Loches

Chef-lieu d'arrondissement et sous-préfecture d'Indre-et-Loire, cette petite ville médiévale de Touraine, située sur l'Indre, est recensée comme Ville d'Art et d'Histoire en 2000, Ville fleurie et parmi les Plus beaux détours de France, elle est aujourd'hui très populaire chez les Britanniques qui s'installent nombreux dans cette partie de la Touraine, renouant par là avec leurs ancêtres Plantagenêt.
Ce petit bourg, relais fortifié de la vallée de l'Indre sur le vieux chemin marchand d'Amboise à Poitiers, a longtemps concurrencé la voie commerciale d'Aquitaine partant de Tours ou de Langeais. Un important chemin Saint-Jacques emprunte cette voie commerciale au XIIème siècle.
La commune possède un patrimoine naturel remarquable composé d'un site Natura 2000 et de trois zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique.
Les communes limitrophes sont : Chanceaux-près-Loches, Chambourg-sur-Indre, Ferrière-sur-Beaulieu, Beaulieu-lès-Loches, Perrusson, Saint-Senoch, Varennes, Mouzay.
La commune est jumelée avec : Wermelskirchen (Allemagne) depuis 1974 ; Saint Andrews (Écosse). En décembre 2011, un accord est signé avec la ville de Souzdal (Russie) prévoyant des échanges avec cette ville touristique de l'Anneau d'or russe.
Le Conseil National des Villes et Villages Fleuris de France a attribué trois fleurs à la commune au Concours des villes et villages fleuris.
Héraldique
Les armes de la commune se blasonnent ainsi : D'argent à six loches de sable 3-2-1, au chef d'azur chargé de trois fleurs de lys d'or.
Ce blason apparaît au XVème siècle. Les loches (poissons) qui y figurent ne sont qu'un jeu de mots pour faire référence au nom de la ville.
Hydrographie
La commune est traversée par l'Indre qui coule du Sud vers le Nord à l'extrémité Est du territoire de la commune. Le réseau hydrographique communal comprend également 7 petits cours d'eau.
5 zones humides sont répertoriées : la vallée de l'Indre, environs de Loches, Perrusson à l'Ile Auger, l'étang de Bussière et la vallée du Ruisseau de l'étang.
Toponymie
Plusieurs formes du nom de la ville se sont succédées :
Au VIème siècle : Lucca, vicus Loccae ; aux VIIème et VIIIème siècles : Lucas castrum ; au Xème siècle : Ecclesia Leucharum ; au XIème siècle: Locos, Leucas ; au XIIème siècle : Castrum de Lochiis ; au XIIIème siècle : Loiches ; et enfin Loches depuis le XVème siècle.
Ce n'est pas parce qu'il y a des poissons sur le blason de la ville qu'elle se nomme Loches mais parce que la ville s'appelle Loches que des poissons figurent sur le blason.
Des érudits proposent un hypothétique étymon celtique louch = étendue d'eau ou marais, basée sur un rapprochement avec le loch écossais.
Histoire
La bourgade primitive de Loches est citée par l'évèque et historien Grégoire de Tours (538/594) sous le nom de Lucca ou vicus Loccae.
Le site sous la dénomination de castrum luceae est occupé par les Romains qui place la petite cité à la frontière de la province d'Aquitaine. Quelques traces de cette époque subsistent : au lieu-dit Cornillé, des pièces d'or de l'époque romaine sont retrouvées ; l'aqueduc de Contray, dont des piliers sont encore debout, témoignent d'une exploitation agricole antique ; le bénitier de l'église Saint-Ours provient d'une colonne gallo-romaine dédiée aux Dieux de l'Olympe.
La christianisation est marquée au Vème siècle par l'établissement d'une église dédiée à sainte Marie-Madeleine, par l'évèque de Tours, saint Eustache (+461).
Des traces d'occupation remontant à l'époque romaine sont trouvées mais aucun vestige de bâti ne subsiste jusqu'au Moyen Âge central. Les sources écrites permettent de connaître l'existence d'un premier château au haut Moyen Âge. Grégoire de Tours mentionne, dans ses Histoires, que lorsque Ursus de Cahors dit Saint Ours vient en 491 fonder un monastère dans la partie Nord de l'actuelle cité médivale, et un moulin sur l'Indre pour les moines, un castrum, probablement en bois, existe déjà sur le promontoire. À sa mort en 508, Senoch (536/576) lui succède à la tête du monastère et donne son nom à un village voisin, Saint-Senoch.

Dès l'époque mérovingienne, la bourgade est un centre religieux qui bénéficie d'immunités régaliennes. Elle semble ainsi disposer très tôt d'un atelier monétaire.
En 742, les maires du Palais, mes ancêtres, fils de Charles de Herstal dit Martel (686/741, portrait 1 de gauche), Carloman de Herstal (705/754) et Pépin III de Herstal dit le Bref (715/768, portrait 1 de droite), qui devient roi des Francs de 751 à 768, livrent bataille contre Hunald Ier d'Aquitaine (705/774), duc des Gascons et des Aquitains, et s'emparent de Loches. Le château est alors complètement rasé. Un nouveau château est bâti et en 840. Le roi, mon ancêtre Charles II dit le Chauve (823/877, portrait 2 de droite), en fait don à un homme noble d’Orléans, nommé Adaland, pour résister aux incursions des Normands.
Lorsque mon ancêtre Louis II dit le Bègue (846/879), fait de Tours une Préfecture Royale, il nomme Préfet le comte Ingelger d'Orléans (840/888) en reconnaissance de ses services, lui donne une partie du comté d'Anjou et lui fait épouser Adélaïde du Gâtinais de Buzencais (848/893), fille du comte du Gâtinais. Leur fils, Foulques Ier d'Anjou dit le Roux (870/942), épouse Roscille de Loches (875/938) qui lui apporte en dot la forteresse de Loches.
Au Xème siècle, la forteresse constitue une enclave angevine au sein des territoires des comtes de Blois et de Chartres, alors que les deux Maisons sont en lutte pour l'occupation de la Touraine. Elle s'inscrit dans un vaste complexe militaire, aux côtés des forteresses de Montrichard, Montrésor, Langeais ou Montbazon, disséminées en Touraine, afin de maîtriser cette zone frontalière disputée. Au cours de la guerre contre la Maison de Blois, mon ancêtre le comte Geoffroy Ier de Donzy (987/1037) est capturé et emprisonné à Loches (voir § Mes ancêtres en bas de page).
