- Accueil
- 5 - REGION "GRAND EST"
- Meuse (55)
- Chauvency-Saint-Hubert
Chauvency-Saint-Hubert
Commune rurale à habitat dispersé de la Lorraine gaumaise, territoire transfrontalier regroupant 35 communes belges ou françaises (voir § Chroniques et légendes) où, jadis, des carrières d’extractions de pierre sont exploitées.
Entouré par les communes de Brouennes, Chauvency-le-Château, Bièvres.
Chauvency-Saint-Hubert est situé à 2Kms au Nord-Ouest de Chauvency-le-Château la plus grande ville à proximité.
La commune est proche du Parc Naturel Régional des Ardennes.
Toponymie
Cavisiacum en 1157 ; Calviacum en 1169 ; Calviciacum, Calvinciacum en 1179 ; Chavecy, Chauency en 1240 ; Chauvency-Sti-Huberti en 1364 et 1373 ; Calviniacum au XIVème siècle ; Chauvency-Sainct-Hubert en 1529 ; Chevancey en 1656.
Chauvency-Saint-Hubert tient son nom du souvenir des moines bénédictins de la puissante abbaye de Saint-Hubert, établie sous l’Ancien Régime.
Les armes de la commune se blasonnent ainsi :
Parti : au 1er, d’or au haut-fourneau flamboyant de gueules ; au 2e, de gueules à la demi-ramure de cerf posée en pal.
Ce blason est adopté en décembre 2012.
Hydrographie
La commune est dans le bassin versant de la Meuse au sein du bassin Rhin-Meuse. Elle est drainée par la Chiers qui prend sa source dans la commune de Mont-Saint-Martin et se jette dans la Meuse à Remilly-Aillicourt, après avoir traversé 46 communes ; le ruisseau du Bouillon et le Ravin de Tanree
Histoire
Le nom de Chauvency-Saint-Hubert provient directement de l’abbaye Saint-Hubert autour de laquelle les habitations se sont greffées.
Les moines se sont implantés dans ce territoire en 955, respectant la règle de saint Benoît en alternant prière et méditation avec la culture des terres, les travaux littéraires et enseignements. Ordre riche et savant, il dépend de l’abbaye de Saint-Hubert en Belgique actuellement. Leur puissance, leur autorité est grande, le volume de leur bâtiment le prouve. L’abbé de Saint-Hubert et son prévôt ont droit de haute justice. Ils peuvent donc juger les affaires criminelles.
En 956, Étienne, comte de Porcien (1) donne à Saint-Hubert la moitié de Chauvency appartenant au comté d'Ivois (2), pour racheter le dommage qu'il a causé à l'abbaye en édifiant le château de Mirwart (voir § suivant).
De 1659 à 1790, la commune fait partie du Luxembourg français, bailliage et assises de Montmédy, coutume de Thionville et, est rattachée au diocèse de Trèves.
Au début du XXème siècle, une gare ferroviaire dessert Chauvency-Saint-Hubert et Chauvency-le-Château.
Chroniques et légendes
Le château de Mirwart
L'origine du domaine du château remonte au VIIème siècle, à mon ancêtre Pépin II de Herstal (645/714, portrait de gauche). À cette époque, aucun château ne se trouve sur le domaine. Les nobles qui y vivent sont les protecteurs de l'Abbaye de Saint-Hubert nouvellement fondée.
En 955, Étienne, comte d'Ivois et de Porcien, fait construire un château-fort sur le domaine. L'abbé de Saint-Hubert, Albert, pour qui l'abbaye fait partie du clergé de Saint-Hubert, y voit une tentative de s'approprier le domaine. La forteresse, assez petite, ne comporte qu'une seule tour.
Au XIème siècle, le territoire de Mirwart tombe entre les mains des puissants ducs de Lorraine, dont Godefroid dit le Barbu (997/1069) est la figure de proue. Pris en plein conflit grave avec Henri III dit le Noir (1017/1056), empereur romain germanique, Godefroid utilise la forteresse de Mirwart lors de la guerre qu’il mène contre l'empereur. La forteresse est partiellement détruite.
