Poitiers

 

Poitiers vienne adm

 

Poitiers vienne geoCapitale de la région culturelle et historique du Poitou et jusqu'en 2016 de l'ancienne région administrative de Poitou-Charentes, Poitiers est une grande ville universitaire depuis la création de son Université en 1431, ayant notamment accueilli René DescartesJoachim du Bellay ou François Rabelais (voir § Personnages).
Les communes limitrophes sont : Migné-Auxances, Buxerolles, Montamisé, Biard, Vouneuil-sous-Biard, Bignoux, Sèvres-Anxaumont, Fontaine-le-Comte, Croutelle, Saint-Benoit, Ligugé, Mignaloux-Beauvoir.
Quatre fleurs sont attribuées à la ville au plamarès du Conseil National des Villes et Villages fleuris en 2020.
La ville est jumelée avec : Marbourg (Allemagne) en 1961, signature officielle en 1981 ; Iasi (Roumanie) en 1969 ; Iaroslavl (Russie) en 1970 ; Lafayette (Etats-Unis) en 1975 ; Northampton (Royaume-Uni) en 1979 ; Coimbra (Portugal) en 1979; Moundou (Tchad) en 1990.

 Hydrographie 

La ville est traversée par le Clain, qui se jette dans la Vienne, et son affluent la Boivre.
Le site de Poitiers est un vaste promontoire en spatule enserré entre les profondes vallées de ces deux rivières, qu'il domine. Le promontoire est relié au plateau par un pédoncule étroit, au lieu-dit la Tranchée, qui tire son nom du fossé creusé pour couper ce passage et isoler ainsi Poitiers du pays environnant. Le premier creusement date de l’oppidum gaulois et est maintenu jusqu'au XVIIIème siècle. Les rivières sont franchies sur des gués entretenus, sur les sites des actuels pont Joubert et pont Saint-Cyprien. En cas de siège, les gués sont démolis.
Actuellement, la ville s'étend sur le plateau de part et d'autre des vallées.

Poitiers vienne blason Héraldique 

Les armes de la commune se blasonnent ainsi : D'argent au lion de gueules, à la bordure de sable besantée d'or ; au chef d'azur chargé de trois fleurs de lis d'or.

 Toponymie 

Poitiers = Pictavis, soit chez les Pictons(1).
Limonum ou Lemonum au Ier siècle avant J.-C.

