Autrêches

 

Autreches 60 adm

 

Autreches 60 geoVillage calme et paisible, avec ses trois hameaux sertis dans un écrin de verdure, qui doit son charme à ses beaux paysages.

Autreches blason Héraldique 

Les armes de la commune se blasonnent ainsi :  Ecartelé au premier et quatrième de gueules à la bande d’or, au deuxième et au troisième parti en I d’argent à la fasce de gueules et au II de Vair plain.

 Hydrographie 

Le territoire est traversé par le rû d’Hosier de 18 Kms, gros ruisseau de 3 à 4 m de large qui prend sa source à 117 m d’altitude au-dessus de la ferme de Montécouvé à Juvigny.
Il traverse Autrêches sur 3 Kms avant d'entrer dans le département de l’Aisne pour se jetter dans l’Aisne à Vic. Il est nommé Ausona dans une charte de 1277.
Deux affluents viennent le grossir :
- le rû des tanneurs, qui prend sa source au delà du Bout-de-Vaux et sur lequel se trouve près de son confluent le moulin rouge.
- le rû de Bonval, qui prend sa source sur la commune et rejoint le rû d’Hosier.
Il y a un siècle, les eaux du rû d’Hosier servent à l’alimentation de neuf moulins. A la fin du XIXème siècle, il subsiste les moulins : d’Epagny, Vézaponin, Eury à Morsain, Pontfard à Chevillecourt, Hautebraye et Patard. Aujourd’hui, il n'y en a plus de trace.

 Toponymie 

Au Haut Moyen-Age, Atrepia venant de Alta ripa = haute rive, ou Altrechia du gaulois altero = de second ordre ou petit ruisseau. Autrêches tire donc son origine de sa situation dominant le filet d’eau, le rû des Tanneurs.
Autrêches et Hautebraye sont d'origine gauloise tandis que Massenancourt et Chevillecourt (voir § les hameaux) évoquent plutôt une villa mérovingienne.

Drapeau francais fond blanc Histoire 

L'ancienneté du peuplement du site est corroborée par des découvertes archéologiques faites au XIXème siècle.
Souvent victime des guerres et de troubles au fil des siècles, Autrêches est pillée une dernière fois par le régiment de Picardie en 1653 (1).
Autrêches atteint son apogée démographique avec 950 habitants au recensement de 1831 avant que l'exode rural puis la guerre ne la touche durement.

La Première Guerre Mondiale et la Bataille d'Autrèches

Moins de quatre semaines après la déclaration de guerre, le 30 août 1914, le 3ème corps d'armée Allemand, commandé par le général Ewald von Lochow (1855/1942), portant secours à Roye au général Karl von Bülow (1846/1921), passe l’Aisne à Vic-Sur-Aisne. Il livre des combats à l’arrière garde de l’armée anglaise qui, en se retirant, passe à Autrêches.  
Après la Bataille de la Marne, le 11 septembre, le 35ème Régiment d’Infanterie atteint Vivières ; le 12, après avoir enlevé la ferme de Pouy et la râperie, il débordeAutreches oise cpa 14 18 plaque victimes civiles 1914 Courtieux et s’empare de la crête du Chatelet ; le 13, après s'être emparé de la ferme de Chapeaumont, il se porte sur Saint-Christophe et Hautebraye et atteint le hameau de Chevillecourt ; le 14 septembre, la 14ème Division d’Infanterie attaque, la 28ème Brigade a pour objectif le plateau Nord de Chevillecourt ; le 42ème Régiment d'Infanterie, par les pentes du ravin Est de la ferme Saint-Victor, arrive facilement à Autrêches et au Bout-de-Vaux et enfin à la Corne des Bois mais dans la soirée, à la faveur de la nuit, les Allemands mettent le feu à la ferme Saint Victor. Le 15, de très violents combats s’engagent pendant plus d’une dizaine de jours et se généralisent à tout le secteur, le 60ème Régiment d'Infanterie par une nouvelle poussée, pénètre aux abords d’Autrêches que les allemands occupent et reprend Massenancourt et Chevillecourt. Le 308ème Régiment d'Infanterie. attaque les positions allemandes du Tiolet, la progression est enrayée par le feu ennemi. Le 18 septembre, le 35ème RI vient remplacer le 60ème RI qui se repose au Moulin d’Hautebraye, avant le lendemain de reprendre ses positions et de se trouver face aux Allemands, le bataillon du 35ème RI a été fait prisonnier.
Le 20 septembre, peu avant le lever du soleil, les Allemands lancent une grande offensive. La bataille est sanglante et acharnée. Des combats de rue s'engagent après s’être battu dans les champs et les bois, chaque maison est défendue âprement au canon, à la mitrailleuse, au fusil, des toits, des fenêtres, des caves …. les civils au milieu. Les Allemands accusent les habitants de prendre part aux combats : 7 civils sont sommairement fusillés au Pont à la Planche après que l’on les ait obligés à creuser leur tombe, 5  d’entre eux sont des habitants de Chevillecourt,  les 2 autres sont de passage.

