
Commune rurale à habitat très dispersé, marqué par l’influence du Languedoc, par les habitudes et les traditions d’une région de montagne, Murat-sur-Vèbre est une halte appréciée des pèlerins en route vers Saint-Jacques-de-Compostelle et un point de départ prisé par les randonneurs pour la beauté et la grandeur de ses panoramas sur les monts de Lacaune.
Convivialité, douceur de vivre et traditions peuvent qualifier parfaitement ce village dont les rues s’animent à la belle saison.
Les communes limitrophes sont : Moulin-Mage, Nages, Cambon-et-Salvergues, Barre, Arnac-sur-Dourdou, Castanet-le-Haut, Peux-et-Couffouleux, Fraisse-sur-Agout.
Incluse dans le Parc Naturel Régional du Haut-Languedoc, Murat possède un patrimoine naturel remarquable composé de trois zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique.
Héraldique
Les armes de la commune se blasonnent ainsi : D’argent à trois pals de gueule, au chef de même qui est de Labessière, chargé de deux étoiles d’or à cinq branches, avec en chœur un écusson de sable à deux pointes d’or posées en chevron, qui est de Boissezon de Matviel.
Toponymie
Murat = clos de murs.
La commune prend le nom de l'une des quatre paroisses (Murat, Boissezon de Masviel, Canac, La Bessière) qui constituent la Communauté d'Ancien Régime, Boissezon de Masviel. Murat devient Murat-sur-Vèbre le 17 juillet 1891.
Hydrographie
La commune est drainée par le Dourdou de Camarès qui se jette dans le Tarn, la Vèbre qui se jette dans l’Agout, le Viau, le Greissentous, le Rieu Pourquié, la rivière Caunaise, le ruisseau de Candoubre, le ruisseau de Merle, le ruisseau de Sanctus, le ruisseau d'Espeyres et par divers autres petits cours d'eau.
Histoire
Il y a plus de 5000 ans, des hommes du Néolithique habitent cette terre accueillante. Ils y laissent des statues-menhirs, des dolmens et des pierres dressées dont la signification est aujourd’hui encore mystérieuse.
Des chemins de passage entre la plaine Languedocienne et l’Albigeois sont déjà empruntés à l’époque romaine.
Murat est fortifiée dès l'époque de Saint-Didier au VIIème siècle.
En 1329, un des tous premiers manuscrits sur le pays en précise l’organisation : la paroisse de Murat avec celles de Canac, La Bessière et Boissezon constituent la communauté de Boissezon de Matviel.
Avant la Révolution Française, la communauté d’habitants porte le nom de Boissezon de Matviel, dans la sénéchaussée de Castres. Elle renferme quatre paroisses : Saint-Étienne de Murat, Saint-Pierre de Canac, Saint-Pierre-et-Saint-Paul de la Bessière, Notre-Dame de Boissezon.
Pendant la période révolutionnaire, la conscription et la constitution civile du clergé, qui est refusée par les prêtres du pays, conduit à des troubles. L’un des meneurs est guillotiné à Lacaune en 1793 avec un vicaire de la paroisse.
Murat, avec ses nombreux et peuplés hameaux, devient le centre économique de la communauté de Boissezon.
En 1790, la commune devient chef-lieu de canton.
En l’An X de la République Française, Murat comprend les communes de Cabannes et Barre, et fait partie de l’arrondissement de Castres. La paroisse de Notre-Dame de Boissezon est supprimée, puis est rétablie le 3 décembre 1826. Les registres les plus anciens de cette paroisse ne remontent pas au-delà de 1614.
En 1777, le prêtre Mathieu Cros est à la tête de la paroisse. Durant la Terreur, des patriotes veulent l’arrêter, celui-ci averti se sauve dans la direction de la grotte des fées où il se réfugie.
Au début du XIXème siècle, les sentiers muletiers qui relient Murat au Bas-Languedoc ou à Castres s’améliorent et deviennent accessibles aux charrettes. La construction du pont de La Mouline se termine en 1826 et l’ouverture de la grande route de Toulouse à Lodève facilite les communications.
Les échanges se développent et le conseil municipal décide d'ajouter à la foire annuelle du 22 juillet, deux autres foires les 8 mai et 18 septembre. La commune dispose ainsi de trois foires à Murat et de deux à Boissezon, les 11 juin et 29 avril.
En 1804, la paroisse de Murat avec ses 1540 habitants devance largement celles de Canac, La Bessière et Boissezon.
En 1862, Murat avec ses quatre paroisses compte 2 964 habitants y compris ceux qui dépendent des paroisses voisines de Condomines et de Moulin-Mage où se sont construites de nouvelles églises.
En 1876, La Bessière est érigée en commune distincte.
En 1891, la commune prend le nom de Murat-sur-Vèbre par décret du 17 juillet.
L'amélioration des routes et l'arrivée du petit train de Castres en 1901, en facilitant le commerce, contribue à faire connaitre "la charcuterie de caractère" et les autres produits agricoles. C'est le début du tourisme qui anime à la belle saison les rues du village et le pays.
Les seigneurs et gens de la noblesse
La seigneurie, mentionnée en 1112 dans un accord entre le vicomte d'Albi, Bernard Aton IV de Trencavel (1066/1129), et le comte de Barcelone, Raymond Bérenger III (1082/1131), se situe dans la Vicomté d'Albi alors tenue par la puissante Famille de Trencavel, comme Camarès voisin et le château de Brusque. A la suite des péripéties guerrières entre les Trencavel et les comtes de Toulouse, ainsi que de la Croisade des Albigeois, toutes les terres possédées par les Trencavel dans le diocèse d'Albi constituent une seigneurie donné en fief à Philippe de Montfort (1206/1270) en 1229 (Traité de Paris). Son fils, Philippe II de Montfort-Castres (1225/1270) donne en fief la seigneurie à Jean de Manicort en 1268. Les successions au fil des temps réduisent le vaste territoire érigé en Comté en 1356.