Drapeau francais fond blanc Histoire 

Jules cesarLa ville existe déjà à l’arrivée de Jules César (-100/-44, buste à droite). Les Pictons(1), partagés entre le soutien à l'empereur romain ou au roi du peuple celte des Arvernes(2), Vercingétorix (-82/-46), la ville subit un siège en 51 avant J.-C. par le chef des Andecaves(3), Dumnacos, et les Pictons anti-Romains. L’intervention des légats Caius Caninius et Caius Fabius oblige Dumnacos à lever le siège. La ville est réaménagée selon le modèle romain comme partout en Gaule dès le Ier siècle de notre ère : arènes pouvantt accueillir de 20 000 à 30 000 personnes, plusieurs thermes, plusieurs aqueducs dont un alimenté à la source de Fleury et dont le parcours est encore suivi aujourd’hui par la conduite qui mène l’eau à Poitiers.
Il est probable qu’au IIème siècle de notre ère, la ville est la capitale de la province d’Aquitaine.
Vers la fin du IIIème siècle, une épaisse muraille est construite autour de la ville au sommet du promontoire. Le castrum est un des plus importants de la Gaule du Bas-Empire.
Saint Hilaire évangélise la ville au IVème siècle. 
Au Vème siècle des troupes de fédérés Taïfales(4) et Sarmates(5) y sont cantonnées.
À l'époque médiévale, Poitiers tire parti de son site défensif et de sa situation géographique, loin du centre du pouvoir franc lui permettant de jouir d'une relative autonomie, au sein de la principauté aquitaine.
Siège d'un évêché depuis le IVème siècle, la ville est également la capitale du comté du Poitou, dont les comtes (voir § Les Seigneurs) dirigent à partir du Xème siècle une importante principauté regroupant le Poitou et l'Aquitaine.
Au VIème siècle, l'abbaye Sainte-Croix est fondée (voir § Patrimoine). C'est également l'époque de Venance Fortunat (530/609), évêque de Poitiers et poète.
Au VIIème siècle, l'abbé Mellebaude construit l'hypogée des Dunes (voir § Patrimoine).
Au IXème siècle, le nom de Grand-rue apparait dans les chartes. C'est la plus ancienne trace d'un nom de rue conservée en Europe. Cette rue sert d'axe decuman au quadrillage orthogonal des rues à l'époque romaine.
Charles II dit le chauveEn 840, le roi d'Aquitaine, Pépin Ier (797/838) essaie de profiter de la mort de son père mon ancêtre le roi des Francs et empereur d'Occident, Louis Ier dit le Pieux (778/840) pour reconquérir son royaume, et tente de s’emparer de Poitiers, mais échoue. Il est chassé par l’armée de mon autre ancêtre, le futur roi Charles II dit le Chauve (823/877, portrait de droite) alors qu’il assiége à nouveau la ville.
En 853, les Normands atteignent Poitiers pour la première fois, ils sont battus en 855 et dévastent la ville deux ans après.
Des bourgs fortifiés s'établissent autour de la ville sur le promontoire autour des abbayes. Se distingue les citoyens, habitants de la cité fortifiée des Romains, les bourgeois, habitant les bourgs, et les rustici ou paysans, qui habitent sur le promontoire en dehors du bourg. Cette distinction disparait avec la construction par Aliénor d'Aquitaine (1122/1204) de la muraille médiévale qui ceint tout le promontoire.
En 955, Poitiers est assiégée par mon ancêtre le duc des Francs, Hugues dit le Blanc (898/956) qui lève le siège au bout de 2 mois par manque de vivres.
En 988, mon ancêtre le duc d'Aquitaine et comte de Poitiers, Guillaume IV dit Fier à Bras (935/995) repousse mon ancêtre Hugues Ier dit  Capet (939/996) qui assiége la ville.
En 1137, Aliénor d'Aquitaine épouse le roi de France Louis VII dit le jeune (1120/1180). Au début de leur règne, les habitants de Poitiers se constitue en commune libre et appellent les bourgs voisins à se constituer en ligue, mais la ville, assiégée par le roi et reprise sans effusion de sang,  entre dans le Domaine Royal capétien. Progressivement, des libertés et franchises sont accordées aux habitants. 
Henri ii plantagenetLa route de Saint-Jacques-de-Compostelle passant par Poitiers, la ville accueille de nombreux pèlerins, qui y font halte pour vénérer les reliques de sainte Radegonde ou de saint Hilaire.
En 1154, le second mariage d'Aliénor d'Aquitaine avec Henri II Plantagenêt (1133/1189, portrait de gauche) comte d'Anjou et du Maine, duc de Normandie et d'Aquitaine et roi d'Angleterre, fait passer la ville dans les possessions des Plantagenêt. Il se dit qu'Aliénor est à l'origine de la Guerre de Cent Ans par ce mariage car elle donne l'Aquitaine aux Anglais pendant tout le Moyen-Age. 
En 1173, lors de la révolte des fils d’Henri II contre leur père, la ville, comme la plupart des villes du Sud du Domaine Plantagenêt, soutient le roi. Une charte communale est accordée et confirmée en 1199 par la reine Aliénor.
Le premier beffroi d'Europe est construit. Philippe auguste 1
Les Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem prennent le relais des Templiers et  installent à Poitiers leur grand prieuré d'Aquitaine où meurt Aliénor d'Aquitaine.en 1204. Cette même année, la ville est prise par le roi de France Philippe II dit Auguste (1165/1223, portrait de droite) et comme presque toutes les possessions continentales des Plantagenêt, rattachée au Domaine Royal.
Au XIVème siècle, la ville échoit en apanage au troisième fils de Jean II dit le Bon (1319/1364), le duc Jean Ier de Berry (1340/1416) qui embellit le Palais des comtes de Poitiers en y aménageant notamment le donjon (dit tour Maubergeon).
Durant la Guerre de Cent Ans, la ville accueille en 1418, le Parlement Royal, lieu où Jeanne d'Arc (1412/1431) est examinée en 1429 par les théologiens et les matrones avant de recevoir le commandement de l’ost royal.
Francois rabelaisJean calvinUne université est créée en 1431. Elle compte 4000 étudiants à la fin du XVème siècle. La ville devient un centre intellectuel, réputé pour sa Faculté de Droit. François Rabelais (1483/1553, portrait de gauche) fréquente la ville, Jean Calvin (1509/1564, portrait de droite) y prêche.
A la Renaissance, la ville s'assoupit peu à peu économiquement et gagne une image de ville vieillote, aux rues tortueuses. Peu de changements ont lieu à cette époque mis à part le percement de la rue de la Tranchée, la construction de ponts qui remplacent les anciens gués et la construction d'Hôtels particuliers.
Les poètes Joachim du Bellay (1522/1560) et Pierre de Ronsard (1524/1585) sympathisent à l'Université de Poitiers, avant de monter à Paris. René Descartes (1596/1650) n'en parle que pour la dénigrer.
Gaspard de coligny 1584 1646En août et septembre 1569, l’amiral Gaspard II de Coligny (1519/1572, portrait de gauche) met le siège devant la ville défendue par le duc de Guise, Henri de Lorraine (1550/1588) et son frère, le duc de Mayenne, Charles de Lorraine (1554/1611). Le siège est levé le 7 septembre, quand l’annonce de l’attaque de Châtellerault par le duc d’Anjou, Henri III (1551/1589) parvient à Gaspard II de Coligny.
Poitiers adhère à la Ligue après l’assassinat du duc de Guise et à l’avènement du roi huguenot, Henri de Navarre, Henri IV (1553/1610). Un nouveau siège a lieu en 1593 par l’armée royale. La ville se rallie en juin 1594, après le sacre à Chartres, puis l’entrée du roi à Paris.Paul esprit marie de la bourdonnaye
Au XVIIIème siècle, Paul Esprit Marie de la Bourdonnaye (1716/1800, portrait de droite) marquis de la Bourdonnaye et comte de Blossac, intendant de la Généralité de Poitiers, fait aménager un jardin de 9 ha qui porte son nom, sur un ancien terrain vague, avec allées rectilignes ombragées, théâtre de verdure, et kiosque à musique. Il fait également abattre la muraille d'Aliénor d'Aquitaine, et aménager des boulevards sur leur emplacement. Ces boulevards évitent à la grande route reliant Paris à Bordeaux de pénétrer dans la vieille ville.  Le Pont-Neuf est construit en 1778.
Le premier arbre de la liberté est planté en juin 1792 au parc de Blossac et donne lieu à une fête populaire, avec distribution de pain aux pauvres et feu de joie. Le cantique des Marseillais (future Marseillaise) est chanté pour la première fois de manière solennelle à Poitiers. Au pied de l'arbre, le manifeste de Brunswick est brûlé et des engagements sont pris à la suite de la proclamation de la Patrie en danger.
En 1815, sur la route de l'exil qui le mène de Paris à Rochefort, l'ex-empereur Napoléon Ier (1769/1821) passe par Poitiers.
Au XIXème siècle, de nombreuses casernes sont construites, faisant de Poitiers une ville de garnison, loin des frontières.
Le Second Empire voit le passage du chemin de fer. La gare est construite dans les anciens marais entretenus de la Boivre. 
En 1939, après avoir accueilli des milliers de réfugiés mosellans et le gouvernement belge en exil, Poitiers est placée en zone occupée par les Allemands. Des réseaux de résistance se développent mais le préfet, Louis Jean Marie Bourgain (1881/1970), collabore avec les nazis pour les réquisitions, les rafles d’opposants communistes, de résistants ou des juifs de Poitiers en 1942.
En 1944, la ville subit deux bombardements, la caserne des Dunes est partiellement détruite et la gare l'est entièrement avec 173 civils tués. La ville est évacuée par les Allemands le 4 septembre, le comité départemental de libération s’installe le 5.