Après un assaut avorté contre la forteresse en 1042, le comte, Thibaut III de Blois (1019/1089) est capturé et enfermé par Geoffroy II dit Martel (1006/1060), fils de mon ancêtre Foulques III dit Nerra (972/1040, portrait 2 de gauche) au donjon de Loches. Les hostilités entre Angevins et Blésois pour le contrôle de la
Touraine ne s'achèvent qu'en 1044 quand Geoffroy II dit Martel remporte la bataille de Nouy.
Le château connaît ensuite plusieurs sièges, notamment lors des luttes qui opposent Capétiens et Plantagenêts. Au XIIème siècle, le roi d'Angleterre, Henri II Plantagenêt (1133/1189, portrait 3 de droite) entre en possession du château à la suite de son mariage avec Aliénor d'Aquitaine (1124/1204). Il fait ériger les remparts et les douves qui entourent la ville haute, toujours visibles actuellement.
Après la mort d'Henri II Plantagenêt, profitant que Richard dit Cœur de Lion (1157/1199, portrait 3 de gauche) capturé lors de son retour de la 3ème croisade, soit retenu prisonnier par l'empereur germanique Henri VI (1165/1197), le roi Philippe II dit Auguste (1165/1223) intrigue avec Jean Plantagenêt dit sans Terre (1166/1216), frère de Richard dit Cœur de Lion, et se fait donner Loches. Dès sa libération, Richard dit Cœur de Lion accourt et reprend le château de Loches le 13 juin 1194.
En 1205, le roi Philippe II dit Auguste (1165/1223) prend sa revanche. Le siège dure un an : le donjon est repris.
Loches intègre le domaine royal, et le château ne connait plus d'affrontement militaire majeur.
Au XIIIème siècle la tour romane est entouré d'une enceinte.
En 1358, Enguerrand d'Eudin (+1391) capitaine de Loches de 1358 à 1364, fait faire des travaux de remise en état des fortifications, du pont-levis et du donjon.

En mai 1429, après sa victoire à Orléans, Jeanne d'Arc (1412/1431) rencontre le roi Charles VII (1403/1461, portrait 4 de droite) pour le convaincre de se faire couronner.
Agnès Sorel (1422/1450, portrait 4 de gauche), favorite du roi Charles VII, habite les châteaux aménagés de Loches et de Beaulieu de 1444 à 1449. Elle abandonne la Cour de Chinon, où le Dauphin, futur roi Louis XI (1423/1483), ne supporte pas sa relation avec son père. Un jour, il laisse éclater sa rancœur et poursuit, l’épée à la main, l’infortunée Agnès dans les pièces de la maison royale. Elle court se réfugier à Loches et Charles VII, courroucé par tant d’impertinence, chasse son fils de la Cour et l’envoie gouverner le Dauphiné.
Le château est utilisé comme prison d'Etat à partir du XVème siècle par le roi Louis XI puis jusqu'en 1926.
Aux XVème et XVIème siècles de nouvelles constructions défensives sont érigées.
Le clergé séculier, du diocèse de Tours, fonde à Loches, un collège en 1576. Vers 1640, ce collège est repris par les Barnabites (1).
La ville connaît son âge d'or au XVIème siècle, la chancellerie finie en 1551 et l'Hôtel de Ville, bâti par les bourgeois de la ville avec l'accord du roi François Ier (1494/1547, portrait 5 de gauche), en témoignent. À cette époque, Loches est égale en dignité à Tours et à Chinon.
Le roi Charles IX (1550/1574, portrait 5 de droite) émancipe les bourgeois et habitants de la tutelle directrice des chanoines de Loches et accorde à la ville un statut de municipalité désormais dirigée par un maire et trois échevins.
Le roi Louis XVI (1754/1792, portrait 6 de gauche) utilise également le château de Loches comme prison pour les Anglais capturés lors de la Guerre d'Indépendance des États-Unis de 1775 à 1783, à laquelle la France participe contre la Grande-Bretagne.
À la veille de la Révolution Française, Loches est en déclin, en partie à cause du pont royal de Tours qui détourne le trafic vers Tours. La population chute en deçà de 4 000 habitants. En 1789, la prison royale ne compte plus que trois prisonniers. Le mouvement révolutionnaire est suivi par la bourgeoisie et le clergé local. Le château est pillé et sévèrement endommagé. Des restaurations majeures commencent en 1806, mais encore aujourd'hui certaines parties demeurent en ruines. En 1791, le chanoine Pothier fait brûler la sinistre cage de Jean de la Balue (2). L'année suivante, la commune élit son premier maire, le citoyen Picard-Ouvrard.
Sous la Convention, la prison lochoise, considérée comme la plus sûre du département, connaît un regain d'activité, le Logis royal et les maisons des chanoines sont réquisitionnés, en plus des cachots du donjon, pour loger tous les détenus.
Sous le Consulat, Chinon et Loches sont désignées sous-préfectures du département d'Indre-et-Loire, préservant ainsi une certaine autonomie administrative et culturelle face à la ville de Tours.
Sous la Restauration puis la Monarchie de Juillet, les routes sont refaites et rectifiées. Loches possède un Tribunal de Première Instance et un collège. Papeteries et tanneries sont actives au milieu du siècle lorsque le chef-lieu d'arrondissement obtient une station de chemin de fer sur la ligne de Tours à Montluçon.
La Seconde Guerre Mondiale à Loches
De 1940 à 1942, située à proximité de la Ligne de démarcation, la ville devient l'un des passages obligés entre la zone occupée et la zone libre.
Le 32e Régiment d’Infanterie de Touraine, cantonné à Loches, forme, après la dissolution de l'armée d'Armistice sur place le maquis Épernon qui, avec d'autres maquis, alimente la Résistance combattante lochoise.
Le jeudi 27 juillet 1944 a lieu la rafle de Loches. La Gestapo aidée par la milice de Tours boucle la ville, plus de 200 personnes sont arrêtées et questionnées une partie de la journée dans les locaux de l'école des filles Alfred-de-Vigny. 58 hommes et 6 femmes sont dirigés vers la prison de Tours, puis vers les camps de déportation. 48 personnes ne reviendront pas des camps.
