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Château-Porcien
Ce bourg rural est bâti sur la rive droite de l'Aisne qui forme une île dans laquelle est construite une partie de la ville. Elle est dominée par un rocher escarpé sur lequel demeurent les ruines du château-fort.
Située à 9 kms de Rethel et à 40 kms de Reims, Charleville et Laon, près de la voie romaine partant de Reims, dont les traces sont encore visibles.
Les communes limitrophes sont : Saint-Fergeux, Son, Écly, Condé-lès-Herpy, Barby, Herpy-l'Arlésienne, Avançon et Taizy.
Les armes de la commune se blasonnent ainsi : De sinople au manteau ducal d'hermine chargé d'un écusson d’azur au faisceau de licteur d'or lié d’argent et à la fasce brochant cousue de gueules chargée de trois étoiles aussi d'or, timbré d'une couronne ducale et soutenu d'un porc de sable.
Toponymie
Le premier nom connu du village est au Xème siècle villa Portensi. La villa devient plus tard castellum puis en 1179, Castelli in Porcianis.
Au XVIIIème siècle, les cartes de Cassini, mentionnent Chau-Portien et Novion en Portien, mais c’est finalement Porcien qui s’impose.
Hydrographie
La commune est drainée par le canal des Ardennes (versant Aisne) d'une longueur de 57 kms, chenal et cours d'eau naturel navigable. Il a son origine dans la commune de Dom-le-Mesnil et se jette dans le canal latéral à l'Aisne à Vieux-lès-Asfeld, après avoir traversé 24 communes. Il traverse la commune d'Est en Ouest.
L'Aisne : cours d'eau naturel navigable de 256 kms de long, traverse 5 départements la Meuse, la Marne, les Ardennes, l'Aisne et l'Oise. Affluent de rive gauche de l'Oise et donc sous-affluent de la Seine. Elle traverse la commune d'Est en Ouest.
La Vaux : d'une longueur de 38 kms, prend sa source dans la commune de Signy-l'Abbaye à 236m d'altitude, et se jette dans l'Aisne à Taizy, à 68 m d'altitude, après avoir traversé 13 communes.
Le ruisseau de Saint-Fergeux.
L’Oppidum de Nandin (1) est connu de longue date. Un oppidum de 50 ha des Remii (2) sur le plateau Nandin est découvert en partie sur la commune d'Herpy. En 1913 et en 1923, des traces d'habitations de la période Néolithique ainsi qu'un squelette, un plateau et un oenochoe (3) de la période gauloise.
Une voie romaine dont les traces sont encore visibles, part de Reims vers le Nord, et traverse l'Aisne tout près de Château-Porcien. C'est probablement à proximité de cette commune qu'un passage à bac, portus, a donné son nom au Porcien.
Saint Rémi (437/533), archevêque de Reims, fait mention de la ville dans son testament.
À l’époque carolingienne, un petit port fluvial est bâti sur la rive droite de l’Aisne et donne son nom au pays. Il devient stratégiquement important lors du partage de l’Empire en 843 car marquant la frontière entre le royaume de mon ancêtre Charles II dit le Chauve (823/877, portrait de droite) et la Lotharingie. Pour le protéger, une forteresse est construite sur un surplomb rocheux et le village y grandit. Il ne reste aujourd’hui que des ruines du port et du château.
Château-Porcien est le chef-lieu du comté de Porcien. Le château et le bourg castral sont attestés avant 1087 : moulins, four banal et marché hebdomadaire.
En 1243, Nicolas de Rumigny (1190/1257) et son épouse, Isabeau de Boves de Coucy (1192/1265) cèdent le moulin de Juisse à Jean Pain de Soile, prévôt de Château-Porcien.
Un hôtel-Dieu est fondé en 1300.
En 1423, la ville est prise par le Parti bourguignon.
En 1435, la ville est reprise puis ceinte en 1439 et possède quatre portes.
En 1484, débute la restauration du château.
La ville est prise par Guillaume Ier d'Orange-Nassau (1533/1584, portrait de gauche).
En 1575, un fort coup de vent endommage les toitures de la ville et le château.
En 1585, le fossé de la ville est surmonté d'une muraille mais la ville est prise par les troupes royales en 1589 et des pillages s'ensuivent. Les murailles de la ville sont de nouveau relevées et renforcées en 1592 et 1597.
En 1608, le Porcien est vendu à Charles Ier de Mantoue (1580/1637, portrait de droite), duc de Nevers et de Rethel.
En 1615, un incendie ruine presque toute la ville, attisé par de fort vents.