Deux grandes batailles à Poitiers

La Bataille de 732
Charles martel 61 826 342 514 816 g46Elle a lieu entre, d'une part, les Francs et les Burgondes, dirigés par le duc des Francs mon ancêtre Charles Martel (688/741, portrait de gauche) alliés au duc d'Aquitaine, Eudes (681/735), et d'autre part une armée omeyyade menée par Abd al-Rahman ibn Abd Allah al-Ghafiqi, gouverneur général d'al-Andalus.
Les Francs sortent victorieux, Abd al-Rahman ibn Abd Allah al-Ghafiqi est tué, Eudes affaibli et Charles renforcé.
La victoire des Francs est peut-être dûe au fait qu'ils combattent à pied, et non à cheval et que vague après vague, la cavalerie musulmane s'est écrasée contre la phalange franque. La supériorité de leur armure comprenant une cotte de mailles à mailles annulaires renforcées de mailles plates et la discipline sont certainement déterminantes pour la victoire.

La Bataille de 1356
Jean ii le bonElle se déroule au cours de la Guerre de Cent Ans à Nouaillé-Maupertuis, près de Poitiers. Le roi de France Jean II dit le Bon (1319/1364, portrait de droite) cherche à intercepter l'armée anglaise conduite par Édouard de Woodstock (1330/1376), prince de Galles, comte de Chester, duc de Cornouailles et prince d'Aquitaine, qui mène une chevauchée dévastatrice. Par une tactique irréfléchie, le roi Jean II conduit ses troupes, quoique numériquement très supérieures, au désastre et se fait prendre, ainsi que son fils le duc Philippe II de Bourgogne dit Le Hardi (1342/1404), et de nombreux membres éminents de la chevalerie française.
Les conséquences de la défaite française sont catastrophiques pour la couronne des Valois. Le pays sombre dans le chaos. Les états généraux menés par le Prévôt des Marchands, Étienne Marcel (1302/1358) et l'évèque de Laon, Robert Le Coq (1310/1373) prennent le pouvoir à Paris et tentent d'installer Charles de Navarre dit Le Mauvais (1332/1387) à la tête d'une monarchie contrôlée. En 1358, les campagnes se soulèvent et s'allient avec Étienne Marcel, mais le dauphin, le futur Charles V dit Le Sage (1338/1380), se fait nommer régent et retourne la situation. Jean le Bon peut regagner la France en 1360, après la signature du Traité de Brétigny qui lui rend la liberté, mais cède un tiers du pays au roi  Édouard III d'Angleterre (1312/1377).

Les seigneurs et gens de la noblesse

Les vicomtes de Thouars dominent la partie Ouest du Poitou pendant tout le Moyen Age et les vicomtes de Chatellerault exercent leur pouvoir au Nord de Poitiers, aux confins de la Touraine.

Les comtes de Poitiers ou du Poitou

Ils ont eu une grande importance pendant le Moyen Age, au delà du Poitou ils deviennent ducs d'Aquitaine dominant ainsi la plus grande partie du Sud de la France.
Les premiers comtes apparaissent pendant le règne de l'empereur mon ancêtre Charlemagne (747/814). Le comté de Poitiers est un des plus grands de la Francie et comprend plusieurs cités : Poitiers, Saintes et à partir du début du Xème siècle l'Aunis et Limoges. Sous la période carolingienne, deux Familles franques s’opposent au titre comtal : celle des Guilhelmides et celle des Ramnulfides, qui a raison de la première en 902.
Les comtes se rendent progressivement autonomes par rapport au pouvoir royal, plutot centré au Nord de la France, puis ils étendent leur influence sur toute l'Aquitaine. Leur histoire trouve son achèvement avec Aliénor d'Aquitaine. C'est à cette époque que débute l'intègration progressive de l'Aquitaine au royaume de France.

Poitiers vienne les comtes 1Poitiers vienne les comtes 2Poitiers vienne les comtes 3Poitiers vienne les comtes 6Poitiers vienne les comtes 11Poitiers vienne les comtes 6 1Poitiers vienne les comtes 6 2Poitiers vienne les comtes 7Poitiers vienne les comtes 8Poitiers vienne les comtes 9Poitiers vienne les comtes 10Poitiers vienne les comtes 13Poitiers vienne les comtes 14Poitiers vienne les comtes 15

Titre de courtoisie : Il est accordé à Ange Emmanuel de Bourbon (1843/1878) qui est titré comte de Poitiers à sa naissance par son père Karl Wilhelm Naundorff, prétendu Louis XVII.

