
Albi, centre urbain intermédiaire, se situe dans le Nord du département, sur le Tarn, non loin des vignobles de Gaillac, du plateau Cordais et de la forêt de la Grésigne, entre le bassin aquitain et le Massif central, sur la partie Est du Midi toulousain.
À l'Est d'Albi, les premiers plateaux de faible altitude forment les contreforts des Causses. Au Sud-Est, quelques moyennes montagnes, atteignant 1300 m d'altitude, forment une barrière : monts de Lacaune, mont du Sidobre et la montagne Noire. Au Nord, existe un plateau de basse altitude appelé le Ségala.
Albi est surnommée la ville rouge du fait des briques apparentes, de couleur ocre de son centre historique et de sa cathédrale fortifiée (la plus grande du Monde en briques : 25 millions de briques ont été nécessaire pour l’édifier). C’est aussi la plus grande cathédrale peinte d’Europe.
Albi est située à moins de 3h des Pyrénées et à moins de 2h de la mer Méditerranée.
Les villes les plus proches sont : Castres, Mazamet, Graulhet, Lavaur, Gaillac, Carmaux, Montauban, Rodez et Toulouse.
Les communes limitrophes sont : Cagnac-les-Mines, Cambon, Carlus, Castelnau-de-Lévis, Cunac, Florentin, Fréjairolles, Lescure-d'Albigeois, Marssac-sur-Tarn, Puygouzon, Rouffiac, Saint-Juéry, Saliès, Le Sequestre et Terssac.
La commune possède un patrimoine naturel remarquable, composé d'une zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique.
Héraldique
Les armes de la commune se blasonnent ainsi : De gueules au château crénelé de quatre pièces d'argent, maçonné de sable, ouvert du champ de deux portes coulissées d'argent, d'un léopard d'or, les pattes posées sur les quatre créneaux, le tout brochant sur une croix archiépiscopale d'or posée en pal, sénestrée en chef d'un soleil du même et adextrée d'une lune en décours d'argent.
Définition : le mur crénelé à deux portes symbolise la ville fortifiée ; le mur soutenant en son milieu la crosse épiscopale accostée de la lune décroissante et du soleil, tous deux, sont les éléments des armoiries des comtes de Toulouse, puis du Languedoc ; le léopard placé sur ce mur, est symbole de la force.
La devise de la ville : Stat baculus vigilatque leo turresque tuetur = La croix est levée, le lion veille et protège les tours.
Elle date de 1764. La croix fait allusion à la croix archiépiscopale des armes de la ville.
Toponymie
Civitas Albigensium en 406 (première mention) = la cité des Albigeois, dans la Notitia Galliarum (fin IVème/début Vème siècle).
Apud Albiginsem Galliarum urbem = à la ville albigeoise des Gaules, pour Grégoire de Tours (VIème siècle)
Les premières formes autonomes attestées du nom d'Albi semblent être Albio en 961, puis Albi vers 972.
Hydrographie
Le Tarn traverse la ville d'Albi en formant une grande boucle qui coupe la ville en deux. C'est le troisième plus important affluent de la Garonne après la Dordogne et le Lot.
Il traverse la ville aux pieds des remparts et continue sa course vers le Sud-Ouest pour se jeter dans la Garonne. La rivière, navigable entre Albi et la Garonne, permet d'assurer le commerce du vin de Gaillac, du chanvre, du pastel et du charbon de Carmaux grâce à des gabarres à fond plat.
De petits affluents et sous-affluent du Tarn : le ruisseau du Séoux, le ruisseau de Caussels et son affluent le ruisseau de Jauzou traversent la ville, ainsi que le ruisseau de Carrofoul, le ruisseau de Cunac, le ruisseau de la Mouline, le ruisseau Lavergne, le ruisseau Rieumas et divers autres petits cours d'eau.
Jumelages
Albi est jumelée à :
- Gérone en Catalogne (Espagne) en 1985,
- Palo Alto en Californie (Etats-Unis), ville souvent désignée comme étant le berceau de la Silicon Valley,
- Lijiang (Chine) en 2017, ville dont une partie est sur la liste du Patrimoine Mondial de l'UNESCO, l'intérêt de la ville chinoise pour ce jumelage est de pouvoir gérer son patrimoine.