Des civils, mais aussi gendarmes et policiers sont arrêtés, ainsi que le sous-préfet. Le maire de Loches, Raymond Mallet, membre des FFI, parvient à s'enfuir mais sa femme est arrêtée et meurt en déportation. Dans la cour de l'établissement scolaire une plaque rappelle les faits de cette triste journée.
Le 20 août 1944, a lieu la bataille de Loches entre deux divisions de l'armée allemande (environ 20 000 hommes) et la Résistance. Les Allemands l'emportent.
Le 21 août, 4 résistants sont repérés dans la Prairie du roi, du côté de Corbery, les Allemands les visent, à distance (700 m environ). 3 corps sont retrouvés. Des convois allemands continuent de passer jusqu'au 1er septembre inclus. La ville est libérée le 2 septembre 1944.
Un chef de maquis, le pseudo capitaine Le Coz, Georges Dubosq, faux capitaine mais véritable bandit assassin, est arrêté après la Libération, le 23 octobre 1944 par le commissaire de police de l'époque. Transporté à Tours en voiture cellulaire, il est traduit devant la Cour d'Assises d'Angers et dirigé vers la prison de cette ville. Jugé en octobre 1945, à 42 ans, dans la position allongée car il est atteint de tuberculose osseuse, il est condamné à mort et exécuté le 16 mai 1946, debout, attaché à sa civière.
Le maire de Loches, Daniel Wilson, et le scandale des décorations
Le scandale des décorations de 1887 est un scandale politico-financier de trafic de décorations, qui éclabousse le Président de la République, Jules Grévy (1807/1891, portrait de droite), et le contraint à la démission le 2 décembre 1887.
Ce scandale devient une affaire politique lorsque l'enquête révèle que le trafic de décorations est orchestré, depuis l'Élysée, par Daniel Wilson (1832/1919, portrait 1 de gauche), gendre du Président de la République Jules Grévy, maire de Loches pendant plus de 30 ans de 1874 à 1904, et député d’Indre-et- Loire.
Daniel Wilson a utilisé son influence pour négocier des participations d'hommes d'affaires dans ses entreprises en échange de l'obtention de décorations. Il revend depuis un bureau de l'Élysée des milliers de décorations, notamment la Légion d'Honneur pour 25 à 100 000 francs de l'époque, pour verser des subventions à des journaux de province.
Parmi ses complices, il y a le général Louis Charles Caffarel (1829/1907, portrait 2 de gauche), le général comte Joseph Hardouin Gaston d'Andlau
(1824/1892, portrait 3 de gauche), sénateur de l'Oise, et les deux maquerelles qui ont fait les révélations à la brigade des mœurs.
L'instruction, confiée à un juge réputé intègre, Gaston Laurent-Atthalin (1848/1912), met également en cause des intermédiaires et rabatteurs louches des deux sexes, qui se retranchent derrière les deux personnages influents du trafic, le général d'Andlau et Daniel Wilson. Ce dernier use de son influence auprès du préfet, Arthur Gragnon (1844/1914, portrait de droite), pour supprimer des dossiers des lettres l'incriminant. Pensant calmer les élus et la presse, il rembourse au Trésor public 40 000 francs pour les frais de timbre qu'il a esquivés en utilisant les papiers de l'Élysée. L'effet produit est l'inverse de celui voulu, le public voyant cela comme un aveu et une manœuvre pour détourner l'attention. Wilson est forcé par le président du Conseil, Maurice Pierre Rouvier (1842/1911), à quitter l'Élysée. Puis, face à la découverte par le juge qu
e le dossier est incomplet, prouvant qu'il a été falsifié par la Préfecture, Arthur Gragnon avoue et doit démissionner. Le ministre de la Justice, Charles Jean Jacques Mazeau (1825/1905), est interpellé par la Chambre et cherche à couvrir l'affaire, tout en disant qu'il va agir, sans le faire. Tous les commentateurs y voient alors une manœuvre du Président Grévy pour protéger son gendre. La Chambre lève l'immunité parlementaire de Wilson et le ministre de la Justice démissionne.
La rue, les journalistes, la classe politique, mais surtout Georges Clémenceau (1841/1929) et Jules Ferry (1832/1893), utilisent cette affaire pour demander la démission du Président Jules Grévy. Refusant d'abord, s'obstinant à déclarer son gendre innocent malgré les preuves et pensant qu'il est intouchable comme la Constitution l'indique. Il ne se rend pas compte qu'il est très rapidement isolé. Le Président du Conseil, Maurice Pierre Rouvier, est renversé. Le 21 novembre, Jules Grévy comprend qu'il n'a plus le choix et doit démissionner. Le 25 novembre, il indique qu'il donnera sa démission, le 1er décembre.
Le 3 mars 1888, Louis Charles Caffarel est condamné à 3 000 francs d'amende et Daniel Wilson à 2 ans de prison, 3 000 francs d'amende et cinq ans de privation de ses droits civiques. Ce dernier, dont l'immunité parlementaire a été levée, fait appel un mois plus tard et est acquitté, les juges considérant que le délit d'escroquerie n'est pas constitué puisqu'il a utilisé son influence pour faire obtenir de vraies décorations. Les juges indiquent qu'il existe en réalité un vide juridique sur ce qu'il a fait, qui n'est donc pas illégal au moment des faits. En novembre 1888, Wilson rejoint les bancs des députés à la Chambre, indifférent aux quolibets et à l'opprobre de ses collègues, et est réélu en 1893 et en 1898. Il est également réélu maire de Loches jusqu'en 1904.
Les seigneurs et gens de la noblesse
En 840, mon ancêtre Charles II dit le Chauve (823/877) nomme Alalande, un de ses lieutenants, gouverneur de Loches. Sa petite-fille Roscille de Loches (862/929) épouse en 905 Foulque Ier d'Anjou dit Le Roux (875/942), apportant notamment Loches en dot au comté d'Anjou.
Maison d'Anjou
Le comte angevin, mon ancêtre Geoffroi Ier d'Anjou dit Grisegonelle (938/987) s'établit à Loches et fait reconstruire l'église collégiale Saint-Ours. D'abord conçue dans un plan romano-byzantin, elle adopte des caractères romans au fil des deux siècles de construction.
Son fils, mon ancêtre Foulques d'Anjou dit Nerra (972/1040) fait construire un énorme dominium attestant sa puissance sous la forme d'une grande tour carrée. Ce donjon
quadrangulaire est toujours visible de nos jours. Son fils, Geoffroy II d'Anjou dit Martel (1006/1060), mène à terme la construction de l'imposant édifice.
