Aux pays de mes ancêtres

Apremont-la Forêt

 

Apremont la foret 55 adm

 

Apremont la foret 55 geoEntouré par les communes de Saint-Julien-sous-les-CôtesVarnéville et Broussey-Raulecourt, Apremont-la-Forêt est situé à 8Kms au Sud-Est de Saint-Mihiel la plus grande ville à proximité..
La commune fait partie du Parc Naturel Régional de Lorraine.

 Toponymie 

Apremont, Aspremont, Aspermont, Apremons, Apremonts, Aspermont, Appermont, Appermans.
L’imposant promontoire qui domine la partie basse du village se nomme Asper mons.
Apremont
 est renommé Apremont-la-Forêt en 1962. 

Apremont la foret 55 blason Héraldique 

Les armes de la commune se blasonnent ainsi : Écartelé au 1er de gueules à la croix d'argent, au 2ème d'or au tétragone bastionné et évidé de gueules, au 3ème d'or à la mitre de gueules chargée d'une tiercefeuille d'argent, au 4ème d'argent à la croix pattée de gueules.
Ce blason est adopté en 2018.

 Hydrographie 

Les ruisseaux de Marbotte, affluent du fleuve la Meuse, de Bouquenellede Pinceron, de la Madine  traversent la commune.
L’étang de Ronval est situé dans le bois de Marbotte.

Drapeau francais fond blanc Histoire 

Belle skinner 1866 1928En 1387, le village est le chef-lieu du comté d'Apremont, alors très puissant.
En 1599, il est rattaché au Duché de Lorraine.
En 1914, le château ainsi que le village, point stratégique du Saillant de Saint-Mihiel (1), sont entièrement détruits. L’aide des américains et notamment de Ruth Isabel Skinner dite Belle Skinner (1866/1928, portrait de droite), femme d’affaires et philanthrope américaine d’Holyoke (Massachussetts) permet de reconstruire et d’ajouter une adduction en 1922. En l’honneur de cette aide, la place principale prend le nom de Place d'Holyoke et sa route principale rue Belle Skinner. En retour, la ville d'Holyoke renomme une route Apremont Highway.
Le village de Marbotte, totalement dévasté, est visité le 7 juin 1915 par le président Raymond Poincaré (1860/1934)

Seigneurs et gens de noblesse

La Maison d’Apremont
Une réussite sociale exceptionnelle sur une longue période pour cette Famille, l’une des plus grandes Familles de seigneurs lorrains, d’extraction relativement modeste à l’origine, dont presque tous les membres du VIIIème au XIVème siècle, sont mes ancêtres (voir tableau Mes ancêtres en fin de page).
Elevée en baronnie en 1357 par le roi de Bohême Charles IV de Luxembourg (1316/1370), elle comprend au fait de sa gloire environ 280 villes et villages.

 Chroniques communales 

Le village de Marbotte en 1914-1918
Le village est la cible de l’artillerie allemande entre octobre 1914 et mars 1915 qui détruit tout sauf l’église Saint-Gérard qui devient le centre de tri des blessés puis se transforme en morgue.
Les corps des soldats y sont rassemblés avant leur inhumation dans le cimetière voisin. Les cadavres sont étendus devant le chœur, recouvert d’une toile de tente. Les dalles y sont imbibées de sang.
Après la guerre, l’église devient un lieu de pèlerinage des familles qui y apposent des plaques commémoratives. Les vitraux racontent l’histoire des lieux.