La ville entretient aussi un accord de coopération décentralisée depuis 2004 avec Abomey (Bénin) dont le musée historique est inscrit au Patrimoine Mondial de l'UNESCO et qui est la capitale historique du royaume de Dahomey.
Histoire
Les premiers hommes s'installent sur les bords du Tarn attirés par l'eau et par l'abondance de galets. Ils laissent derrière eux de nombreuses pierres taillées comme des bifaces, des racloirs ou des choppers. Des objets en bronze puis en fer sont retrouvés dans les environs. Un atelier de fondeur est découvert près de l'oppidum naturel du Castelviel.
Durant la seconde moitié du IVème siècle avant J.-C., les Rutènes (1) créent un large domaine correspondant aux futurs diocèses d'Albi et de Rodez.
En 120 avant J.-C., la région est conquise par les Romains, mais la romanisation est faible et Albi conserve son caractère de petite cité gauloise. Le port devient un lieu d'échange et de transit de nombreuses marchandises et de voyageurs.
Saint Clair est le fondateur et premier évêque de l'église d'Albi.

En 418, les Wisigoths envahissent la région et en prennent le contrôle, puis les Francs s'en emparent en 507, elle est soumise temporairement à la tutelle du roi de Neustrie, mes ancêtres Chilpéric Ier (527/584, portrait de gauche) puis son fils, Clotaire II (584/629, portrait de droite).
En juillet 666, un grand incendie ravage la ville.
Durant le Moyen Âge, la ville est un oppidum ceint de murailles.
Au Xème siècle, le premier pont sur le Tarn est construit (actuel Pont-Vieux). Il permet le développement de la ville sur les deux rives du Tarn.
Aux XIIème et XIIIème siècles, Albi est un centre du mouvement religieux Cathare. L'hérésie progresse rapidement et les diverses missions et prédications des prêtres de l'Église catholique romaine n'empêchent pas son essor. Le catharisme est violemment réprimé lors de la Croisade contre les Albigeois (voir § suivant). Albi passe dans le camp catholique sans résistance sous l'impulsion de son évêque Guilhem V Pierre de Brens (+1230) dit Gulhem Peyre qui renforce notablement l'autonomie de la ville.
La construction du palais épiscopal fortifié de la Berbie et de l'imposante cathédrale Sainte-Cécile ancre la ville dans le giron de l'Église. Les évêques veulent marquer le pouvoir de l'Église. La ville est aussi un important centre culturel connu pour son scriptorium.
Au XIVème siècle, la structure de la ville se transforme de façon importante : Elle est divisée en six quartiers entourés de murailles. Le Pont-Vieux est fortifié du côté du faubourg et de la ville, avec un pont-levis à chaque extrémité. Il est surmonté de maisons avec en son centre une chapelle dédiée à la Vierge. La Plassa est le cœur de la cité située au pied de la cathédrale.
Dans les faubourgs, un grand nombre de moulins : une dizaine destinés aux céréales, des moulins à foulons, des moulins actionnant des forges et des moulins installés sur des barques par manque de place sur les rives. Ces derniers encombrent le lit de la rivière qui ne peut plus s'écouler. Le dépôt de sédiments modifie son cours naturel et conduit à sacrifier certains de ces moulins pour laisser les eaux s'écouler.
Le fort séisme catalan du 2 février 1428 est ressenti jusqu'à Albi.
L'époque de la Renaissance est marquée par la prospérité grâce à la culture du pastel (2), plante servant entre autres à faire un colorant bleu très recherché à l'époque.
La région est appelée pays de cocagne. De nombreux bourgeois deviennent rapidement riches et influents dans la vie de la ville.
C'est l'époque de la construction de nombreuses demeures et hôtels particuliers encore visibles de nos jours dans les rues d'Albi. L'architecture de cette période se caractérise par l'utilisation exclusive de la brique foraine (ou Toulousaine) pour les murs et de la pierre pour les encorbellements et les entourages de portes et fenêtres.
En 1474, Louis d'Amboise (1433/1503) est nommé évêque d'Albi. Il est auparavant ambassadeur de France à Rome puis conseiller du roi Louis XI (1423/1483, portrait de droite) et lieutenant général de la Province de Languedoc. Il est à l'origine de l'installation de Jean Neumeister (1481/1510), maître-imprimeur originaire de Mayence et collaborateur de Johannès Gutenberg (1400/1468). C'est l'un des premiers ateliers d'imprimeurs de France après celui de Paris et Lyon.