Loches est une place forte royale qui peut servir de prison et le roi capétien, Philippe II dit Auguste, la confie à son connétable Dreux IV de Mello (1138/1218), qui s'efforce de la rendre inexpugnable.
En 1249, la seigneurie de Loches passe définitivement au domaine royal français après que le roi Louis IX dit Saint Louis (1214/1270, portrait de droite) l'achète avec celle de Châtillon-sur-Indre.
Jusqu'à la fin de l'Ancien Régime, les rois de France donnent le titre de lieutenants du roi aux gouverneurs de la place forte de Loches.
Evolution de la population

Patrimoine
L'Hôtel de ville
En 1519, le roi François Ier autorise les Lochois à élever l'Hôtel de ville. De style Renaissance, il contient l’un des premiers escaliers droits rampe sur rampe édifié à cette période. Deux lucarnes présentent respectivement la Salamandre couronnée de François Ier et le blason de Loches dont les trois fleurs de lys rappellent le statut de ville royale.
Ce bâtiment a la même fonction depuis 500 ans.
La Porte Picois
Construite dans la première moitié du XVème siècle, elle constitue l’une des deux portes de défense de la ville basse encore conservées aujourd’hui. Elle possède du côté intérieur, dans une niche Renaissance, la statue de la Vierge au Coeur, ajoutée à l’époque de la construction de l’Hôtel de Ville. L’original de la statue est exposé dans la galerie Saint-Antoine.
La Porte des Cordeliers
Elle est ouverte au XVème siècle dans la troisième ceinture de remparts de la ville et est munie de deux ponts-levis franchissant le bief de l'Indre. Elle permet l'entrée aux voyageurs venus par la route d’Espagne. Son nom lui vient de la proximité du couvent des Cordeliers (Franciscains).
La Porte Poitevine
Ancienne porte percée dans la partie méridionale de l'enceinte protégeant la partie basse de la ville, construite au XIIIème siècle et remaniée au XVIème siècle.
Elle doit son nom à sa situation sur la route de Loches à Poitiers, point de passage de l'un des chemins de pèlerinage vers Saint-Jacques-de-Compostelle.
Elle est mentionnée à la fin du XIIIème siècle sous le nom de Porte de la Guerche. Sa réfection date de la construction de l'enceinte urbaine au XVème siècle, comme les autres portes percées dans la courtine protégeant la ville construite au pied de la cité royale déjà fortifiée. Vers 1452, le roi Charles VII fait rebâtir les défenses de la ville, endommagées environ 10 ans plus tôt à la suite d'un incendie au cours du siège mené par le duc Jean II d'Alençon (1409/1476).
Il ne subsiste de cette porte que les pieds-droits qui l'encadrent. Une très courte portion de courtine, vers l'Ouest, relie la porte à la tour Maillet, l'une des trois tours conservées de l'enceinte urbaine de Loches, de forme cylindrique et percée de meurtrières mais qui a perdu son couronnement.
Les vestiges les plus anciens de la porte sont construits en moellons avec un chaînage d'angle en pierres de plus grande dimension, la courtine du XVème siècle et la tour Maillet sont en moyen appareil de tuffeau.
Elle est inscrite au titre des Monuments Historiques en 1962.
Le château
Ancien château fort, du premier tiers du XIème siècle, au cœur de la cité royale bâtie sur un éperon rocheux dominant la rivière et ceinturée d'une muraille, il est un point stratégique pour contrôler la vallée de l'Indre.
Sur le site castral est conservée une bombarde du XVème siècle.
Le château est classé en 1862 ; la porte de l'enceinte du château est classé en 1889 ; le logis royal est inscrit par arrêté en 1962.
La cité fortifiée enserre différents édifices bâtis entre les Xème et XVème siècles : du Sud au Nord, le château, une collégiale, puis à la pointe Nord les logis princiers puis royaux reconstruits au XIVème et XVème siècles.
Protégé, le front Sud, relié au plateau voisin, est isolé par un large fossé, les dispositifs militaires y sont concentrés. La première muraille ponctuée de tourelles rondes et pleines de la fin du XIIème siècle sur laquelle, le roi Jean dit sans Terre fait édifier d'énorme tours en amande percées d'archères, est encore visible.
Le donjon rectangulaire à contreforts, bâti dans le premier tiers du XIème siècle, par mon ancêtre Foulques d'Anjou dit Nerra, 4ème comte d'Anjou, est un des premiers édifices militaires d'ampleur bâti en pierre en Occident. Il est remarquable par ses dimensions (36m de haut) et son excellent état de conservation.
Il commande un ensemble d'enceintes et de tours progressivement modernisées au cours des XIIème et XIIIème siècles.
La forteresse du XIème siècle est transformée en prison royale au XVème siècle par le roi Louis XI qui y réside entre 1426 et 1433. Elle abrite les cachots de Philippe de Commynes (1447/1511, portrait de gauche) et du cardinal de la Balue (voir dans le diaporama la reconstitution de la cage de bois bardée de fer).
En 1500, Ludovico Sforza dit Le More (1452/1508, portrait de gauche), duc de Milan et ancien protecteur de Léonard de Vinci (1452/1519), est capturé par le roi Louis XII (1462/1515) et emprisonné durant 4 ans, dans le cachot qui porte son nom où il trouve la mort en 1508. Cette cellule laisse encore transparaître l'aspect artistique du personnage, avec les fresques dont il a recouvert une partie des murs.
Jean de Poitiers-Valentinois (1475/1539), père de Diane de Poitiers (1500/1566) favorite du roi Henri II (1519/1559), impliqué en 1524 dans la trahison du duc Charles III de Bourbon (1490/1527), connétable de France passé en 1523 au service de Charles Quint (1500/1558), au cours de la sixième Guerre d'Italie, est condamné à mort. Sur l’échafaud, il apprend qu'il est gracié par le roi François Ier, en reconnaissance des services de son gendre, Louis de Brézé (1463/1531), époux de Diane. Il passe ses dernières années emprisonné à Loches
En 1801, Napoléon Bonaparte (1769/1821) transforme la prison royale en prison départementale. En 1926, le donjon cesse d'être une prison.
