Aux pays de mes ancêtres

Schnersheim, Avenheim, Kleinfrankenheim

 

Capture d ecran 416

 

Schnersheim 67 geoLa ville se situe à 18 Kms du centre de Strasbourg et est entouré par les communes de Durningen, Truchtersheim, Wiwersheim, Dossenheim-Kochersberg, Fessenheim-le-Bas, Neugartheim-Ittlenheim.
Depuis 1972, Schnersheim regroupe les communes associées d'Avenheim et de Kleinfrankenheim.
La commune est proche du Parc Naturel Régional des Vosges du Nord.

 Toponymie 

Schnersheim
Vers le IXème siècle, apparaît le nom de Schnaresheim qui devient Snersheim au XIIème siècle.

Kleinfrankenheim
klein = petit,  Franken = les francs et heim = village : Le petit village Franc.
Kleinfrankenheim en 1793, Kleinfranckenheim en 1801.

 Hydrographie 

La rivière la Souffel, les ruisseaux le Dolfgraben, le Plaetzerbaechel sont les principaux cours d'eau qui traversent la commune.

 Héraldique 

Les armes des communes se blasonnent ainsi :  

Schnersheim : 1 - D'azur aux deux fasces ondées d'or.​​​Schnersheim 67 kleinfrankenheim blasonSchnersheim 67 avenheim blasonSchnersheim 67 blason

Avenheim : 2 - Tranché d'or et de gueules.​​

Kleinfrankenheim : 3 - D'or à la roue de six rayons de gueules.

Drapeau francais fond blanc Histoire 

Schnersheim
Après la domination romaine, les conquérants Francs occupent l'Alsace. La province est christianisée intensément à partir du VIème siècle et partagée en duchés. Les ducs d'Alsace s'ingénient à maintenir l'intégrité de leurs territoires et à les protéger contre les invasions.
Pendant une longue période, Schnersheim est administré par l'Abbaye de Marmoutier, qui y possède une cour colongère regroupant une dizaine de fermiers sous la houlette d’un chef de la métairie appelé Meyer (1).
Martin luther 1483 1546L’abbaye est sous la suzeraineté de l'Evêché de Metz inféodée à différents seigneurs. La population chrétienne vit des produits des terres fertiles du Kochersberg.
L’histoire religieuse du village est tumultueuse. En 1559, les habitants adoptent la nouvelle religion prêchée par Martin Luther (1483/1546, portrait de gauche), mais en 1595, la religion catholique revient sous l’influence de l’évêque de Metz. Une croix commémorative rappelle cet événement.
A partir de 1662, la communauté villageoise est placée sous l’autorité d’un Schultheiss (voir § suivant) institué par l’abbé de Marmoutier et assisté d’un Stabhalter et de conseillers élus par les Bürger (chefs de Famille).
La Peste Noire décime la population durant de longues années.
Le village subit les invasions des Anglais, pendant la Guerre de 100 ans de 1337 à 1453 qui oppose la dynastie des Plantagenêt à celle des Valois, royaume d'Angleterre et royaume de France ; et des Armagnacs entre 1407 et 1435, qui brûlent et ravagent tout sur leur passage.
De 1618 à 1648, la Guerre de 30 ans, opposant le camp des Habsbourg d’Espagne et du Saint-Empire aux États allemands protestants du Saint-Empire, auxquels la France est alliée, amène son lot de ravages et de misères.
A la fin du XIXème siècle, le village voit la constructions de belles fermes qui portent encore le nom de leurs fondateurs. Entre 1900 et 1912, 7 violents incendies dus à la foudre les détruisent, elles sont toutes reconstruites.
Les deux dernières guerres sont autant d’épreuves pour les villageois, les cloches sont réquisitionnées ainsi que les céréales, les pommes de terre, la paille… pour les besoins de la guerre. En 1946, la paix revenue, une grande fête est organisée à Schnersheim par différentes associations du Kochersberg.

Avenheim
Village partagé entre l'Empire et l'évêché de Strasbourg, appartient entièrement à celui-ci du XIVème siècle à 1789.
De 1915 à 1955, la paroisse est administrée par le curé Paul Bucher (1887/1966), égyptologue réputé (2).

Kleinfrankenheim
Village du comté, partagé entre l'Empire et l'évêché de Strasbourg, appartient entièrement à celui-ci, de 1510 à 1789.
Ses habitants se nomment les Kaastreppler.
Les Francs y sont présents au VIème siècle de notre ère. La mise à jour de stèles funéraires mérovingiennes richement parées atteste d’une activité et d’une présence forte.
Le village est mentionné dans les écrits en 820.
L’activité d’élevage est très importante dans le village.
En 1240, le registre féodal de l’abbaye de Schwarzbach au Pays de Bade stipule que Kleinfrankenheim est particulièrement réputé pour l’élevage de chevaux. Aujourd’hui, des chevaux élevés par deux agriculteurs se retrouvent sur les principaux champs de course de l’Hexagone.
Les instruments aratoires (chariots et charrues, fourches et houes) sont fabriqués par le charron et le forgeron du village, ce dernier ferrant également les chevaux de labour. Les travaux de maçonnerie sont exécutés par les maçons locaux, tandis que l’habillement occupe plusieurs artisans (tailleur, cordonnier, tisserand). On cultive des plantes textiles et le bâtiment dans lequel on sèche et broye le chanvre existe encore, en ruine, en bordure du ruisseau le Westbruechel.