En 1617, Charles Ier de Mantoue rejoins les Grands Révoltés, le 15 mars, Charles de Lorraine (1571/1640) 4ème duc de Guise, assiège la ville qui tombe 15 jours plus tard aux mains du roi. En 1622, Charles Ier de Mantoue fait son entrée en la ville avec le comte de Nevers à la tête de l'armée royale.
En 1635, la Peste fait 500 morts.
Le 24 juillet 1639 le roi Louis XIII (161/1643) s’arrête en ville.
En 1650, lors de la Fronde, la ville se rend, après un siège, à Henri de la Tour d’Auvergne dit Turenne (1611/1675, portrait de gauche). Elle est reprise au printemps 1654 par l’armée royale Française.
En 1652, le duc Charles IV de Lorraine-Vaudémont (1604/1675, portrait de droite) ravage le pays en se dirigeant vers Paris.
Au cours de la Révolution Française, la commune porte provisoirement le nom de Marat-Fruvaine ou de Marat-sur-Aisne.
Les 9 et 10 juin 1940, les Allemands traversent la ville après avoir franchi l’Aisne, malgré une forte résistance de l’armée française.
Les seigneurs et gens de la noblesse
Les comtes qui ont la charge de ce comté puissant sont fidèles à la Dynastie Carolingienne en place.
Lors du Traité de Verdun en 843, le comté est cédé à mon ancêtre Charles II dit le Chauve (823/877). Devenu comté-frontière, ses comtes endossent le rôle de défenseurs du royaume contre les puissants voisins Lotharingien et Germanique.
Aux Xème et XIème siècles : la Famille de Porcien, dont mes ancêtres Manassès II (995/1056) comte de Rethel et de Château-Porcien (voir tableau en bas de page) ; puis de pères en fils, Renaud (+1064), Roger (990/1053) et Sybille (1065/1105) comtesse de Château-Porcien qui épouse successivement Godefroi Ier de Namur (1068/1139) et Enguerrand de Coucy de Boves (1042/1116) ;
Au XIIème siècle : la Famille de Grandpré ;
Au XIIIème siècle : la Maison de Blois ;
Au XIVème siècle : la Maison de Châtillon avec Gaucher V de Châtillon (1249/1329) connétable de Champagne puis de France durant les règnes de 6 rois différents, précepteur du futur roi
Louis X dit Le Hutin (1289/1316, portrait de gauche), puis son principal et presque unique ministre ; le comté se transmet de pères en fils jusque Jean II de Châtillon (1283/1363) qui le vend à Louis Ier de Valois-Orléans (1372/1407) fils du roi Charles V dit le Sage (1338/1380) ;
Au XVème siècle, après Louis Ier : la Maison de Valois-Orléans, avec Jean de Dunois (1403/1468, portrait de droite), fils bâtard du précédent et compagnon de Jeanne d’Arc (1412/1431) ; puis son fils, Charles Ier d’Orléans (1394/1465) ;
En 1438, Château-Porcien est donné par le roi Charles VII (1403/1461) à Antoine Ier de Croÿ dit le Grand (1385/1475) pour le récompenser ; la Maison de Croÿ transmet le comté encore de pères en fils, d’Antoine Ier à Charles III de Croÿ (1560/1612) 5ème prince de Chimay, duc d'Aerschot qui meurt sans descendance ;
En 1561 : le Porcien est érigé en principauté pour la Maison de Croÿ puis le titre est transmis (avec celui de duc d’Aerschot) à la Maison d'Arenberg, par le mariage en 1587 d’Anne Isabelle de Croÿ (1563/1635) duchesse d’Aerschot et princesse héritière de Chimay avec Charles de Ligne (1550/1616) comte d’Aremberg ;
En 1608 : le Porcien est vendu à Charles Ier Gonzague de Mantoue (1580/1637), duc de Nevers et de Rethel et passe ainsi à la Maison de Gonzague ;
En 1659 : il passe à Jules Raymond Mazarini (1602/1661, portrait de droite) cardinal de Mazarin ;
Puis : en 1661 il entre dans la Famille de La Porte de La Meilleraye ; en 1738 dans la Maison de Durfort ; en 1781 dans la Maison d'Aumont de Rochebaron.
Le titre s’éteint en 1826 avec Louise Félicité d'Aumont de Rochebaron (1759/1826) duchesse de Rethel-Mazarin, épouse en 1777 de Charles Anne de Grimaldi, prince Honoré IV de Monaco (1758/1819). Il est relevé en 1826 par la Maison Grimaldi, souverains de Monaco descendants du cardinal de Mazarin, et est toujours porté de nos jours par Albert II de Monaco (1958/- portrait de gauche), prince souverain de Monaco, duc de Mazarin et prince de Château-Porcien entre autres.