Témoignages :
                Autreches oise cpa 14 18 pv execution sommaire temoin                  Autreches oise cpa 14 18 pv execution sommaire
​​​Le soir, le front sépare la commune en deux. De part et d’autre, des retranchements sont creusés et chacun fortifie le terrain qu’il va occuper pendant près de 3 années.
Fin septembre, lorsque le front se stabilise, les Allemands conservent le cœur du village ainsi que Chevillecourt, tandis que les Français occupent Hautebraye, le hameau le plus au Sud de la commune. Dès lors, pendant plus de 29 mois, les ennemis se font face. Les très fréquents bombardements, de part et d’autre, détruisent la plus grande partie des habitations de la commune.
Lors de leur repli sur la ligne Hindenburg en mars 1917, les Allemands abandonnent le village. Mais, après plus d’un an de répit, Autrêches se retrouve sur la ligne de front, à partir du 1er juin 1918. L’offensive déclenchée par les Français le 18 août  leur permet de reconquérir définitivement la région.
Le 20 août 1918, le communiqué officiel dit : «…Au Nord de l’Aisne, complétant notre succès entre Carlepont et Fontenoy, nous avons enlevé le village de Morsain…». Il ne mentionne plus le nom d’Autrêches qui meurtri, blessé, torturé, ruiné à deux reprises différentes, est l’un des points de départ de la victoire finale qui a couronné la guerre. C’est fini.
Le village est ruiné, les maisons détruites, l’église réduite à un tas de pierres, les bois et les champs bouleversés et les pertes humaines dramatiques.

Les seigneurs et gens de la noblesse

La seigneurie d'Autrêches est laïque et fait partie de la châtellenie de Pierrefonds, tandis que l'abbaye Saint Médard est seigneur de Ponfard et d'une partie d'Hautebraye et que le Tiolet dépend de l'abbaye d'Ourscamp.
Différentes Familles se succèdent à sa tête :

La Famille de Nanteuil
Gaucher Ier de Nanteuil
, premier seigneur connu, avoué de Vic-sur-Aisne pour l'abbaye de Saint-Médard ; son fils, Guy de NanteuilGaucher II de Nanteuil dit d'Autrêches (+1250), qui accompagne le roi Louis IX dit Saint-Louis (1214/1270) en croisade où il meurt à la Bataille de Mansourah ; André de Nanteuil ; puis Gaucher III de Nanteuil dont la fille fait passer la seigneurie dans ...

La Maison de Guines 
Enguerrand 1er de Guines 
dit de Coucy (+1344) en épousant la fille du précédent, devient possesseur de la seigneurie. 
Enguerrand II de Coucy, fils du précédent, ne laisse pas d’enfants, la seigneurie revient à sa sœur Jeanne de Coucy (+1363) qui fait passer la seigneurie en 1351 dans...