Les droits seigneuriaux sont partagés entre le seigneur résidant au château de Boissezon pour les deux parts et pour une part à un autre coseigneur selon des règles qui conduisent régulièrement à des disputes et des procès.
Les droits seigneuriaux se partagent entre Guillaume Ier de l’Estendart (1225/1281), et ses frères Gaston et Roger, époux de Mabille de Montmorency-Marly, fils de Galeran de Beynes de l'Estandart et petit-fils de Gui de Montfort (1166/1229) et de Brioude Adhémar de Monteil, qui vivent dans le fort de Boissezon, et Déodat de Caylus (1185/1250), co-seigneur des baronnies de Caylus et d’Olargues, époux en 1210 d'Irdoine de Séverac-le-château.
A la veille de la Guerre de Cent ans (1337-1453), la seigneurie de Boissezon et Murat, voisine avec la Guyenne anglaise, se trouve sous la menace des chevauchées du Prince Noir, Edouard de Woodstock (1330/1376, portrait de gauche).
Jeanne de l'Estendart, héritière du château de Boissezon, épouse en 1404, Adhémar de Peyrusse dit Paternac (1385/1405), faisant entrer la seigneurie dans cette Famille. Suivent : Jacques de Peyrusse (1388/1466) époux en 1426 de Galienne d'Albi ; Antoine de Peyrusse (1520/1580), né au château de Boissezon-de-Matviel, époux en 1540 de Séguine de Foix-Carmaing, nommé en 1568 gouverneur pour le roi de la ville et du diocèse de Castres par l'autorité des princes de Navarre et de Condé, s'engage dans la religion protestante et lève dans son château en 1570 une église réformée de Boissezon, Murat, Canac, Arnac et la Moline Basse.
Pierre de Peyrusse (1545/1586), participe entre 1562 et 1598 à de nombreux combats des Guerres de Religion, lieutenant du comte de Montgomery, il participe localement à la reddition du fort de Nages. Lors d'une trève entre les de Montmorency (protestants) et les de Joyeuse (catholiques) le roi exige de vider les châteaux de leurs brigands et Montmorency ordonne à Pierre de Peyrusse de mettre bon ordre dans son château d'Olargues en 1585. Celui-ci attire le capitaine, Pierre, à Boissezon sous prétexte d'être le parrain d'un futur baptisé et lors du repas dans le château, il le fait saisir, dévalisé de ses armes et tué à coups de dague malgré ses supplications. Pierre de Peyrusse meurt lors de l'attaque d'un fort proche de Belmont, en 1586 et enseveli dans le cimetière situé devant la porte du château (1).
La seigneurie de Boissezon revient à sa sœur Aldonce de Peyrusse (1560/1640), épouse en 1575 de Guillaume de Génibrouse (1545/1593), seigneur de Saint-Amans et de Canac qui teste et lègue le château de Canac en 1588 où il décède en 1593. Le testament est retrouvé dans le chartrier du château de Grandval (aujourd’hui noyé dans le barrage de Rassize, près de Teillet). En 1594, veuve, Aldonce de Peyrusse épouse en secondes noces Pierre de Caylus (+1599), seigneur de Colombières et de Rouairoux, qui lui donne un fils, François de Caylus (1595/1669). Au décès de son second 
époux, elle se retrouve à la tête des seigneuries de Boissezon de Masviel, de Saint-Amans de Valtoret et de Colombières et Rouairoux. Nicolas de Génibrousse hérite des seigneuries de Saint-Amans et de Boissezon.
Nicolas de Génibrouse (1582/1647), fils ainé de la précédente, époux d'Anne Sarah de Châlons, s'engage dans le Parti du frère du roi, Gaston d'Orléans (1608/1660, portrait de droite), dans sa tentative de soulever la Province de Languedoc contre la politique du cardinal Armand Jean du Plessis de Richelieu (1585/1642, portrait de gauche). Il y perd entre 1633 et 1637, sa seigneurie de Boissezon et son château de Saint-Amans rasé
Jean de Génibrouse (1588/1673) épouse Lucrèce, fille unique d'un modeste coseigneur de Nages, Pierre de Géniés, en l'église romaine le 22 janvier 1630. Ils reçoivent les droits de la paroisse de Canac, élevée en seigneurie avec les droits de justice, le château, les métairies nobles de Lardénas et de Cambiès, un moulin et une somme de 30 000 livres pour faire toutes les réparations au château et les maisons et y construire de nouveaux bâtiments. En 1648, il abandonne tous ses droits sur le château et la seigneurie à son neveu Jacques de Génibrouse (1620/1701) époux en 1645 d'Isabeau de la Tour du Pin, devenu seigneur de Boissezon de Masviel à la suite du décès de son père Nicolas de Génibrouse (1582/1647).
Le mariage en 1687 de son fils ainé Charles de Génibrousse (1651/1689) avec Marie Anne de Thésan du Poujol, fille de son puissant voisin Thomas de Thésan (+1712), co-seigneur de Boissezon, vicomte de Poujol, seigneur de Nages et lieutenant du roi en Guyenne, fait entrer la seigneurie dans la Maison de Thésan du Poujol , importante Famille, si ce n’est la plus puissante du Haut-Languedoc au XVIIème siècle. Les relations entre ces deux Familles alternent entre épousailles et procès.
La seigneurie revient ensuite à la Famille de Génibrouse par décision de justice. Les Génibrouse, seigneurs de Saint-Amans et souvent d’autres places par leurs mariages, restent seigneurs de Boissezon jusqu’à la Révolution Française.