
Ce village allongé dans le sens de la vallée, à flanc de coteau entre Roquefort et Sylvanès, borde la Sorgue coulant en contrebas et compte une dizaine de fermes réparties à 416m d'altitude. Il est limitrophe de 6 autres communes : Gissac, Marnhagues-et-Latour, Montagnol, Saint-Jean-et-Saint-Paul, Sylvanès et Versols-et-Lapeyre.
Gibier et champignons sont abondants dans le vaste bois de la commune.
La principale source économique est la production laitière, avec des brebis de race Lacaune, destiné à l'élaboration du fromage de Roquefort.
Héraldique
Les armes de la commune de Saint-Félix-de-Sorgues se blasonnent ainsi :
Parti à dextre, de gueules et d'un peigne à carder d'or, et à senestre, d'azur, au pont gothique d'argent sur des fasces ondées et alternées d'azur et d'argent. Au chef de gueules à la croix d'argent. Le tout surmonté d'une couronne murale, à trois tours, celle du centre, ouverte dans les remparts.
Hydrographie
La commune est drainée par la Sorgues qui prend sa source dans la commune de Cornus et se jette dans le Dourdou de Camarès à Vabres-l'Abbaye, après avoir arrosé 7 communes.Elle est classée 1ère catégorie et est très réputée pour la qualité de sa pèche et est puissamment alimentée par les fortes précipitations de la région.
Le Cabot qui prend sa source dans la commune de Montagnol et se jette dans la Nuéjouls à Sylvanès, après avoir arrosé 3 communes.
Les ravins de Sauvecave et du Mas de Laussel.
Les ruisseaux de Barbayrou, de Cantillergues, de Raouffenc, des Vernhasses, des Vernhes, de Vialache, du Bruel, du Mas Nau et divers petits cours d'eau.
Histoire
Toutes les périodes du Néolithique jusqu'à la Préhistoire (voir "Echelle des Temps") ont laissé leurs marques sur la commune. La partie de l'avant-causse de Mascourbe est parcourue dès le IIIème millénaire par des peuplades de pasteurs et d'agriculteurs du Chalcolithique. Les vestiges de cette époque comportent un groupe de dolmens, ainsi que plusieurs enclos de pierres sèches.
Les fondations d'un établissement rural situé sur le plateau de Mascourbe peuvent être des traces de la période Gallo-romaine. La découverte, vers 1850, de tombes à rebords de tuiles, le nom du ruisseau de Cantillergues qui peut venir de Cantilius, propriétaire romain dont le domaine se situe à proximité, quelques trouvailles de monnaies romaines, laisse à penser que le site actuel est occupé dès les premiers siècles de notre ère.
A partir du Vème siècle, les Barbares (mérovingiens ou wisigoths) s'installent dans la région comme en témoigne les fouilles de la nécropole du plateau de Mascourbe. Elle est composée d'une vingtaine de tombes dont sont issus quelques couteaux de fers, une boucle de ceinturon en bronze ornée d'une svastika (croix gammée), une fibule circulaire.
Nul doute sur l'origine primitive des Hospitaliers (Ordre de Saint-Jean de Jérusalem) à Saint-Félix : un des plus anciens actes daté de 1149, mentionne le frère de l'Hôpital de Jérusalem, Raymond Pourcel, un autre établi au château de Montpaon et daté de 1179, parle de la donation d'une maison, jardin et cour, sis à Montpaon, à l'Ordre des Hospitaliers, Maison de Saint-Félix.
Une enceinte primitive entoure le château et en 1438, après la guerre
de Cent Ans, Dardé-Etienne d’Alaus est chargé de faire construire une enceinte autour de la ville afin de protéger les habitations qui se sont développées autour du château de la commanderie, des troupes de brigands constituées en partie des anciens soldats désoeuvrés. Un nom est souvent cité : Rodrigue de Villandrando (1386/1457, portrait de droite), l'Empereur des brigands, comte de Ribadeo et de Valladolid, lequel avec ses 10000 écorcheurs, la plupart d’origines anglaises, terrorisent et rançonnent les populations et les seigneurs des régions Sud rouergates qu'ils traversent, saccageant et pillant.
Aux côtés d'un très grand nombre de tisserands à l'œuvre dans le pays rouergat sous l'Ancien Régime, le travail de la laine se développe surtout après la Révolution Française en plusieurs régions de l'Aveyron.
A la fin du XVIIIème siècle, Saint-Félix posséde près de 1000 habitants et la principale source de revenu est l'industrie textile. Le molleton, la finette, la sergette, l'étamine, le kalmouc et le burat sont produits, au moins depuis 1750 à Saint-Affrique avec notamment la production de draperies. D'autres centres prennent leur essor, ainsi à Saint-Félix-de-Sorgues, au Pont-de-Camarès, à Fayet et à Brusque.
En 1914, les poilus de la Grande Guerre, se réchauffent avec des laines de l'Aveyron. Une laine produite exclusivement par les brebis de Lacaune, dont le lait sert pour le fromage de Roquefort.
Seigneurs et gens de la noblesse
Au Haut Moyen Age, la féodalité se constitue. Un acte de 1126, permet d'affirmer que l'installation de la Famille de Saint-Caprazy est primitive à la constitution de la commanderie de Saint-Félix. Une partie des Saint-Caprazy sont des vassaux directs des seigneurs de Brusque, eux-mêmes vassaux des Trencavel, seigneurs de Béziers et Carcassonne et vassaux des Comtes de Toulouse. Une autre partie de la seigneurie dépend des puissants seigneurs de Caylus, eux-mêmes vassaux des comtes de Rodez.