La Maison de Béthune
Jean Ier de Béthune
dit de Locres (1310/1373), seigneur de Vendeuil et de Bossu, épouse Jeanne de Coucy et devient ainsi seigneur d’Autrêches ; Jean II de Béthune dit de Locres (1359/1415), époux en 1401 d'Isabeau d'Estouteville, est tué à la Bataille d'Azincourt ; leur fille, Catherine de Béthune (1400/1458) fait passer la seigneurie dans ...

La Maison de Hénin
Jean IV de Hénin-Liétard (1400/1452)  épouse Catherine de Béthune en 1438 et devient seigneur d'Autrêches ; Leur fils, Gautier de Hénin-Liétard dit de Boussu (1433/1475) devient seigneur de Bailly et d’Autrêches, et épouse Jeanne de Mesnil-Soissons. Avant de mourir, il fonde en l’Eglise d’Autrêches, un obit (messe) solennel, par testament du mercredi d’après Pâques de l’année 1474. Après son son décès sans descendance, la seigneurie est vendue à ...

La Famille de Saisseval (petit village près de Picquigny, en Picardie)
Le premier seigneur d'Autrêches de cette Famille meurt jeune ne laissant qu'un fille, Jeanne de Saisseval, sous la tutelle de sa mère, elle transmet la seigneurie par mariage en 1520 à ... 

La Famille de Bobecq
Jean de Bosbecq
, écuyer, capitaine, épouse en 1520 Jeanne de Saisseval, et devient seigneur d’Autrêches ; son fils, François de Bosbecq, homme d’armes de la bande de Monseigneur de Vendosme, épouse Françoise de Frétel ; leur fille Charlotte de Bosbecq transmet la seigneurie à ...

La Famille de Gonnelieu
Antoine de Gonnelieu (+1572), époux de Charlotte de Bosbecq devient seigneur d'Autrêches, il est assasiné en 1572 à Luzarches, son corps retrouvé quelques jours plus tard, est inhumé dans l’église d’Autrêches où une dalle, en pierre bleue, porte l’inscription suivante : Ci-gîst noble hôme Anthoine de Gonnelieu, chevalier, seigneur de Jumencourt, premier chambellan et capitaine des Gardes du Roi Charles IX, et gentilhomme ordinaire de la chambre de Monseigneur le Duc d’Alençon, frère dudit seigneur, lequel trépassa le vingt-sixième jour mars 1572.
Catherine de Bosbecq, fille du précédent, hérite en 1556 des terres d’Autrèches et de Poulandon, et les apporte en dot par contrat de mariage en 1559 à Nicolas de Gonnelieu (+1579), vicomte, seigneur de Pernant et d'Autrèches, chevalier de l’Ordre du roy et lieutenant d’une compagnie de 50 hommes d’armes de ses ordonnances ; leur fils, Antoine de Gonnelieu (+1595), écuyer, épouse Catherine de Caulaincourt (+1611), à sa mort, leurs deux enfants, encore mineurs, sont mis sous la tutelle de leur mère, puis au décès de celle-ci au château d'Autrèches, sous la tutelle de Jean de Gonnelieu, seigneur de Pernant, leur oncle ; en 1595, Léonor de Gonnelieu (1594/1619), écuyer, est seigneur d’Autrêches, Chevillecourt, Massenancourt, Hautbraye (en partie) et Jumencourt après la mort de son père, il devient réellement titulaire de la seigneurie d’Autrêches à la mort de sa mère en 1611. En 1612, il fonde par acte passé devant Me Isaac Moutonnet, notaire à Pernant, une rente de 150 livres tournois, au profit de l’église d’Autrêches, à la charge d’une messe basse à dire chaque jour de l’année. Il est émancipé en 1614 et meurt en 1619 à l’âge de 25 ans. sans alliance.
Les seigneuries passent par héritage, à son oncle ; Jean de Gonnelieu, chevalier, gentilhomme de la chambre du roi, époux en 1593 de Madeleine de Bourbon, de la branche bâtarde de Bourbon-Rubempré, il est le fondateur de la Congrégation de Notre Dame de Soissons en 1622 en faveur de sa fille Charlotte ; Jérôme de Gonnelieu (+1658) fils du précédent, épouse en 1634, Françoise de Laval (+1655), puis en 1656, Elisabeth Anne de Brouilly. De 1637 à 1651, il vient souvent, avec sa famille, résider au château d’Autrèches mais son domicile est à Soissons.
Anne de Gonnelieu (1637/1717), fille du précédent et de sa première femme, lui succéde dans toutes ses seigneuries et épouse en 1655, François de Harlus, seigneur et baron de Givray, mort peu après, elle épouse vers 1661, Richard de Gedouin (+1674), chevalier, seigneur de Belle-Isle, capitaine de la compagnie de chevau-légers dans le régiment du roi. Elle a trois enfants : François de Harlus major de Soissons en 1711, Valentine de Harlus (+1721) dont l'époux rachète les seigneuries à son décès, et Joachim de Gédouin qui hérite de son père. En 1662, elle est marraine de la cloche de l'église d’Autrêches ; en 1674, devenue veuve une seconde fois, elle se retire au château d’Autrêches qu’elle habite sédentairement jusqu’à sa mort. En 1697, la seigneurie est vendue à Henry Charles de la Fontaine son gendre. Elle meurt à l’âge de 80 ans et son corps est inhumé dans l’église d’Autrêches.

