
Situé dans le Sud-Ouest de la France, au cœur du triangle formé par Toulouse, Clermont-Ferrand et Montpellier, dans les contreforts Ouest du Massif Central, le pays ruthénois s'organise entre les vallées et hauts plateaux des Grands Causses et les collines humides du Ségala.
Rodez est une ville ancienne, la voirie est de plus en plus étroite au fur et à mesure que l'on se rapproche du Vieux-Rodez et les vestiges de l’ancienne ville forteresse restent fortement présents. Son centre est étendu, par des nombreuses rues et ruelles piétonnes bordées de maisons typiques dans un cadre historique le plus souvent préservé.
Au-delà du Vieux-Rodez, la ville s'est étendue au cours du XXème siècle.
La ville fait partie des Grands Sites d'Occitanie et travaille pour obtenir le label Ville d'Art et d'Histoire et être reconnue au Patrimoine Mondial de l'Unesco.
Les communes limitrophes sont : Druelle-Balsac, Le Monastère, Olemps, Onet-le-Château, Sainte-Radegonde.
Rodez a obtenu Trois Fleurs au Concours des villes et villages fleuris, 1ère place en 1996 et 3ème place en 2007. La commune possède également le label Ville amie des enfants décerné par l'Unicef.
En 2021, Rodez est jumelée avec : Bamberg (Allemagne)
Héraldique
Les armes de la commune se blasonnent ainsi :
- De gueules, à trois besants d'or.
- De gueules, à trois roues d'or, deux en chef et une en pointe ; au chef d'azur, chargé de trois fleurs de lis d'or.
Il n'y a aucune différence entre les deux blasons.
Civitas Ruthena deo fidelis et regi semper = La communauté Ruthène de fidélité éternelle à Dieu et au Roi.
Hydrographie
La commune est traversée, en contrebas, par l'Aveyron et par le ruisseau de l'Auterne.
Deux secteurs de la commune sont soumis au risque d'inondation : Layoule, la Mouline.
Crues importantes en : mars 1901, mars 1930, décembre 1959, décembre 1981, décembre 2003.
Toponymie
Durant l'Antiquité, la ville gauloise se nomme Segdunon, puis sous l'occupation romaine Segodunum.
Sego = fort, et dunum = colline, d'où haute colline, place forte.
Elle devient Rogomatus Ruteniis, le marché aux Ruthènes ; Civitas Rutenorum, la ville des Rutènes ; Ruteni ; Rudez en occitan médiéval ; Rodès et finalement Rodez.
Histoire
Rodez est une ville deux fois millénaire : son existence remonte au Vème siècle avant J.-C., lorsqu'une peuplade celtique d'Europe Centrale, les Rutènes, s’arrête au Sud de l'Auvergne pour fonder un oppida caractéristique de la civilisation gauloise.
Alors que le christianisme se répand dans la foulée de l'action évangélisatrice de Saint Amans, la ville n'échappe pas aux troubles des temps barbares qui suivent la chute de l'Empire romain.
Rodez est successivement occupée par les Wisigoths, les Francs, les armées des ducs d'Aquitaine et des comtes de Toulouse, ainsi que par les Maures, qui l'investissent en 725 et mettent à bas l'église antique. Quelques siècles plus tard, les Anglais l'investissent lors de la Guerre de Cent Ans (de 1337 à 1453).
L'histoire de la ville reste marquée durant longtemps par une intense rivalité entre les comtes de Rodez, maîtres du bourg, et les évêques de Rodez, maîtres de la cité. Une muraille
délimite les deux secteurs. Chaque communauté a son hôtel de ville, ses consuls, une administration propre ; chacune rivalisant de puissance, de rayonnement. Au bourg, la dynastie des comtes d'Armagnac et de Rodez, obtient des privilèges régaliens : battre monnaie à la tour Martelenque, porter la
couronne comtale et persister à reconnaître un temps Pedro Martínez de Luna, l'antipape Benoît XIII (1329/1422, portrait 1 de gauche) et ses cardinaux et héritiers Bernard Garnier (1370/1430) et Jean Carrier (1370/1437). Ce qui amène inévitablement l'affrontement avec le roi de France en 1443. Le dauphin, futur roi Louis XI (1423/1483, portrait 1 de droite), vient occuper Rodez et soumettre le comte Jean IV d'Armagnac (1396/1450). Plus tard, son fils, Jean V d'Armagnac (1420/1473) complote contre le roi Louis XI ce qui lui vaut d'être massacré à Lectoure.