Le donjon est flanqué d'une tour ronde nommée tour Louis XI, édifiée pendant la Renaissance au XVème siècle. De vocation purement militaire, elle est conçue pour permettre le tir au canon du haut de sa terrasse. Elle comporte trois étages reliés par un escalier en vis. Les salles des étages, qui servent de cellules, portent de nombreux graffitis et sculptures réalisés par des prisonniers dans la pierre calcaire. Au rez-de-chaussée, la salle de la Torture contient une barre de fer équipée d'anneaux, qui sert à entraver des détenus. L'accès à la tour se fait par le logis du gouverneur du XIVème siècle. Cette tour à moitié écroulée en juillet 1814, est restaurée ensuite.
En 2013, ce bâtiment abrite le hall d'entrée pour la visite du donjon.
Les remparts
Les 3 tours en amande de la partie Sud des remparts sont construites par Henri II d'Angleterre et son fils, Richard Cœur de Lion. Une poterne à pont-levis de XIVème siècle se cache entre les tours semi-circulaires du XIIème siècle.
En 1307, dans ces tours sont enfermés certains Templiers, dans l'attente de leur procès comme Hugues de Pairaud (1245/1314) arrêté à Poitiers en compagnie de 15 autres templiers, il est emprisonné à Loches avant d'être transféré à Paris.
Le jardin médiéval clos par le mur Sud du donjon et le premier rempart, il est constitué de deux espaces séparés par une haie vivante de saules tressés.
Le premier espace est le jardin seigneurial dont la banquette, préau surmonté d'une pergola, est tapissée de verdures tout comme l'espace ombragé sous le mûrier.
Le second espace possède huit carrés bordés de plessis de gaulettes de châtaigniers.
De belles collections de plantes tinctoriales, telles la garance, le pastel, la gaude sont présentées. Des plantes médicinales, comme l'angélique ou l'armoise, des céréales, sarrasin ainsi que des variétés anciennes de plantes potagères occupent le centre.
Dans les derniers carrés de nombreuses plantes médicinales précèdent le fond du jardin qui est composé d'une banquette fleurie de roses, ancolies pivoines et iris.
Les murs palissés d'arbres fruitiers et d'arbustes longent ce jardin.
Le Logis royal
Il est bâti sur la pointe de l’éperon rocheux dominant la vallée de l’Indre. C'est l'une des résidences favorites des Valois pendant la Guerre de Cent Ans (de 1337 à 1453).
Le roi Charles VII érige un premier corps de logis inspiré de l’architecture militaire, à la fin du XIVème siècle. Ses successeurs le prolongent d’un deuxième bâtiment dont la façade reçoit un décor de style gothique flamboyant.
Trois femmes illustres marquent l’histoire du Logis royal : Jeanne d’Arc, Agnès Sorel et Anne de Bretagne (1477/1514, portrait de gauche) épouse des rois Charles VIII (1470/1498) et Louis XII (1462/1515).
La Porte Royale ou Portal du chastel, place au milieu du front Ouest, est l'unique entrée de la cité fortifiée.Une première porte est élevée au XIIIème siècle, il n'en reste qu'un piédroit roman et les massifs des tours. Elle est très profondément remaniée au milieu du XVème siècle. Les parements de maçonnerie, l'escalier, le corps central, la terrasse à canon, lui donnant sa physionomie actuelle, datent de cette époque. Cet accès au château n'a pas changé depuis la construction de la première enceinte qui couronne les escarpements naturels. La porte actuelle est flanquée de deux tours et munie de mâchicoulis. Les traces d'un double pont-levis et d'une herse ainsi que les gonds de la porte, sont encore visibles.
Cette porte a connu trois campagnes de construction :
- La porte romane de la seconde moitié du XIème siècle, sans tour, comporte deux vantaux en bois ; 
- La seconde porte, date du début du XIIIème siècle, elle comporte deux tours de flanquement circulaires percées d'archères sur plusieurs niveaux conçue comme un châtelet d'entrée. La tour à gauche de la porte est reliée à la courtine par un bout de mur de la porte romane. Elle doit être munie, comme toutes les portes du XIIème siècle, d'un assommoir, d'une herse et de vantaux. Les deux tours cylindriques comportent trois niveaux de chambres de défense avec archères ;
- La troisième porte, date du XVème siècle. Après la démolition de la partie centrale du châtelet en conservant les tours, le pont-levis est modifié par un pont-levis à flèches pour la porte charretière et un guichet pour les piétons, avec l'ajout de mâchicoulis et d'une plateforme. Les clefs de voûte du passage d'entrée timbrées aux armes de France et du Dauphiné permettent de dater cette reprise du châtelet au règne de Charles VII, après le réconciliation du roi avec son fils, le Dauphin, futur Louis XI, soit entre 1450 et 1455. La plateforme située au sommet de l'aménagement de la porte est alors le principal niveau de défense. Les archères-canonnières du rez-de-chaussée permettent de se servir de couleuvrine. Pour assurer la défense de l'entrée, la porte est précédée d'une barbacane, démolie en 1699.
La caponnière, située juste à l'Est du donjon, est une casemate construite vers 1539 pendant les Guerres de Religion, pour moderniser le château et défendre les fossés.
L'église Saint-Ours
Ancienne collégiale, sous le vocable de Notre-Dame, dont l'architecture est marquée par deux tourelles pyramidales à 8 faces, les dubes, élevées vers 1165, ainsi que par son portail polychrome sculpté de personnages et d’animaux tirés du bestiaire du Moyen Âge.
Collégiale puis, après la Révolution Française, le Chapitre étant dispersé, elle devient église paroissiale dédiée à saint-Ours, abbé de la fin du Vème siècle.
Elle renferme, depuis avril 2005, le tombeau de marbre d'Agnès Sorel.
D'après Grégoire de Tours, la première église est construite au Vème siècle par saint-Eustache, évêque de Tours.
Selon la légende, mon ancêtre le comte Geoffroi Ier d'Anjou dit Grisegonelle fonde la collégiale entre 963 et 985 pour servir d'écrin à la relique d'une moitié de la ceinture de la Vierge apportée de Constantinople au Xème siècle.
La nef et le transept s'effondrant entre 1030 et 1050, Thomas Pactius, notaire et chapelain du comte d'Anjou Foulques V d'Anjou dit le Jeune (1092/1143), prieur de la collégiale Notre-Dame, la fait reconstruire au milieu du XIIème siècle.
