Senuc
Cette commune rurale à habitat dispersé se situe à la limite de la forêt d’Argonne. La grande ville la plus proche est Charleville-Mézières à 51Kms à vol d'oiseau.
Les villes voisines sont : Termes, Mouron, Vaux-lès-Mouron, Lançon, Marcq, Chevières, Grandham, Montcheutin, Grandpré.
Les armes de la commune se blasonnent ainsi : D'or au chevron d'azur accompagné en chef de deux roses de gueules et en pointe d'une grappe de raisin de pourpre tigée et feuillée de sinople.
Hydrographie
L'Aisne, cours d'eau naturel navigable de 256 kms de long, traverse 5 départements : le Meuse, la Marne, les Ardennes, l'Aisne et l'Oise.
Elle est un affluent de rive gauche de l'Oise, donc un sous-affluent de la Seine. Elle longe la commune dans sa partie Sud puis la traverse d'Est en Ouest.
L'Aire, d'une longueur de 125 kms, prend sa source dans la commune de Saint-Aubin-sur-Aire, à 324m d'altitude, et se jette dans l'Aisne, en rive droite sur la commune après avoir traversé 36 communes. Elle traverse la commune dans sa partie Ouest.
et le ruisseau de la Noue le Coq.
Toponymie
Senuc correspond à un nom Gaulois.
Le Dormois, ancien comté carolingien entre 800 et 1020, comprend notamment Senuc, Saint-Julien, Chevières, Grandpré, Marcq, Buzancy, Cernay-en-Dormois, Autry, Malmy et Montfaucon, délimité à l'Est par la Meuse.
L'histoire de cette terre au haut moyen-âge est peu connue. Il est probable que la vallée de l'Aire et les territoires autour ne commencent à être réellement défrichés et exploités qu’après le développement du prieuré fondé au Xème siècle et réunie en 1066 à l’abbaye Saint-Rémi de Reims qui y envoie des religieux.
Au Vème siècle, on y honore saint Oricle, disciple de saint Nicaise, décapité par les Huns avec ses sœurs Oricula et Basilica, qui vit dans une église qu’il a construite à Senuc. Sa tête entre les mains il l’aurait lavé au lavoir du village avant de gagner le tombeau qu’il s’est préparé à l’avance*. Le lavoir devient lieu de pèlerinage. Ses reliques sont relevées par l'archevêque Seulfus de Reims entre 922 et 925.
Durant la Guerre de Cent Ans (de 1337 à 1453), la contrée est plusieurs fois pillée et rançonnée par les Anglais, puis par les bandes armées de mercenaires.
De 1419 à 1439, Bourguignons et Dauphinois se font la guerre sur les terres du comté.
Lors de la Première Guerre Mondiale de violents combats secouent la région et disloquent totalement la forêt d'Argonne. A cette époque, la Gestapo installe un commandement dans le château du village.
A l’aube de la Libération, 5 hommes sont capturés par les Allemands. Ils sont torturés durant une semaine avant que leur exécution soit ordonnée. Trois sont abattus dans le bois de la Forge où ils sont conduits, deux d'entre eux, âgés d'une vingtaine d'années, réussissent à s'enfuir. Un mémorial, situé au lieu-dit la Forge, commémore leur martyre.
Chronique régionale
La forêt d'Argonne
L'Argonne est une région naturelle de forêts et d'étangs qui chevauche les departements de la Marne, des Ardennes et de la Meuse, à l'Est du Bassin Parisien. La forêt s'étend sur une centaine de kilomètres, implantée sur un sol produit à partir d'une roche particulière, la gaize, sorte de grès presque unique en France.
Les essances dominantes sont : le chène rouvre, le chène pédonculé et le hêtre.
Dans sa partie ardennaise, la forêt représente la moitié de la surface, 40% sont des forêts publiques (domaniales et communales) et 60% sont des forêts privées.
Depuis 80 ans environ, des plantations de résineux principalement des Epicéas et des Pins de Douglas sont faites.
L'essentiel du bois exploité en forêt d'Argonne est exporté vers des marchés extérieurs.
Patrimoine
L’église Saint-Oricle de style ogival du XIVème siècle, se compose d'une nef principale à trois travées, et de deux bas-côtés, plafonné en bois. Le chœur et les transepts sont à voûte ogivale avec nervures cylindriques, les piliers cylindriques sont sans chapiteaux et le chœur est percé au fond, d'une belle fenêtre ogivale.
Les trois lavoirs du village.
La briqueterie est encore en activité au début du XXème siècle, aujourd’hui il reste des vestiges de fours à voûtes en anse-de-panier et d’un front d’extraction. Sa haute cheminée est restée intacte.
Personnage lié à la commune
Robert le Moine (1055/1122) chroniqueur de la Première Croisade bien qu'il n'y participe pas, mais il réécrit la Gesta Francorum(1) à la demande de son abbé, choqué par le style rustique des Gesta.
Sa chronique contient un compte-rendu important du discours d'Eudes de Lagery, pape Urbain II (1035/1099) au Concile de Clermont en 1095 déclencheur de la Première Croisade. Le récit de Robert le Moine est rédigé en 1120, soit 25 ans après le concile.
Il serait mort au prieuré de Saint-Oricle en 1122.

Arthur Henriet (1866/1954, portrait de droite) anarchiste puis député communiste, est né à Senuc. Il fonde en 1893 le groupe anarchiste Les Libertaires Ardennais.
Evolution de la population
Quartiers, faubourgs, hameaux, lieux dits et écarts
Avrogne, La Briqueterie, La Maison-Ricard, Le Moulin Malassise, La Forge.
Mes ancêtres ayant vécus à Senuc ...
Carte de Cassini
Notes
(1) La Gesta Francorum : La geste des Francs et des autres peuples lors du pélerinage à Jérusalem ou histoire anonyme de la Première Croisade (1096-1099). C'est un récit anonyme écrit en 1099 et 1101 par un chevalier ayant pris part à la croisade
Ce document constitue l'une des rares sources originales narrant l'événement. Il est publié dans le Recueil des historiens des croisades.
Sources
Sites, livres, revues et/ou photo : Wikipedia ; * La Vie des Saints et des Bienheureux… par les RR. PP. Bénédictins de Paris, Ed. Librairie Letouzey et Ané (1954).
Date de dernière mise à jour : 16/06/2026