La Famille de La Fontaine
Henry Charles de La Fontaine
(1647/1718), gendre de la précédente, vicomte d’Autrêches, demeure au château depuis son mariage en 1682 avec Valentine de Harlus (+1721). Leur au moins 5 enfants y naissent tous. Son frère, Philippe de La Fontaine vient habiter quelque temps avec lui. Il est inhumé dans l’église d’Autrêches.
Sa fille, Anne Charlotte de La Fontaine (1682/1721), épouse en 1706 en l’église d’Autrêches, François des Essars (1682/1740), page de la petite écurie du roi en 1697, marquis de Lignières. Au moins quatre enfants naissent au château d'Autrèches. En 1712, la famille déménage pour habiter le château de Léchelle où d’autres enfants naissent.
En 1743, le garde-chasse, Victor Fontaine, est l’agent des affaires de la dame d’Autrêches et Jacques Nicolas Cuneaux, notaire royal à Vic-sur-Aisne, est bailli de la terre et seigneurie d’Autrêches, fonctions qu’il occupe toujours en 1751. En 1754, Jacques Rousserie est régisseur de la terre et seigneurie d’Autrêches et en 1757, Louis Alexandre Sémichon est garde de la terre d’Autrêches.
En 1770, la seigneurie est vendue.

La Famille Louvel (Lupel)
Antoine Marie de Louvel
(1707/1783), vicomte, mousquetaire de la Garde du roi, acquéreur du domaine d’Autrêches, devient seigneur d’Autrêches, Warvilliers et Lechelle. Il épouse en 1731, Pétronille Gillette de Trécesson (1702/1750) puis en 1751 Reine Robertine de Noue. Il réside à Warvillers et confie ses intérêts d’Autrèches à un receveur de la terre et seigneurie, Louis Chirol Ducastel, qui meurt en 1774 sans être remplacé.
Charles Gilles de Louvel (1735/1818), vicomte, fils du précédent, épouse en 1758, Marie Anne Antoinette Nicolle de Guillebon de Wavignies (+1783). Il délaisse Warvillers pour Autrêches. En 1791 il achète une maison, qu’il habite, au 522 de la rue des Cordeliers à Soissons. Sa personnalité est décrite comme suit : Ce comte, ancien officier supérieur de cavalerie était le vrai type du gentilhomme français. Aussitôt qu’il paraissait dans une assemblée publique, même à l’église, tout le monde se levait comme un seul homme tant il inspirait le respect. Il fut incarcéré à Amiens le 29 Pluviôse de l'An II par mesure de sûreté générale, sur un arrêté de Louis Antoine de Saint-Just (1767/1794) et consorts. Un mois après l'emprisonnement de cet homme à qui il n'est reproché que son état d’aristocrate, le Comité de Surveillance d’Autrêches indique : …il n’a jamais eu aucune liaison ou relation suspecte et a toujours paru zélé pour la Révolution...  Il se rrend acquéreur de Biens Nationaux comme le château de Vassens, que sa petite-fille, Marie Gabrielle Eugénie reçoit en dot. Il meurt au château d’Autrèches et est le dernier seigneur à être enterré dans l’église même.
Son fils, Antoine Gilles Marie de Louvel (1759/1793), capitaine au Régiment de Conty-Dragons en 1778, épouse en 1783, Marie Anne Charlotte Christine Gabrielle Lucye de la Myre (1764/1822).