Les Schultheiss

Hans Lux dit l’Ancien (1660/1732) rejoint le cercle des notables et est élu à vie échevin du conseil villageois. Sa fille épouse Michel Velten (1713/1732) schultheiss du village, poste occupé auparavant par Jacob Ulrich (1658/1712) ; Hans Lux dit Le Jeune est élu échevin puis Stabhalter, adjoint du Schultheiss, en 1724 et en 1730.
Puis suivent : Michel Ohl (1733/1764), Jacob Lux (1765/1787) et Lorenz Lux (1788/1790).
A partir de 1790, la commune avec un maire est créée.

 Chroniques communales 

Le sobriquet
Village rural, Schnersheim est doté d'un moulin à grains, d'un moulin à huile et d'un moulin à aiguiser. Ce dernier est indispensable pour affûter les instruments agraires en fer. Une légende populaire du Moyen Age se greffe sur ce moulin, affirmant que les mauvaises langues se font aiguiser sur la Schliffmehl de Schnersheim. Ce sobriquet est encore très connu aujourd’hui.Le titanic

Un rescapé du Titanic
Emile Ober, engagé comme cuisinier sur le célèbre transatlantique qui fait naufrage en avril 1912 lors de son premier voyage vers New-York, décède le 4 juin 1961 à Schnersheim, à l’âge de 82 ans.
Dans cette nuit tragique, 1517 personnes périssent dans les flots. Emile Ober est l’un des 800 rescapés.

La légende
Au Xème siècle, par un jour de grosse chaleur, saint Ulrich, évêque d’Augsbourg en Allemagne, passe en ces lieux. Avec son bâton, il frappe le sol et fait jaillir une source qui coule encore.
Attirés par cette eau aux vertus médicinales, les pèlerins affluent dans le village pour obtenir la guérison d’une maladie appelée Abname qui se manifeste par une perte de poids.
Pour retrouver la santé, le malade doit plonger dans l’eau des bassins, trois fois trois samedis successifs, ou une fois neuf samedis successifs. Lorsqu’ils ne peuvent se déplacer personnellement, sa chemise est posée sur l’eau et le mal est jugé grave si elle coule, à l’inverse si elle reste en surface, le mal est écarté.
Près de la fontaine de Saint Ulrich, une petite construction avec des cabines rappelle le temps où le peuple a recours à ces méthodes. La coutume a aujourd’hui pratiquement disparu, mais on boit encore l'eau, réputée curative contre la chlorose et la consomption.

 Patrimoine 

Schnersheim

L'église Saint-Étienne comporte une haute tour édifiée et reprise plusieurs fois entre le XIIème siècle et la fin du XIXème siècle. Quelques éléments du XIIème siècle sont conservés, dispersés ou réutilisés dans le village : bases de colonnes, chapiteau décoré et petite baie dans l'ancienne grange aux dîmes (presbytère), cuve baptismale chez un particulier.
L’orgue, construit pour l’ancienne église en 1739, est transformé en 1873, réparé en 1888 et 1967.
L'église actuelle, flanquant la tour, est érigée en 1887 après un incendie qui ravage l’ancienne église. Cette date est inscrite sur la porte d’entrée de la nef.
Toujours entourée par le cimetière primitif, la tour aux murs de moellons enduits et chaînes d'angle en pierre de taille, possède un beffroi en pierre de taille, couronné de gâbles et de pignons découverts, et couvert par une flèche polygonale.
La nef et le chœur sont en pierres de taille. La nef à cinq travées de fenêtres en arc brisé est plafonnée. L'arc triomphal en arc brisé précède le chœur plus étroit, à deux travées droites et abside à 3 pans, voûté d'ogives retombant sur des colonnettes.
En 1955, huit vitraux réalisés par le maître verrier Jacques Le Chevallier, connu pour ses travaux en France et à l’étranger, sont bénis.

La grange dîmière
Située sur la place centrale du village, l’ancienne grange dîmière de l’abbaye de Neuwiller datant du XIIème siècle, avec ses pierres angulaires en grès rose des Vosges, est un imposant bâtiment.
Autrefois, avant d’être reversés au seigneur, les produits de la dîme (1/10ème des récoltes et des produits des élevages) sont stockés sur place, d’où son importance.
Après la Seconde Guerre Mondiale, à la demande du Curé, elle est aménagée en foyer rural pour l'organisation de réunions et de rencontres.
Récemment rénovée, elle est affectée aux services de la mairie.

