en lui-même est réaménagés en salles de réceptions.
Le château est un grand édifice en brique se composant d'un corps de logis rectangulaire sur 3 étages. La façade principale Ouest, est flanquée de deux tourelles circulaires au même niveau que l'ensemble de la batisse. Les fenêtres actuelles sont simples et remplacent d'anciennes fenêtres à meneaux dont quelques exemplaires sur les façades arrières sont encore en place.
Sous le toit et sur tout le long de la demeure, une corniche de brique moulurée orne les façades.
L'intérieur possèdent plusieurs belles cheminées monumentales en brique, dont une porte deux écussons, autrefois peint d'armoiries. Une grande salle, avec son plafond à la française, possédait de beaux dessus de porte en stucs de style Louis XVI, aujourd'hui disparus. L'escalier de l'édifice est construit sur plan rectangulaire, ses entrées étant marquées par des voûtes à arcs en plein cintre.
Le château du Gô
À l'origine simple métairie, il est situé dans la boucle du Gô, une presqu'île formée par un méandre du Tarn. Un passage à travers le Tarn sépare le hameau du Gô (nom mentionné depuis 1350) du village de Lescure.
Claude de Galaup (1560/1627), membre d'une Famille issue de la riche bourgeoisie d'Albi, achète le domaine en 1613. Il aménage la métairie du Gô en un petit château, qui lui sert de résidence secondaire. Jean François de Galaup, explorateur plus connu sous le nom de comte de Lapérouse (voir § Les personnages), y naît en 1741. Il est le fils de Victor Joseph de Galaup (1709/1784), qui a fait fortune dans la vente de pastel et de Marguerite de Rességuier (1717/1788). Il utilise ses émoluments d'officier de marine pour racheter la totalité de la presqu'île du Gô qu'il lègue à ses sœurs à sa mort.
Les héritiers de la Famille de Galaup en sont longtemps restés les propriétaires. Récemment racheté, des travaux de restauration et de réaménagement sont entrepris, afin de convertir le lieu en chambres d'hôtes.
Le château du Gô est un bâtiment en briques, construit selon un plan en U. De style Renaissance, les trois ailes encadrent une cour orientée au Nord, et fermée par un mur ouvert d'une porte cochère. La partie la plus ancienne est celle au Sud, qui renferme un escalier à vis. Les ailes Est et Ouest datent respectivement des XVIIème et XIXème siècles. Les fenêtres sont à croisées de meneaux, et certaines portes présentent des arcs en accolade. Le salon du rez-de-chaussée conserve de beaux éléments d'époque, comme son plafond à la française et sa cheminée.
L'édifice est inscrit au titre des Monuments Historiques en 1984.
Le château de Bellevue
Le premier château est construit en 1685, néanmoins, l'édifice actuel date entièrement de 1933, date à laquelle il est rebâti par l'architecte Léon Daures (1877/1973), sur commande de Léopold Malphettes (1882/1965), industriel albigeois. Ingénieur diplômé de Centrale Paris, expert du béton armé.
Les travaux du jardin se terminent vers 1952. En 1960, le potager est offert à la ville d'Albi afin de permettre la construction du lycée Bellevue.
La Famille Malphettes possède le lieu jusqu'au début des années 2010.
Depuis 2015, un projet prévoit de séparer l'édifice en 11 appartements de haut-standing, ainsi que sa restauration complète. Les travaux sont largement retardés par le recours en justice d'un citadin. En vain, il est depuis 2019 résidentiel.
Le château a pour base des murs en béton armée parfaitement recouverts de briques foraines. Les façades de ce bâtiment rectangulaire sont inspirées du XVIIème siècle, la principale étant dotée d'un double perron, d'une loggia et d'une terrasse couverte à l'étage. La massive porte d'entrée en bois possède des vantaux moulurés et un tympan en fer forgé. La tour d'escalier, faisant angle à l'Ouest, est coiffée d'un toit conique surmonté d'un petit campanile à colonnes. La façade arrière s'ouvre quant à elle sur un patio aux angles duquel se trouve deux édicules.
L'intérieur est dans sa majeure partie décoré façon XVIIIème siècle, avec des boiseries, alcôves et moulures, ainsi que des plafonds à la française, comme dans la bibliothèque. Les différentes pièces sont généralement reliées par de larges portes en plein cintre.