Au XVIème siècle, de nouveaux troubles apparaissent avec l'arrivée du calvinisme en France vers 1540. L'évêché d'Albi est considéré comme l'un des plus importants du royaume, à cause de ses revenus considérables.
Le 25 février 1560, Albi organise une grande procession expiatoire et la régente Catherine de Médicis (1519/1589, portrait de gauche) nomme au siège épiscopal son cousin Laurent Strozzi (1513/1571, portrait de droite) qui est chargé de défendre la ville contre les protestants. Le massacre de la Saint-Barthélemy (24 août 1572 à Paris) se répète à Albi le 5 octobre, et donne lieu à des règlements de compte. Albi adhère à la fronde politique de la Ligue.
Vers 1581, en plus des Guerres de Religion, la Peste fait des ravages.
En 1593, les États de la Ligue se tiennent en présence du duc Henri de Joyeuse (1563/1608, portrait de gauche). Le Palais de la Berbie devient une place forte armée jusqu'en 1598, date à laquelle la Ligue disparaît avec la nomination d'Henri IV roi de France (1553/1610).
Le XVIIème siècle est une période de déclin économique pour Albi et sa région. Le pastel est en perte de vitesse et la ville recherche de nouveaux débouchés économiques. La verrerie, la tannerie et le tissage sont des activités importantes mais la ville n'arrive pas à revenir au niveau de prospérité passée.
Vers 1760, les remparts, inutilisés depuis longtemps et dont l'entretien coûte cher, sont démolis.
Le contexte économique à la veille de la Révolution Française en 1789 est particulièrement difficile. Albi perd un temps son rôle moteur au profit de Castres devenu le chef-lieu du nouveau département du Tarn en 1790. Les républicains jugent Castres peu sûre et la fuient pour se réfugier à Albi. La ville devient chef-lieu en 1797.
Les biens du clergé sont vendus et le Couvent des Carmes devient l'actuel Palais de Justice et le Couvent des Cordeliers est transformé en prison. Le Palais de Berbie devient le siège de l'administration départementale jusqu'en 1823. En 1794, les archives du clergé sont brûlées sur la place du Vigan.
Au XVIIIe siècle, le marquis François Paul de Solages (+1741), seig
neur de Carmaux, tente l'une des premières extractions industrielles de charbon en France. Il obtient l'autorisation de construire une ligne de chemin de fer hippomobile jusqu'à Albi.
Le chemin de fer arrive à Albi en 1864. Un deuxième pont (actuel Pont-Neuf), est construit sur le Tarn, ainsi qu'un viaduc pour le train ouvert en octobre 1864.
La métallurgie s'implante au Saut du Tarn entraînant l'apparition de fonderies spécialisées, mais l'activité la plus connue est la verrerie ouvrière d'Albi, fondée en 1896 en coopérative ouvrière, autogérée grâce à l'aide d'une souscription nationale et de Jean Jaurès (1859/1914, portrait de droite), et à la suite de la grève de Carmaux de 1895.
La chapellerie est aussi une industrie importante d'Albi, la plaçant parmi les premières de France au XIXème siècle.
Pendant la Seconde Guerre Mondiale, le régime de Vichy créé un Centre de rassemblement des étrangers (3). En août 1942, des manifestations ont lieu contre la Relève (4). L'archevêque d’Albi, Jean Joseph Moussaron (1877/1956, portrait de gauche), proteste ouvertement dès 1942 contre les persécutions à l’encontre des Juifs. Il organise parallèlement l’accueil clandestin de réfugiés juifs dans certaines institutions catholiques de la région et nomme secrètement des aumôniers dans les maquis. Arrêté par la Gestapo en juin 1944 puis incarcéré à Toulouse, il est accueilli triomphalement par les Albigeois à sa libération.
Peu avant la Libération, une colonne allemande tente de passer le Tarn, en venant de la Madeleine. Des résistants locaux et étrangers (Polonais et Espagnols) livrent un combat acharné sur le Pont-Neuf avant de devoir décrocher. Un monument aux morts rappelle leur action.
En octobre 1945, à 2 kms de la ville sur la route de Saint-Juéry, est présent un camp de 1200 prisonniers russes.
