Aux pays de mes ancêtres

Château-Porcien

Chateau porcien 08 adm

 

1 chateau porcien 08 geoLa commune est bâtie sur la rive droite de l'Aisne qui forme une île dans laquelle est construite une partie de la ville. Elle est dominée par un rocher escarpé sur lequel demeurent les ruines du château fort.
Située à 9 Kms de Rethel et à 40 Kms de Reims, Charleville et Laon, près de la voie romaine partant de Reims, dont les traces sont encore visibles.

Chateau porcien 08 blason Héraldique 

Les armes de la commune se blasonnent ainsi : De sinople au manteau ducal d'hermine chargé d'un écusson d’azur au faisceau de licteur d'or lié d’argent et à la fasce brochant cousue de gueules chargée de trois étoiles aussi d'or, timbré d'une couronne ducale et soutenu d'un porc de sable.

 Toponymie 

Le premier nom connu du village est au Xème siècle villa Portensi. La villa devient plus tard castellum puis en 1179, Castelli in Porcianis.
Au XVIIIème siècle, les cartes de Cassini, mentionnent Chau-Portien et Novion en Portien, mais c’est finalement Porcien qui s’impose.

 Hydrographie 

L'Aisnela Vaux, le ruisseau de Saint-Fergeux sont les principaux cours d'eau qui traversent la commune.

Drapeau francais fond blanc Histoire 

L’Oppidum de Nandin (1) est connu de longue date. Une série de fouilles depuis la fin du XIXème siècle a mis à jour deux caves gallo-romaines, un moule multiple pour fondre des fibules, un squelette, un plateau, un oenochoe (2)... Des traces d'habitation de la période du Néolithique avec la découverte d'une hache et d'un foyer sont découvertes en 1913 lors de la construction de la voie de chemin de fer.
Saint Rémi (437/533), archevêque de Reims, fait mention de la ville dans son testament.
À l’époque carolingienne, un petit port fluvial est bâti sur la rive droite de l’Aisne et donne son nom au pays. Il devient stratégiquement important lors du partage de l’Empire en 843 car marquant la frontière entre le royaume de mon ancêtre Charles II dit le Chauve (823/877) et la Lotharingie. Pour le protéger, une forteresse est construite sur un surplomb rocheux et le village y grandit. Il ne reste aujourd’hui que des ruines du port et du château.
En 1243, Nicolas de Rumigny (1190/1257) et son épouse, Isabeau de Boves de Coucy (1192/1265) cèdent le moulin de Juisse à Jean Pain de Soile, prévôt de Château-Porcien.
En 1650, lors de la Fronde, la ville se rend après un siège à Henri de la Tour d’Auvergne dit Turenne (1611/1675). Elle est reprise au printemps 1654 par l’armée royale française.
Au cours de la Révolution Française, la commune porte provisoirement le nom de Marat-Fruvaine ou de Marat-sur-Aisne.
Les 9 et 10 juin 1940, les Allemands traversent la ville après avoir franchi l’Aisne, malgré une forte résistance de l’armée française.

Seigneurs et gens de la noblesse

La première mention du pagus portuensis (comté de Porcien) remonte au VIIIème siècle. Les comtes qui ont la charge de ce comté puissant sont fidèles à la Dynastie Carolingienne en place.
Lors du Traité de Verdun en 843, le comté est cédé à mon ancêtre Charles II dit le Chauve (823/877). Devenu comté-frontière, ses comtes endossent le rôle de défenseurs du royaume contre les puissants voisins Lotharingien et Germanique.

Aux Xème et XIème siècles : la Famille de Porcien, dont mes ancêtres Manassès II (995/1056) comte de Rethel et de Château-Porcien (voir tableau en bas de page) ; puis de pères en fils,  Renaud (+1064), Roger (990/1053) et Sybille (1065/1105) comtesse de Château-Porcien qui épouse successivement Godefroi Ier de Namur (1068/1139) et Enguerrand de Coucy de Boves (1042/1116) ;
Au XIIème siècle : la Famille de Grandpré ;
Au XIIIème siècle : la Maison de Blois ;
Au XIVème siècle : la Maison de Châtillon avec Gaucher V de Châtillon (1249/1329) connétable de Champagne puis de France durant les règnes de 6 rois différents, précepteur du futur roi Louis X dit Le Hutin (1289/1316), puis son principal et presque unique ministre ; le comté se transmet de pères en fils jusque Jean II de Châtillon (1283/1363) qui le vend à Louis Ier de Valois-Orléans (1372/1407) fils du roi Charles V dit le Sage (1338/1380) ;
Au XVème siècle, après Louis Ier : la Maison de Valois-Orléans, avec Jean de Dunois (1403/1468), fils bâtard du précédent et compagnon de Jeanne d’Arc (1412/1431) ;  puis son fils, Charles Ier d’Orléans (1394/1465) ;
En 1438, Château-Porcien est donné par le roi Charles VII (1403/1461) à Antoine Ier de Croÿ dit le Grand (1385/1475) pour le récompenser ; la Maison de Croÿ transmet le comté encore de pères en fils, d’Antoine Ier à Charles III de Croÿ (1560/1612) 5ème prince de Chimay, duc d'Aerschot qui meurt sans descendance ;
En 1561 : le Porcien est érigé en principauté pour la Maison de Croÿ puis le titre est transmis (avec celui de duc d’Aerschot) à la Maison d'Arenberg, par le mariage en 1587 d’Anne Isabelle de Croÿ (1563/1635) duchesse d’Aerschot et princesse héritière de Chimay avec Charles de Ligne (1550/1616) comte d’Aremberg ;
Cardinal mazarinAlbert de monacoEn 1608 : le Porcien est vendu à Charles Ier Gonzague de Mantoue (1580/1637), duc de Nevers et de Rethel et passe ainsi à la Maison de Gonzague ;
En 1659 : il passe à Jules Raymond Mazarini (1602/1661 portrait de droite) cardinal de Mazarin ;
Puis : en 1661 il entre dans la Famille de La Porte de La Meilleraye ;  en 1738 dans la Maison de Durfort ; en 1781 dans la Maison d'Aumont de Rochebaron.
Le titre s’éteint en 1826 avec Louise Félicité d'Aumont de Rochebaron (1759/1826) duchesse de Rethel-Mazarin, épouse en 1777 de Charles Anne de Grimaldi, prince Honoré IV de Monaco (1758/1819). Il est relevé en 1826 par la Maison Grimaldi, souverains de Monaco descendants du cardinal de Mazarin, et est toujours porté de nos jours par Albert II de Monaco (1958/- portrait de gauche), prince souverain de Monaco, duc de Mazarin et prince de Château-Porcien entre autres.

