Le port d'Orléans
Port fluvial ligérien (2) dont l'existence est attestée avant la conquête de la Gaule par Jules César (-100/-44, portrait de droite). Ce dernier installe à Cenabum un centre d'approvisionnement en grains, les chargements remontent et descendent la Loire sur des bateaux à fond plat.
La navigation par la Loire inférieure depuis l'Antiquité, concerne le transport du sel provenant de la région de Nantes, puis se diversifie à partir de la fin du XIIIème siècle, avec le transport du vin et du vinaigre d'Orléans, les poissons salés ou séchés, la laine d'Espagne, le cuivre ou le plomb au XVIème siècle, pour atteindre son apogée dans la seconde moitié du XVIIème siècle grâce au commerce avec les Antilles, en particulier celui du sucre, dont les Orléanais deviennent les raffineurs les plus renommés du royaume au cours du XVIIIème siècle. Les ardoises produites dans la région d'Angers constituent également, jusqu'à la Première Guerre Mondiale, une part importante des cargaisons remontantes.
Le port joue pendant longtemps un rôle important comme entrepôt général à mi-chemin entre l'Océan Atlantique et la Vallée du Rhône, ainsi que comme centre d'approvisionnement de Paris, mais son activité décline rapidement dès le milieu du XIXème siècle avec la concurrence de la route et du chemin de fer, pour s'éteindre dans le courant du XXème siècle.
Les quais de Loire
Ils sont édifiés du XVIIème au XIXème siècles, pavés en amont et en aval du pont George V. Ils sont les vestiges du florissant commerce de Loire qui fait la richesse de la cité depuis la Préhistoire jusqu'à l'invention de la machine à vapeur.
Le dhuis
Cette digue, anciennement pavée (vestiges visibles) en milieu de la Loire, s'étend sur des kilomètres, en amont et en aval de la cité. Elle est destiné à canaliser les eaux du fleuve ainsi qu'à autoriser la navigation en des périodes de moindre débit.
Le pont Royal ou pont George V
Il est le plus ancien, gardé au Sud par deux anciens postes de perception de l'octroi.
Le pont des Tourelles
Il est situé en amont du pont Royal. La base des piles originelles affleure en période de basses eaux. Construit en 1140 et détruit en 1760 par une inondation, il est le premier pont en pierre d'Orléans
Le pont de l'Europe
Pont en arc bow-string incliné, particulièrement original, dessiné par Santiago Calatrava Valls (1951/-).
Le canal d'Orléans
Canal désaffecté en 1954, relie la Loire au canal du Loing et au canal de Briare. Il assure la continuité par voie d'eau entre Orléans et Paris vers le Nord et Briare et les canaux du Centre vers le Sud.
Un premier tronçon est creusé entre Vieilles-Maisons-sur-Joudry et Buges entre 1676 et 1678 et ouvert au transport du bois et du charbon. La construction du canal jusqu’à la Loire est ensuite entreprise de 1681 à 1687 et inaugurée en 1692. De 1692 à 1793 le canal est en plein essor. De 1500 à 2000 bateaux remontent chaque année la Loire depuis Nantes pour gagner Paris. En 1793 le canal devient Bien National.
De 1908 à 1921, alors que le trafic de marchandises par voie fluviale est en pleine régression, des travaux de prolongement du canal entre Combleux et Orléans sont entrepris. Avec la disparition complète du trafic, le canal est déclassé en 1954 des voies navigables et entre dans le domaine privé de l’État puis devient propriété du département du Loiret en 2021.
En 2004, un lourd programme de réhabilitation ayant pour objectif une réouverture totale au tourisme fluvial à la fin des années 2020 est engagé : navigation de plaisance et aménagement des abords pour la randonnée pédestre et cycliste, construction d'une véloroute, une voie verte à l'écart de la circulation est inaugurée en 2025. À cette date, seules quelques écluses sont restaurées.
