Aux pays de mes ancêtres

Ferrette

 

Ferrette 68 adm

 

Ferrette 68 geoCe village médiéval haut-perché, dans une nature verdoyante, est surmonté par les ruines imposantes du château de mes ancêtres, les comtes de Montbéliard. Des sentiers pédestres bucoliques mènent aux gorges et à la Grotte des Nains dont la légende est répandue dans toute l’Alsace.
Ferrette, ou Pfirt en alsacien, est une commune du Sud du département du Haut-Rhin, dans la région du Jura alsacien et sur le territoire du Sundgau, situé à environ 25Kms de Bâle, 35Kms de Mulhouse et 45Kms de Belfort.
Entouré par les communes de Sondersdorf, Vieux-Ferrette et Ligsdorf, Ferrette est situé à 4 Kms de Durmenach la plus grande ville aux alentours.

Ferrette 68 blason Héraldique 

Les armes des communes se blasonnent ainsi : De gueules aux deux bars adossés d'or.

 Toponymie 

Pfirtensis Ferreto en 1105, de Ferretis en 1125, Phirrith en 1128, Phirida en 1133, Ferrettes en 1136, Firreta en 1141, Firretes en 1152, Ferretarum en 1233, de Pfirreto en 1271, Farrates en 1290, Ferretes en 1296, Phirret en 1299, Phfirt au XIVème siècle, Ferettensis en 1304, Phirretarum en 1309, Pharrettes en 1317, Phyretis en 1358, Phirt en 1361, Ferraite en 1469, Ferette en 1659, Pfürdt en 1663, Ferrette en 1793.

 Hydrographie 

Le ruisseau Luppach est le principal cours d'eau qui traverse la commune.

Drapeau francais fond blanc Histoire 

Au début du XIème siècle, le château est seul sur un piton rocheux qui domine un village nommé Ferrette qui est l’actuel Vieux Ferrette. Il appartient à mon ancêtre Louis de Montbéliard (1015/1075).
Un nouveau village, au pied du château, voit le jour sous le nom de Ferrette. Afin de distinguer l'ancien village du nouveau, le premier prend le nom de Vieux-Ferrette.

Seigneurs et gens de noblesse

Le Comté de Ferrette
Au VIIIème siècle, Boronus est propriétaire de toute la contrée nommée alors Pagus Alsgaugiensis (canton d'Elsgau). Sa descendance n'est pas connue, mais apparait au début du XIème siècle, mes ancêtres :
Louis de Montbéliard (1015/1075) qualifié de comte de Mousson, Montbéliard, d'Altkirch et de Ferrette, noble de langue romane, originaire du château situé sur la butte de Mousson en Lorraine. Il est le fils du comte Richwin de Scarpone et de son épouse Hildegarde d’Eguisheim.
Par son mariage avec Sophie de Bar (1018/1093) en 1038, il devient comte de Bar et seigneur de Mousson. Ce mariage, est voulu par l’empereur du Saint-Empire romain germanique, Conrad II dit le Salique (990/1039) souhaitant renforcer son influence face aux signes d’agitation et de révolte dans cette partie occidentale de l’Empire créé en 962.
Thierry 1er de Montbéliard (1045/1105), son fils, épouse Ermentrude de Bourgogne-Comté en 1065, reprend les titres et reçoit le comté de Verdun. Il revendique la succession du duché de Lorraine, mais l’empereur du Saint-Empire, Henri IV (1050/1106) refuse, il ravage alors l’évêché de Metz en représailles mais il est vaincu par l’évêque de Metz, Adalbéron III (1010/1072) et le duc de Lorraine, Thierry II d’Alsace dit Le Vaillant (1045/1115). Pour se faire pardonner, il fonde l’abbaye d’Haguenau en 1074 et fait reconstruire l’église de Montbéliard en 1080.

Le couple a au moins 8 enfants dont mon ancêtre Renaud Ier de Bar dit Le Borgne (1080/1149) mais le prochain héritier de Ferrette est son frère :