Saint-Caprazy est rapidement associé à son puissant voisin hospitalier, perdant dans le même temps son rôle de château seigneurial pour devenir un hameau fermier.
Le territoire de Saint-Félix, le village et ses alentours, sont donnés en 1146, par l'évêque Pierre de Caylus, seigneur de Caylus et de Saint-Affrique, qui "abandonne ses droits sur l'église du village et ses dépendances," prouvant qu'il existe déjà une église avant le château de la commanderie.
En 1159, Gaubert de Saint-Caprazy est le seigneur du lieu.
En 1204, Lubée de Brusque donne aux Hospitaliers tous ses droits sur la ville de Saint-Félix, ainsi qu'une partie de la vallée entre Laroque d'Aldabel et Saint-Zelles.
En 1208, Rimeric Alaman et ses frères donnent tous leurs droits sur le territoire de Saint-Félix, depuis la paroisse de Saint-Amans jusqu'à celle de Versols.
Les Familles de Saint-Caprazy et de Saint-Félix, à la suite de leur suzerain Pierre de Caylus, font partie logiquement des premiers donateurs de la commanderie, suivi par un grand nombre de petits nobles locaux.
Les commandeurs de Saint-Félix
A l'origine, la résidence principale du commandeur, malgré beaucoup de périodes d'absences, est le château de Saint-Félix, chef-lieu de sa commanderie.
Puis l'Ordre se développe et ses chevaliers-commandeurs, devenant de plus en plus puissants et influents, possèdent plusieurs commanderies très éloignées les unes des autres.
Dès le XVIème siècle, les commandeurs préférèrent faire résidence à Martrin, puis plus tard à Campagnolles, situé près de Béziers.
Tous les commandeurs de Saint-Félix sont issus de nobles familles comme le veut la règle de l'Ordre, mais certains se distinguent plus que d'autres. En voici quelques-uns qui se distinguent par leur importance, ou bien par leurs actions pour Saint-Félix :
- Le premier frère hospitalier connu est Raymond Pourcel en 1149. Les bâtiments de la commanderie ne sont pas encore construit, son rôle consiste à constituer la commanderie en rassemblant les premiers dons et acquisitions de terres.
- Raymond de Ricard, chevalier de Rhodes, dont l'oeuvre principale pour Saint-Félix, est de mettre en oeuvre le rattachement de la commanderie de Campagnolles sous celle de Saint-Félix.
- Jean Paul Lascaris de Castellar (1560/1657), issu d'une très grande et noble lignée comtale.
- Jean Charles de Romieu, bailli et Grand Croix de l'Ordre, dont l'épitaphe de la pierre tombale permet à Saint-Félix de figurer dans la co-cathédrale Saint-Jean de La Valette, à Malte.
- Jean François de Saint-Félix, est le dernier commandeur de Saint-Félix-de-Sorgues.
Chroniques communales
Les inondations de fin novembre 2011
Les violents épisodes orageux n'ont pas fait de victimes dans le Sud-Aveyron, contrairement à d’autres régions, mais ont occasionné de lourds dégâts matériels dans la vallée de la Sorgues. A Saint-Félix, certaines demeures sont sévèrement touchées, les deux moulins, les champs des bords de Sorgues mis en culture ainsi qu'une grande partie du mur de soutènement de la rampe d'accès du Pont Vieux se sont effondrés.


Des oeuvres de Kandinsky cachées pendant la Seconde Guerre Mondiale

Vassily Kandinsky (1866/1944,
portrait de gauche), peintre russe, naturalisé allemand
puis français, c
onsidéré comme l’un des peintres
les plus importants du XXème siècle, est souvent considéré comme l’auteur de la première œuvre d'art abstrait
de l'époque moderne.
Une grande partie de son oeuvre privée, aujourd'hui exposé dans les plus grands musées du monde, emballée dans une cinquantaine de caisses grandes et étroites, est camouflée par Émile Redon (voir § suivant
Les Personnalités) dans l'étable de la maison familiale à Saint-Félix-de-Sorgues pour échapper au pillage de l'occupant nazi.
Les tableaux sont rendus à la Famille Kandinsky après la guerre
(ci-contre "Munich - 1908").
Patrimoine
Le château de la commanderie dont il ne reste qu'un des contreforts d'une tour compris dans le parapet au Sud de l'église.
Les premiers actes de 1159 mentionnent un domus (maison) et indiquent qu'il est relativement imposant avec de hautes murailles, flanqué d'une terrasse à l'Ouest et d'une petite cour, et qu'il comprend au moins deux étages, deux pièces principales avec la chambre du commandeur et celle de la gouvernante, et d'autres dépendances de plus petites dimensions dont une salle réservée aux malades, miséreux et pèlerins de passage. Le château et la commanderie sont souvent appelés l'Hôpital. Selon un acte de 1491, il possède une salle d'honneur, pour la réception des hôtes de marques.
Les guerres de religion le laisse en ruines, visibles jusque dans les années 1850. Ses pierres et poutres ont fait et font encore partie de beaucoup de maisons du village.