Histoire
Cenabum, place-forte gauloise, est fondée pendant l'Antiquité, c'est l'une des villes principales de la tribu des Carnutes dont l'assemblée annuelle des druides est restée célèbre, et un port de commerce majeur pour la corporation des Nautes (3) de la Loire.
Jules César, alors en campagne pour la conquête de la Gaule, extermine les habitants et incendie la ville en 52 avant J.-C., suite au massacre de marchands romains par un parti autochtone.
Une nouvelle ville est bâtie sur les ruines de Cenabum par l'empereur romain Aurélien (214/275, portrait 1 de gauche).
Accompagnés des Vandales (4), les Alains (5) franchissent la Loire en 408.
Sous le roi Sangiban, les Alains se joignent aux forces d'Aetius (395/454) qui s'opposent à Attila -(395/453) roi des Huns, qui envahissent la Gaule vers 450. Attila prend Metz et assiège Orléans en 451, et y est défait par la coalition d'Aetius, de mon ancêtre Mérovée (411/458, portrait 1 de droite), roi des Francs Saliens, et de mon autre ancêtre, Théodoric Ier (390/451), roi des Wisigoths qui trouve la mort lors de la Bataille des champs Catalauniques (voir § suivant).
En 463, a lieu la Bataille d'Orléans (voir § suivant).
Au Moyen Âge, Orléans est l'une des trois villes les plus riches de France avec Rouen et Paris.
À l'époque Mérovingienne, Orléans est la capitale du royaume d'Orléans à la suite du partage en quatre du royaume de mon ancêtre, le roi Clovis Ier (466/511, portrait 2 de gauche) qui y tient un concile important tant religieusement que politiquement.
Deux siècles plus tard, Orléans joue un grand rôle lors de la renaissance carolingienne.
Le 6 juin 848, mon ancêtre Charles II dit le Chauve est couronné roi de Francie occidentale dans la cathédrale d'Orléans.
À l'époque capétienne, Orléans est la capitale d'un comté puis à partir du XIVème siècle d'un duché tenu en apanage par la maison de Valois-Orléans.
Dans la cathédrale, fief de la Famille Capétienne, a lieu, en 987, le double sacre de mes ancêtres Hugues Ier Capet (939/996, portrait 2 de droite)
et de son fils Robert II dit le Pieux (972/1031), pierre angulaire d'un pouvoir de huit siècles. Le comté d'Orléans est traditionnellement donné en apanage au fils cadet du roi.
L’hérésie d'Orléans est une hérésie savante qui touche en 1022 une douzaine des plus érudits parmi les chanoines de la cathédrale Sainte-Croix, liés notamment à l'entourage de la reine Constance d'Arles (986/1032). Ces derniers sont brûlés comme hérétiques sur ordre du roi Robert II dit le Pieux. Il s'agit du premier bûcher de la chrétienté médiévale.
Les monastères et leurs écoles se multiplient.
En 1108, mon ancêtre le roi Louis VI dit le Gros (1081/1137, portrait 3 de gauche) est sacré dans la cathédrale d'Orléans par l'archevêque de Sens, Daimbert (+1122).
En 1306, l'Université d'Orléans, la quatrième de France après Paris, Toulouse et Montpellier, est fondée par Bertrand de Got (1264/1314), pape Clément V.
En 1306, le titre de duc d'Orléans est créé par le roi Philippe IV dit Le Bel (1285/1314, portrait 3 de droite). Les ducs d'Orléans ne viennent presque jamais dans leur ville. Orléans est alors le chef-lieu de cette province royale. En tant que frères ou cousins du roi, les ducs font partie de sa Cour et ont peu d'occasions de la quitter. Officiellement, leur château est celui de Blois. Le duché d'Orléans est le plus vaste de tous. Le fils du duc porte le titre de duc de Chartres.
Pendant la Guerre de Cent Ans, Jeanne d'Arc (1412/1431), joue un rôle très important à Orléans ( voir § suivant). Une fois la guerre terminée, la ville retrouve sa prospérité.