Une pierre portant la date de 1685, provenant du château originel et intégrée dans l'édifice actuel, rappelle son existence passée.
Le château de Bellevue est inscrit au titre des Monuments Historiques en 2014.
L'Hôtel de Fenasse
Construit dans la seconde moitié du XIIème siècle, il illustre la richesse architecturale romane de la région. La riche Famille albigeoise Fenasse, puissants marchands et financiers, en est propriétaire jusqu'au XIVème siècle. Après avoir été condamnés pour catharisme, l'hôtel leur est confisqué et devient successivement la propriété d'une Famille d'évêques, Béraud de Fargues, la demeure seigneuriale des vicomtes d'Albi puis d'un sénéchal de Toulouse jusqu'à devenir en 1791 la propriété d'un riche négociant Albigeois Étienne Lacombe.
Ouvertures sur les deux façades des quatre niveaux de briques et de pierres, chapiteaux sculptés, tourelle gothique hexagonale du XVème siècle qui permet l'accès au étages, le rez-de-chaussée est aujourd'hui dédié au commerce.
Les façades et toitures sont inscrites au titre des Monuments Historiques en 1971.
L'Hôtel de Rochegude
Il date du XVIIème siècle et est inscrit au titre des Monuments Historiques en 1986.
La Maison Enjambert
Elle date du XVIème siècle et présente une structure en bois à colombages, à remplissage de briques très travaillé. Les encadrements de fenêtres sculptés sont de type Renaissance.
Elle est classée au titre des Monuments Historiques en 1921.
L'Hôtel particulier du Bosc
Il s'agit de la maison natale du peintre Henri de Toulouse-Lautrec (voir § suivant Les Personnages) construite vers le XIIème siècle à l'emplacement d'une partie des fortifications de la ville. Deux tours y subsistent encore de nos jours.
La maison s'appuie contre des remparts consistant en une tour (tour Puech-Amadenc ou tour du Pas Trangnat), prolongée par un chemin de ronde à l'Est et à l'Ouest. Côté Ouest, le chemin de ronde est prolongé par un escalier qui aboutit à un jardin. L'ensemble est construit en briques. Ces remparts datent des XIIème et XIIIème siècles, ou du XIVème siècle après la Croisade des Albigeois et pendant la Guerre de Cent ans.
Une ruelle longe les remparts, côté ville. Le corps de logis longe cette ruelle et est relié à la tour par un pont.
Au rez-de-chaussée se trouvent des salles de briques anciennes.
Les étages sont construits à diverses époques. La cage d'escalier monumentale est du XVIIIème siècle.
Le peintre Henri de Toulouse-Lautrec y naît en 1864.
D'importantes restaurations sont réalisées au début du XXème siècle.
Il est inscrit au titre des Monuments Historiques en 1974.
Les théâtres
Il existe deux théâtres à Albi :
- Le grand théâtre des Cordeliers, inauguré en 2014, qui dispose de trois salles mais aussi d'un restaurant au sommet et d'un parking souterrain. Il sert parfois de salle de congrès ;
- Le théâtre municipal ou théâtre des Lices, dont le projet est proposé par l'architecte de la ville en 1885 et adopté en 1889. Le sculpteur Veillard est chargé du décor et l'Albigeois Col peint la toile du foyer et la coupole. Le théâtre est inauguré le 3 juin 1893. Il est inscrit au titre des Monuments Historiques en 1999.
La vermicellerie ou les moulins albigeois
Cette ancienne usine de pâtes alimentaires occupe une situation en surplomb du Tarn, sur la rive droite de la rivière dans le quartier de la Madeleine.
L'usine occupe le site d'un moulin à farine du XIIème siècle, remaniée à partir du XVIIème siècle et transformée en usine de fabrication de pâtes alimentaires en 1850. Elle est désaffectée dans la seconde moitié du XXème siècle, puis réaménagée pour accueillir un hôtel, le musée Lapérouse et le Comité Départemental de Tourisme.
L'usine est inscrite au titre des mMonuments Historiques en 1984.
Le pont vieux
Il est construit entre 1035 et 1042. Les parties les plus anciennes visibles actuellement datent cependant du XIIIème siècle. Au départ, trop étroit, il ne permet pas le passage des charrettes.