La reine Aliénor d'Aquitaine

Alienor d aquitaineLouis vii le jeuneElle a 15 ans quand elle rencontre son fiancé, le dauphin Louis, fils de mon ancêtre le roi de France Louis VI dit le Gros (1081/1137). L'adolescent est tout de suite ébloui par la jeune fille blonde aux yeux verts qui a grandi dans le château bordelais de l'Ombrière et dont la disparition du frère a fait l'héritière de l'immense duché d'Aquitaine, étendu des Pyrénées au Poitou et à une partie de l'Auvergne, bien supérieur en superficie au modeste domaine capétien.
En 1137, à peine mariée, Aliénor (portrait de droite) devient reine de France à la mort de son beau-père. Elle exerce une influence sans partage sur son jeune époux devenu le roi Louis VII (portrait de gauche).
Le roi l'emmène dans la nouvelle croisade prêchée en 1146 par Bernard de Clairvaux (1090/1153). Elle part pour l'Orient comme pour une fête suivie par les autres dames de l'expédition.
A Antioche, aux yeux du roi Louis VII Aliénor passe beaucoup trop de temps avec son jeune oncle, Raymond de Guyenne, ami d'enfance, qui a hérité de la principauté. Elle refuse de poursuivre la croisade aux côtés de son époux en direction de Jérusalem et lui annonce son intention de divorcer avant de se résigner à le suivre.
Aliénor fait valoir un lointain cousinage avec son époux pour demander l'annulation du mariage. Pourtant, les époux se réconcilient et un second enfant naît, encore une fille. Un sérieux problème pour la succession au trône. Louis VII, las des caprices de sa femme qui, de son côté, se plaint d'être mariée à un moine, se rend à la raison d'Etat. En mars 1152, un concile réuni à Beaugency prononce la dissolution du mariage et Aliénor récupère ses domaines personnels. Première catastrophe pour la Couronne de France.
La seconde arrive lorsqu'en 1154, Aliénor se remarie avec Henri II Plantagenêt, comte d'Anjou et duc de Normandie, vassal du roi de France, plus jeune qu'Aliénor d'une dizaine d'années, débordant d'énergie et d'ambition.
La même année, le couple est sacré roi et reine d'Angleterre dans l'abbaye de Westminster. Pour le petit royaume capétien, l'union de la Normandie, de l'Anjou et de l'Aquitaine, représente un péril majeur.  Désormais l'empire Plantagenêt s'étend de l'Ecosse aux Pyrénées. Louis VII n'est pas de la trempe de son rival, heureusement, le fils qu'il a de sa troisième épouse, Adèle de Champagne, qui devient Philippe II dit Auguste, se montre à la hauteur de circonstances extrêmes et joue des dissensions survenues au sein de la Famille Plantagenêt.
Richard coeur de lionL'empire d'Henri II, suscite les convoitises, les fils se dressent contre leur père pour réclamer l'héritage et leur mère, Aliénor, se range dans leur camp. Henri II, après bien d'autres aventures amoureuses, s'est épris d'une jeune anglaise, Rosamond Clifford dite la Belle Rosamond et délaisse son épouse vieillissante. Rancunière (la rumeur lui impute la mort de sa rivale), Aliénor prend fait et cause pour son fils préféré, Richard dit Coeur de Lion (1157/1199, portrait de gauche) entré en lutte ouverte contre son père. En représailles, Henri II l'emprisonne pendant près de 15 ans en Angleterre en lui interdisant l'Aquitaine. Quand le vieux roi sur le déclin apprend que son fils préféré, Jean dit sans Terre (1166/1216), l'a lui aussi trahi, il se laisse mourir.
Revenue en Aquitaine, Aliénor l'administre avec sagesse. Son fils, Richard, trouve la mort en 1199 en assiégeant le château de Châlus dans le Limousin, abandonnant le trône à son frère Jean dont Aliénor a mesuré la médiocrité et le caractère dangereux. Réfugiée à Poitiers, capitale de son duché, puis à l'abbaye de Fontevraud, elle y apprend juste avant sa mort, la chute de Château-Gaillard, la puissante forteresse qui barre aux Français la route de la Normandie. Cette chute préludant à la reconquête de la plupart des fiefs continentaux des Plantagenêt.
Aliénor et Henri II reposent aujourd'hui côte à côte dans l'église abbatiale de Fontevraud.
La flamboyante duchesse d'Aquitaine a donné naissance à une légende noire. Son divorce suivi de son remariage rapide, est un objet de scandale majeur. Elle symbolise l'inquiétante et troublante irruption de la Femme dans un monde jusqu'alors conjugué au masculin.

 Patrimoine 

Poitiers et la communauté urbaine du Grand Poitié ont le label Ville et Pays d'Art et d'Histoire.