En 1972, la construction de la rocade démarre, elle contourne l'Est de la ville par l'axe majeur menant à Toulouse au Sud et à Rodez au Nord. En 2007, les ponts de la rocade et les murs anti-bruit sont aménagés. Le Sud de la rocade, voie express Albi/Marssac, est aménagée pour rejoindre l'autoroute A68 vers Toulouse. En 2010, la section Albi/Marssac est inaugurée et les derniers tronçons sont ouverts en 2015.
En 2009, un centre commercial de 10 ha, les Portes d'Albi, au bord de la rocade, ouvre ses portes.
De 2011 à 2014, la construction d'un grand complexe composé de salles de spectacle et de nombreux cinémas, d'un parking souterrain et d'un restaurant panoramique sur le toit du théâtre a lieu sur l'ancienne place de l'Amitié entre les peuples. La place Lapérouse devient entièrement piétonne, agrémentée de fontaines conçues par des designers étrangers, ainsi que la rue des Cordeliers qui mène au parc Rochegude.
En 2025, une passerelle cyclable et piétonne est mise en place pour relier la rive droite du Tarn et le centre historique de la ville.
Les seigneurs et gens de la noblesse
Les comtes d'Albi (mes ancêtres)
Ermengaud d'Albi (812/868) est cité en 864, il est comte d'Albi et de Rouergue.
Sa fille Garsende d'Albi, héritière d'Albi, épouse en 861 le comte Eudes de Toulouse (840/918) et fait passer le comté d'Albi aux comtes de Toulouse. En 918, il abandonne le gouvernement de ses différents comtés à ses deux fils : Raimond II de Toulouse (862/924) conserve les comtés d'Albi et de Toulouse, tandis qu'Ermengaud de Rouergue (870/935) obtient les comtés de Rouergue et de Quercy.
Les comtes de Toulouse confient la vicomté à un de leurs fidèles, Aton II, tout en conservant le titre de comte d'Albi.
Les vicomtes d'Albi
En 942 : Aton II d'Albi (910/958), fils d'Aton Ier d'Albi (900/942), vicaire d'Alzonne, époux de Diafronisse d'Ambialet.
En 972 : Siguin d'Albi (+972), fils des précédents.
En 972 : Bernard Aton II d'Albi (930/990), vicomte d'Albi et de Nîmes, frère du précédent, époux de Gaucienne de Nimes, héritière du comté de Nimes, père d'Aton III d'Albi, qui suit, et de Frothaire, évêque d'Albi en 972 et de Nîmes de 987 à 1016.
En 990 : Aton III d'Albi (955/1032), fils du précédent, époux de Gerberge et père de Bernard Aton III d'Albi, qui suit, et de Frothaire II, évêque de Nîmes de 1027 à 1077.
En 1032 : Bernard Aton III d'Albi (1010/1060), fils du précédent, époux en 1032 de Rangarde de la Marche, comtesse de Carcassonne, père de Raimond Bernard d'Albi, qui prend le surnom de Trencavel. Ce surnom, qui sert à désigner cette lignée seigneuriale, est repris par ses descendants et devient le nom de sa Famille.
En 1060 : Raimond Bernard Trencavel (1036/1080), fils du précédent, époux en 1062 d'Ermengarde de Carcassonne, comtesse de Carcassonne, de Béziers et d'Agde.
En 1099 : Bernard Aton IV Trencavel (1066/1129), fils du précédent, époux en 1083 de Cécile de Provence (1070/1150). Il récupère la cité de Carcassonne en 1082 après une lutte contre les autres prétendants. En 1101, il part en Terre sainte. A sa mort en 1129, ses trois fils se partagent ses vicomtés.
En 1129 : Roger Ier Trencavel (1090/1150), fils du précédent, époux de Bernarde de Comminges, sans descendance.
En 1150 : Raimond Ier Trencavel (1098/1167), frère du précédent, époux d'Adélaïde de Béziers, il est assassiné à Béziers.
Ma branche de Trencavel se poursuit ensuite avec Béatrix de Trencavel (1154/1199), fille du précédent, qui épouse en 1172 à Albi, Raimond de Toulouse-Bruniquel (1156/1222). Son frère (qui suit) prend le titre de vicomte d'Albi.
En 1167 : Roger II Trencavel (1155/1194), fils du précédent, époux d'Adélaïde de Toulouse (1158/1200).