Il est reconstruit entre 1230 et 1240 et un péage est installé à l'entrée du pont ((bien qu'il soit attesté que des droits étaient déjà prélevés dès 1193). Le cartulaire d'Abi de 1245 mentionne que seules les marchandises sont taxées, toutefois, il précise précise que les juifs, vivants ou morts, sont taxés. Le prélèvement de droits, d'abord réservé aux vicomtes puis aux seigneurs évêques d'Albi, est par la suite une prérogative offerte aux consuls d'Albi en 1269. L'argent ainsi collecté sert à l'entretien du pont mais aussi des remparts de la ville.
Le pont contribue au développement urbain et commercial de la ville.
Au XVème siècle, des maisons sont construites sur les piliers du pont afin de rendre la structure du pont plus solide. Il ressemble alors au Ponte Vecchio de Florence. Ces maisons sont détruites après la crue de 1766.
En 1820, sa chaussée est redressée et élargie afin de permettre le croisement des charrettes timonières à quatre roues. L'arrière-bec des deux piles voisines de la rive gauche est prolongé vers l'aval tandis que l'arc en brique vient prendre appui sur les arrière-becs existants pour les autres piles. À l'amont, les avant-becs sont retaillés et leur partie supérieure est reconstruite afin de supporter des arcs en encorbellement. Le pont de pierre est également revêtu de briques.
L'édifice est classé au titre des Monuments Historiques en 1921 et inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO. Il est le doyen des ponts routiers de France encore en service.
En 2023, un important chantier de restauration est lancé pour renforcer et étanchéifier la structure tout en rénovant la chaussée et les trottoirs.
Le pont neuf
Prévu dès le XVIIIème siècle, dans le prolongement des lices, il n'est réalisé qu’un siècle plus tard sous le Second Empire pour permettre à la route royale de franchir le Tarn. Achevé en 1866, deux ans après le pont de chemin de fer qui lui fait pendant, it témoigne du développement des moyens de communication à l’époque industrielle. Il porte tour à tour les noms de pont Napoléon, pont de Strasbourg, pont Neuf avant de devenir le pont du 22 août 1944, en souvenir du passage d’une colonne allemande dans la ville en 1944 et des combats qui s’y déroulent.
Personnages liés à la commune
Henri de Toulouse-Lautrec (1864/1901, portrait de droite) est un peintre du post-impressionnisme, dessinateur, illustrateur de l’Art nouveau, lithographe, affichiste et illustrateur français, né à Albi dans une famille aisée de la noblesse, ancienne Famille noble des Comtes de Toulouse-Lautrec.
En 1874, une maladie génétique qui affecte le développement des os, la pycnodysostose, probablement due à la consanguinité de ses parents, lui et détectée. Ses os sont fragiles et, lorsque en mai 1878, il tombe, le médecin diagnostique le fémur gauche brisé. En raison de sa maladie, la fracture se réduit mal, il souffre de cette fracture qui aggrave son retard de croissance, il ne dépassera pas la taille de 1,52 m.
En 1881, reçu à Toulouse au baccalauréat, il décide de devenir artiste. Soutenu par son oncle Charles et par René Pierre Charles Princeteau (1843/1914), peintre animalier et ami de son père.
Il vit pour son art. Il croque le mode de vie de la Bohème parisienne à la fin du XIXème siècle. Au milieu des années 1890, il contribue par des illustrations à l'hebdomadaire humoristique Le Rire. Considéré comme l’âme de Montmartre, le quartier parisien où il habite, ses peintures décrivent la vie au Moulin-Rouge et dans d’autres cabarets et théâtres montmartrois ou parisiens. Il peint Aristide Bruant (1851/1925) mais aussi la prostitution à Paris à travers les maisons closes qu’il fréquente et où, peut-être, il contracte la syphilis.
Parmi les femmes connues qu'il représente figurent la danseuse Jeanne Louise Beaudon (1868/1943) dite Jane Avril ou encore Melinite, la clownesse Cha-U-Kao, la chanteuse Emma Laure Esther Guilbert (1865/1944) dite Yvette Guilbert et Louise Joséphine Weber (1866/1929), plus connue sous le nom de La Goulue, danseuse excentrique qui importe le cancan d'Angleterre en France.
