Aux pays de mes ancêtres

Charly-sur-Marne

 

Charly sur marne 02 adm

 

Charly sur marne 02 geoLa ville se situe sur la rive droite de la Marne, encadrée de 320 ha de vigne produisant du champagne, la plus grande superficie de vignoble champenois de l'Aisne.
Elle est à égale distance, 80 Kms, des cathédrales de Paris et de Reims, entourée par les communes de Villiers-Saint-Denis, Crouttes-sur-Marne, Domptin, Coupru, Essômes-sur-Marne, Bonneil, Saulchery, Romeny-sur-Marne, Nogent-l'Artaud...

Charly sur marne 02 blason Héraldique 

Les armes de la commune se blasonnent ainsi : Écartelé  aux premier et quatrième d’argent à la grappe de raisin de gueules, feuillée de sinople, au deuxième d’or à quatre burelles ondées d’azur, au troisième d’azur à l’épi de blé feuillé d’or ; sur le tout, un écusson en bannière d’argent chargé d’une crosse d’abbesse d’or et accompagnée de quatre fleurs de lis du même.

 Hydrographie 

La ville est traversée par le ruisseau Ru du Domptin qui conflue dans la Marne.

 Toponymie Charles martel 61 826 342 514 816 g46

La signification étymologique du lieu est sans doute : Caroli Villa = le Domaine de Charles, vraisemblablement le Maire du Palais, mon ancêtre Charles de Herstal dit Charles Martel (686/741, portrait de droite), père de Pépin III dit le Bref (715/768) fondateur de la dynastie Carolingienne.
Anciennement Charly, la commune est renommée Charly-sur-Marne en 2006 afin de lever l'ambiguïté avec ses homonymes des départements du Cher et du Rhône.

Drapeau francais fond blanc Histoire 

La Caroli Villae du Moyen-Age ne doit pas être très importante, mais plutôt une sorte de métairie composé de huttes, cabanes et grands bâtiments servant à l'exploitation des terres et à l'abri des hommes.
Charles II dit le chauveCharly entre dans l'histoire en 858 quand mon autre ancêtre Charles II dit le Chauve (823/877, portrait de droite), désigne quelques villages de son domaine dont Charly. Il en  fait don à l'abbaye féminine Notre-Dame de Soissons (1) dont sa fille Rothilde (+925) est abbesse après son veuvage.
En 1076, Hugues de Château-Thierry (+1088) fonde l'abbaye Saint-Jean-des-Vignes de Soissons(2) à qui il donne différents biens dont certains situés à Charly, notamment des vignobles et l'église. En contrepartie, les chanoines désignent jusqu'à la Révolution Française deux d'entre eux comme curé et vicaire de la ville.
Jules mazarinEn 1652, durant la Fronde, les troupes du cardinal Jules Mazarin (1602/1661, portrait de gauche) sont défaites par les frondeurs entre Charly et Château-Thierry et, Mazarin en fuite, traverse Charly au milieu d’un millier de  chevaux, de chariots à bagages et la suite de ses gens.
En juillet 1657, pour conjurer la peste menaçante, 800 habitants de Charly vont à pied à l'abbaye Saint-Ménard de Soissons vénérer les reliques de saint Sébastien qui sont censées protéger de la peste.
En 1698, l’Hôtel-Dieu maladrerie est supprimé, un hospice est rétabli en 1860 par une personne charitable.
Avant la Révolution Française, le village est géré par le prévôt, de l'abbaye Notre-Dame de Soissons. 
En 1792, l'ancien vicaire de Charly devient Maire.
En 1806, la congrégation des Sœurs de Notre-Dame de Bon-Secours installe dans le bourg une importante Ecole de Filles qui disparait après les lois sur les congrégations vers 1900.
En 1814, la France est envahie, les Russes et les Prussiens sont à Charly.
En 1815, le maire, Denis Louis Caboche, met sur pied une Garde Nationale de deux compagnies et en 1830, une compagnie de sapeurs-pompiers. La garde est placée sous le commandement du commandant Cornette et du capitaine Boullanger, tous deux anciens officiers de l'Empire.Reverbere a huile
En 1832, le choléra fait son apparition, 58 morts à Charly.
En 1834, les premiers réverbères à huile sont installés.
En 1845, l'Hôtel de Ville est construit et la halle du XVIème siècle détruite.
En 1870, durant la Guerre Franco-Prussienne, le ministre-président de Prusse, Otto von Bismarck (1815/1898) traverse la ville.
En 1918, pendant la Seconde Bataille de la Marne, un hôpital de campagne est installé à l'école des garçons. Les soldats français morts au combat reposent au cimetière de Charly, les soldats américains à Bois-Belleau(3).
En 1924, la commune est décorée de la Croix de Guerre 1914-1918.
Durant la Seconde Guerre Mondiale, dès 1940, la ville est occupée par les Allemands. Le pont de la Marne est détruit. La ville est libérée le 28 août 1944 par les Américains.

