
Petite commune rurale à habitat dispersé des Monts de Lacaune, au cœur du Parc Naturel Régional du Haut-Languedoc, situé à la pointe Est du département et limitrophe du département de l'Aveyron.
Deux collines y sont jumelles : le mont Barre (1062m) et le mont Gos (1065m). Dans les années 1960, un archéologue local recueille au sommet du mont Gos, les témoignages d’une fréquentation gallo-romaine (clous, monnaies, poteries...) ainsi que les restes d’un sanctuaire dédié à une divinité romaine. La voie romaine qui va de Béziers à Cahors passe par Barre. Les différents paysages situés au pied des monts font partis du socle Hyrcinien (gigantesque chaîne composée de couches de sédiments). Leurs sols sont composés, pour l'essentiel, de schistes, grés et calcaire et ont été façonnés tout au long des siècles.
Les communes limitrophes sont : Moulin-Mage, Murasson, Murat-sur-Vèbre et Peux-et-Couffouleux.
Hydrographie
La commune est drainée par le Viau, qui prend sa source dans la commune et s'écoule vers le Sud pour se jeter dans la Vèbre à Nages après avoir traversé 4 communes, le ruisseau de Grelle, le ruisseau de Crouzet et par divers petits cours d'eau.
Toponymie
Barre : Bar en 972, du roman barra = barrière de péage, clôture, du Gaulois, bar = barrière, obstacle, escarpement rocheux, à-pic, falaise ; de l'Occitan alpin , baro ou bàrro = bande de terrain de forme allongée ; où de l'ancien Occitan, barra = droit de circulation, emplacement où se trouve l'habitation du fermier levant le Droit de Barre.
Gos : Gorz vers 972, du roman Gortiis, locatif pluriel de gortia = haie, issu du gaulois. Gaus sur la carte de Cassini de 1777.
Héraldique
Les armes de la commune se blasonnent ainsi : nc
La devise est : Sang de Barre mentis pas (Bon sang ne ment jamais).
Histoire
En 1789, la communauté de Cabannes-et-Barre, sénéchaussée de Castres, diocèse de Castres, comprend deux municipalités distinctes, Barre et Cabannes, canton de Murat, district de Lacaune et deux paroisses, Notre-Dame de Barre et Saint-Hilaire de Cabannes.
En 1791, les communes de Barre et de Cabannes sont réunies par arrêté du Directoire.
En l'an X de la République Française, on trouve dans les écrits, la commune de Cabannes-et-Barre, canton de Murat, arrondissement de Castres.
En 1843, la paroisse Notre-Dame de Moulin-Mage est créée.
En 1855, la paroisse Saint-Joseph de Gos est créée.
En 1900, la commune de Cabannes-et-Barre est scindée en deux communes distinctes, Barre et Moulin-Mage.
Les Seigneurs et gens de la noblesse
La Famille de Beyne
De fort ancienne noblesse, cette Famille est originaire du diocèse de Castres, où elle a dès le XVlème siècle formé trois branches : les Beyne de Rayssac ; les Beyne d'Escroux; les Beyne de Barre.
Tour à tour protestants et catholiques, suivant les circonstances et les événements, les Beyne de Barre finissent par s'attacher à la religion du roi et l'un des membres de cette Famille, Michel de Beyne, s'établit à Saint-Pons-de-Thomières (Hérault) à la fin du XVIIème siècle. Ses descendants y demeurent dans la Gache del Mercat, jusqu'en 1789, tout en conservant les seigneuries de Gos, Barre et Cantoul.
Pendant près de quatre siècles, la Famille est propriétaire du château de Gos.
Etienne de Beyne, sieur de Gos, prend part à l'Assemblée que les religionnaires albigeois tiennent à Peyresegade, le 1er Novembre 1572. En 1573, il est un de ceux qui, pénétrant par un égoût dans la ville de Lodève, ouvrent aux protestants les portes de la ville. Les catholiques s'étant réfugiés dans la cathédrale Saint-Fulcran, les huguenots en font le siège et le sieur de Gos reçoit au bras droit une arquebusade qui l'estropie pour la vie.
A partir du XVIIème siècle, les Beyne de Barre résident également à Saint-Pons-de-Thomières, où ils contractent des alliances avec des Familles de la petite noblesse locale.
Michel de Beyne de Barre (1660/1730) Il est l’époux en 1685 de Claude de Bonnafous (1650/1687) dont il a 2 enfants : Marguerite et Paul ; puis il épouse en 1693, Rose des Pins qui lui donne 3 enfants : Marie, Gabrielle et Marguerite ; et enfin en 1696, Antoinette de Viguier (+1730) qui lui donne : Etienne, Jeanne, Jean Louis, Marie, Louis Joseph et Pierre.
- Pierre de Beyne (1711/1789), époux de Marie Anne de Saint-Haleux de Verdale, passe à son château de Gos les mauvais jours de la Révolution Française et n'y est pas inquiété. il meurt à Saint-Pons laissant un seul enfant : Laurent Joachim Honoré de Beyne (1767/1850) et inhumé dans l'église paroissiale de Saint-Pons-de-Thomières.
- Etienne de Beyne (1678/1738), seigneur de Barre, Gos et Cantoul, chevalier de l'Ordre militaire de Saint-Louis, lieutenant-colonel, époux en 1733 de Renée Gabrielle de Gléon de Durban (+1789), dont il a plusieurs enfants : Jean Louis, Marie Rose, Marguerite Elisabeth, Etienne qui est chanoine du chapitre de la cathédrale, Marie Anne Louise Toinette et François Pierre René de Beyne (°1738) qui épouse en 1771, Marguerite Belot de la Salvetat. Il est le dernier gouverneur de Saint-Pons-de-Thomières.
Patrimoine
L'église Notre-Dame de l'Assomption de Barre
L'édifice primitif date de 974, des motifs sculptés sur les clés de voute renseignent sur ses bâtisseurs, l’Ordre des Chevaliers de Malte. Dans le sous-sol, il existe une crypte où reposent des cercueils, près de l’ancien cimetière.
L’église actuelle en grès rouge, avec un clocher à trois étages, est érigée autour de 1500.
Les cloches, hormis celle de l’horloge datant de 1692, sont enlevées à la Révolution, en 1834, deux nouvelles sont installées. L'électricité arrivant au village en 1932, a ignoré le clocher, mais le carillonneur n’est jamais en panne, il sonne l'angelus ponctuellement et s’adapte aux saisons le soir. Les huit jours précédents le 25 décembre, après l’Angélus du soir, il sonne Nadalet, un tintement joyeux qui annonce Noël.
L’église Saint-Joseph de Gos
Autrefois, la commune de Barre n’a qu’une église, au XIXème siècle, une nouvelle est érigée à Gos.
Le dernier seigneur de Barre, François Pierre René de Beyne, revient à Gos en 1814, accompagné de l’abbé de Pins du diocèse de Lyon à qui il donne son château en 1834 pour y établir l’Ordre des Sœurs de Saint-Joseph d'Oulias. Les sœurs convertissent en chapelle le salon seigneurial et la messe est dite en ce lieu pour les religieuses, les personnes résidant dans le couvent ainsi que pour les habitants du village de Gos. La cloche baptisée sous le vocable de sainte Thérèse est placée sur l’une des tours du château.
Une jalousie nait entre les gens de Gos et les gens de Barre. Pour éviter que cette division soit préjudiciable aux religieuses, les habitants de Gos trouvent et achètent un local pour l’aménager en chapelle. L’église de Gos est ouverte en 1847 par ordonnance royale.