La situation stratégique de son pont lui permet de collecter les droits de passage. La ville attire des commerçants de partout.
Le roi Louis XI (1423/1483, portrait 4 de gauche) contribue à la prospérité de la ville. Il dynamise l'agriculture de l'Orléanais, favorise les cultures des terres de la Beauce, relance la culture du safran à Pithiviers.
Aux XVème et XVIème siècles, la ville est l'une des plus belles de France. Églises et Hôtels particuliers s'y multiplient.
La Famille de Valois-Orléans accéde au trône de France par Louis XII (1462/1515, portrait 4 de droite) puis François Ier (1494/1547).
A la Renaissance, Chambord, Amboise, Blois, Chenonceau sont des domaines royaux et la ville bénéficie des passages du roi et des riches châtelains allant dans le Val-de-Loire.
Les Guerres de Religion troublent cette prospérité. La ville abrite de nombreux protestants, d'abord des étudiants germaniques, puis des Orléanais convertis.
Jean Calvin (1509/1564) est reçu et hébergé à l'Université d'Orléans. Il rencontre des luthériens et y écrit une partie de ses thèses réformistes. Le roi d'Angleterre Henry VIII (1491/1547), inspiré des pensées du réformateur pour la religion anglicane, offre une bourse à l'Université.
Le roi François II (1544/1560, portrait 5 de gauche), fils aîné de Catherine de Médicis (1519/1589) et d'Henri II (1519/1559), meurt le 5 décembre 1560 dans l'Hôtel Groslot, avec à ses côtés sa femme, Marie Stuart (1542/1587).
En 1561, les Etats Généraux sont réunis à Orléans.
Lors de la 1ère Guerre de Religion, Louis Ier de Bourbon, prince de Condé (1530/1569, portrait 5 de droite) fait d'Orléans la capitale de l'insurrection protestante. De janvier à avril 1563, la ville subit un siège rude de la part des armées catholiques du duc François de Guise (1519/1563), elle est reprise et ses remparts sont démantelés.
La cathédrale est plusieurs fois reconstruite. La dernière version voit sa première pierre posée par le roi Henri IV (1553/1610), et les travaux s'étalent sur un siècle. Elle est l'une des dernières cathédrales construites en France.
En 1685, avec la révocation de l'Edit de Nantess, la ville perd ses derniers protestants.
Une nouvelle prospérité reposant sur le commerce fluvial atteint son apogée au XVIIIème siècle.
Jean Baptiste Poquelin dit Molière (1622/1673, portrait 6 de gauche) vient étudier le Droit à Orléans. Il est renvoyé de l'Université pour avoir participé au carnaval, interdit par les règles non laïques de l'établissement.
En 1790, la province de l'Orléanais est démantelée et le département du Loiret est créé, avec Orléans comme chef-lieu.
Début 1792, la ville est choisie par la Législative afin d'y installer une Haute Cour pour juger des contre-révolutionnaires. Le 29 août de la même année, Louis Jean Joseph Léonard Bourdon de la Crosnière (1754/1807, portrait 7 de gauche), arrive dans la ville pour organiser l'arrivée des Frères de Paris, une troupe de révolutionnaires qui doit inspecter les prisonniers en attente d'un jugement. La troupe libère les prisonniers et le Conseil Départemental se rassemble afin d'avoir des ordres de Paris, qui souhaite que les
prisonniers soient acheminés à Saumur. Les Frères de Paris refusent et emmènent les prisonniers à Versailles où ils sont exterminés, sauf trois qui parviennent à s'échapper. À la suite de cet évènement, des émeutes éclatent dans toute la ville. Des maisons de notables y sont incendiés et pillées. Le 16 mars 1793, Léonard Bourdon est visé par un attentat qui le blesse légèrement. Les auteurs des attentats y sont condamnés à la peine capitale et guillotinés. La même année, des citoyennes orléanaises envoient une pétition à la Convention pour que les charges contre leurs maris soient abandonnées.