Seigneurs et gens de noblesse 

En 1076, Hugues de Château-Thierry (+1088), vassal de l'évêque de Soissons, Thibaud II de Pierrefonds (+1080), s'accapare Charly mais n'ose le conserver et le lui rend peu après.
Guy de Charly, chevalier, en 1190 ; Hugues de Charly en 1208 ; Etienne de Charly en 1220 ; Jean de la Ferté, chevalier, en 1266 ; Hugues II de Charly, écuyer, en 1280 ; Thomas du Bois en 1300 ; Oudard du Bois en 1316.
En 1787, la seigneurie de Charly, ferme, terres et château, est vendue à la Famille Henry de la Loge de Saint Brisson. 

 Chronique communale 

Le Champagne
Louis emile morlotRiche d’une très longue tradition vigneronne, toute la partie axonaise de la Vallée de la Marne est en appellation Champagne.
Avec 3 200 ha, l’Aisne représente 10% des vignes à Champagne. L'appellation, accordée en 1908, est dû à Louis Émile Morlot (portrait de droite), député-maire de Charly, la plus grande commune viticole de l’Aisne, qui oeuvre énergiquement pour le classement de son vignoble en AOC.
Le vignoble couvre 350 ha sur les 2052 ha de la commune. Les coteaux sont implantés sur des sols à dominante argilo-calcaire, à tendance marneuse. L’encépagement de Charly-sur-Marne est réparti en 8 % de Pinot Noir, 12 % de Chardonnay et 80 % de Pinot Meunier. Ce dernier doit son nom au petit duvet blanc de son feuillage ressemblant à la farine du meunier.

 Patrimoine 

L'église Saint-Martin
Sa 
construction commence au XIIème siècle, sous le règne du roi capétien Philippe II dit Auguste (1165/1223).
Elle est constituée d'une grande nef avec deux petites nefs collatérales, le chœur et  le sanctuaire sont surajoutés en 1543. Les deux chapelles collatérales de droite sont les chapelles du château. Les arcades sont ogivales, de hauteur moyenne et les quatre piliers du chœur supportent le clocher.
Le clocher quadrangulaire est de style romano-ogivale. Ses murs mesurent à la base 1,20m d'épaisseur. Au XVIIIème siècle, il est terminé par une flèche en ardoises, aujourd'hui détruite.
A l’intérieur, plusieurs peintures dont un triptyque du XVIème siècle La Vie de la Vierge et un ensemble de vitraux du XIXème siècle, provenant de la chapelle de Notre-Dame de Bon-Secours sur la vie de Jésus, sont remarquables.  Les Fonts Baptismaux classés aux Monuments Historiques datent du XIIIème siècle. 
La façade de l'église est restaurée en 1903.

Le couvent des Cordeliers
Avec ses 22 tours, il date de la fin du XVème siècle.
Aujourd'hui ruiné, une belle restauration de l'ancienne façade de la chapelle du couvent est visible au 9 de la rue du Faubourg de Villiers.