Jacky Bruneteau (portrait de gauche) Le Poilu d’Apremont-la-Forêt
Ce maçon charentais a un jour une vision qui lui fait, à l’âge de 45 ans, quitter femme, enfants et activité professionnelle au printemps 1978 pour s'installer en Meuse et recueillir sur les champs de bataille les ossements des combattants de la Première Guerre Mondiale afin de leur offrir une sépulture. 
Le poilu d apremontIl s’installe durant 2 ans au Fort de Paroches, entre Verdun et Saint-Mihiel, avec son chien Bezou et sa jument Madelon, puis sur le plateau d’Apremont, à proximité de la Redoute du Bois Brûlé dans un bus désaffecté, où il passe 9 ans et consacre son temps au souvenir de tous les soldats tombés là.
Il fait un pèlerinage à Lourdes en tenue de Poilu et, tous les ans, remonte la Voie Sacrée de Bar-le-Duc à Verdun.
Son projet, acquérir un fort pour ouvrir un musée avec les vestiges collectés dans la terre meusienne. Après un passage dans une émission de télévision, la commune de Liouville lui propose la location du fort dont elle est propriétaire, pour le franc symbolique avec pour obligation la création d’une association. L’association pour la sauvegarde du fort de Liouville nait.
Il s’installe au fort en 1988, sans eau, ni électricité, ni confort. Il vit en ermite ainsi 4 années, mais en avril 1992, alors qu’on lui remet la Médaille du Souvenir Français au monument du Coq sur la Crête des Eparges, il s’effondre, habillé de sa tenue bleu horizon, et rejoint ceux dont il a contribué à perpétuer le souvenir.
22 ans après son décès son souvenir est toujours présent.

 Patrimoine 

Le Fort de Liouville
Cet ouvrage fortifié de type Séré de Rivières, architecte militaire du XIXème siècle, construit en 1876 dans le massif boisé séparant les communes de Marbotte et Liouville, appartient à la ligne de défense reliant Toul à Verdun. Il est renforcé entre 1892 et 1910 et stoppe l'invasion sur Apremont et Marbotte durant la Première Guerre Mondiale.
À partir du 23 septembre 1914, les troupes allemandes le bombardent avec des obus de gros calibre. Une des deux tourelles est endommagée le 27. Il est évacué le 30, mis hors d'usage après 8 jours de bombardements, et ne sert plus que de poste d'observation jusqu'en 1918 où la tourelle, restée intacte, apporte son soutien aux troupes américaines lors de la reprise du saillant de Saint-Mihiel.
Il est restaurée par l'Association de Sauvegarde du Fort de Liouville et des visites sont organisées.

La Commanderie templière puis Maison hospitalière de Marbotte
Vers 1150, l’Ordre du Temple s’établit au Sud-Ouest du village de Marbotte dans un ancien prieuré. La commanderie est mentionnée au cours d’un conflit entre les Templiers de Marbotte et l’abbé de Saint-Mihiel, au sujet d’un moulin édifié par les chevaliers sur un terrain appartenant à l’abbaye de Mescraignes.
Templier 3L’essor de la commanderie est lié aux nombreuses donations faites par les seigneurs : Guillaume de Cornéville en 1208, les chevaliers Garin et Raoul de Jouy en 1216, le duc Thiébaut de Bar en 1217, Arnoult de Rumonten 1220, mon ancêtre Gobert d’Apremont en 1223 et 1263, et de nombreux frères qui, en s’engageant, apportent avec leurs services tous leurs biens en héritage…
En 1310, les commanderies de Doncourt et d’Avillers sont unies à celle de Marbotte, sous la direction d’un unique commandeur qui a droit de haute, moyenne et basse justice sur tous les domaines templiers et sur les 3 villages et qui demeure dans la maison.
En 1312, l’Ordre du Temple est anéanti, la commanderie passe avec toutes ses possessions aux Chevaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem.
La Maison de Marbotte se compose d’un bâtiment d’habitation comprenant 4 pièces en rez-de-chaussée, un escalier de pierre à vis menant à l’étage, où se trouve 2 chambres. Toutes les fenêtres sont garnies de petits carreaux en losange, attachés au plomb, un colombier, une grange, des écuries et une étable forme un quadrilatère protégé par un rempart.
Hospitalier de saint jean de jerusalemLa chapelle Notre-Dame du Temple, mentionnée dans un titre daté de 1290, placée sous l’invocation de Saint-Jean-Baptiste, est construite au Nord de la maison, de style ogival avec une nef de trois travées étayée par plusieurs contreforts. Six baies fortement ébrasées l’éclaire, trois sont murées ensuite. On y entre par deux portes, l’une réservée au commandeur, l’autre aux frères et aux fidèles. La voûte, les murs et les fenêtres sont décorées de belles peintures dont quelques-unes subsistent.
Le cimetière des habitants de la commune est situé au Sud.
La ferme et les clôtures sont des XVIIème et XVIIIème siècles.
L’ensemble des bâtiments est encore en bon état selon un terrier de 1678.
La voûte est complètement détruite durant la Seconde Guerre Mondiale.
Elle est aujourd’hui transformée en exploitation agricole.
Elle est inscrite en 1994 sur la liste des Monuments Historiques.