La nef conserve des maçonneries du XIème siècle, en particulier la première travée. La tour occidentale est édifiée vers 1160. Le voûtement en pierre, remplaçant une couverture charpentée, entraîne la reprise des murs de la nef et l'ajout de fortes piles. La fin du XIIème siècle voit la reconstruction complète du chœur et des transepts à absidioles.
La relique, exposée à la vénération populaire trois fois par an, est protégée par un reliquaire en or et en agate offert par Agnès Sorel, il disparaît à la Révolution Française.
L'église prend sa forme actuelle à la fin du XVIIIème siècle, suite à la destruction de l'ancienne église paroissiale. La Collégiale Notre-Dame devient l'église paroissiale Saint-Ours, ainsi baptisée en l'honneur d'Ursus de Cahors, abbé-fondateur du monastère à la fin du Vème siècle.
Elle connait d'importantes modifications au XIXème siècle : de 1844 à 1854, Alexandre Vestier reconstruit presque entièrement la tour de la croisée et les voûtes de la nef et en 1855, de larges arcades sont percées dans les murs de la nef pour ouvrir les bas-côtés..
Ludovic Sforza serait enterré dans la collégiale : des fouilles archéologiques effectuées en 2019 mettent au jour de nombreuses sépultures. Parmi celles-ci, 5 corps de religieux et de nobles du château de Loches, datant du XIVème au XVIIIème siècles, sont identifiés. Une dernière dépouille nécessite la poursuite des fouilles et une nouvelle campagne en 2020.
L'église est classée au titre des Monuments Historiques en 1840.
Le prieuré Saint-Ours
Ancien prieuré construit au XIème siècle mais presque totalement détruit sous la Révolution Française. Il se situe à l'intérieur du fort auquel il donne son nom, à l'Est de l'enceinte principale et en contrebas de l'église Saint-Ours.
Des fouilles en 1971 révèlent l'existence, sur le site de l'église priorale, d'un édifice mérovingien construit sur des bases gallo-romaines.
L'église du prieuré-cure est la seule église paroissiale de Loches jusqu'à la Révolution Française, époque à laquelle elle est démolie après avoir été fermée pour cause de délabrement quelques années plus tôt.
La crypte se compose d'une abside principale flanquée de deux absidioles, le tout voûté en berceau et terminé par un cul-de-four et relié à un transept. Cet ensemble communique par deux escaliers latéraux avec l'église haute. Il ne subsiste de cette dernière que l'absidiole Nord du chœur voûtée en cul-de-four, dont les murs portent quelques peintures et qui est nommée chapelle Saint-Blaise. L'église à son complet développement au XVème siècle comporte, outre le chœur, une nef principale et une nef secondaire accolée au Sud.
Les vestiges de la crypte et d'une absidiole supérieure font l'objet d'une inscription aux Monuments Historiques en 1939.
La tour Saint-Antoine
Elle est construite au XVIème siècle, en limite de la ville médiévale, près de sa pointe septentrionale et sert de beffroi à la ville après la Révolution Française.
La construction débute en 1529 et s'achève probablement dans le troisième quart du XVIème siècle. Elle sert de clocher à une chapelle contiguë aujourd'hui disparue.
A la Révolution Française, elle est classée Bien National et revient à la ville.
Atteinte par la foudre vers 1820, les cloches ne sonnent plus à partir de 1826 pour ne pas soumettre le bâtiment à des contraintes trop fortes. La reprise complète de la partie supérieure de la tour, en mauvais état, est lancée en 1890.
La tour, construite sur un plan quadrangulaire, est soutenue à chacun de ses angles par un contrefort oblique. Les étages inférieurs sont aveugles mais l'avant-dernier étage est percé sur chaque face de deux baies géminées en plein cintre. Le dernier étage, de plan octogonal, est coiffé par un dôme comportant quatre lucarnes, lui-même surmonté d'un lanternon.
Les deux derniers étages sont pourvus d'une balustrade de pierre ouvragée et décorée de monogrammes et de figures héraldiques ; parmi elles figurent les armes d'Honorat II de Savoie (1511/1580, portrait de droite), gouverneur de Loches jusqu'à sa mort, et qui fait achever la construction du monument.
Elle est classée au titre des Monuments Historiques en 1840.
L'église Saint-Antoine
Située dans la ville basse, elle emprunte son vocable à une chapelle disparue, située plus à l'Est et contiguë à la tour Saint-Antoine. Elle est construite à partir de 1809 et réutilise des structures de l'ancien couvent des Ursulines fondé en 1627 et fermé à la Révolution Française. L'église résulte ainsi du réaménagement du réfectoire et du dortoir du couvent dont elle demeure le dernier vestige et ne respecte pas l'orientation Est-Ouest couramment rencontrée : sa nef s'ouvre au Nord tandis que son chœur est tourné vers le Sud.
Elle comporte une nef simple sur un plan rectangulaire prolongée par un chœur carré terminé par un chevet plat. Deux chapelles latérales au chœur, disposées symétriquement à l'Est et à l'Ouest, complètent l'édifice. Un vestibule, dont les murs portent le clocher bâti en 1836, se trouve à l'entrée de la nef.
Les boiseries qui ornent les murs du chœur sont en bois de chêne plaqué d'acajou et décoré à la feuille d'or ; le même principe est appliqué aux colonnes qui, au niveau de l'entrée, soutiennent la tribune de l'orgue.
En 2010, lors de la restauration générale de l'édifice, une petite galerie d'exposition est construite contre le flanc Ouest de la nef pour y présenter des œuvres d'art jusqu'alors installées dans l'église elle-même.
L'église, inscrite au titre des Monuments Historiques en 2006, abrite six tableaux inscrits dans la Base Palissy comme objets protégés en 2010.
La Maison de la Chancellerie
Le monument fait l’objet d’une inscription et d'un classement au titre des Monuments Historiques en 1923 et en 1993.
Cette Maison est intégrée dans l'Hôtel Haincque.
Le château de Bussière
Il se situe à l'Ouest du territoire communal, à la limite des communes de Chanceaux-près-Loches et Mouzay, sur la pente du vallon d'un ruisseau temporaire qui entaille le plateau.
Au IXème siècle, Buxariae, toponyme indiquant la présence de buis dans l'environnement du Moyen Age. dépend de la puissante viguerie de Dolus-le-Sec.
Le château actuel est construit au XIIIème siècle et fait l'objet de deux campagnes d'agrandissement et de restauration, au XVIème siècle puis au XIXème siècles.