Marie Alexandre Edouard de Louvel (1786/1867), fils du précédent, comte d’Autrêches, épouse Adèle Euphrasie du Tremblay. Leur au moins 4 enfants naissent à Autrèches. Il se fait remplacer à la conscription de 1806 par un garçon tailleur, nommé Daugy, pour une somme de 4.000 Livres Tournois.
Un jugement de 1821 permet la substitution du nom patronymique Louvel à Lupel (... un épouvantable forfait ayant enlevé à la France l’un de ses princes mort par le poignard conduit par la main meurtrière de l’exécrable Louvel le nom devient à jamais odieux : les porteurs de ce nom s’empressèrent de recourir à l’autorité du roy pour en obtenir le changement en celui de Lupel …). C’est probablement lui qui fait construire le dernier château où il meurt en 1867, laissant son domaine à Marie Pierre Arthur, son fils aîné qui meurt 6 mois après.
Marie Pierre Arthur de Lupel (1816/1867) partage son temps entre Paris et Autrêches et fréquente la Cour Impériale. Au cours d’une chasse avec l’Empereur Napoléon III, il est victime d’un accident de cheval en forêt de Compiègne et succombe à ses blessures en son hôtel du 45 avenue Montaigne à Paris. Son corps, ramené à Autrêches, est inhumé dans un caveau élevé dans le parc du château. La petite chapelle surmontant le caveau est détruite pendant la Seconde Guerre Mondiale. Son corps est transféré dans le cimetière communal. Il ne laisse pas de postérité.
Son frère né en 1818, Marie Pierre Eugène de Lupel, épouse en 1844 à Autrèches, Marie Clémentine Vinchon. Le couple demeure en Alsace où décède la comtesse. Il vient habiter Autrèches en 1867 à la mort de son frère aîné, Marie Pierre Arthur. Il est le denier comte d’Autrêches à y avoir résidé. De caractère taciturne, il habite seul le château en 1872. En 1876, il y vit avec sa gouvernante alsacienne Marie Schmidt ainsi qu'un domestique, deux ouvriers agricoles et ses chiens. Il reçoit peu. Dans le village, il est appelé le comte aux chiens. Sa fille Jeanne de Lupel ayant  épousé le comte Jean Maxime Boula de Mareuil, ses biens immobiliers d’Autrèches reviennent à cette Famille qui les vend vers 1990.

 Chroniques communales 

La pierre Saint-Martin
Ce mégalithe, fiché profondément dans le sol, a sa légende : la croyance veut que saint Martin passant par là, descende de son cheval pour prier, l’anfractuosité que l’on peut encore observer aujourd’hui serait la marque de la déformation du grès sous le genou du saint.
Il y a 3000 ans, les Celtes, ancêtres des Gaulois, ont des prêtres, les Druides, un peu magiciens, beaucoup sorciers, qui décident qu’en certains endroits, des pierres seraient posées (pierres magiques ayant des pouvoirs bénéfiques ou maléfiques, selon leur situation, par rapport aux nœuds géologiques des lignes du réseau souterrain qui parcourent le domaine terrestre). La pierre Saint-Martin d’Autrèches est l’une de ces pierres. Posée là, à l’intersection de deux lignes géo-biologiques souterraines. Son action serait bénéfique, encore faudrait-il connaître la clé permettant de profiter de ses bienfaits.

