
Commune rurale à habitat dispersé, située dans la Vallée de l'Avèze, petit affluent de l'Hérault, traversée au Nord de son territoire par le bourrelet montagneux formé par l'extrémité Nord-Est du Massif de la Séranne.
La commune possède un patrimoine naturel remarquable : deux sites Natura 2000, les Gorges de l'Hérault et les Hautes Garrigues du Montpelliérais ; un espace protégé, le ravin des Arcs ; sept zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique.
Les communes limitrophes sont : Agonès, Causse-de-la-Selle, Cazilhac, Ferrières-les-Verreries, Gorniès, Notre-Dame-de-Londres, Saint-André-de-Buèges, Saint-Bauzille-de-Putois et Saint-Martin-de-Londres.
Héraldique
Les armes de la commune se blasonnent ainsi : De gueules à la fasce ondée d'argent, accompagnée en chef d'un lion passant d'or et en pointe de trois besants d'argent.
Hydrographie
Le territoire de Brissac est drainée par l'Hérault, la Buèges, le Lamalou et par divers autres petits cours d'eau.
Toponymie
Ecclesie S. Nazarii de Brissiaco en 1073, apud Breisag en 1119, de castro Breixach, domino de Breixac en 1122, castello de Brisaco avant 1129, castrum de Breissacho en 1189, castrum de Breissac en 1217, parrochia S. Nazarii de Breissaco en 1218, de Brixaco en 1264, apud Brissac en 1271, de Brissiaco en 1275, apud Brissiacum en 1283, Brissac en 1526.
Histoire
Comme tous les causses du Languedoc, la partie Nord de la commune, plateau calcaire en prolongement du Larzac, est occupée depuis l'époque Paléolithique, à la faveur de l'existence des avens et grottes qui parsèment le territoire.
Vers la fin du IIIème siècle avant J.-C., les Volques Arécomiques, peuplade d'origine celtique, imposent la première organisation du territoire. Dès le Ier siècle avant J.-C., ils pactisent avec les Romains.
L'entrée de Brissac dans le Moyen-Åge est marquée par la construction du château båti sur l'emplacement de l'ancienne église paroissiale Saint-Hilaire, à charge pour le seigneur d'agrandir la chapelle bénédictine située près de la rivière, qui devient l'église Saint-Nazaire-et-Saint-Celse. Au cours des XIIème et XIIIème siècles, trois autres églises et chapelles sont édifiées, l'église paroissiale de Saint-Etienne d'Issensac, la chapelle de Notre-Dame du Suc, déjà lieu de pèlerinage, et la chapelle Saint-Jacques de l'hôpital de Valboissière (aujourd'hui disparue) administré par l'Ordre du Saint-Esprit, étape sur le chemin de Compostelle.
Brissac est alors une des seigneuries les plus importantes.
Au cours du XIXème siècle, la papeterie devient un élément important de l'activité économique et sociale de la ville, de même que la sériciculture, élevage du vers à soie dans les magnaneries (situées dans l'étage supérieur des maisons qui ont conservé, à Brissac-le Bas, leurs petites fenêtres et parfois les cheminées de coin). Les fabricants de bas qui ont de petits métiers, emploient des brodeuses à domicile. La viticulture se développe au début du XXème siècle, la cave coopérative est construite au fond du parc de la ville. Ces activités disparaissent progressivement au cours de la deuxième moitié du XXème siècle. La papeterie ferme en 1966, le nylon remplace la soie, entrainant l'arrêt progressif des filatures, la crise viticole a pour conséquence l'arrachage massif des vignes. La population passe de 807 habitants en 1901 à 285 en 1982.
Le XXIème siècle voit la renaissance de la commune. La restauration réussie du château entreprise par son nouveau propriétaire donne le signal de ce renouveau. Les mas dispersés sur le territoire de la commune sont à nouveau habités. Le village et le hameau de Coupiac s'agrandissent. Le réseau routier s'améliore. Les viticulteurs s'orientent vers des produits AOC et Bio. Les habitants investissent dans le secteur des activités de plein air et de tourisme, favorisées par la situation privilégiée du village...
Les seigneurs et gens de la noblesse
La première mention de la seigneurie de Brissac apparaît en 1054 lors de la donation du prieuré Saint-Pierre de Sauve à l'abbaye de Gellone par le seigneur Pierre Bermond de Sauve et Eustorge sa mère. Parmi ses vassaux présents, noble homme Frédolon Raimond de Brissac.
Le 22 novembre 1169, dans la promesse de mariage de mes lointains ancêtres Raimond Ier de Roquefeuil (1150/1204) avec Guilhemette Marquise de Montpellier (1159/1200), fille de Guilhem VII de Montpellier (1128/1172) et de Mathilde de Bourgogne (1135/1172), Bertrand d'Anduze (1120/1169) et son épouse Adélaïde de Roquefeuil (1130/1189), parents de Raimond, promettent de donner à leur future belle-fille les revenus du château et de la seigneurie de Brissac lorsque le mariage sera célébré, 5 ans plus tard.
La seigneurie et le château de Brissac restent sous la domination de la Famille de Roquefeuil jusqu'en 1276 puis passe au comte Henri II de Rodez (1236/1304) fils d'Hugues IV de Rodez (1212/1274) et d'Isabeau de Roquefeuil (1215/1260).