En 1194 : Raimond Roger Trencavel (1185/1210), fils du précédent, époux en 1203 d'Agnès de Montpellier. Il perd son fief en 1209 lors de la Croisade des Albigeois qui pénètre dans ses vicomtés, vaincu, ses vicomtés sont attribués à un des croisés, mon autre ancêtre, Simon de Montfort.
En 1209 : Simon de Montfort (1175/1218), seigneur de Montfort, époux en 1190 d'Alix de Montmorency.
En 1218 : Amaury de Montfort (1192/1241), comte de Montfort, fils du précédent, époux de Béatrix de Viennois (1205/1248).
En 1224, il cède ses vicomtés au roi Louis VIII de France dit Le Lion (1187/1226, portrait de droite) qui les rattache au domaine royal en 1226.
Chronique Communale
La Croisade contre les albigeois 1209-1229
Cette croisade est proclamée par l'Église catholique contre l'hérésie, principalement le catharisme (5). Les textes de l'époque parlent d'hérésie albigeoise sans que cette région soit plus cathare que ses voisines.
Dès 1119, Gui de Bourgogne, pape Calixte II (1060/1124) dénonce cette hérésie. Pour contenir l'expansion de l'hérésie cathare, Guillaume II (+1054), évêque d'Albi, convoque un concile en mai 1165 à Lombers, ville importante de l'Albigeois, (environ 2 000 habitants). Ce concile des archevêques, évêques et abbés du Midi (Narbonne, Nîmes, Toulouse, Agde, Castres, Gaillac…) rend l'arrêt suivant : Moi, Gaucellin (Gaucelin de Raymond de Montpeyroux +1187), évêque de Lodève, par ordre de
l'évêque d'Alby et de ses assesseurs, je juge que ces prétendus bons hommes sont hérétiques, et je condamne la secte d'Olivier (évêque cathare) et de ses compagnons, qui est celle des hérétiques de Lombers, quelque part qu'ils soient, selon l'autorité des Écritures.
En 1177, le comte Raymond V de Toulouse (1134/1194, buste de gauche) demande l'aide de l'Abbaye de Cîteaux pour combattre l'hérésie qui ne cesse de gagner du terrain. Une expédition conduite par le comte et l'abbé Henri Settimo de Marsiac (1136/1189) assiège Lavaur, connue comme étant le centre de l'hérésie. la ville se rend, deux dignitaires cathares sont capturés et abjurent leur foi.
Raymond VI de Toulouse (1156/1222) succède à son père mais l'hérésie est tellement bien implantée qu'il ne peut rien faire sans susciter des révoltes de ses comtés, de plus une partie de la classe dirigeante est convertie au catharisme. Lotario dei Conti di Segni, pape Innocent III (116/1216, portrait de droite) délègue le prètre Pierre de Castelnau (1170/1208) auprès de la noblesse et du haut-clergé languedociens pour les inciter à prendre des mesures contre les cathares, mais
sans succès : Raymond VI n'agit pas. Il est excommunié début janvier 1208 et, quelques jours après, le 14 janvier, Pierre de Castelnau est assassiné.
Raymond VI de Toulouse fait amende honorable et se croise, tandis que Raimond Roger Trencavel (1185/1210) se prépare à se défendre contre la croisade. Une fois Béziers et Carcassonne prises et Trencavel emprisonné, les croisés désignent l'un des leurs en 1209, mon ancêtre Simon de Montfort (1175/1218, portrait de droite), pour poursuivre la lutte. Cette croisade évolue rapidement en guerre de conquête, d'abord pour le compte de Montfort lui-même, puis après sa mort et l'échec de son fils mon ancêtre Amaury de Montfort (1192/1241), au bénéfice de la couronne. La lutte contre le catharisme continue, d'abord sous la direction des évêques locaux, puis sous celle de l'Inquisition à partir de 1233.
Les vicomtés de Carcassonne, d'Albi et de Béziers sont annexées au domaine royal en 1226 ; le comté de Toulouse passe en 1249 à Alphonse de Poitiers (1220/1271), frère du roi Louis IX dit Saint Louis (1214/1270) et est annexé en 1271.
Le Languedoc, qui se trouve au début du XIIIème siècle dans la sphère d'influence de la couronne d'Aragon est entièrement passé à la fin du siècle sous celle du roi de France. Le catharisme est éradiqué en Languedoc, et quelques cathares seulement peuvent se réfugier en Lombardie.