En 1078, Henri de Verdun (+1091), prince-évêque de Liège, fait reconstruire la forteresse puis la fait détruire en 1084, à la demande de l'Abbaye : les moines se sentant menacés par les nobles, propriétaires du château et par les soldats qui habitent la forteresse et ravagent les contrées voisines.
Otbert (+vers 1119), successeur d'Henri, fait reconstruire la forteresse. Motte castrale vraisemblablement : une tour est construite sur une petite colline dans le but
de dominer le paysage et d’éloigner les ennemis. Des vestiges de cette période sont encore présents dans le sous-sol du château actuel.
Le seigneur de Mirwart le plus célèbre de cette période est sans doute Godefroid de Bouillon (1058/1100, portrait de droite), chef de la première croisade et premier souverain de Jérusalem.
Dès ses débuts, le domaine fait l'objet de désaccords, voire de batailles, entre l'Abbaye de Saint-Hubert, le prince-évêque de Liège et les familles nobles régnantes, chacun le revendiquant.
Aux XIIIème et XIVème siècles, des conflits éclatent entre le comté de Hainaut et le prince-évêque de Liège. La bataille des Éperons d'or pour le territoire de Mirwart est remportée par Adolphe de Waldeck (1258/1302), prince-évêque de Liège.
Pendant une centaine d'années, le château passe du prince-évêque de Liège aux comtes de Namur. L’aspect du château évolue considérablement : des murs et des tours sont construits puis détruits, comme en témoignent les vestiges actuels, toujours visibles au sous-sol du château.

Puis, le domaine du château appartient aux puissants ducs de Bourgogne. Après que Philippe III de Bourgogne dit le Bon (1396/1467, portrait de gauche) ait placé son conseiller à la tête du domaine, son fils Charles de Bourgogne dit le Téméraire (1433/1477, portrait de droite) le remet à la Famille Van der Mark-Arenberg, qui pendant plus de 200 ans sont les puissants propriétaires du domaine de Mirwart.
La comtesse Margaretha de la Marck-d'Arenberg (1527/1599) dirige le château pendant sa période la plus florissante. Actuellement, les vestiges de la période d'Arenberg sont encore visibles partout sur le domaine.
Pendant la majeure partie du XVIIIème siècle, le domaine du château se trouve entre les mains de la Famille de Smackers. Le premier baron de Smackers, un ancien commerçant, souhaite que le château lui confère tout le prestige et les privilèges liés à son nouveau titre. Il investit
énormément dans le bâtiment, lui donnant l'apparence générale et la taille qu'il a aujourd'hui encore.
En 1820, Aimé Gabriel d'Artigues (1773/1848, portrait de gauche), fondateur des verreries de Vonêche et de Baccarat achète le château, il le revend en 1836. L’acquéreur est la Société Forestière et Agricole, nouvellement créée, dont le
président est le comte Jacques André Coghen (1791/1858), ministre des Finances du royaume de Belgique ; il semble pourtant que le propriétaire de fait du château ne soit autre que le roi des Belges Léopold Ier (1790/1865, portrait de droite) ami de Coghen.
Dix ans plus tard, le château appartient respectivement aux Familles nobles Van der Linden, d'Hoogvorst, d'Arrigade et Von der Becke qui le transforme favorablement. Alphonse Balat, architecte du roi Léopold II, y apporte de nombreuses améliorations.
Après la vente du château à la province de Luxembourg aux termes de la Seconde Guerre Mondiale, il se dégrade, sa décoration et son mobilier sont pillés et le bâtiment reste vide et inoccupé.
En 2016, le château est vendu à ICM SA. Il est restauré et accueille aujourd'hui des résidences, des thermes, un espace de concert et un restaurant.
La Lorraine gaumaise
Présenté comme territoire de cœur pour ses habitants français et belges, à la fois lorrains et gaumais sur les plans historique et culturel, la Lorraine gaumaise a pris officiellement ce nom après validation par les instances européennes du projet Interreg (programme européen visant à promouvoir la coopération entre les régions européennes et le développement de solutions communes dans les domaines du développement urbain, rural et côtier, du développement économique et de la gestion de l’environnement. Il couvre la période 2014 à 2020).Les actions menées sont principalement d’ordres touristique et culturel.