En 1852, la Compagnie du Chemin de Fer de Paris à Orléans est créée. L'arrivée du chemin de fer et la perte des colonies sucrières bouleversent, pendant un temps, l'économie de la ville.
Lors de la Guerre Franco-Allemande de 1870, la ville se présente encore comme enjeu géo-stratégique. Le 13 octobre 1870, la ville est occupée par les Prussiens. L'armée de la Loire est constituée sous les ordres du général Louis Jean Baptiste d'Aurelle de Paladines (1804/1877, portrait 6 de droite) et se base en Beauce à proximité de la ville.
La Seconde Guerre Mondiale frappe la ville de plein fouet. Les destructions sont nombreuses. En juin 1940, 681 immeubles sont détruits et 695 endommagés.
Pendant l'Occupation, les Allemands font de la gare des Aubrais une gare centrale pour leur logistique ferroviaire. Deux camps de transit sur le chemin de la déportation sont ouverts,
à Pithiviers et à Beaune-la-Rolande. Le pont George V est rebaptisé pont des Tourelles.
À la Libération en 1944, les Britanniques bombardent intensément la ville et la gare des Aubrais. Les dégâts sont très importants. Orléans est libéré le 16 août 1944 par les troupes américaines du général George Smith Patton (1885/1945, portrait 8 de gauchee) avec la participation des Forces Françaises de l'Intérieur (FFI).
Dans les années qui suivent, la ville est l'une des premières reconstruites.
Dans les années 1960, la ville est marquée par une expansion démographique et la décentralisation industrielle. Le quartier de La Source est créé, le campus universitaire et le Parc floral de la Source s'installent.
En mai 1968 la ville participe à la grève générale.
La Bataille des champs Catalauniques
Elle oppose en 451, l'armée du patrice Aetius, au service de l'empereur romain d'Occident Valentinie
n III (419/455, solidus à son effigie à droite), et de ses alliés germaniques, notamment le roi des Wisigoths, Théodoric Ier, à l'armée conduite par le roi des Huns, Attila, avec ses propres alliés, notamment Ostrogoths. La coalition réunie par Aetius le contraint à lever le siège et à repartir vers le Nord-Est. Il est rattrapé dans la région de Troyes-Châlons-Reims par Aetius et contraint de livrer bataille.
Elle s'achève par la défaite d'Attila, suivie de son repli hors de Gaule. Cette bataille, qui met aux prises plusieurs dizaines de milliers de combattants, se déroule en un lieu qui n'est pas encore identifié avec précision.
La Bataille d'Orléans
Elle se déroule en 463 entre les forces de l'Empire Romain du magister militum Egidius (+465), soutenu par mon ancêtre, le roi des Francs Saliens et 1er roi Mérovingiens, Childéric Ier (436/481), et les troupes du Wisigoth, Frédéric (424/463), frère du roi Wisigoth Euric dit Le Grand (420/484) qui y est tué.
La Pucelle d'Orléans
En 1428, les Anglais assiègent la ville. Sur la rive Sud, un châtelet dit Les Tourelles protége l'accès au pont.
La levée du siège de la ville par Jeanne d'Arc marque le début de la reconquête des territoires occupés par les Anglais. La ville qui est assiégée en vain depuis des mois est libérée le 8 mai 1429, avec l'aide des grands chefs militaires du royaume, Jean d'Orléans dit Le Bâtard d'Orléans (1403/1468), comte de Dunois et Florent d'Illiers (1400/1475) chevalier et seigneur d'Illiers. Les habitants vouent dès lors une admiration et une fidélité à Jeanne d'Arc qui durent encore aujourd'hui. Ils la nomment la pucelle d'Orléans et lui offrent une maison bourgeoise dans la ville.
Dès la fin du XVème siècle, la ville finance un monument commémoratif érigé sur le pont de la Loire. Le monument est détruit en 1562 par les Huguenots puis reconstruit, il est à nouveau détruit en 1792.