L'enceinte
Au long de son histoire, la ville est entourée de différentes enceintes et fortifications, dont il reste aujourd'hui un certain nombre de vestiges architecturaux.
- L'enceinte gallo-romaine
Limonum est naturellement défendue par son emplacement géographique, un plateau presque entièrement entouré de deux cours d'eau sauf sur une petite zone, la Tranchée, où une douve de défense est creusée, et de l'autre côté d'imposantes falaises. Oppidum gaulois puis cité romaine, elle n'a pas besoin à l'origine d'importantes fortifications.
Au IIIème siècle, lorsque l'empire romain sombre dans le chaos militaire, la régression économique et sociale et commence à subir des invasions barbares, la ville construit d'épaisses murailles de plusieurs mètres d'épaisseur pour se défendre mais le territoire est trop vaste et elle ne peut protéger qu'une partie du centre-ville historique, entre le Palais des comtes et la Cathédrale Saint-Pierre. Les grandes arènes romaines sont laissées à l'extérieur des murs. Cette enceinte reste en grande partie en place jusqu'à la Renaissance.
- L'enceinte médiévale
Les derniers comtes ramnulfides construisent des fortifications autour du promontoire, que complète la reine Aliénor d'Aquitaine. Le duc Jean de Berry en transforme ensuite une tour en château triangulaire richement décoré, au point de confluence entre la Boivre et le Clain.
Ces enceintes sont représentées dans divers dessins ou gravures notamment ceux illustrant le siège de Poitiers par les troupes protestantes de l'amiral de Coligny en 1569.
- Aménagements plus récents
Le comte de Blossac, Paul Esprit Marie de la Bourdonnaye, comte du Poitou, fait intégrer des simili-remparts comme éléments décoratifs au parc de Blossac, jardin public à la française qu'il fait aménager. Parallèlement, les enceintes primitives sont progressivement et presque entièrement détruites. Poitiers vienne la porte du pont joubert gravure du xixeLe côté Ouest de la ville y compris les remparts et la Boivre sont remodelés au XIXème siècle pour permettre la construction du chemin de fer et de la gare. Seule subsiste aujourd'hui la Tour du Cordier au centre de l'actuelle place Jean de Berry dite Porte de Paris. La falaise et les terrasses sont aménagés comme au Parc de Blossac avec des éléments rappelant un mur d'enceinte. Côté Est, les fortifications en rive du Clain sont rasées et remplacées par un boulevard périphérique. La porte du Pont Joubert (gravure de gauche du XIXème siècle) est également démolie afin d'élargir la voie pour le passage des voitures. La porte Saint-Lazare au Nord est rasée après la Seconde Guerre Mondiale.
Divers éléments des différentes enceintes sont protégées au titre des Monuments Historiques : la porte de la Tranchée et ses deux pavillons à gauche et à droite ; les anciens murs de clôture de la Promenade de Blossac depuis la porte de la Tranchée jusqu'à la tour dite à l'oiseau ; le front de la Tranchée depuis les ateliers Proux jusqu'à la tour à Prieur ou tour Achard qui pointe vers la Boivre ; les trois tours de l'ancien château, au confluent de la Boivre et du Clain ;  les douves comprises entre l'usine Savale et la porte Achard ... sont classées en 1921 ; la tour Aymard de Beaupuy, près de l'ancien moulin du Pont-Achard sur la Boivre, est inscrite par arrêté en 1926.

L'amphithéâtre ou arènes de Poitiers
Poitiers vienne l amphitheatre aquarelle de 1699Elles sont datées du IIème siècle après J.-C., sous les empereurs Publius Aelius Hadrianus dit Hadrien (76/138) ou Antonin dit Le Pieux (86/161). Poitiers est à cette époque chef-lieu de la cité des Pictons, sous domination romaine. Ces arènes peuvent accueillir environ 25 000 personnes.
L'édifice est probablement transformé en citadelle par les Wisigoths. Les invasions barbares du Vème siècle conduisent progressivement à la ruine de l'amphithéâtre vers la fin du siècle.
Dès le XIVème siècle, l'emplacement, encore imposant, est occupé par divers habitations et jardins particuliers.
Des écrits de 1624 témoignent de l 'existence à cette époque de nombreuses arcades et voûtes (gravure de droite en 1699). En 1757, trois arceaux sont mentionnés par les religieux de l'abbaye de Noaillé, en 1844, il n'en reste qu'un.
En janvier 1857, les Hospices de Poitiers, bénéficiaires d'un bail emphytéotique depuis 1757 puis propriétaires de l'amphithéâtre, se séparent des restes du monument. Des immeubles d'habitation sont construits.
Le premier classement au titre des Monuments Historiques, portant sur les arènes, intervient en 1840, complété en 1935 pour les vestiges subsistants et en 1962 pour certains vestiges en sous-sol. Ne demeurent aujourd'hui que des vestiges de l'entrée voutée du Nord de l'arène.

L'hypogée des dunes
Monument funéraire installé sur le plateau des dunes qui domine la vieille ville durant le Haut Moyen Âge, probablement au VIIème ou VIIIème siècle, au milieu d’une nécropole longeant l'antique voie de Bourges.
Poitiers vienne l hypogee des dunes au viiie siecle cpaIl est mis au jour accidentellement en 1878 lors des travaux de décapement du sol pour établir le parc à fourrages des casernes d'artillerie voisines. Cette découverte attise la curiosité du père Camille de la Croix, fouilleur de l'époque, mais il ne pouvant obtenir l'autorisation de fouiller sur un terrain militaire, il fouille sur un terrain particulier contigu, site rocailleux appelé le Chiron des martyrs. Il y met au jour 313 sépultures et, le 24 décembre 1878, un hypogée enfermé dans une sorte de tour octogonale à l'intérieur, circulaire à l'extérieur. A sa découverte, le sol de l’édifice, dallé de calcaire, comporte une dizaine de sarcophages et autour de l'hypogée 35 sujets sont inhumées dans des sarcophages dont certains sont destinés à des nouveau-nés.
Cette chapelle funéraire est aménagée par l'abbé Mellebaude pour devenir sa sépulture. Il subsiste aujourd’hui plusieurs murs conservant encore des traces de décors peints polychromes, ainsi qu'un remarquable ensemble de sculptures et bas-reliefs. L’édifice était vraisemblablement voûté en plein-cintre et couvert de tuiles. Un arcosolium (tombe sous arcade) a dû abriter la tombe de l'abbé. Au fond de l'espace principal subsiste un autel, seule trace du passé liturgique de l’édifice. D'une grande richesse, cet ensemble reste unique en Europe. 
L'hypogée est abrité depuis 1908 par un bâtiment construit en style néo-mérovingien.
En 1886, l'hypogée est classé au titre des Monuments Historiques et ce classement est étendu au jardin archéologique qui l'entoure en 1952.