En 1235, la première propriétaire connue est Eglantine de Palluau (1180/1236), fille de Geoffroy Ier de Palluau, seigneur de Montrésor, et de Mathilde de Montoire, épouse en 1200 de Jean IV de Vendôme.
René de Maussabré, époux en 1664 de Rose Eléonore Druillon, est le premier seigneur de La Bussière, puis de père en fils : René de Maussabré, capitaine dans le régiment de Piémont, aide de camp du maréchal de Tourville, époux en 1694 de Marie Anne de Préaux ; Charles de Maussabré (1697/1759), chevalier, maréchal des logis de la seconde compagnie de Mousquetaires avec brevet de colonel, époux en 1748 de Charlotte Michelle de Bridieu... Cette Famille est propriétaire du château jusqu'en 1936.
À la fin des années 1980 et dans la première décennie du XXIème siècle, le château appartient successivement à Jean Jacques Debout (1940/-) et Chantal Goya (1942/-, photo de droite devant la porte du château), couple d'auteurs-compositeurs-interprètes, puis à Chantal Bouvier de Lamotte (1954/-) miss France 1972.
Le château se compose d'un corps de logis principal et de deux ailes en retour d'équerre. Une galerie donnant sur la cour intérieure permet d'accéder aux pièces du rez-de-chaussée. Chaque angle des ailes est terminé par une tourelle en encorbellement. L'angle rentrant entre le logis principal et l'aile Sud est occupé par une tourelle octogonale abritant l'escalier d'accès aux étages.
Dans l'angle symétrique, côté Nord, une chapelle construite au XVIème siècle est éclairée par de hautes baies en plein cintre. Au XIXème siècle, perdant sa fonction religieuse, elle est transformée en escalier par un complet réaménagement intérieur.
Les façades et les toitures du château, exception faite d'une tour reconstruite au XIXème siècle sont inscrites au titre des Monuments Historiques en 1975.
L'Hôtel Haincque
Hôtel particulier, constitué de trois corps de bâtiment, en fer à cheval autour d'une cour donnant sur la rue.
La partie centrale fait apparaître des éléments Renaissance, les deux ailes datent du début du XVIIIème siècle.
Il est la propriété de la Famille Haincque de Puygibault : Adrien Pierre Marie Haincque (1749/1825), seigneur de Faulques, Hardillon, Puygibault, la Milletière, la Cailletière et Saint-Senoch, magistrat et homme politique. en hérite à la fin du XVIIIème siècle. Ses descendants le vendent à un Anglais, William Schaw, en 1825.
Le monument fait l’objet d’une inscription au titre des Monuments Historiques en 1993.
L'hôtel de la Gravière
Hôtel particulier construit dans la première moitié du XVIIème siècle, en contrebas de la Cité royale.
La Famille Guyet de La Gravière est mentionnée au début du XVIIIème siècle. Puis l'Hôtel particulier passe de main en main jusqu'au XXème siècle.
Composé de trois corps de bâtiments en U encadrant une cour centrale, il est construit en tuffeau. La cour s'ouvre dans la rue par une porte surmontée d'un fronton courbe. À l'intérieur de la cour, le même type de fronton décore l'entrée principale, encadrée de pilastres doriques. Plus haut, une lucarne complète l'agencement au niveau du comble. À l'Est des bâtiments, un jardin descend jusqu'à l'Indre.
Intérieurement, un escalier à quatre volées et à rampes en pierre dessert les étages.
Les façades et toitures de l'hôtel, ainsi que son escalier intérieur à balustres sont inscrits au titre des Monuments Historiques en 1962.
Le château de Sansac
Il est situé à l'Est du centre-ville, sur le bord de l'un des nombreux bras de l'Indre, en limite de la commune de Beaulieu-lès-Loches.
Le château doit son nom à son constructeur au début du XVIème siècle, le baron Louis Prévost de Sansac (1488/1576, portrait de droite), chevalier de l'Ordre du roi, Grand Fauconnier de France, époux en 1547 de Louise de Montbron. La date 1529 gravée au-dessus de la porte d'entrée indique probablement la date de la fin de construction de la partie centrale du château.
Armand Charles Marie de Riencourt (1689/1787), commissaire des guerres principal de la Généralité de Tours, chevalier de Saint-Louis, y meurt.
En 1689, Madeleine Luthier de Saint-Martin (1623/1699), veuve de François de Vonnes, chevalier, vicomte d'Azay et Fontenay, gentilhomme ordinaire de la Chambre du roi, en est propriétaire avec la terre de Fontenay. Elle les lègue à Bonne Catherine Luthier.
Après la Révolution Française, le marquis Cyprien Joseph Louis de Bridieu (1775/1835) et son épouse Élisabeth Mallevaud de Marigny (1772/1844), l'acquiert. Leurs fils, François Henri Antoine de Bridieu (1804/1872) et Louis Amédée de Bridieu (1806/1884) y naissent.
Le 25 janvier 1899, Antoine Berthon, ingénieur à Paris, achète le château. En 1914, il appartient à M. Jahan de Lestang.
Le château se compose d'un logis central à un étage surmonté d'un comble entre deux hauts pignons, prolongé de part et d'autre par deux pavillons sans étage. Des communs sont construits plus tardivement à l'écart. Sur la façade, le niveau du plancher de l'étage est marqué par une double frise de cercles, prolongée sur les pavillons rajoutés au XIXème siècle. L'escalier d'accès aux étages, au-dessus du perron, se signale en façade par la présence de quatre paires de baies géminées en plein cintre. Il se termine par un comble couronné d'un clocheton
Le buste de François Ier, probablement issu de l'atelier de Girolamo della Robbia (1488/1566), qui semble être un des plus fidèles portraits du roi, est une copie de l'original, vendu aux enchères en 1899 à M. le comte de Brieux et sa trace est perdue.
La chapelle de Vignemont
Ancienne chapelle construite à la fin du XIIème siècle. Vers 1180, une confirmation pontificale évoque l'église Saint-Jean, la charte de 1173 mentionne l'église Sainte-Marie. À l'époque moderne, elle est dénommée église Notre-Dame puis église Saint-Nicolas. La chapelle peut avoir été une succursale de l'église paroissiale du prieuré Saint-Ours desservant les secteurs méridionaux de la paroisse, statut compatible avec la richesse de son décor intérieur.