Chroniques et légendes
Deux légendes hagiographiques sur la fondation de la cathédrale
1 - La Vie de saint Euverte
Le texte le plus ancien est la Vie de saint Euverte, écrite au IXème siècle. Il fait du futur évêque du IVème siècle un sous-diacre de Rome venu en Gaule pour rechercher des membres de sa fratrie enlevés 40 ans auparavant par des Barbares.
Alors que, de passage à Orléans, il assiste, dans la cathédrale, à l’élection d’un nouvel évêque, une colombe, symbole du Saint-Esprit, vient miraculeusement désigner Euverte à l’épiscopat. Quelque temps plus tard, il sauve la ville d’une destruction totale par un incendie et initie la construction d’une nouvelle cathédrale.
Au cours des travaux, il trouve un trésor et décide de le faire porter à Rome, à l’empereur Constantin Ier (272/337). Il reçoit en retour des subsides pour édifier la cathédrale et un fragment de la Vraie Croix pour en garnir l’autel central. À la fin de sa vie, Euverte fait élire saint Aignan (358/453) pour lui succéder à l’épiscopat.
2 - La Grande Passion d’Auxerre
Ce second texte est à la fois plus récent, il date du XIème siècle, et est plus ambitieux car il fait remonter la fondation de l’Église d’Orléans et de sa cathédrale aux temps apostoliques. Saint Pierre (+ entre 64 et 68) confie à 17 des 72 disciples la mission d’évangéliser la Gaule. Parmi eux, les saints Savinien, Potentien et Altin sont chargés de la Lyonnaise IVe (8) à laquelle appartient Orléans, et dont est issue l’ancienne province ecclésiastique de Sens. À Orléans, Altin, institué évêque de la cité, dédie une première cathédrale au saint Étienne.
Un jour d'autodafé (6) Place du Martroi
L’Empire est mort, vive le roi. Napoléon défait, son armée signe sa reddition depuis le château de La Source.
Les traces sont rares (honte autour de cet autodafé ?) mais il existe une image (ci-dessous) de cette cérémonie du 22 février 1816, place du Martroi.
Imaginons le Préfet, le baron Alexandre Daniel de Talleyrand-Périgord (1776/1839), le regard posé sur l'autodafé qui illumine le coeur de la ville, prononçant ces mots : Mort à Bonaparte, l'anthropophage, le mangeur d'hommes, et à sa famille maudite. Symbole d'une période de violence politique qui sévit à Orléans dès septembre 1815. A compter de novembre, la dénapoléonisation locale s'amorce : tout ce qui est bleu, blanc, rouge est effacé.
Au sommet de la cathédrale, la girouette tricolore est remplacée par une croix. À la demande de l'autorité préfectorale, les maires réquisitionnent tableaux, boutons, drapeaux… et tout ce qui fait penser à l'Empire, tout finit dans cet immense brasier du Martroi.

Les débuts de l'aviation à Orléans
Le début du XXème siècle, époque pionnière de l'aviation, voit Harry Edgar Mudford-Farman (1874/1958, portrait 1 de gauche) dit Henri Farman faire plusieurs voyages entre Étampes (aérodrome de Mondésir) et Orléans. Son frère Allain Maurice Mudford-Farman (1877/1964, portrait 2 de gauche) dit Maurice Farman vole de Buc (Yvelines) à Chartres et de Chartres à Orléans en 1909, il est aussi champion de courses automobiles.
Ferdinand Marie Léon Delagrange (1872/1910), né à Orléans, est à l'origine de la première route aérienne Juvisy-Orléans en 1909 ; c'est également lui qui insiste auprès des autorités locales pour que soit créé l'aérodrome des Groues à Orléans, et pour qu'Orléans soit une étape dans la course d'aéroplanes Bordeaux-Paris.