Les écoles et la mairie d’Autrèches
Avant  la Révolution, les affaires communales se traitent dans des assemblées composées des habitants de la paroisse et se tiennent, à l'issue de la messe ou des vêpres, devant la porte de l'église (ou dans l'église en cas de mauvais temps). Le Syndic, tout comme le maire aujourd'hui, convoque l'assemblée et la préside. Il n'a pas la qualité de magistrat et ne peut pas prendre d'arrêtés. Chaque habitant a la possibilité de prendre part aux débats comme aux votes.
La mairie et l'école des garçons sont situées place de l'église, contigu au café et près de l'école des filles, rue Train.  Le bâtiment comprend la salle de classe, la salle de mairie, le logement du maître d'école. Un escalier monumental relie le rez-de-chaussée au 1er étage.
Un édit royal de juin 1787 met en place une représentation communale préfigurant l'organisation actuelle. En dehors du seigneur et du curé (membres de droit) tous les autres membres sont élus par les habitants payant au moins 10 Livres d'impôt. Les premières élections municipales ont lieu en 1788.
En 1918, la commune n'est plus qu'un champ de ruines, la mairie est entièrement détruite. Un bâtiment provisoire est édifié dans des baraquements à Chevillecourt et sert de mairie pendant 10 ans.
Le choix du lieu de reconstruction est difficile, deux camps s'opposent, ceux qui veulent que l'école soit reconstruite à Autrêches et  ceux favorables à une implantation à Chevillecourt. Le terrain adopté est situé à Chevillecourt. Le financement de la reconstruction est assuré par les indemnités de dommages de guerre. En 1926, un architecte est désigné et chargé des travaux qui commencent en octobre 1927 et l'inauguration a lieu le 11 Novembre 1928.
En 1983, la Mairie traverse la rue.

 Patrimoine 

L’église Saint Victor
Réalisée au XVIème siècle de style gothique, elle comporte une grande tour carrée sur laquelle s’élève un clocher octogonal, réplique exacte de la tour droite de Saint-Jean-des-Vignes de Soissons construite vers 1520.  Il sert de point d’observation aux Allemands durant la Première Guerre Mondiale.
En partie détruite pendant la Première Guerre Mondiale de 1914/1918, des travaux de rénovation ont lieu en 1956. A la différence du reste de l’église, la crypte n'a pas trop souffert et son mobilier est sauvegardé.
Elle est le siège d’un pèlerinage pour vénérer les reliques de saint Victor. Celles ci sont transférées dans une nouvelle châsse en 1776 et l'on met dans une seconde chasse, les reliques d'Antonio Ghislieri, pape saint Pie V (1504/1572, portrait 1 ci-dessous), de saint François de Sales (1567/1622, portrait 2 ci-dessous) et de sainte Jeanne Françoise Frémyot, baronne de Chantal (1572/1641, portrait 3 ci-dessous). Ces châsses et un rare autel républicain survivent à la Révolution Française, mais ont disparu depuis.
La pierre tombale de Jérôme de Gonnelieu (voir § Les seigneurs), qui se trouve jadis devant le chœur, est déplacée récemment à droite du grand portail.
L'église a fait l’objet d’un classement au titre des Monuments Historiques en 1913.

Pape pie v          Francois de sales 1          Sainte jeanne de chantal

Le cimetière
En 1870, le vieux cimetière autour de l'église ne peut plus accueillir de sépulture, un nouveau est implanté à égale distance d'Autrêches et de Chevillecourt.

Le monument aux morts
Entouré d'une grille, il est érigé à gauche de l'entrée du cimetière et surplombe légèrement la route. Une cinquantaine de noms d'enfants du pays, mort à la Première Guerre Mondiale, y figure et parmi eux, plus d’un tiers sont des civils.

La pierre Saint Martin
Le plus ancien monument d’Autrèches est en grande partie enfoui sous une gangue végétale. Ce bloc massif de grès se trouve à quelques mètres de l’entrée supérieure du cimetière (voir § précédent).