 Patrimoine 

Le château-fort, ruiné en 1347 par les anglais, est reconstruit par Antoine de Croÿ dit le grand (1385/1475) au XVème siècle.
Ses ruines servent à la reconstruction des habitations de la ville après les incendies.

L’église Saint-Thibault est l'ancienne église d'un prieuré édifié en 1143, sous Samson de Mauvoisin (+1161), archevêque de Reims et légat du pape, restaurée au XVIème siècle. Elle se situe sur l’île formée par l’Aisne où est bâti une partie de la ville.
Le porche, au rez-de-chaussée de la tour occidentale, ouvre sur une nef de quatre travées. Les angles de cette tour sont consolidés par de puissants contreforts. Le portail est surmonté d'une balustrade et d'une rosace.
À l'intérieur, les fonts baptismaux, l'aigle-lutrin, quelques bas-reliefs et lambris,, différents tableaux sont remarquables.
Elle est inscrite au titre des Monuments Historiques en 1971 et classée en 1984.

La maison-forte est décrite dans un acte de 1479 par lequel Jean d'Ivory (+1763), seigneur d’Ecordal, la vend à un seigneur picard, Rasset de Wignacourt (1440/1495) qui l'offre à Isabelle d'Auboncourt, son épouse en 1480, en récompense de ses amours , douceurs, plaisirs et courtoisies espérées.
Construite en briques, percée de meurtrières carrées, dans un style original avec une tour à encorbellements avec un cadran solaire et différents niveaux de bâtiment dont un possède un toit à la Mansart. Elle est située en contrebas de la falaise qui supportait autrefois la forteresse des comtes de Château-Porcien (voir § précédent).
Elle doit sûrement à sa situation dans l'enceinte du bourg le fait d'avoir été préservée pendant les guerres.
Son intérieur est aujourd’hui transformé en logements.
Elle est classée aux Monuments Historiques.

 Personnages liés à la commune Nicolas wibault

Nicolas Wilbault surnommé Duchastel (1686/1763 portrait de droite), artiste peintre né et mort à Château-Porcien. Il est un des élèves de Jean Baptiste Jouvenet (1644/1717) et travaille dans son atelier à Paris. En 1717, il accepte de suivre le portraitiste Louis de Silvestre (1675/1760) à Dresde, sur les sollicitations de l’ambassadeur du roi de Pologne, Frédéric Auguste de Saxe (1670/1733). Jacques wilbaultIl reste 7 ans sur place, travaillant à Dresde ou Leipzig, peignant un grand nombre de portraits ou de fresques. En 1724, il se fixe dans les Ardennes.

Jacques Wilbault (1729/1816 portrait de gauche), artiste peintre, neveu et élève du précédent, né et mort également à Château-Porcien. Il s'installe à Paris en 1750 et y fait des études à l'Académie Royale de Peinture et de Sculpture en travaillant dans l'atelier de Jean Restout (1692/1768), ami de son oncle. Il revient en 1752 à Château-Porcien où il épouse en 1765 Marie Nicole Coutier, veuve d'un chirurgien de la ville.

et quelques autres…

 Evolution de la population 

1 chateau porcien 08 demo

 Hameaux, lieux dits et écarts … 

Les Cliquots, Vieux marché …

 Mes ancêtres de Château-Porcien ... 

Chateau porcien 08 ancetres 1

Chateau porcien 08 ancetres 2

 Carte de Cassini 

1 chateau porcien 08 cassini

 


 

Notes :
(1) Oppidum Gaulois de la Civitas des Rèmes qui surplombe la vallée de l'Aisne sur la voie romaine menant de Reims à Cologne par Charleville-Mézières.
(2) Dans la Grèce antique, une œnochoé est un pichet à vin qui sert à puiser le vin dans le cratère où il est coupé à l'eau avant d’être servi.


Sources
Sites et photo … : Wikipedia
Lectures :
Histoire de Château-Porcien par M. Lépine, monographie des villes et villages de France.

Date de dernière mise à jour : 30/01/2020