L'armée permet également les atterrissages sur le champ de tir de Cercottes plus au Nord, en lisière de la forêt de Cercottes. Puis le terrain de secou
rs d'Orléans-Saran ouvre en juillet 1921, aménagé par le service de la Navigation Aérienne avec un bâtiment pour loger un gardien, un atelier, un hangar et une cave à essence.
L'aviatrice Adrienne Bolland (1895/1975, portrait de droite) est enterrée à Donnery, lieu d'origine de sa famille. Elle a participé à de nombreux meetings aériens à Orléans. Elle est membre également du réseau de résistance CND-Castille du Loiret pendant la Seconde Guerre Mondiale, qui recherche des terrains d'aviation pour les Forces Françaises Libres.
Elle est la première femme à effectuer la traversée de la Cordillère des Andes en avion en 1920. Elle s'engage en faveur de l'obtention du droit de vote pour les femmes.
Orléans au cinéma
La ville sert de décor à plusieurs tournages :
Les Brigades du Tigre (1974-1983), série télévisée. Le vieil Orléans sert de décor pour représenter le Paris des années 1900 dans la plupart des épisodes des quatre premières saisons ;
Police Python 357 (1976), film d'Alain Corneau ;
Canicule (1983), film d'Yves Boisset, tourné dans le quartier Dessaux et place de l'Étape ;
La Vie rêvée des anges (1998), film d'Érick Zonca ;
Parlez-moi de vous (2012), film de Pierre Pinaud avec Karin Viard. Une scène est tournée dans le Parc floral de la Source ;
Je me suis fait tout petit (2012), tourné en partie dans l'ancien collège Bailly ;
Orléans (2012), moyen-métrage de Virgil Vernier ;
On a failli être amies (2014), film d'Anne Le Ny ;
L'Étudiante et Monsieur Henri (2015), plusieurs scènes sont tournées à la gare, devant le conservatoire et au campus de l'Université ;
120 Battements par minute (2017), film de Robin Campillo, tourné en partie dans l'ancien hôpital d'Orléans-la-Source ;
Meurtres à Orléans, téléfilm diffusé en janvier 2018 sur France 3, avec Michèle Bernier ;
La Loi de Damien, téléfilm diffusé en janvier 2020, avec Richard Berry et François Berléand.
Evolution de la population

Faubourgs, quartiers, hameaux, lieux dits et écarts
Orléans comporte 12 quartiers regroupés en 6 secteurs, 4 au Nord de la Loire et 2 au Sud.
L'hypercentre ou centre historique, encadré par les faubourgs suivant l'ancien tracé des remparts d'un côté et la Loire de l'autre.
Les faubourgs formés le long des principaux axes de communication, extra-muros : Bannier, Madeleine, Saint-Vincent, Saint-Jean, Bourgogne, Saint-Marceau.
Les quartiers des XIXème et XXème siècles : Dunois, Vauquois, Madeleine, Saint- Marc, Saint-Marceau, construits dans la continuité des faubourgs afin de combler les espaces.
Les quartiers de la reconstruction à la suite de la Seconde Guerre Mondiale : Gare, Martroi, Carmes, Cheval-Rouge.
Les aménagements de la seconde partie du XXème siècle : Orléans-la Source, les Blossières, l'Argonne.
La Source, à l'orée de la Sologne, est le quartier le plus peuplé et le plus vaste implanté sur des terrains achetés à la commune de Saint-Cyr-en-Val et accueille entre autres l'hôpital, l'Université, des grandes entreprises et des centres de Recherche.
Les nouveaux quartiers : Coligny, Interives, Droits de l'Homme, Sonis.
Patrimoine
L'enceinte
La première enceinte date de la domination romaine et coure 25 ha. La seconde se trouve à l'Ouest dans un bourg appelé Avenum. En raison de querelles, la ville et le bourg
sont réunis vers 1300. Au XIVème siècle, cette enceinte couvre 37 ha.