Le territoire de la Lorraine gaumaise comprend les 25 communes françaises du Pays de Montmédy et les communes belges d'Étalle, Meix-devant-Virton, Musson, Rouvroy, Saint-Léger, Tintigny, Virton, Chiny, Florenville et Herbeumont.
Patrimoine
L’ancien prieuré du XVIIIème siècle, placé sous l'autorité d'un prieur, est desservi par les moines de l’abbaye Saint-Hubert en Belgique qui en gèrent sur place les revenus. Le prieur récolte les deux tiers de la dîme au profit de l’abbaye. Il est présenté par un Chapitre, puis nommé par l'abbé dont il dépend. Il est aidé par un seul desservant qui exerce les fonctions de vicaire et jusqu’à plusieurs dizaines de religieux.
C’est une magnifique bâtisse flanquée de deux tours carrées, couronnées d'un toit en pavillon, avec un perron central, une grande porte surmontée d’une imposte à petits carreaux et d’une corniche aux grandes fenêtres. Les baies de fenêtres sont munies de linteaux délardés dont une partie en biseau.
Ses caves servent de prison pendant un temps.
L'église Saint-Hubert, reconstruite en 1736, conserve une tour-porche fortifiée du XVIème siècle, petite bretèche pour défendre son portail.
Le cadran solaire méridional, gravé sur une pierre de l’église.
La maison du prévôt, datée de 1742, était la résidence des officiers de justice représentant le prieuré.
La maison du cellérier, est datée de 1729. Le cellérier est un religieux qui tient le rôle d'économe et redistribue les ressources d'une façon juste aux différents membres de la communauté. Cette très grande maison, au début de la rue de l’église, devient le presbytère. Elle a peu d’ouverture, l'entrée se fait par le jardin protégé par un vieux mur et un portail cintré.
Le monument aux morts est situé près du chevet de l'église Saint-Hubert, au centre du village. Sur un socle quadrangulaire et légèrement trapézoïdal, se dresse un poilu en position de repos. Il commémore les victimes de la Première Guerre Mondiale tombées sur les différents champs de batailles.
Trois lavoirs datés du XIXème siècle.
La grosse forge du Bouillon datée de 1708, est une importante forge au XVIIIème siècle, elle est agrandie au XIXème siècle, puis son activité baisse et disparaît vers 1880 concurrencée par le développement industriel de Longwy. Les bâtiments, transformés en ferme, sont restaurés au XXème siècle.
L’ermitage Saint-Lambert date du XVIème siècle, il est situé à 2Kms du village. En 1570, la messe y est célébrée 4 fois par an. Lieu de pèlerinage fréquent, on y trouve encore les vestiges d’un bassin d’immersions.
La mairie-école, rue du Four, date de 1867.
Plusieurs maisons et fermes sont datées de 1729 à 1850.
Hameaux, lieux dits et écarts habités
Le Moulin, Les Vignes, La Forge, Carrousel.
Evolution de la population
Nos ancêtres de Chauvency-Saint-Hubert…
Naissance/baptême :
GILLET Idelette (sosa 677G10) vers 1650.?
Union :
?
FRENOIS Jacques (sosa 675G10) avec GILLET Idelette (sosa 677G10) le 13 avril 1687. La signature de Jacques ci-contre.?
Carte de Cassini
Notes
(1) Le comté du Porcien en Champagne remonte au VIIIème siècle et est un comté carolingien puissant. Les comtes qui en ont la charge sont fidèles à la dDynastie carolingienne en place.
(2) Le comté d'Ivois, correspondant primitivement aux diocèse de Trèves, s'étend de la Meuse à la Semois et s'avance dans l'Ardenne au Nord, jusqu'au delà de Longlier et de Neufchâteau.
Sources
Sites et photos : Wikipedia ; Office de tourisme transfrontalier du Pays de Montmédy ; La Lorraine gaumaise ; Realportico.
Date de dernière mise à jour : 14/09/2026