La Pierre levée
Ce dolmen est mentionné sous le nom de Petra-Levata en 1299, Petra-Soupeaze super Dubiam en 1302, Petra-Suspensa super Dubiam en 1322. La mention Super dubiam précisant sa localisation dans le quartier des Dunes.
Rabelais le mentionne dans son premier roman, dans le chapitre des Faits du noble Pantagruel en son jeune âge : Envoyé à Poitiers pour étudier, le géant aurait arraché la Pierre levée de la falaise pour en faire une table de banquets pour les étudiants. En 1525, le poète Jean Bouchet (1476/1557) dans ses Annales d'Aquitaine en attribue la construction à la reine Aliénor.
Le dolmen est classé au titre des Monuments Historiques par la liste de 1862 et le terrain attenant est également classé en 1943.
Une légende affirme que sainte Radegonde, voulant construire une table, aurait apporté l'énorme bloc sur sa tête et les piliers dans son tablier en mousseline. Au moment de poser les blocs, le Diable se serait saisi de l'un des piliers, ce qui explique pourquoi la pierre n'est soutenue que par trois piliers au lieu de quatre.
Une variante de cette légende affirme que c'est le Diable qui aurait fait tomber cette pierre sur la tête de la sainte, mais que par miracle elle n'en fut pas écrasée.

Le Palais des comtes de Poitiers
Ancien palais comtal de Poitiers et l'ancien palais ducal d'Aquitaine, il est un témoignage médiéval du style architectural du gothique angevin. 
Louis dit le pieuxUn palais est construit au IXème siècle pour mon ancêtre le roi Louis dit le Pieux (778/840, portrait de gauche) à cheval sur la muraille romaine datant de la fin du IIIème siècle, sur le point le plus élevé de la ville. Le roi Louis y fait plusieurs séjours, et y revient en 839 et  840 devenu empereur d'Occident. Ce premier palais est détruit dans un incendie en 1018.
Il est reconstruit par les comtes-ducs d'Aquitaine, alors au faîte de leur puissance. Le comte Guillaume IX y ajoute un donjon vers 1104, appelé la tour Maubergeon en hommage à sa maîtresse, Amauberge Dangereuse de l’Île Bouchard, épouse du vicomte Aimeric de Châtellerault (1077/1151) et grand-mère par sa fille d'Aliénor d'Aquitaine.
Ce donjon rectangulaire, renforcé d'une tour à chaque angle, est très endommagé avec la partie Sud du palais, lors de l'incendie allumé par Henri de Grosmont dit de Lancastre (1310/1361) comte de Derby en 1346.
De 1192 à 1204, Aliénor d'Aquitaine fait bâtir la Grande Salle. La salle n'a pas de plafond, la charpente en châtaignier, construite en 1862 par les charpentiers de marine de La Rochelle est apparente. Les murs  sont ornés d'arcatures aveugles supportées par de fines colonnettes. Des têtes grimaçantes et des personnages ornent les culots des colonnes, ornement fréquent dans l'art gothique dit plantagenêt, angevin ou encore gothique de l’Ouest. Les murs sont  enduits et peints au XIXème siècle de motifs imitant la pierre en grand appareil. Une banquette de pierre fait le tour de la salle. C'est l’actuelle salle des pas perdus du palais de justice.Jean ier duc de berry
Le duc de Berry Jean Ier (1340/1416, portrait de droite) fait reconstruire, pendant les trèves de la Guerre de Cent Ans de 1388 à 1416, la partie du palais détruite par l'incendie de 1346. Le château et les remparts sont relevés, les appartements privés sont reconstruits dans le style gothique flamboyant, la grande salle est ornée d'une magnifique triple cheminée, en arrière de laquelle trois verrières sont placées. 
Une balustrade est ajoutée au XIXème siècle. La tour Maubergeon est reconstruite sur trois étages voûtés d’ogives, éclairés de fenêtres à vitraux, et ornée au sommet de 19 statues, dont 16 subsistent.
Jacques coeur 1395 1456Après le rattachement du Poitou au Domaine Royal, la salle des pas perdus devient la salle du roi, où s'exerce la justice du roi. 
De 1418 à 1436, le Parlement y siége.
En 1453, Jacques Cœur (1395/1456, portrait de gauche) y fait amende honorable devant le roi, corde au cou,  et y entend la sentence le condamnant à la prison jusqu'à paiement complet d'une amende.
Laissée longtemps sans entretien, la grande salle se délabre fortement aux XVIIème et XVIIIème siècles. 
Le palais devient le siège de la Cour d'Appel de Poitiers à partir de la Révolution Française. L'ancienne entrée, devenue insuffisante, une nouvelle façade sur l'ancienne place Saint-Didier est faite. Un escalier monumental sommé d'un portique dorique est ajouté en 1821 de même qu'une aile en retour d'équerre dont le style s'inspire librement des palais romains du Cinquecento. Les armoiries royales du fronton sont remplacées par la Charte de 1830. En 1852, le Tribunal de Première Instance est abrité dans cette aile. Au XIXème siècle, les appartements privés construits au XIVème siècle sont démolis pour laisser la place à la Cour d'Appel et au greffe.
Le bâtiment a la fonction de Palais de Justice jusqu’en 2019.
Le Palais de Justice est classé au titre des Monuments Historiques en 1862 ; le jardin entourant le palais est classé en 1930 et certaines parties du sous-sol sont inscrits en 1957.

L'Hôtel de Ville
De style Second Empire, il est édifié à partir de 1869, les travaux sont interrompus lors de la Guerre de 1870 et terminés en 1875. Il est le point final d'un vaste projet d'urbanisation du centre-ville, entamé avec l'arrivée du train en 1851 et la construction de la Préfecture entre 1864 et 1869.
Un large boulevard d'inspiration haussmannienne, relie le nouvel édifice départemental à la place d'Armes. Ce nouvel axe doit faire office de voie triomphale.
Les façades, toitures ainsi que le grand escalier sont inscrits au titre des Monuments Historiques en 1975.