L’église de la Nativité-de-la-Sainte-Vierge
Elle est construite en 1723, détruite au cours de la Première Guerre Mondiale et reconstruite en 1926.

Raymond du puy 1080 1160L’église Saint-Gérard de Marbotte
Un vitrail figure les Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem, premiers possesseurs des lieux, recevant leur constitution et leur épée en 1120 de Raymond du Puy (1080/1160, portrait de droite) second supérieur de cet Ordre.
Préservée durant la Première Guerre Mondiale, elle recueille les corps des soldats tombés au front (voir § chroniques communales).

L’église Saint-Agnant de Saint-Agnant-sous-les-Côtes
Elle est érigée au XIXème siècle et reconstruite en 1931.

L’église de la Translation-de-Saint-Nicolas de Liouville
Elle est reconstruite au XIXème siècle.

La nécropole de Marbotte
2650 soldats français et 4 russes tombés au Bois d’Ailly, y sont inhumés.
Le monument au VIIIème corps d’armée est inauguré en 1931 par le Président Raymond Poincaré, en souvenir des 30 000 morts sur le secteur.

Le monument commémoratif de la Tranchée de la Soif
Situé sur l’ancienne tranchée de la quatrième ligne allemande de 1914, il se compose de deux ailes ouvertes encadrant une croix. Une plaque en bronze placée au centre du monument retranscrit une citation de Raymond Poincaré :  Ici une poignée de braves résista encerclée pendant 3 jours aux assauts de la garde allemande. Extraordinaire épopée d’un bataillon du 172ème.

 Personnages liés à la commune 

Jean Nicolas (1765/1833), général de brigade des armées de la Révolution et de l'Empire, est né à Marbotte.

Jo Schlesser (1928/1968), pilote automobile de Formule 1 pour l’écurie Honda, est né à Liouville.

 Evolution de la population 

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 Hameaux, faubourgs, lieux dits et écarts 

Bricourt et La Commanderie.
Liouville, Marbotte et Saint-Agnant-sous-les-Côtes fusionnent avec Apremont-la-Forêt en 1973, sous le régime de la fusion-association.

 Nos ancêtres de la noblesse d’Apremont … 

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 Carte de Cassini 

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Notes :

(1) Fin septembre 1914, l’armée allemande réalise une trouée de plus de 20 Kms dans le dispositif de défense français, se rendant maître d’une grande partie de la plaine de la Woëvre, des côtes de Meuse et la ville de Saint-Mihiel. Une hernie se forme sur la ligne de front : le Saillant de Saint-Mihiel. Celui-ci s’étend de Pont-à-Mousson à l’Est jusqu’aux Eparges au Nord, en passant par Saint-Mihiel qui reste occupée comme de nombreux villages voisins pendant 4 ans. La région est le théâtre de violents combats jusqu’à sa libération par les troupes franco-américaines sous le commandement du général Pershing en septembre 1918. Aujourd’hui, de nombreuses traces des combats restent visibles (tranchées, forts, monuments commémoratifs).

 


 

Sources
Sites, blogs, livres et/ou photo… : Wikipedia, Passion Patrimoine,
le blog d’Olivier Petit sur la France médiévale, Association pour la sauvegarde du fort de Liouville.

 

Date de dernière mise à jour : 23/06/2020