Evolution de la population

Patrimoine
L'Hôtel de Ville
Le bâtiment est construit au XVIIème siècle et est inscrit au titre des Monuments Historiques en 1971.
La Cité épiscopale
Située sur la rive gauche du Tarn, elle correspond au centre historique ancien d'Albi. Art roman et art gothique se mêlent dans un festival de tons rose-ocre-rouge de la brique foraine et de la tuile romane, tandis que dans les quartiers médiévaux, les influences de l'époque cathare du XIIIème siècle sont encore présentes.
Elle est dominée par la cathédrale Sainte-Cécile, centre de la zone et comprend le palais de la Berbie, la collégiale Saint-Salvi et son cloître adjacent, le pont vieux du XIIème siècle, et les jardins en terrasses de la berge Nord du Tarn. Les maisons de la zone classée comprennent de nombreux exemples de construction à colombage.
Le Palais de la Berbie
Il forme avec ses jardins et la cathédrale l'ensemble de la cité épiscopale édifiée après la Croisade contre les Albigeois. Son édification permet de protéger les évêques d'Albi, devenus les maîtres de la ville, des hostilités des cathares et des bourgeois d'Albi. Elle permet aussi de se protéger d'éventuelles attaques extérieures et de renforcer la présence de l'inquisition.
Cet ancien château urbain des évêques d'Albi, est construit entre 1228 et 1308, sous l'épiscopat de trois évêques successifs. Voulu comme résidence de prestige par l'évèque Durand de Beaucaire, il devient forteresse sous Bernard II de Combret, qui fait clore le palais épiscopal de remparts pour se mettre à l'abri face à l'hostilité de la population albigeoise et prévoir de la place pour le Tribunal de l'Inquisition, et Bernard III de Castanet (1240/1317).
Par la suite, le palais est plusieurs fois remanié par les évêques entre les XVIème et XVIIIème siècles, gagnant en confort sans perdre tout à fait l'aspect d'austère forteresse.
Il est classé aux Monuments Historiques en 1862 pour la construction et en 1965 pour des éléments intérieurs isolés : plafonds, cheminée, boiseries... Depuis 2010, il est classé au patrimoine mondial de l'UNESCO par son appartenance à l'ensemble architectural médiéval de la cité épiscopale d'Albi.
En 1905, la loi de séparation des Églises et de l'État dépossède l'archevêché d'Albi de la résidence épiscopale et permet l'ouverture d'un musée. En 1922, les parents du peintre Henri de Toulouse-Lautrec (voir § Personnages) donnent leur collection pour étoffer le musée qui prend son nom.
Le château se présente comme une forteresse de briques foraines. Les murailles sont renforcées par des contreforts hémicylindriques supportant en hauteur des arcs masquant les mâchicoulis. La construction sert de modèle à celle de la cathédrale Sainte-Cécile.
Chaque évêque imprime son style, correspondant aux besoins de son époque et aux modes de l'architecture :
- Durand de Beaucaire fait construire une grosse maison et une tour à but utilitaire. L'austérité rappelle le gothique méridional en vogue et s'oppose à l'opulence du gothique du Nord du pays.
- Bernard II de Combret fait réaliser des fortifications rendues nécessaires par l'opposition entre l'évêque et sa ville. Il adopte les contreforts semi-cylindriques et les mâchicoulis en arc surbaissés. Les voûtes sont en arc presque plat, proche du plein cintre.
- Bernard III de Castanet, fait réaliser des murs talutés, renforçant l'épaisseur des murs à la base et permettant de renvoyer vers les assaillants les projectiles lancés depuis le haut des remparts. Les voûtes adoptent un arc brisé aigu et des arcs formerets, absents auparavant.
La cathédrale Sainte-Cécile
Le premier édifice du IVème siècle est détruit en 666 ou 667 par un incendie. Un second apparaît dans les textes en 920 sous le nom de Sainte-Cécile, patronne des musiciens. L'ensemble épiscopal regroupe la cathédrale, un baptistère et une chapelle dédiée à saint Pierre. De cette époque subsistent quelques arches de l'ancien cloître.