Alcoolique pendant la plus grande partie de sa vie d’adulte, il mélange son absinthe quotidienne au cognac. En mars 1899, il est interné dans une maison de santé de Neuilly pour le sevrer de son alcoolisme et pallier les complications de sa syphilis, la paralysie générale. Au cours de ces deux mois entre la rive de la Seine et le Bois de Boulogne, il dessine et fait un célèbre tableau de son gardien. En mars 1901, un accident vasculaire cérébral le laisse paralysé des jambes et le condamne à la chaise roulante. En août, il est victime d'une attaque d'apoplexie qui le rend hémiplégique. Sa mère l'emmène au château de Malromé (Gironde), demeure familiale, où il meurt le 9 septembre 1901.
Jean François de Galaup comte de La Pérouse (1741/1788, portrait de gauche) officier de marine et explorateur français, né dans une famille noble originaire d'Albi.
Il s'engage dans la Marine royale au début de la Guerre de Sept Ans et connaît son baptême du feu pendant ce conflit en Amérique du Nord et aux Antilles, sous les ordres de Charles Henri Louis d'Arsac de Ternay dit le chevalier de Ternay (1723/1780), son mentor. Il est présent au Siège de Louisbourg en 1758 et à la Bataille des Cardinaux l'année suivante.
Blessé au cours de ce combat, il est fait prisonnier en Angleterre avant d'être échangé. À la signature de la Paix de Paris, il est affecté à différentes missions d'escortes, notamment à destination de l'Île-de-France où il passe cinq ans.
Rentré en France avant le début de la Guerre d'Indépendance des États-Unis, il est promu lieutenant de vaisseau et décoré de la croix de Saint-Louis. Lors de la reprise des hostilités, il participe aux combats contre les Britanniques aux Antilles. Il est à la prise de la Grenade et aux combats de Saint-Christophe et des Saintes, avant d'être chargé de conduire une expédition contre les établissements britanniques en baie d'Hudson, où il démontre sa valeur maritime et militaire en capturant deux forts britanniques.
Capitaine de Vaisseau à la fin de la guerre, il est choisi par Charles Eugène Gabriel de La Croix, marquis de Castries (1727/1801), ministre de la Marine et par le roi Louis XVI (1754/1793) pour diriger une expédition autour du monde visant à compléter les découvertes de James Cook (17298/1779) dans l'Océan Pacifique. Cette expédition maritime autour du monde, avec deux frégates La Boussole et L'Astrolabe, qui partent de Brest le 1er août 1785 sous son commandement, disparaîssent corps et biens à Vanikoro (îles Santa Cruz) trois ans après.
Le mystère de la disparition de La Pérouse n'est percé qu’en 1826 par Peter Dillon (1788/1847) et en 1828 par Jules Sébastien César Dumont d’Urville (1790/1842), qui retrouvent l’épave de L’Astrolabe. Enfin, Reece Discombe (1919/2007) identifie celle de La Boussole en 1964.
Georges Pompidou (1911/1974, portrait de gauche) est un haut fonctionnaire et homme d'État français.
Premier ministre d'avril 1962 à juillet 1968 et Président de la République de juin 1969 jusqu'à sa mort, il est Normalien et agrégé de lettres. Tout d’abord professeur avant d'entrer en politique en 1944.
Il fait toutes ses études à Albi et fait, tout au long de sa vie, de nombreuses visites au lycée de son enfance, le lycée Lapérouse.
Jean Joseph Moussaron (1877/1956, voir § Histoire) est un prélat catholique français.
Prêtre à Lectoure de 1904 à 1929 et aumônier diocésain de l'Action Catholique à partir de 1909, il est évêque auxiliaire d'Auch de 1929 à 1936, puis évêque de Cahors de 1936 à 1940, et enfin archevêque d'Albi de 1940 à sa mort.
En 2010, il est reconnu Juste parmi les Nations à titre posthume.
Henri de Paschal marquis de Rochegude (1741/1834, portrait de droite) né et mort à Albi, est un officier de marine, homme politique, romaniste, lexicographe et bibliophile occitan et français.