Patrimoine
Le château-fort, ruiné en 1347 par les anglais, est reconstruit par Antoine de Croÿ dit le grand (1385/1475) au XVème siècle.
Ses ruines servent à la reconstruction des habitations de la ville après les incendies.
L’église Saint-Thibault est l'ancienne église d'un prieuré édifié en 1143, sous Samson de Mauvoisin (+1161), archevêque de Reims et légat du pape, restaurée au XVIème siècle. Elle se situe sur l’île formée par l’Aisne où est bâti une partie de la ville.
Le porche, au rez-de-chaussée de la tour occidentale, ouvre sur une nef de quatre travées. Les angles de cette tour sont consolidés par de puissants contreforts. Le portail est surmonté d'une balustrade et d'une rosace.
À l'intérieur, les fonts baptismaux, l'aigle-lutrin, quelques bas-reliefs et lambris,, différents tableaux sont remarquables.
Elle est inscrite au titre des Monuments Historiques en 1971 et classée en 1984.
La Maison-forte est décrite dans un acte de 1479 par lequel Jean d'Ivory (+1763), seigneur d’Ecordal, la vend à un seigneur picard, Rasset de Wignacourt (1440/1495) qui l'offre à Isabelle d'Auboncourt, son épouse en 1480, en récompense de ses amours , douceurs, plaisirs et courtoisies espérées.
Construite en briques, percée de meurtrières carrées, dans un style original avec une tour à encorbellements avec un cadran solaire et différents niveaux de bâtiment dont un possède un toit à la Mansart. Elle est située en contrebas de la falaise qui supportait autrefois la forteresse des comtes de Château-Porcien (voir § précédent).
Elle doit sûrement à sa situation dans l'enceinte du bourg le fait d'avoir été préservée pendant les guerres.
Son intérieur est aujourd’hui transformé en logements.
Elle est classée aux Monuments Historiques.
Nicolas Wilbault surnommé Duchastel (1686/1763 portrait de droite), artiste peintre né et mort à Château-Porcien. Il est un des élèves de Jean Baptiste Jouvenet (1644/1717) et travaille dans son atelier à Paris. En 1717, il accepte de suivre le portraitiste Louis de Silvestre (1675/1760) à Dresde, sur les sollicitations de l’ambassadeur du roi de Pologne, Frédéric Auguste de Saxe (1670/1733).
Il reste 7 ans sur place, travaillant à Dresde ou Leipzig, peignant un grand nombre de portraits ou de fresques. En 1724, il se fixe dans les Ardennes.
Jacques Wilbault (1729/1816 portrait de gauche), artiste peintre, neveu et élève du précédent, né et mort également à Château-Porcien. Il s'installe à Paris en 1750 et y fait des études à l'Académie Royale de Peinture et de Sculpture en travaillant dans l'atelier de Jean Restout (1692/1768), ami de son oncle. Il revient en 1752 à Château-Porcien où il épouse en 1765 Marie Nicole Coutier, veuve d'un chirurgien de la ville.
et quelques autres…
Evolution de la population
Faubourgs, quartiers, hameaux, lieux dits et écarts …
Les Cliquots, Vieux marché …
Mes ancêtres de Château-Porcien ...
Carte de Cassini
Notes
(1) Oppidum Gaulois de la Civitas des Rèmes surplombe la vallée de l'Aisne sur la voie romaine menant de Reims à Cologne par Charleville-Mézières.
(2) Les Rèmes ou Rémii, peuple gaulois, occupent la région de Champagne-Ardennes et plus précisément aujourd'hui les départements de la Marne et des Ardennes. Les peuples environnant les Rèmes sont les Nerviens, au Nord, les Viromanduens et les Suessions, à l'Ouest, les Tricasses au Sud, les Leuques, Trévires et Médiomatriques, à l'Est. Dans le Sud-Est du territoire des Rèmes apparaît tardivement un peuple, les Catalaunes que l'on a parfois rattachés aux Lingons et qui peuvent être un pagus ou un client des Rèmes.
(3) Dans la Grèce antique, une œnochoé est un pichet à vin qui sert à puiser le vin dans le cratère où il est coupé à l'eau avant d’être servi.
Sources
Sites et photo … : Wikipedia
Lecture : Histoire de Château-Porcien par M. Lépine, monographie des villes et villages de France.
Date de dernière mise à jour : 12/06/2026