En 1189 a lieu un pacte de partage du château, le seigneur de Roquefeuil a la majorité du château dont les deux tours et la aula ainsi que la suzeraineté. Vierne et son fils Pons de Pierre (1250/1305), baron de Ganges, ont le reste du château sous la suzeraineté de Raimond Ier de Roquefeuil.
La Famille de Pierre, outre la seigneurie de la ville et le château de Ganges, posséde encore dans les XIIème et XIIIème siécles les terres de Sumenc, Brissac, Poupian de Montaulieu, Londres, Cazillac, Soubeiras, les villes de Gignac et Molières et les baronnies de Pierrefort, Castries, Montfrin, et Hierle. Elle est doublement alliée à la Maison de Toulouse par le mariage de Vîerne d'Anduze avec Raymond Ier de Pierre (1110/1172) et par celui d'Alasacie, fille de Raymond II de Pierre (1190/1268), seigneur de Ganges et de Brissac, laquelle épouse en 1253 Pierre Bermond VII d'Anduze (1205/1288), seigneur de Sauve et d'Alais, comte de Gevaudan.
En 1275, une transaction est passée entre la Famille de Roquefeuil et la Famille de Pierre par lequel il est accordé que les parties cognoistroient par ensemble des crimes comis (sic) ez chemins [...] du chateau de Brissac, partageant ainsi les droits de justice sur cette seigneurie.
Pons de Pierre (1250/1305), baron de Ganges, est désormais co-seigneur de Brissac, il épouse Béatrix d'Anduze, fille de Roger Bermond d'Anduze (1225/1302), importante Famille du Languedoc. Le prénom de Bermond devient dès lors usuel dans la Famille de Pierre, donnant naissance au surnom local du château, encore usité de nos jours, les tours Bermonde.
Le 5 mai 1395, Bertrand de Pierre, baron de Ganges, rend hommage à Antoine de Lovier, évèque de Maguelonne de 1389 à 1405, auquel il remet la seigneurie de Brissac. Celui-ci prend possession du fief aussitôt. Les évêques de Maguelonne conservent la seigneurie de Brissac jusqu'en septembre 1590, date à laquelle ils la revendent, par besoin d'argent.
En 1592, François Louis de Roquefeuil (1550/1610) se rend alors acquéreur de la totalité de la baronnie. La seigneurie et le château de Brissac revient ainsi dans le giron de la Famille de Roquefeuil jusqu'en 1819. Ils y font des aménagements donnant au village son aspect actuel (construction de l'aile Ouest, construction de la papeterie...), mais, bien avant la Révolution Française, ils sont ruinés et délaissent le château.
En 1819, Louis Pierre Marie Emmanuel de Roquefeuil (1774/1860) chevalier de minorité en 1778, propriétaire des châteaux de Doscares (Saint-Aunès, où il est enterré) et de Brissac, vend ce dernier le 1er février 1819 à Marie Anne Bougette, épouse d'un négociant de Bordeaux, moyennant 15 000 francs.
Patrimoine
Le château
Cette forteresse du XIème siècle domine le village. Elle appartient aux seigneurs de Ganges pour moitié, et à la Maison de Roquefeuil pour l’autre.
En 1054, l'actuel donjon Nord existe déjà, celui du Sud est construit peu après, le château est entouré d'une enceinte fortifiée qui protège les maisons groupées au pied de l'édifice.
Elle est agrandie au XIIIème siècle et reconstruite presque entièrement dans la première moitié du XVIème siècle.
Transformée en demeure d'habitation au XVIIème siècle, le château est agrémenté d'étages supplémentaires ainsi que d'un parc. Depuis 1819, pratiquement inoccupé par ses propriétaires successifs ; mal entretenu, il est laissé à l'abandon jusqu'en 1963, date à laquelle il est racheté et une restauration totale est faite par ses nouveaux propriétaires.
Aujourd'hui propriété privée (qui ne se visite pas), il fait l'objet d'une inscription au Répertoire Supplémentaire des Monuments Historiques en 1976.
La Mairie
Construite en 1884, elle est école jusqu'en 2005.
Le parc
Situé au coeur du village, au pied du château, traversé par l'Avèze qui se partage en trois bras, il s'étend sur 4ha.
L'aménagement de ce parc est réalisé au XVIIIème siègle par le seigneur de Roquefeuil qui en fait un mini Petit Trianon. Laissé à l'abandon durant la période révolutionnaire, il est racheté par la commune en 1913.
La papeterie
Construite en 1699 au bord de l'Avèze, elle fabrique du papier à base de chiffons et emploie une dizaine d'ouvriers. Dans la seconde moitié du XIXème siècle, elle devient une importante usine spécialisée dans le papier d'emballage à base de paille et emploie une cinquantaine d'ouvriers jusqu'à la fin de la seconde Guerre Mondiale. Elle ferme définitivement en 1966. Il ne reste aujourd'hui que des bâtiments désaffectés et son château construit vers 1895.
Le sanctuaire de Notre-Dame du Suc
Lieu de pélerinage très fréquenté depuis le Moyen-Age, la basilique est construite vers 1860 en remplacement d'une ancienne chapelle, citée en 1271.