Officier de marine sous l'Ancien Régime, il participe à une mission en Inde en 1768 et 1769 et à la deuxième expédition aux îles Kerguelen en 1773 où il laisse un message de prise de possession de l'archipel au nom du roi de France. À partir de 1776, il est membre de l'Académie Royale de Marine. Il patrouille sur l'Océan Atlantique pendant la Guerre d'Indépendance des États-Unis, puis devenu lieutenant de vaisseau, il assure une mission de contrôle à Saint-Domingue de 1785 à 1787.
En 1789, il est élu représentant suppléant de la noblesse pour la sénéchaussée de Carcassonne. En 1792, il est élu député du département du Tarn à la Convention Nationale.
Passionné de littérature occitane, il est l'un des premiers spécialistes des troubadours et démontre la continuité entre la langue de ceux-ci et la langue occitane moderne.
Après la Révolution, il se retire à Albi dans l'Hôtel qui abrite ensuite la bibliothèque municipale.
À sa mort en 1834, il lègue son hôtel, son parc et sa bibliothèque à la ville qui en prend possession en 1885 ; le fonds Rochegude constitue la base du fonds ancien de la bibliothèque municipale d'Albi.
Henri Pistre (1900/1981, portrait de gauche) prêtre, passionné de rugby, joue en tant que 3ème ligne au S.C. Albi, il est surnommé le Pape du rugby.
Le curé de Mazamet le fait entrer au petit séminaire, puis au grand séminaire d'Albi. Très doué en athlétisme, il a une prédilection pour le sprint et le saut en hauteur. Mais le supérieur du grand séminaire impose le port de la soutane pour les activités sportives.
Après la Première Guerre Mondiale, il interrompt ses études pour effectuer son service militaire. Ses dispositions pour le sport le font remarquer d'un officier qui le dirige vers le Sporting Club albigeois. Il pratique l'athlétisme, mais aussi le rugby et découvre que le rugby s'accommode merveilleusement des textes des Saints Évangiles car, au cœur d'une mêlée, il vaut toujours mieux donner que recevoir.
1922, il termine son service militaire avec le grade de sergent-chef. Il arrête le sport de compétition pour retrouver sa place au grand séminaire d’Albi et reste un ardent supporter de l'équipe d'Irlande, emballé par le légendaire fighting spirit de ce peuple.
1923, il est ordonné prêtre, puis nommé vicaire à Cordes. Il affrète des cars pour conduire les jeunes aux matchs, il crée une troupe de théâtre, il s'occupe du patronage. Il devient dirigeant du Castres Olympique et en 1934, pour un court moment, entraîneur de l'équipe première.
1946, il est nommé curé de l'église Notre-Dame de Noailhac, entre Castres et Mazamet. Il accepte de bénir les mariages entre protestants et catholiques, et de baptiser les enfants qui en sont issus. Il monte une chorale et forme une équipe de rugby, qu'il entraîne lui-même.
1975, l'ORTF éclate en trois chaînes publiques. Sur Antenne 2, les commentaires des matchs du Tournoi des cinq nations sont assurés par le tandem Roger Couderc (1918/1984)/Pierre Albaladejo (1933/-). Le chef du service des sports de TF1, Georges de Caunes (1919/2004), décide alors de former un duo concurrent. Dès France-Galles le 18 janvier, il commente lui-même, avec à ses côtés l'abbé, son accent rocailleux et ses 74 ans.
Il meurt à Noailhac et repose au cimetière du village.
et bien d'autres (voir liste en cliquant sur l'oeil).
Faubourgs, quartiers, hameaux, lieux dits, écarts
Albi compte 12 quartiers.
- Au Nord : Le Breuil-Mazicou, La Madeleine et Cantepau,
- Au Sud : Rayssac-Veyrières-Ranteil et le Lude-Bellevue,
- Au centre : le Grand-Centre,
- A l'Ouest : les quartiers Ouest et Pointe de Marre,
- A l'Est : la Piscine et la Plaine du Gô, la Renaudié, la Viscose, Lapanouse-Saint-Martin, Jarlard-Le Peyroulié et le Marranel-Le Roc.
La Pointe de Marre forme une extension en queue de poêle.
Le hameau du Gô est mentionné dès le XIVème siècle. Il est en 1339 la propriété de l'évêque d'Albi, Peytavin de Montesquiou. Même si plusieurs tenanciers successifs, comme l'administrateur des Tailles de l'Albigeois, sont cités dans les archives, il est fait plusieurs fois mention des évêques d'Albi en tant que propriétaires, notamment Louis Ier d'Amboise, puis son neveu Louis II d'Amboise.