Entre 1245 et 1260, la cathédrale est profondément modifiée par des travaux de grande ampleur. Une ouverture permet la communication entre la cathédrale et le Palais de la Berbie tout proche en construction. Cette église perdure à côté de la nouvelle cathédrale pendant environ deux siècles sous le nom d'église vieille. Elle est finalement ruinée par le conflit entre deux évêques concurrents, Bernard V de Cazilhac (+1462), élu par le chapitre de chanoines, et Robert d'Auvergne dit Robert Dauphin (+1462), nommé par Gabriele Condulmer, le pape Eugène IV (1383/1447, portrait de gauche). Leur querelle dure de 1435 à 1462 et l'église disparaît des textes après 1437. Au siècle suivant, les ruines sont aplanies pour aménager une esplanade destinée à recevoir de l'artillerie durant les Guerres de Religion.
Sicard Alaman (1210/1275), gestionnaire des comtes de Toulouse, lègue une forte somme en 1275 pour la reconstruction de l'église. Bernard de Castanet (1240/1317, portrait de gauche), nommé évêque en 1276, assure le projet par la mise à disposition du vingtième des revenus de l'évêché durant 20 ans et par la rentrée de la dîme. La décision de bâtir en brique rompt avec l'ancienne cathédrale de pierre mais le chantier de la collégiale Saint-Salvi a déjà amorcé le changement. Il est probable que l'architecte de Sainte-Cécile est Pons Descoyl.
Le style gothique méridional, est le mieux adapté à la pauvreté prônée par les Cathares. L'architecture s'inspire des dernières constructions du Midi indépendant, comme le couvent des Jacobins de Toulouse.
Commencée par la façade orientale, la construction débute par la pose de la première brique le 15 août 1282 par Bernard de Castanet. Entre 1282 et 1303, les murs goutterots de l'abside et des quatre premières travées droites sont érigés. Entre 1301 et 1308, des différends apparaissent entre le roi de France Philippe IV dit Le Bel (1268/1314, portrait de gauche) et Bernard de Castanet car les officiers royaux perçoivent les revenus du diocèse à la place de l'évêque. En 1310, le chantier reprend par l'établissement de voûtes sur la partie construite précédemment et la construction des murs de trois nouvelles travées jusqu'en 1340. Entre 1340 et 1370, les murs sont achevés et la base du clocher s'amorce. Entre 1370 et 1390, les voûtes sont terminées.
L'évèque, Dominique de Flourence (+1422) fait construire l'escalier d'accès à l'édifice côté Sud pour les fidèles. Le bas est doté d'une porte fortifiée qui porte son nom, plus décorative que réellement défensive, elle s'appuie sur le mur de la cathédrale et sur une tour ronde en brique. Cette dernière abrite le trésor des chanoines au XVIIIème siècle. Un dessin de 1833 montre que cette porte s'ouvre dans un couloir sombre entre la cathédrale et la ville qui arrive au pied de l'édifice.
Après 1400, une période sombre de 70 ans voit le chantier stagner : les épidémies de Peste et la Guerre de Cent Ans affaiblissent l'économie locale et le conflit entre les évêques concurrents détourne les maigres subsides au profit de la rétribution des combattants.
La reprise du chantier se produit sous la responsabilité de l'évèque Louis Ier d'Amboise (1433/1503) qui consacre la nouvelle cathédrale le 23 avril 1480.
Le massif clocher carré gagne deux étages octogonaux à baies closes de volets qui masquent les cloches. Une galerie intérieure, assise sur des voûtes s'appuyant sur les contreforts, est ajoutée pour ceinturer la cathédrale au niveau du bas des baies. Des ouvertures sont percées. Des baies sont ouvertes dans les absides, au marteau dans la brique.
Un jubé de pierre est ajouté à l'intérieur du chœur de la cathédrale. Cette construction de pierre constitue presque une église dans l'autre. Les éléments sont totalement séparés du reste de l'édifice en brique. La dentelle de pierre constitue une séparation entre les fidèles et le chapître de chanoines. La présence, en plusieurs endroits, de blasons de la Famille d'Amboise, situe l'érection de cet ensemble entre 1474 et 1517.

La vaste surface du mur occidental aveugle est utilisée pour représenter un Jugement dernier de 270 m2, la plus grande fresque médiévale de la France méridionale.
Louis II d'Amboise (1477/1511), neveu du précédent, nommé évèque en 1503, fait venir des artistes peintres d'Italie. Plusieurs d'entre eux installent leurs ateliers à Albi.