Frédéric Ier de Ferrette (+1160) est considéré comme étant le bâtisseur du château de Ferrette qu’il fait élever à l'emplacement d'une tour d'observation construite par les Romains. Son domaine comprend une grande partie du Sundgau, originairement partie intégrante de l'Austrasie avant que celle-ci ne soit divisée entre la Basse-Alsace, nommée Nordgau, et la Haute-Alsace nommée, Sundgau. Ce découpage donne des droits à Frédéric sur le pays de Porrentruy et la vallée de Delémont. Il établit sa résidence à Ferrette et, avec le consentement de sa seconde femme, Etiennette de Vaudémont et de son fils Louis Ier (qui suit), il fonde le monastère de Feldbach (sur le territoire de Vieux-Ferrette) vers 1144 et fait bâtir une église qui devient le lieu de sépulture de plusieurs des membres de cette famille.
Louis Ier de Ferrette (1144/1193) participe à la Troisième Croisade aux côtés de l’empereur romain germanique Frédéric Ier de Hohenstaufen dit Barberousse (1122/1190). Il est présent au siège de Saint-Jean-d’Acre où il trouve la mort au cours des combats.
Frédéric II de Ferrette (1187/1233) est comte de Ferrette dès 1207. Il délaisse le château de Ferrette pour celui d'Altkirch et fait construire celui de Rougemont. Il est tué mystérieusement au château de Ferrette, peut-être par un de ses fils, Louis dit Le Furieux, qui est excommunié et banni. Son frère (qui suit) prend possession du comté.
Ulrich II de Ferrette (+1275), comte de Ferrette, de Sogren, seigneur de Florimont, est nommé bailli d'Alsace en 1212 par Frédéric II de Hohenstaufen (1194/1250), empereur du Saint-Empire. Il vend le comté à l'évêque de Bâle, Heinrich III de Neufchâtel (+1274) pour lui reprendre en fief. 600 ans plus tard, un acte conservé à l’abbaye de Lucelle, est découvert, il contient les confessions d’Ulrich sur son lit de mort qui demande le pardon de Dieu et déclare être le véritable assassin de son père.Albert ii de habsbourg
Thiébaud de Ferrette (1275/1315) fils d’Ulrich II, comte de Ferrette, seigneur de Florimont, châtelain de Rougemont-le-Château, est le père du dernier châtelain de Ferrette.
Ulrich III de Ferrette (+1324) comte de Ferrette, épouse vers 1300, Jeanne de Montbéliard qui lui apporte en dot les seigneuries de Rougemont-le-Château et de Belfort. Louise d aumontIl transmet le comté à sa fille Jeanne, laquelle épouse le duc Albert II de Habsbourg dit Le Sage (1298/1358, portrait de droite) qui prend le titre de comte de Ferrette.
À la suite de la signature du Traité de Westphalie en 1648, le roi Louis XIV (1638/1715) donne, en 1659, le titre de comte de Ferrette au cardinal Jules Raymond Mazarin (1601/1661). En 1777, Louise Félicité Victoire d’Aumont-Mazarin (1759/1826, portrait de gauche) descendante de la nièce de Mazarin, épouse Charles Anne de Grimaldi, duc de Valentinois, futur prince Honoré IV de Monaco (1758/1819).
De nos jours, les Grimaldi portent toujours le titre de comte de Ferrette. Albert II de Monaco (1958/-) est donc l’actuel comte de Ferrette, de Belfort, de Thann et de Rosemont, baron d’Altkirch et seigneur d’Issenheim.

 Légende 

La légende de la grotte des nains
Il se raconte à propos de cette mystérieuse grotte une célèbre légende. La voici telle qu’elle est parue dans la Revue d’Alsace de 1851 :

1ferrette 68 texte

 Patrimoine 

Le château
Le site du château semble avoir été occupé depuis le Néolithique.
Dominant une petite cluse du Jura alsacien, à 612m d’altitude, le château est construit en 1105 par mon ancêtre le comte Frédéric de Montbéliard qui s’y installe vers 1125 et prend le nom du village voisin.
Il fonde le comté de Ferrette (voir § précédent) qui devient l'une des plus puissantes seigneuries de Haute-Alsace durant le Moyen Âge. A la fin du XIIIème siècle, le comté de Ferrette est pratiquement un État souverain. L’histoire du château est calme durant tout le Moyen Âge. On ne lui connaît aucun siège sous le temps des comtes.
1ferrette 68 le chateau de ferrette croquisAlbert II d'Autriche qui possède ses terres le long du Rhin, fusionne ses possessions et celles de sa femme, Jeanne de Ferrette, constituant ainsi le Sundgau des Habsbourg qui s'étend sur les deux rives du Rhin.
En 1374, il est attaqué par les Confédérés et les bandes d’Enguerrand VII de Coucy (1340/1397), mais seule la ville est prise et incendiée.
En 1469, à la suite du Traité de Saint-Omer, Ferrette est cédé par Sigismond d'Autriche dit Le Riche (1427/1496) à Charles de Valois-Bourgogne dit Le Téméraire (1433/1477) qui y établit Pierre de Hagenbach (1423/1474) (1) comme gouverneur.
Vers 1446, le château est rénové, reconstruit en 1488.
En 1504, le château et la ville sont donnés en baillage aux seigneurs Reich de Reichenstein qui l’engagent de 1540 à 1567 à des banquiers, les Fugger d’Augsbourg, qui construisent un rempart reliant le château-haut au château-bas.
Le château est agrandi en 1552 puis de nouveau modifié, par les archiducs d'Autriche, entre 1571 et 1615, afin de l'adapter aux armes à feu.
En 1632, durant la Guerre de Trente ans, les troupes suédoises prennent le château et s'installent dans la région. Deux ans plus tard, les paysans en révolte chassent la garnison suédoise qui revient immédiatement avec des renforts, prend le village, le pille, le saccage, pourchasse les habitants. Le château-haut subit de gros dommages.
En 1635, les troupes françaises attaquent le château. Il est brûlé et détruit.
En 1648, par les Traités de Westphalie et de Münster qui mettent fin à la Guerre de Trente ans, les terres et seigneuries des Habsbourg, en Alsace, passent aux mains du roi de France qui fait restaurer le château-bas qui devient la résidence du bailli, Le bâtiment comporte quatre salles, sept chambres, deux cuisines, une écurie, une étuve et des greniers. Le château-haut est à l’abandon.
En 1789, les bandes révolutionnaires de la vallée de la Thur pillent et incendient les restes du château-bas et la résidence du bailli. Dans les années qui suivent, les habitants de la région se servent des plus belles pierres des ruines.
En 1838, Jean Zuber, fabricant de papier peint à Rixheim, l’achète.
Il est classé aux Monument Historique en 1842 et 1930 et vendu en 2011.