L'Hôtel de l’Échevinage
Il est construit aux XVème et XVIème siècles par la Commune pour servir de siège à l'Université de Poitiers, avant de devenir le siège des autorités municipales, les échevins et le maire. Il sert d'Hôtel de Ville jusqu'à l'inauguration du nouvel Hôtel de Ville, place d'Armes, en 1875. Il est aujourd'hui le siège de la Société des Antiquaires de l'Ouest.
L'hôtel est inscrit au titre des Monuments Historiques en 1935.

L'Hôtel Gilbert
Poitiers vienne les cafes gilbert afficheDe style Art déco construit en 1933, sur un terrain acheté à l'Administration des Domaines pour la Famille de Maurice Gilbert, qui a fait fortune dans le commerce et la torréfaction du café. Confisqué par l'armée allemande en 1941, il est après 1945 placé sous réquisition civile et devient le siège du Commissaire de la République institué par le Gouvernement provisoire de la République Française et du Secrétariat Général pour les Affaires Economiques. Durant cette période, la Famille réside dans son manoir, à Mignaloux-Beauvoir où Maurice Gilbert meurt en 1944. Après 1946, l’État supprime la fonction du Commissariat Général et rend la moitié de l'édifice à sa veuve.
Racheté par la ville en 1960 après le décès de la propriétaire, l'hôtel devient le siège des associations étudiantes, puis après 1968 la présidence de l'Université qui déménage en 1994 pour l'Hôtel Pinet. L’État rachète l'édifice, le fait restaurer dans le style d'origine, et y installe les locaux du Tribunal Administratif.

La cathédrale Saint-Pierre
Elle est le siège de l'Archidiocèse de Poitiers et a rang de basilique mineure depuis 1912. Son immense vaisseau de pierre est le plus vaste édifice religieux de la ville et un repère visible de loin dans le paysage urbain.
Construite à l'initiative de la reine Aliénor d'Aquitaine et de son époux Henri II Plantagenêt à partir de 1160, elle est consacrée en 1379.
De style gothique angevin, voûtes bombées sur plan carré, elle s'apparente aux églises-halles par sa division en trois vaisseaux d'égale hauteur. La façade, cantonnée de deux tours inachevées, emprunte des éléments au style du Nord de la France.
L'intérieur conserve des stalles du XIIIème siècle et une collection de vitraux historiés datant des XIIème et XIIIème siècles, parmi lesquels une Crucifixion, sommité de l'art du vitrail médiéval français.

La collégiale Notre-Dame-la-Grande
Elle apparait dans un texte daté de 924 comme une collégiale dépendante de la cathédrale.
Caractéristique du style roman poitevin, sa façade sculptée est un chef-d'œuvre unanimement reconnu de l'art religieux de cette période. 
Le mur Nord montre les vestiges d'une élévation antique (pré-romane) composée de briques et de pierres, avec un début d'arc, intégré dans le bâti médiéval. Elle est mentionnée pour la première fois au Xème siècle, sous le nom latin de Sancta Maria Major.
Rebâtie au XIème siècle, elle est consacrée par Eudes de Châtillon (1042/1099), futur pape Urbain II, lors de son passage à Poitiers en juillet 1086. L'édifice est alors plus court qu'aujourd'hui, se terminant par un clocher porche occidental.
Au début du XIIème siècle, le clocher-porche est démoli, deux travées sont ajoutées pour rallonger la nef, et la façade est réalisée vers 1130.
Tout au long des XVème et XVIème siècles, différentes chapelles privées appartenant aux Familles de la haute bourgeoisie poitevine sont aménagées du côté Nord. En 1562, le bâtiment subi destructions et pillages des Huguenots qui brûlent les reliques et décapitent les statues de la façade.
A l'intérieur, des fresques romanes ne subsistent que celles du cul-de-four au-dessus du chœur et de la crypte. Elle est remeublée après la Révolution Française : une chaire baroque en bois sculpté provenant du Couvent des filles de Notre-Dame date du XVIIème siècle, deux lutrins en bronze du XVIIème siècle représente l'aigle de Saint-Jean, la statue de Notre-Dame des Clefs de la fin du XVIème siècle est une copie de la statue miraculeuse détruite par les huguenots en 1562, l'ensemble des vitraux date des XIXème et XXème siècles, l'orgue de chœur est de la fin du XIXème siècle, alors que les grandes orgues sont de 1996.
Elle est classée aux Monuments Historiques en 1840, et restaurée par la suite. Les échoppes et maisons qui la masquent, sont démolies ainsi que la grande niche gothique qui modifie la façade. La pollution, l'usure du temps et la présence de sel dans les pierres rendent nécessaire une restauration entre 1992 et 2004.

Clotaire ier dit le vieuxL'abbaye Sainte-Croix
Première abbaye de femmes, est fondée en 552 par la reine des Francs Radegonde de Poitiers (519/587) épouse de mon ancêtre le roi Clotaire Ier dit Le Vieux (498/561, portrait de droite) fils de mon ancêtre Clovis Ier, qui fuit ainsi son époux, menacé d'excommunication par l'évèque Germain de Paris (496/576).
La première abbesse est sainte Agnès, ancienne dame de compagnie de la reine avec sainte Disciole. Le monastère est placé  sous la règle de saint Césaire.
L'abbaye est renommée Sainte-Croix lorsqu'elle reçoit en 567 des fragments de la Vraie Croix envoyés par l'empereur de Constantinople Justin II (520/578).
L'abbaye posséde une quantité importante de reliques et est un foyer culturel majeur à l'époque. Radegonde y fait venir notamment le poète italien Venance Fortunat (530/609), plus tard évêque de Poitiers, qui y écrit ses hymnes les plus célèbres.
De cette époque subsistent un certain nombre d'objets : une grande croix mérovingienne en métal jadis ornée de pierreries, le pupitre dit de sainte Radegonde et la plaque centrale de la staurothèque contenant les reliques et datant vraisemblablement des alentours de l'an 1000. Les religieuses sont toujours en possession de ces objets. 