Mes ancêtres d'Albi
Voir § Les seigneurs et gens de la noblesse.
Carte de Cassini

Notes
(1) - Les Rutènes : peuple de la Gaule Celtique du Sud du Massif Central. Leur territoire s'étendait sensiblement sur les actuels départements du Tarn et de l'Aveyron, délimité par le plateau de l'Aubrac au Nord et les confins de la Montagne Noire au Sud. Les Rutènes ont donné leur nom à la ville de Rodez.
(2) - Le pastel des teinturiers est une espèce de plantes herbacées bisannuelles, de la famille des Brassicaceae, qui pousse à l'état sauvage en Europe du Sud-Est ainsi qu'en Asie Centrale et en Asie du Sud-Ouest. Utilisée comme plante médicinale et tinctoriale par les Grecs et les Romains de l'Antiquité, elle est largement cultivée au cours du Moyen Âge et de la Renaissance, en Europe, pour la production d'une teinture bleue, extraite des feuilles, avant d'être détrônée par l'indigotier, puis par les colorants de synthèse.
(3) - Centre de rassemblement des étrangers : Camp d'internement français, appellation générique qui désigne tout à la fois des centres de rétention administrative, des camps de réfugiés ou de prisonniers de guerre, créés en France pendant la période s'étalant de la Première Guerre Mondiale à la Guerre d'Algérie.
(4) - La Relève : dispositif mis en place en 1942 par le régime de Vichy pour répondre aux besoins de main-d'œuvre exigés par le gauleiter Fritz Sauckel au profit de l'Allemagne nazie, en échange de la libération de prisonniers de guerre français. C'est un échec aux yeux des Allemands, et lui succède le Service du travail obligatoire (STO), plus coercitif, en 1943.
(5) - Le terme "cathare", repris des écrits d'Augustin d'Hippone (354/430) dit Saint Augustin, par le moine Eckbert de Schönau (1120/1184) pour désigner les hérétiques, est popularisé en français par l'occitanisme des années 1960 au détriment des expressions hérésie albigeoise, albigéisme et albigeois, utilisées jusque-là. Dans le discours des autorités ecclésiales, ce vocable est utilisé de façon indistincte pour dénoncer des dissidences multiples et mouvantes.
Les pratiques cathares : Les cathares, se considérant comme les seuls vrais disciples des apôtres, adoptent le modèle de vie, les rites et les sacrements, des premières communautés chrétiennes. Ils s'appuient principalement sur les enseignements du Nouveau Testament, et leur unique prière est le Notre Père. Ils rejettent la guerre, l'Enfer, l'Incarnation et l'Ancien Testament (à l'exception des Livres des Prophètes). Ils considèrent que toutes les pratiques et sacrements instaurés par l'Église dès les premiers siècles n’ont aucune valeur : le sacrement du baptême ; le sacrement de l'Eucharistie ; le sacrement du mariage, ils se montrent moins rigoristes en ce qui concerne le péché de chair que les catholiques, ils ne font aucune différence entre le mariage légal et le concubinat, il n'est point sacramentel et ne doit reposer que sur l'amour, le consentement et la fidélité réciproque ; la médiation des saints et le culte des reliques.
L'idéal cathare est fondé sur une vie ascétique. Ils n'attachent pas d'importance aux églises bâties. Enfin, leur seul sacrement est le baptême par imposition des mains, nommé consolamentum. Toutefois, ce baptême ne peut être administré à un jeune enfant de moins de 13 ou 14 ans, car il est jugé inapte à discerner l'importance de cet acte.
(6) - Un anachorète est une personne qui s'est retirée de la société séculière pour des raisons religieuses, afin de mener une vie ascétique consacrée à la prière et à l'Eucharistie. L'anachorétisme s'est très largement répandu au cours du déclin de l'Empire romain et du haut Moyen Âge. Les anachorètes sont des ermites. À la différence des cénobites, lesquels sont aussi des ermites, qui vivent retirés du monde mais en groupe, les anachorètes vivent retirés du monde, mais seuls, individuellement.
Sources
Sites, blogs, livres et revues, journaux... : Wikipedia...
Date de dernière mise à jour : 06/12/2025