Au début du XVIème siècle, Rodez est marquée par l'évêque François d'Estaing (1462/1529) qui termine les travaux de construction de la cathédrale Notre-Dame de Rodez. Ces travaux sont achevés en quinze années de 1510 à 1526 et ce malgré la Peste qui ravage la ville.
La rivalité entre les deux pouvoirs dessert le développement de la cité ruthénoise. Malgré les témoignages que sont ses nombreux chefs-d'œuvre gothiques réalisés du XIIIème au XVIème siècle, la ville ne connait pas vraiment de longues périodes de prospérité. En 1589, le roi de France Henri IV (1553/1610, portrait 2 de gauche), attache la destinée du comté de Rodez à la Couronne de France.
Au long des XVIIme et XVIIIème siècles, Rodez devient une cité marchande prospère.
La Révolution Française ôte à Villefranche-de-Rouergue, la vieille rivale de Rodez, son rôle de capitale administrative au profit de Rodez, qui devient préfecture et chef-lieu de district du nouveau département de l'Aveyron en raison de sa position centrale. Le patrimoine religieux de la ville n'est que partiellement dégradé.
En 1798, est créée la Société Centrale d'Agriculture de l'Aveyron.
Sous la Restauration (de 1814 à 1830), l'Affaire Fualdès (voir § suivant) défraye la chronique judiciaire. Rodez reçoit à cette occasion de nombreux journalistes qui décrivent les mœurs ruthénoises sous un aspect très subjectif et lui donne la réputation d'être la ville où l'on égorge des gens comme des cochons jusque dans les années 1920.
Le XIXème siècle connaît un renouveau culturel. En 1836, est fondée sur l'initiative d'Hippolyte Justin de Barrau (1794/1863, portrait 2 de droite), la Société des Lettres, Sciences et Arts de l'Aveyron. La modernisation de Rodez s'effectue très lentement au cours du siècle.
Rodez évolue en affirmant et développant son rôle de chef-lieu du département de l'Aveyron à partir du XXIème siècle.
Les Ruthènes
Les Rutènes sont un peuple de la Gaule Celtique du Sud du Massif Central. Leur territoire, depuis au moins le Premier Age du Fer (VIème siècle avant J.-C.), s'étend sensiblement sur les actuels départements du Tarn et de l'Aveyron, délimité par le plateau de l'Aubrac au Nord et les confins de la montagne Noire au Sud, et unit les basses terres de l'Albigeois
aux hautes terres du Rouergue. Il englobe les massifs, les plateaux et les plaines qu'échancrent profondément le Lot, l'Aveyron et le Tarn. La définition précise des limites du territoire est cependant compliquée par la division entre Rutènes libres et Rutènes provinciaux après la conquête romaine de -125 à -121 avant J.-C.
Au milieu du Ier siècle avant J.-C. ce peuple est sous l'autorité de rois ou de chefs qui font figurer leur nom sur les monnaies de bronze : Attalos et Tatinos.
Les Ruthènes sont mentionnés pour la première fois par Marcus Tullius Cicero dit Cicéron (-106/-43, portrait de droite) en 69 avant J.-C.
Avec les Arvernes et leurs alliés Allobroges, ils sont vaincus par Quintus Fabius Maximus Verrucosus dit Cunctator (-275/-203) à la bataille que l'on situe au Nord de Valence en 121 avant J.-C. Les Arvernes, et une partie des Rutènes conservent néanmoins leur indépendance. Dans son récit de la Guerre des Gaules, Jules César (-100/-44, portrait de gauche) les cite plusieurs fois.
Lors du grand soulèvement de 52 avant J.-C., Vercingétorix (-82/-46), roi des Arvernes, envoie chez les Rutènes Lucterius, aristocrate gaulois du peuple des Cadurques, pour les rallier à sa cause.
En 121 avant J.-C., les Gaulois sont écrasés par les légions romaines. Cette défaite marque territorialement le peuple ruthène en créant une scission entre Ruthènes libres et Ruthènes provinciaux qui sont intégrés à la Narbonnaise. La frontière entre les 2 provinces n'a pas bougé depuis et est aujourd'hui encore la frontière entre les départements du Tarn et de l'Aveyron.
Assez récemment, un oppidum du milieu du Ier siècle avant J.-C. est découvert dans la forêt des Palanges, près de Laissac, au lieu-dit Montmerlhe. Selon certains archéologues, ce site serait la véritable place-forte des Ruthènes. À Rodez, aujourd'hui, on trouve peu de traces de la Segodunum gauloise.