La Tour Napoléon et le  tombeau d'Amand Prosper Cornette
Propriété privée aujourd'hui, située au 12 avenue Fernand Drouet, elle est érigée en 1830 par le propriétaire des lieux de l'époque, le chef de bataillon, Amand Prosper Cornette (1772/1847), ancien officier du Premier Empire. Elle est surmontée d'une statue de l'empereur Napoléon Ier en pied, regardant en direction des Invalides, et d'une girouette représentant un officier à cheval et une troupe défilant au pied d'un arc de triomphe. 
Le tombeau Cornette contient la dépouille mortelle du commandant depuis 1847 ainsi que celle de son épouse. Une grande plaque de granit gravée rappelle tous ces états de services de la Révolution et de l'Empire. Le tombeau est surmonté d'une statue de Napoléon identique à celle de la tour.

Le lavoir, sur le thème des fables de La Fontaine,  illustre Les renardes et les raisins.

Les éoliennes sont construites en 2009 et sont exploitées par La Compagnie du vent.

 Personnalités liées à la commune 

ACornette500​mand Prosper Cornette (1772/1847, portrait de gauche), volontaire de la République à l'âge de 19 ans, il entre dans l'armée du Premier Consul dès 1792, puis dans celle de l’Empereur, y compris pendant les 100 jours. Il est demi-solde (4) pendant la Restauration.
Il reprend du service en 1830 dans la Garde Nationale de Charly au 8ème régiment d'infanterie de ligne, sergent puis chef de bataillon.
Il participe à 22 campagnes, est blessé deux fois et décoré de la Légion d'Honneur. Il est fait plus tard Chevalier de la Légion d’Honneur Royale.
Il est enterré chez lui, près de la maison qu'il a flanqué d'une tour et muni de deux statues de Napoléon. Son testament contient des clauses extraordinairement précises sur la façon dont les les statues doivent être conservées et protégées.

BrietlucienLucien Briet (1860/1921, portrait de droite), est un petit rentier qui découvre les Pyrénées en 1889 au cours d'un séjour à Gavarnie. Pris de passion, il y revient assez régulièrement, devient membre du Club Alpin Français et entreprend d’explorer méthodiquement le massif, y réalisant de nombreuses photographies.
Il publie des articles dans des revues spécialisées et donne des conférences accompagnées de projections.
Il devient secrétaire de la Société de Spéléologie. La Société Géographique de Paris lui fait un accueil triomphal.
De parents champenois, il est enterré à Charly.

Chouart des groseilliersMédard Chouart des Groseilliers (1618/1696, portrait de gauche) est  natif de Charly où il vit avec ses parents à la ferme des Groseilliers de Basevelle, sur les rives de la Marne. Il est baptisé dans le Hameau de Drachy, à l'époque cure indépendante.
Il arrive en Nouvelle France à l’âge de 16ans et se joint à une mission des pères jésuites auprès du peuple Hurons(5).  Il reste 10 ans auprès des autochtones avant de s’installer à Trois Rivières et de devenir coureur de bois. En compagnie de son ami Pierre Esprit Radisson (1636/1710), il explore le Nord de l’Ontario actuel. Il est l’un des premiers explorateurs à avoir atteint le Lac Supérieur.
Suite à des déboires avec l’administration française (le gouverneur de Nouvelle France lui confisque une cargaison de fourrures qu’il rapporte de l’une de ses expéditions), il se rend en Angleterre et propose ses services au roi Charles II Stuart (1630/1685). Celui-ci accepte de soutenir ses entreprises et ses expéditions suivantes, à l’origine de la création de la célébrissime Compagnie de la Baie d’Hudson.
Les Français accusent le coureur de bois de trahison, mais acceptent cependant son retour dans les Comptoirs de Nouvelle France.
Il change de camp une nouvelle fois et apporte son soutien à ses compatriotes dans leur lutte contre les Anglais.
Il meurt à Trois Rivières.