L'église Sainte-Radegonde 
Elle est construite à l'extérieur des remparts, au VIème siècle, par la reine Radegonde de Poitiers sous le vocable de Sainte-Marie-hors-les-murs, pour servir de sépulture aux religieuses de l'abbaye Sainte-Croix. Elle est renommée Sainte-Radegonde à la mort de sa fondatrice après que son corps y soit inhumé. Elle abrite toujours la tombe de la sainte patronne de la ville. 
L'église est rebâtie après le grand incendie de 1083. La dédicace du nouvel édifice, dont subsistent le chevet et les premiers étages du clocher-porche, est mentionnée en 1099.
Eglise paroissiale et collégiale, elle a à sa tête un prieur qui est nommé par l'abbesse de Sainte-Croix et est desservie par une communauté de clercs, organisée en un collège de chanoines à partir du Xème siècle qui assurent le service de la prière des heures auprès du tombeau de la sainte.
L'abside avec sa crypte et son déambulatoire ainsi que l'étage inférieur de la tour remonte à cette époque. La nef est une construction du XIIIème siècle. Elle est voûtée au XIVème siècle.
En 1562, au temps des Guerres de Religion, elle est saccagée par les réformés. 
Un escalier situé sous le choeur mène à la crypte, petite salle funéraire abritant le tombeau de Sainte Radegonde. Autour un déambulatoire à trois chapelles rayonnantes dédiées aux compagnes et disciples de Sainte Radegonde, sainte Agnès, abbesse de l'abbaye Sainte-Croix et Sainte Disciole. Le tombeau se trouve à l'emplacement présumé où elle est ensevelie en 587. Le tombeau est ouvert une première fois en 1412 à la demande du duc Jean de Berry. Il est profané en 1562 pendant les Guerres de Religion. Quelques ossements calcinés de femme sont recueillis dans un coffret en plomb déposé dans le sépulcre de marbre gris-noir actuel. A proximité du tombeau se trouve la statue en marbre blanc de Sainte Radegonde.
L'église est classée aux Monuments Historiques en 1862.

De nombreux autres édifices : ponts, musées, églises, chapelles, prieurés, maisons à pans de bois et hôtels particuliers ... dont certains sont classés ou inscrits aux Monuments Historiques : Oeil.

 Personnages liés à la commune 

De nombreux personnages sont nés, ont étudiés, vécus ou  décédés à Poitiers : Oeil.

 Evolution de la population 

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 Quartiers, faubourgs, hameaux, lieux-dits et écarts 

Quartier historique du Centre-ville avec le quartier épiscopal, le quartier Montierneuf et le quartier Saint-Hilaire.
Les quartiers : Poitiers Sud, Poitiers Ouest, Le Pont-Neuf, Les Trois-Cités, La Gibauderie, Beaulieu, Saint-Eloi/Breuil-Mingot, Montbernage, Les Couronneries.

 Mes ancêtres de la noblesse de Poitiers 

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 Carte de Cassini 

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Notes :

(1) Les Pictons constituent un peuple de la Gaule installé dans un territoire correspondant aux départements actuels de la Vendée, des Deux-Sèvres, de la Vienne, et du Sud de la Loire-Atlantique et du Maine-et-Loire. La région historique du Poitou et sa capitale, Poitiers, tirent leur nom de cette tribu.

(2) Les Arvernes sont un des principaux peuples de la Gaule indépendante, du VIIème siècle avant J.-C. à la conquête romaine. Au cours de l'époque romaine, ils sont les habitants d'une cité gallo-romaine portant leur nom civitas arvenorum, rattachée à la province de Gaule Aquitaine. Ils occupent dans l'Antiquité un territoire correspondant à la région de l'Auvergne qui lui doit d'ailleurs son nom. 

(3) Les Andécaves sont un peuple de la Gaule également, qui fait partie partie, au cours de l'époque romaine,, de la Lyonnaise troisième. Leur pays a depuis formé l'Anjou, ils donnent leur nom à leur capitale Juliomagus, puis Andecavi et enfin Angers.

(4) Les Taïfales, peuple barbare, ensemble de tribus germaniques ou plus sûrement sarmates qui tient une place de second plan dans l'histoire des grandes invasions. Ils se sont établis en Gaule à partir de la fin du IVème siècle, principalement en Aquitaine et dans le Poitou.

(5) Les Sarmates, ancien peuple cavalier scythique de nomades de la steppe pontique, appartenant au rameau iranien septentrional du grand ensemble indo-européen. qui a pour limites au Nord des terres couvertes de forêts, à l'Ouest la Vistule, au Sud le Pont-Euxin (mer Noire, où ils sont en contact avec les Grecs) et à l'Est une limite variable fluctuant entre les fleuves Rá, ancien nom de la Volga et Daïkos, ancien nom de l'Oural.

(6) La partition ou division du corps en coeur, entrailles et ossements avec des sépultures multiples est une pratique initiée au milieu du XIème siècle par les chevaliers et souverains du royaume d'Angleterre et du Saint-Empire germanique morts en croisade ou loin du lieu de sépulture qu'ils ont choisi.

 


 

Sources 
Sites, blogs, photographies, lecture :
 
Wikipedia, 

Date de dernière mise à jour : 15/02/2022