L'Affaire Fualdès au XIXème siècle
Cette affaire judiciaire défraye la chronique de 1817 à 1818. La France entière, puis l’Europe et même l’Amérique, se passionnent rapidement pour cette énigme de province appelée à devenir une des plus célèbres affaires judiciaires du XIXème siècle.
Au matin du 20 mars 1817, le corps de Joseph Bernardin Fualdès (1761/1817, portrait 1 de gauche), magistrat, accusateur public, juge du Tribunal Criminel de l'Aveyron, procureur impérial en 1811, ancien vénérable de la Loge de Rodez, qui s’est illustré en déjouant en 1814 une tentative d’insurrection ultraroyaliste, entreprise qui lui a valu certaines inimitiés dans la région, est découvert, flottant dans l'Aveyron, près du moulin des Besses, en contrebas de la ville, la gorge ouverte. 
Les soupçons se portent rapidement sur les habitants de la maison Bancal (photo 2 de gauche), un tripot malfamé, proche des appartements de Fualdès. Ses occupants, les Bancal, sont très rapidement suspectés avant d’être arrêtés.
La justice recherche les hommes de main indispensables à l’enlèvement et au transport du corps. Un petit groupe composé d’un contrebandier, d’un coutelier, d’un portefaix et d’un ancien soldat fait l’affaire ; ils ont bu un verre le soir du drame dans les environs de la maison Bancal.
Les commanditaires sont recherchés dans l’entourage immédiat du magistrat : un agent de change, Joseph Jausion (portrait 1 de droite) et son beau-frère Bernard Charles Bastide (portrait 2 de droite), débiteur d’une hypothétique créance auprès de la victime. Tous sont accusés d’avoir tendu le guet-apens.

L’acte d’accusation du 12 juin 1817 scelle le destin des accusés et le récit des événements de la soirée : À la nuit tombée, des joueurs de vielle couvrent de leur musique l’enlèvement de la victime alors qu’elle se rend à un mystérieux rendez-vous. Bâillonné, Fualdès est conduit sous la menace dans la maison Bancal ; la victime est étendue sur une table et égorgée avec un couteau de boucher ; son sang est reçu dans un baquet et donné à un cochon qui ne put le finir. Le corps est placé sur deux barres, enveloppé dans un drap et dans une couverture de laine, lié comme une balle de cuir. Après le forfait, Fualdès est porté vers les 10h du soir dans la rivière d’Aveyron, par quatre individus, précédés d’un homme à haute taille, armé d’un fusil.
L’affaire est l’objet de trois procès successifs.
À Rodez, le premier procès se déroule du 18 août au 13 septembre 1817. 11 accusés sont à la barre et voient défiler 243 témoins à charge et 77 à décharge. À la suite d’un vice de forme du greffier, le jugement est cassé avant d’être renvoyé à la cour d’assises d’Albi.
Le second procès se déroule du 25 mars au 5 mai 1818. Les accusés ne sont plus que 8 mais il y a 350 témoins. 5 peines de mort sont prononcées, dont 3 effectives. Bastide, Jausion et Collard sont guillotinés le 3 juin à Albi.
Un dernier procès se tient à Albi du 21 décembre 1818 au 15 janvier 1819 à l’encontre de trois nouveaux accusés, l’ancien commissaire de police et deux parents de Bastide. Ils sont tous relaxés. Au total, plus de 730 témoins sont cités dans cette affaire.
Plusieurs hypothèses à la cause du meurtre sont évoquées :
- Une rixe provoquée par des libertinages, ce qui correspond mal à ce qu'on peut connaître de la personnalité de la victime...
- Lors du premier procès, Didier Fualdès, le fils, dépose entre les mains d’un magistrat une correspondance non signée. Il y est écrit que Fualdès a été tué à cause de l’évasion et de la survivance de Louis Charles de France, Louis XVII (né en 1785, portrait de gauche). Son père, ancien révolutionnaire et ancien membre du Tribunal Révolutionnaire, ne faisait pas mystère de ses relations avec Paul Barras (1755/1829) et prétendait être très bien renseigné sur bien des choses, principalement sur l’évasion de l'enfant de la prison du Temple. Ces informations pouvant remettre en cause la légitimité de Louis Stanislas Xavier de France, roi Louis XVIII (1755/1824, portrait de droite), lui auraient valu d'être assassiné. ..
- L'assassinat aurait été commandité par la société secrète des Chevaliers de la Foi s'en prenant symboliquement à un ancien révolutionnaire et bonapartiste qui avait eu une part importante dans l'échec du complot de Rodez en 1814...