Odeline de Drachy (1257/1273) née au hameau de Drachy, est l'une des premières abesses de l'abbaye Notre-Dame de Soissons.

 Evolution de la population 

Charly sur marne 02 demo

 Hameaux, lieux dits, faubourgs et écarts 

La commune de Drachy est réunie à Charly en 1749.
Rudenoise, Sous le Monthuy Village, Grand Porteron, Ruvet.
Quartiers : Les H ou Cité des 40 fous, le Petit Val, le Clos des Buttes, les Quatre Coins en centre-ville, la Z.I. incluant Stade Garnier, Collège, Skate Park et différentes usines et commerces.

 Nos ancêtres de Charly-sur-Marne … 

Naissances/baptèmes :
DUBOIS Jean (sosa 16766G15) le 30 mai 1573.
GARNOTEL Barbe (sosa 16767G15) le 19 octobre 1581.
DUBOIS Marguerite (sosa 8383G14) le 20 juin 1604.
FAYET Antoine (sosa 4190G13) le 7 juin 1609.
FAUVET Claude (sosa 1066G11) le 2 mai 1657.

Unions :
FAYET Antoine (sosa 4190G13), 2ème mariage, avec BELLOT Madeleine (hs) le 24 novembre 1670.
MOREAU François (sosa 2094G12) et FAYET Marie (sosa 2095G12) le 23 janvier 1662.

Décès/inhumations :
DUBOIS Marguerite (sosa 8383G14), épouse DU BROUE, le 24 mars 1665.
DU BROUE Jehan (sosa 8382G14) le 3 mars 1658.
DU BROUE Marie (sosa 4191G13), épouse FAYET, le 20 janvier 1664.
FAYET Antoine (sosa 4190G13) le 23 juillet 1679.

 Carte de Cassini 

Charly sur marne 02 cassini

 

 


 

Notes :

(1) L'abbaye de moniales bénédictines Notre-Dame est fondée à Soissons, entre 658 et 666, par Ébroïn, maire du Palais des rois mérovingiens. Cette abbaye reçoit sa règle de Draussin, évêque de Soissons vers 660. Les Carolingiens en font une abbaye royale où la reine Rotrude se retire. Elle est classée aux Monuments Historiques en 1913.

(2) L’abbaye de chanoines réguliers Saint-Jean-des-Vignes sur la colline Saint-Jean de Soissons est fondée en 1076 par mon ancêtre, le duc des Francs Hugues dit le Grand (898/956). Elle est de style gothique et fait l’objet d’un classement au titre des Monuments Historiques en 1875 pour les clochers et les cloîtres, en 1913 pour vestiges des bâtiments de l'abbaye et en 1947 pour le logis des hôtes et les terrains. En 1947, le mur d’enceintre, le château d’eau et le logis de l’abbé font l’objet d’une inscription.

(3) La bataille du bois de Belleau est le premier engagement des troupes américaines de l'American Expeditionary Force, placée sous le commandement en chef du général John Joseph Pershing (1860/1948), ainsi que le début de la grande contre-offensive alliée de 1918.
Cette bataille se déroule dans le bois de Belleau (Aisne), entre le Ier et le , et oppose les forces américaines aux  allemands retranchées dans le secteur de Château-Thierry. Elle détient le triste record du nombre de soldats américains tués dans une seule bataille jusqu'à la Seconde Guerre Mondiale.
Elle est encore considérée aujourd'hui comme le premier engagement majeur et l'événement fondateur de la réputation des Marines.

(4) Pendant la Restauration et après la défaite, le nouveau régime accorde une demi-solde aux grognards, qui doivent justifier de leurs services avec les brevets originaux de leur grade.

(5) Les Hurons : appellation donnée par les Français à ce peuple amérindien qui porte en réalité le nom de Wendat.

 


 

Sources
Sites, blogs, photos et lecture :
Wikipedia ; Dictionnaire Historique de Melleville ; site de Cousins Rigault.

Date de dernière mise à jour : 15/09/2020