Située au Sud de la cité médiévale, près du rebord du coteau de la vallée de l'Indre, elle est séparée de la cité par un fossé creusé vers 1030 et surcreusé à la fin du XIIème siècle. En contrebas, le long de la rive gauche de l'Indre, passe la voie antique de Loches à Châtillon-sur-Indre. Le site sur lequel elle est édifiée porte témoignage d'une occupation qui remonte à l 'Antiquité. Des sarcophages datables du XIIème siècle sont retrouvés lors de fouilles, indiquant la présence d'un cimetière à cet emplacement. Une première mention de l'église apparaît dans une charte de 1173.
Son grand axe respecte une stricte orientation Est-Ouest.
L'abside est romane. La nef est construite dans les deux dernières décennies du XIIème siècle ; elle est représentative du style gothique de l'Ouest. Les murs de la nef sont, au Moyen Âge, recouverts de fresques très dégradées à l'époque contemporaine.
Des gravures anciennes semblent indiquer que la chapelle fait l'objet de fortification, par adjonction de tours et d'une courtine, au XVème siècle. À une date indéterminée, les voûtes s'écroulent avec la plus grande partie des murs de la travée occidentale. Il est possible que l'ajout des superstructures de fortification soit responsable de cet effondrement partiel.
La charpente est refaite vers 1582.
En 1756, un écroulement partiel du coteau fragilise son abside et provoque l'effondrement de ses voûtes. 10 ans plus tard, le monument perd son statut de chapelle cimétériale lorsque la ville décrète l'abandon de l'ensemble des anciens cimetières pour des raisons de salubrité.
La propriété de la chapelle est définitivement acquise au Conseil de Fabrique de la paroisse en 1786. Transformée en grange, elle est vendue comme Bien National en 1793.
Au début du XXème siècle, son propriétaire aménage le sommet de l'abside en terrasse et belvédère dominant la vallée de l'Indre. En 1998, un incendie endommage partiellement ses combles et sa charpente, qui est refaite à l'identique. Elle devient en 2003, la propriété de la famille du père Guillaume Marie Hecquard qui souhaite la restaurer et la ré-ouvrir au culte. De 2008 à 2011, la chapelle fait l'objet de travaux pour la restauration de l'abside et la réouverture des baies murées de la nef.
La nef conserve, dans sa partie orientale, une partie de ses voûtes typiques du gothique de l'Ouest, les voûtes de la travée occidentale ont disparu. À l'intérieur, un arc brisé sépare la nef du chœur.
Au moment de la construction, les murs intérieurs sont revêtus d'une enduit où figurent de faux joints de maçonnerie peints en rouge, en trompe-l'œil. Du XIIème au XIVème siècle, des fresques sont peintes à mi-hauteur des murs jusqu'à la naissance des voûtes. Ces fresques sont très endommagées au XXIème siècle.
La chapelle est inscrite au titre des Monuments Historiques en 1989. Elle est restaurée à la fin des années 2000.
Les personnages liés à la commune
Jacques Élie Lamblardie (1747/1797, portrait 1 de droite), ingénieur, fondateur de l'École Polytechnique, né à Loches.
Alfred de Vigny (1797/1863), écrivain dont la maison natale est située à Loches (rue des Jeux).
Gilbert du Motier de La Fayette (1757/1834), marquis de La Fayette, propriétaire d'un domaine considérable allant de Reignac-sur-Indre à Saint-Hippolyte par son union avec Marie de Noailles. Avec son cousin, le marquis de Lusignan, il posséde 5 demeures autour de Loches : le château d'Azay-sur-
Indre et le château de la Follaine à Azay-sur-Indre, le château de Reignac-sur-Indre et le château de Vitray, ancienne paroisse aujourd'hui rattachée à Saint-Hippolyte et le château de l'Epinay à Dolus-le-Sec.
Maurice Emmanuel Lansyer (1835/1893, portrait 1 de gauche), peintre. Un musée consacré à son œuvre se trouve à Loches dans une maison bourgeoise qu'il a héritée de sa mère et dont l'atmosphère du XIXème siècle est reconstituée. Dans cette demeure, léguée à la ville, le peintre séjournait fréquemment.
Edmond Gautier (1835/1895), historien de la ville et du château de Loches.
Marcel Degliame (1912/1989), ouvrier, syndicaliste, résistant, administrate
ur de théâtre, producteur de films, ami de Boris Vian, mort à Loches.
Gonzague Saint-Bris (1948/2017, portrait 2 de droite), né à Loches, écrivain et conseiller municipal de Loches.
Jean Paul Penin (1949/-), chef d'orchestre de la Philharmonie Nationale de Cracovie, recréateur en France pour France Télévision de la Messe solennelle de Hector Berlioz. A passé à Loches, dans sa famille, de nombreux moments de sa jeunesse.
Jacques Villeret (1951/2005), acteur né à Tours, a vécu à Loches dans sa jeunesse.
et de nombreux autres ...
Faubourgs, quartiers, hameaux, lieux dits et écarts
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Nos ancêtres de Loches


Carte de Cassini

Notes
(1) - Les Barnabites sont des Clercs réguliers de Saint-Paul (Ordre des Barnabites), congrégation fondée en 1530 à Milan (Italie) par Antoine Marie Zaccaria (1502/1539), auquel se joignent Barthélemy Ferrari (1499/1544) et Jacques Antoine Morigia (1497/1546), dans le but de prêcher, d'instruire la jeunesse et d'établir des missions. L'Ordre est reconnu en 1533 par le pape Clément VII, Jules de Médicis (1497/1546).
(2) - Jean de la Balue : ses intrigues causent la décapitation de Charles de Melun (+1468) au Petit-Andely sur ordre du roi Louis XI. Mais la même année, il perd la confiance du roi et est accusé de trahison après l'interception de lettres compromettantes. Arrêté à Amboise et enfermé au château de Tours puis au château d'Onzain près de Blois, condamné et dépossédé, il est emprisonné à Loches où il reste enchaîné pendant 11 ans dans une cage. Il appelle ses chaînes les fillettes du roi. L'intervention du pape en sa faveur le sauve de l'exécution. En décembre 1480, le cardinal légat Giuliano della Rovere (1443/1513), futur pape sous le nom de Jules II, obtient sa liberté à condition qu'il quitte la France.
Sources
Sites, blogs, livres, journaux et revues, photographies : Wikipedia.
Date de dernière mise à jour : 12/02/2026