Le château
Une plaque à l’entrée d’une ferme indique Ferme du château.
Au début du XXème siècle, tout l’ensemble castral subsiste au bas de l’église : le château et son parc, la glacière, la ferme et ses nombreux bâtiments, la pâture et les étangs.
La Première Guerre Mondiale transforma le domaine en ruines. L’héritière du dernier comte acquit une maison bourgeoise à Compiègne avec les dommages de guerre perçus et abandonna le domaine.
Un bâtiment, de taille conséquente,  existait bel et bien il y a encore un siècle ; il n’en est pas resté le moindre mur après la guerre. Différents plans, dessins et documents nous permettent de restituer une partie de son passé : en 1862 le château était ainsi décrit : « un bâtiment très simple et solidement construit. Le principal corps de logis porte la date de 1574. Des réparations dirigées peu artistiquement ont amené la suppression des tourelles et des lucarnes en pierre en meneaux croisés qui décoraient les toitures comme on en trouve dans les édifices de la même époque ».

Trois calvaires
Leur nombre est jadis deux à trois fois supérieur mais la Révolution Française et les guerres les ont presque tous fait disparaître.
Leur orientation ne respecte que rarement la tradition qui veut que Jésus-Christ regarde vers l’Ouest. Autrefois, chaque voie d’accès comporte une croix à la limite des maisons. Elles constituent des limites entre hameaux. Leur emplacement est souvent extrêmement ancien. Le socle de pierre est généralement plus ancien que la croix, souvent détruite et remplacée par une croix de fer ou de bois. Le socle subsiste car il s’agit d’une borne sacrée dont l’emplacement fixé à l’origine est immuable. Déplacer une croix est sacrilège.
Les processions de l'église au calvaire de la Folie, disparaissent avant la Première Guerre Mondiale.

La Maladrerie (ou léproserie)
Au temps où la lèpre  fait de terribles ravages dans le pays, la maladrerie posséde une ferme. La chapelle subsiste longtemps mais à la fin du XVIème siècle, avec l’extinction progressive de la maladie, elle disparait et ses biens sont attribués à l’Hôtel-Dieu de Soissons.

 Hameaux, lieux-dits ou écarts rattachés à la commune 

Hautebraye tire également son nom de sa situation géographique, à flanc de coteau au-dessus d’une zone marécageuse. Au Moyen-âge, il se nomme Ultebrai puis Outrebraye signifiant  Ulte = au delà de et Braye = boue (en français du XIIème siècle).

Le Bout-de-Vaux tire son nom de sa situation géographique au bout de la vallée.

Chevillecourt et Massenancourt sont d’origine mérovingienne, époque de grands défrichements des forêts et d’extension des zones cultivées. Court = la cour de la ferme puis par extension la ferme, puis le domaine rural, puis enfin le village. De gros fermiers mérovingiens nommés Masseneau et  Chevil sont probablement à l’origine de ces noms.

Le Tiollet = lieu où pousse un tilleul. Jusqu’à la fin du siècle dernier un bouquet de tilleul subsiste aux abords de la ferme.

 Evolution de la population 

Autreches 60 demo

 Nos ancêtres d'Autrêches … 

Autreches 60 ancetres 1Autreches 60 ancetres 2

 Carte de Cassini 

Autreches 60 cassini

 

 


 

Notes :

(1) Le régiment de Picardie est un régiment d'infanterie du Royaume de France, créé en 1585 à partir des bandes de Picardie, premières unités militaires permanentes et soldées de fantassins créées en 1479 par le roi Louis XI. C'est la plus ancienne unité militaire et l'un des six Grands Vieux,  les six grands régiments permanents les plus anciens de l’armée française.

 


 

Sources
Sites, blogs, livres et revues, photographies ... :
Wikipedia ; La Bataille d'Autrêches de Rémi Hébert, 2012 ;  Gallica BNF.

Date de dernière mise à jour : 27/03/2021