L'église catholique Saint-Bernard-de-Menthon
L'église primitive dédiée à saint Bernard de Menthon, le saint d'Aoste, est élevée en 1050 au centre du village sur une terrasse fortifiée. Elle dépend du prieuré et est mentionnée dès 1144.
La tour est construite au XIIème siècle tandis que le chœur est réalisé au XIIIème siècle.
Elle s'ouvre par une large façade ornée d'une baie aux remplages gothiques flanquée d'une tourelle.
La nef à cinq travées possède une entrée protégée par un auvent du côté Sud et est rythmée par des contreforts extérieurs. Elle est prolongée en 1728.
Une tour-clocher munie d'un toit en bâtière prolonge la nef. Elle s'achève en un chevet à pans coupés. L'église contient un retable dédié à saint Fridolin et une Vierge du Rosaire.
Elle est classée aux Monuments Historiques en 1902 et restaurée en 1914.

L'Hôtel de ville
Elle est construite en 1572 dans le style dit Renaissance Rhénane. Il porte sur la façade aux fenêtres trigéminées le blason de la Maison d'Autriche à gauche et des comtes de Ferrette à droite.
La grosse horloge provient de l'ancienne gare. Son petit beffroi abrite une cloche fondue à Bâle en 1592 qui annonce le couvre-feu à 22h00, et la fermeture des portes de la ville jusqu'au matin.
Elle fait l’objet d’une inscription au titre des Monuments Historiques en 1996.

Les ruines de la chapelle Sainte-Catherine
Vers 1660, un petit sanctuaire est aménagé dans la quatrième tour d’angle du château-bas. Il remplace la chapelle initialement située dans le château-haut.

La grotte des Nains dans la gorge aux loups
Aux alentours du village, un chemin balisé mène à la Grotte. Après une traversée en forêt, d’immenses roches apparaissent de part et d’autre du chemin. Une gorge impressionnante d’environ 25 m de profondeur. Appelée Erdwibalaschlucht (le défilé des petites femmes de la terre), elle s’est formée par le travail de l’eau dans le calcaire karstique. Au milieu de ce passage, un tilleul de 140 ans s’élève pour atteindre la lumière. Au fond de la gorge, la grotte prend l’apparence d’une cavité qui s’ouvre dans la paroi rocheuse et se continue par deux boyaux développés sur une quinzaine de mètres.

 Personnages liés à la commune Ferrette 68 le 22 rue du chateau

Jean Henri Ferdinand Lamartelière, de son vrai nom Schwingdenhammer (1761/1830) né à Ferrette au 22 de la rue du château (photo ci-contre), est un dramaturge français. On lui doit les premières adaptations et traductions des œuvres de Schiller.

Roger Napoléon Charles Kempf (1927/2014) est un écrivain, philosophe, germaniste et ethnologue de la littérature. Il est prix Femina Essai en 2004 pour L'indiscrétion des frères Goncourt.

Eugène Guillevic (1907/1997), poète, séjourne à Ferrette dans la rue du château de 1919 à 1935. Il reçoit le grand prix de poésie de l'Académie française en 1976, le grand prix national de la poésie en 1984, le prix Breizh en 1975, le prix Goncourt de la poésie en 1988. Il est membre du comité d'honneur de la Maison internationale des poètes et des écrivains de Saint-Malo.. Au cours des années 1990, il participe activement au comité de fonctionnement de l'Union des écrivains de France, dont il assure la présidence jusqu'à sa mort.

 Evolution de la population 

Ferrette 68 demo

 Nos lointains ancêtres de la noblesse de Ferrette … 

Ferrette 68 ancetres

 Carte de Cassini 

Ferrette 68 cassini

 

 


 

Notes :

(1)Pierre de Hagenbach, chef de guerre talentueux, mais homme au caractère brutal et dévoyé, il est un serviteur fidèle et attaché aux intérêts de son maître, Charles le Téméraire, duc de Bourgogne. À la suite de la révolte de la ville de Breisach, il est arrêté, jugé et décapité, après un procès organisé par les villes impériales. Son procès est important pour l'histoire du droit international car c’est le premier procès dans l'histoire moderne pour crimes de guerre : Il est responsable, en tant que commandant, pour les crimes commis par les soldats sous son contrôle

 


 

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Date de dernière mise à jour : 29/08/2020