En 1476, le roi Louis XI, marie sa fille, Jeanne de Valois dite Jeanne la boiteuse (1464/1505, portrait de droite), future sainte catholique, au duc Louis d'Orléans (1462/1515), futur roi Louis XII. Le roi se prend d'affection pour Orléans et manifeste une dévotion soudaine à Saint-Aignan. Il entreprend de reconstruire l'église dédiée au saint et afin de protéger le bâtiment, ordonne aux habitants de fortifier la ville de ce côté. La porte de la Tour-Neuve est construite et les murs d'enceinte sont prolongés. A la fin du XVème siècle, l'enceinte couvre 60 ha.
Dans cet état, la ville est irrégulière et Louis d'Orléans, décide de rendre la ville plus uniforme. En 1557, la construction d'une longue muraille donne à la ville la forme des grands boulevards d'aujourd'hui.
L'enceinte gallo-romaine est encore visible en plusieurs endroits de la ville comme au pied du transept Nord de la cathédrale ; rue de la Tour-Neuve, où une portion de mur d'enceinte sert d'appui à l'ancienne Vinaigrerie Dessaux, fermée dans les années 1980 ; à côté de l'actuelle salle municipale Eiffel ; place Louis XI où elle sert de rampe d'escalier donnant vers une cave gothique voûtée.
La Porte Bannier
Elle est découverte en 1986, à l'aplomb de la statue de Jeanne d'Arc, et date du XIVème siècle.
Dans le contexte de la Guerre de Cent Ans (1328-1453), la construction d’une nouvelle enceinte pour protéger la ville est mise en oeuvre au début du XIVème siècle. La porte principale de la ville est la porte Bannier, dont une partie est encore conservée aujourd'hui dans la crypte archéologique.
La Tour blanche
Elle est la seule tour encore en élévation subsistant de l'enceinte gallo-romaine. Seule sa base est de cette époque en raison de campagnes de rénovation successives au cours des siècles. Elle joue encore son rôle défensif lors du siège d'Orléans. Elle abrite actuellement le service archéologique de la Ville.
Le château de La Source
Il se situe dans le quartier d'Orléans-la-Source, le long du cours du Loiret, en surplomb du miroir d'eau et à proximité du Parc Floral. Il est construit vers 1633.
Entre 1710 et 1723, le domaine est loué par Henry Saint-John, 1er vicomte Bolingbroke (1678/1751, portrait de gauche), noble et riche anglais exilé qui, bien que pair, perd tout son crédit à la mort de la reine de Grande-Bretagne et d'Irlande, Anne (1665/1714), dernière reine de la Famille Stuart. Il est proscrit par le Parlement et dépouillé de tous ses biens. Il se réfugie en France au château de la Source, et offre ses services au prétendant Jacques François Édouard Stuart (1688/1766) ; mais mécontent du prince, il s'en détache et sollicite auprès du nouveau roi George Ier (1660/1727) son retour en Angleterre ; il l'obtient en 1723.
En 1720, peu de temps après la mort de sa première femme, Frances Winchcombe (1679/1718), il épouse en secondes noces Marie Claire Deschamps (1675/1750), veuve française du marquis Philip Le Valois de Vilette (1670/1719).
Il se retire de nouveau en France en 1735 au château de la Source pour y passer le reste de ses jours ; mais incapable de se fixer, il retourne en 1738 en Angleterre et y meurt.
L'écrivain et philosophe français, François Marie Arouet (1694/1778, portrait de droite) dit Voltaire, y donne la première lecture de La Henriade, une épopée en 10 chants, écrite en l’honneur du roi de France Henri IV (1553/1610), et qui plaide pour la tolérance.
L'empereur Napoléon Ier (1769/1821) y a séjourné. Après la Bataille de Waterloo en 1815, le maréchal d'Empire Louis Nicolas Davout (1770/1823) et son état-major s'installent au château et y coordonnent le démantèlement de l'Armée de la Loire, reliquat de la Grande Armée.
Aujourd'hui, le château héberge les services administratifs de l'Université d'Orléans.