Les comptes rendus des actes et des audiences des procès est publié jour après jour. L’affaire offre à la presse nationale qui prend son essor et aux premiers reporters modernes dépêchés sur place, l’occasion de tenir la France et l’Europe en haleine par un feuilleton haletant des événements, n’hésitant pas à forcer le trait pour décrire Rodez comme une ville sordide, étriquée et mesquine, image dont la capitale de l’Aveyron a eu du mal à se débarrasser.
L’affaire Fualdès est considérée comme la première affaire criminelle juridico-journalistique de la presse européenne.
Les seigneurs et gens de la noblesse
La Maison de Millau dont mes ancêtres (voir § Mes ancêtres)
- avec les vicomtes de Millau et de Rodez :
Richard Ier de Millau dit Le Gros (975/1023) et son fils Richard II de Millau (990/1051)
- avec les vicomtes de Carlat et de Rodez :
Bérenger II de Millau (1030/1080) ; Richard III de Rodez (1064/1134) qui reçoit en 1096 de Raymond de Saint-Gilles (1042/1105), comte de Toulouse et de Rouergue, une partie du comté de Rouergue en gage. En 1112, Alphonse Jourdain (1103/1148), fils du précédent, abandonne ses droits sur le comté et Richard III de Rodez prend le titre de comte de Rodez.
- avec les comtes de Rodez :
Hugues Ier de Rodez (1090/1154) avec lui s'arrête ma généalogie des comtes de Rodez.
Richard II de Rodez (1137/1195), fils du précédent, époux de Guillemette ; Hugues II de Rodez (1135/1208) frère du précédent, époux en 1154 d'Agnès d'Auvergne, il a pour maîtresse en 1172 Bertrande d'Amalon ;
Hugues III de Rodez (1158/1196), fils d'Hugues II et d'Agnès Adélaïs d'Auvergne ; Guillaume de Rodez (1168/1208), frère du précédent, époux d'Irdoine de Séverac ; Henri Ier de Rodez (1175/1222), demi-frère des précédents, fils d'Hugues II et de Bertrande d'Amalon, époux en 1212 d'Algayette d'Escorailles.
Hugues IV de Rodez (1212/1274), fils du précédent, époux en 1230 d'Isabeau de Roquefeuil (1215/1271) fille de Raymond II de Roquefeuil (1180/1229), vicomte et baron de Creyssels ; Henri II de Rodez (1236/1304), fils du précédent, époux en 1256 de Marquise des Baux de Provence, puis en 1270 de Mascarosse de Comminges, il meurt sans descendance mâle, sa fille Cécile hérite du titre et des biens ; Cécile de Rodez (1275/1313) fille du précédent, épouse en 1298 Bernard VI d'Armagnac (1270/1319) veuf d'Isabelle d'Albret (1275/1294).
La Maison d'Armagnac, branche cadette des ducs d'Aquitaine et de Vasconie, succéde ainsi à la première dynastie comtale, issue des anciens comtes de Rouergue.
La Maison d'Armagnac, comtes d'Armagnac et de Rodez
Jean Ier d'Armagnac (1311/1373) fils du précédent, époux en 1322 de Régine de Goth (1306/1343) vicomtesse de Lautrec, en 1327 de Béatrice de Clermont (1311/1364) comtesse de Charolais ; Jean II d'Armagnac (+1384) fils du précédent, époux en 1359 de Jeanne de Périgord ;
Jean III d'Armagnac (+1391) fils du précédent, époux en 1378 de Marguerite de Comminges (1363/1443) ; Bernard VII d'Armagnac (1360/1418) frère du précédent, connétable de France, époux de Bonne de Berry (1365/1435) ;
Jean IV d'Armagnac (1396/1450) fils du précédent, époux en 1407 de Blanche de Bretagne (1395/1419) puis en 1419 d'Isabelle de Navarre (1395/1450) ;
Jean V d'Armagnac (1420/1473) fils du précédent, vicomte de Lomagne, époux en 1469 de Jeanne de Foix ; Charles Ier d'Armagnac (1425/1497) frère du précédent, époux en 1468 de Catherine de Foix-Candale (1442/1510) ;
En 1497, les comtes d'Armagnac s'éteignent à leur tour. Charles d'Alençon, leur héritier, devient comte de Rodez et d'Armagnac, mais il meurt peu de temps après, laissant tous ses biens à Marguerite de Valois, son épouse, qui se remarie avec Henri III roi de Navarre.