Le début des décorations se situe autour de l'année 1509 et l'achèvement des voûtes date de 1512. Le haut de chaque mur latéral est orné des armes de France ou de Bretagne, en hommage à Louis XII (1462/1515, portrait de droite) et son épouse Anne de Bretagne (1477/1514, portrait de gauche), monarques de l’époque. Le haut des murs du chœur Est est ornés des armes de mariage de France et de Bretagne.
Un baldaquin de pierre, au-dessus de l'entrée, tranche sur la brique omniprésente. À l'origine, il est prolongé vers l'Ouest par une chapelle de même architecture destinée à recueillir les sépultures des chanoines. Elle comporte une nef de trois travées et une abside à cinq pans. Elle
disparait au début du XIXème siècle. Sur les piliers du baldaquin figurent deux cadrans solaires datant du XVIIème siècle, ils sont restaurés en 2008.
Le clocher est rehaussé à la fin du XVème siècle. Il abrite 5 cloches : Notre-Dame-du-Mont-Carmel pour la plus ancienne fondue en 1773, Tiburce qui date du XIXème siècle, Émilie-Carissime fondue grâce à une souscription dans les années 2010, Cécile fondue en 1929, et le bourdon Valérien qui date du XIXème siècle.
Charles Le Goux de La Berchère (1467/1719, portrait de droite), archevèque d'Albi, décide d'adapter sa cathédrale au mouvement général consistant à replacer les fidèles au cœur de la messe en supprimant la séparation entre les religieux et les laïcs. Il conserve le jubé mais sacrifie la partie centrale du jugement dernier en faisant ouvrir une porte pour aménager une chapelle, sous le clocher derrière l'autel installé dans la partie occidentale.
l’archevêque d’Albi, Armand Pierre de La Croix de Castries (1569/1747) fait construire le grand orgue entre 1734 et 1736 par le grand facteur d'orgue, Christophe Moucherel.
La Révolution Française est fatale aux statues du portail du jubé. En 1792, l'évêque constitutionnel Jean Joachim de Gausserand demande la démolition de la clôture du chœur et du jubé de la cathédrale. Le ministre intervient pour faire arrêter les projets de destruction.
En 1830, la toiture fuit, l'eau de pluie traverse la voûte et des traces apparaissent au niveau des fresques. Des travaux de restauration sont décidés : étanchéité des voûtes, surélévation du toit pour créer un vide sanitaire, rehaussement des murs pour masquer la modification de toiture. Les murs sont munis d'arcatures supportant une balustrade de pierre, renforçant l'aspect défensif de l'ouvrage. Il décide également de doter les contreforts avec des tourelles à clocheton.
Ces travaux choquent les habitants d'Albi et le chantier est interrompu en 1866. Ils reprennent après la mort de l'architecte en 1896 : les clochetons sont démontés sauf un sur la façade orientale et la balustrade remplacée par un mur de brique. Les abords de la cathédrale sont dégagés.
L'ancienne place de la Pile, cœur économique de la ville, devenue trop petite pour la ville, est démolie pour créer un grand parvis devant la cathédrale et ménager des accès vers l'Est, axe de développement de la ville depuis que la route royale Toulouse/Lyon remplace les remparts.
La cathédrale fait l’objet d’un classement au titre des Monuments Historiques en 1862.
En 1929, les ouvertures de l'abside sont reprises. Les autres restaurations du XXème siècle sont menées dans un esprit de préservation et d'entretien.
En 1988, un couple de faucons pèlerins y élit domicile. Dès 1989, il bénéficie d'un nid ajouté à son usage. Depuis 2001, chaque année voit s'envoler de nouveaux jeunes.
En 2012, un programme de rénovation du chœur de Sainte-Cécile est lancé et s'étend jusqu'à fin 2013.
La collégiale Saint-Salvi
Le monastère dirigé par Salvius d'Albi est une communauté d'anachorètes (6) soumis à l'obéissance à leur abbé.
Au VIIème siècle, l'Albigeois appartient à la riche Famille Desiderii-Salvii. Un de ses membres laisse son nom, saint Salvi (+584) à la collégiale où il est inhumé. La légende lui attribue le titre de premier évêque de la ville, entre 574 et 584. La collégiale a un temps, conservé ses reliques.
La collégiale n'est pas le siège d'une paroisse qui est assurée par l'église Sainte-Martiane toute proche, démolie à la Révolution Française pour cause de vétusté.
Le site du premier monastère, où Salvi est moine et est enterré, est inconnu.