Les fermes appartiennent à la Famille Lux qui se les transmettent de pères en fils. Parmi elles les fermes de Hans Lux dit l’Ancien (1660/1732), s’Rotjeckels, construite en 1723 et celle de Hans Lux dit le Jeune (1684/1752), s’Jungrote, construite entre 1712 et 1718.
Selon une tradition familiale, Hans Lux dit l’Ancien possède des cheveux roux, en alsacien de Rot. Ce sobriquet se transmet à ses deux fils : Hans, l’ainé, devient le jeune rouquin = de jung Rot et Jacob, le benjamin, Jacques le Rouquin = de Rotjeckel.

La ferme s’Jungrote (ci-contre)
En 1775, elle appartient à Jean Michel Lux (1749/1778) et son épouse Madeleine Lehmann par héritage. Jean Michel décède à l’âge de 29 ans.  Sa veuve se remarie avec Michel Lux (1755/1806), originaire de la ferme ’s Rotjeckels, arrière-cousin de son défunt mari.
Schnersheim 67 la ferme jungroteEn 1781, la ferme disparaît en partie, peut-être à la suite d’un incendie. Au lieu de reconstruire, Michel Lux rachète une maison à 15Kms dans le village de Schwindratzheim et la fait démonter et remonter à Schnersheim en 1783. Par rapport à l’habitat de 1717 dont seule la cave est conservée, la maison est orientée d’un quart de tour vers l’Est pour pouvoir s’aligner le long de la rue.
Le colombage extérieur est en chêne. Son agencement est simple. Les éléments décoratifs se limitent à des allèges ornées d’un V droit ou renversé. Mais, sur la façade côté rue et sur les deux pignons, un losange symbole traditionnel de fécondité, est placé dans l’allège de la fenêtre centrale. Le toit est à deux pans coupés à chaque extrémité par une petite croupe. Une galerie en encorbellement soutenue par six pilastres en chêne protège les escaliers qui mènent aux entrées de la maison. Une importante moulure de la sablière haute est surmontée par une loggia qui court sur un tiers de la longueur de la façade. L’accès à la cour se fait par une porte charretière et un portillon comportant un encadrement en grès en plein cintre et des sièges traditionnels de part et d’autre. Une vaste grange est construite en 1789.
Antoine Lux (1790/1820) et son épouse Françoise Velten (1792/1826) en sont propriétaires. Leurs initiales, AL et FL, figurent sur la clé de voûte avec la date de 1818.
Laurent Lux (né en 1816) et son épouse Thérèse Kieffer font agrandir les écuries en 1853 pour répondre à la demande de l’armée de livrer davantage de chevaux à la cavalerie.
L’actuel propriétaire, Vice-Président de l’Association pour la Sauvegarde de la Maison Alsacienne, dont l’épouse est une descendante de la Famille Lux, reprend la bâtisse en 2010 et entreprend 5 ans de travaux de restauration.

Kleinfrankenheim

L'église Saint-Georges s'élève au centre du village depuis 1775. Elle remplace une chapelle dédiée à saint Jacques, citée en 1584. Elle comprend une nef rectangulaire avec chaînes d’angle, 3 travées de fenêtres cintrées et une tour-chœur à 3 niveaux. L’intérieur est entièrement plafonné, l’arc triomphal est en plein cintre.

De nombreux et imposants corps de ferme témoignent de l’importance de l’agriculture qui fournit autrefois la nourriture et permet aux villageois de vivre en grande partie en autarcie :

La ferme, située au 1 rue principale
Construite aux XVIIIème siècle, elle comprend cour, étables du XVIIIème siècle et grange du XIXème siècle. Les bâtiments sont disposés en U autour de la cour fermée. Le logis, entièrement édifié à la fin du XIXème siècle, possède un pignon sur rue aux murs enduits qui se développe sur un sous-sol, un rez-de-chaussée surélevé desservi par un petit perron en pierre, et un étage carré.
En fond de cour, la grange est en pierre. Le logement secondaire et l'étable sont en maçonnerie et pan de bois
au second niveau. Le mur d'enclos sur rue est percé de deux portes géminées couvertes en plein cintre.
Schnersheim 67 kleinfrankenheim la ferme 1 rue de l egliseElle est restaurée en 1990, la date est indiquée sur la clef couronnée de l'arc de la porte charretière, remontée.

La ferme, située au 1 rue de l’église (ci-contre)
Construite au début du XVIIIème siècle, elle comprend une cour fermée ouverte sur la rue par une porte piétonne cintrée et une porte charretière à linteau ; un logis dont les murs sont à pan de bois, exceptée la façade sur rue entièrement maçonnée, l’étage débordant légèrement sur la cour ; un logement annexe à pignon sur rue, étable et bâtiment le prolongeant, présentant un niveau maçonné et un niveau à pan de bois, fermant la cour ; une grange dont les murs sont maçonnés.

Avenheim

L'église Saint-Ulrich est construite en 1867.
Les fonds baptismaux et des statues en bois datent du XVIIème siècle.

Le presbytère
Edifice imposant, construit sur un solin maçonné, au XVIIème siècle dont il conserve quelques éléments du pan de bois : chambranles de fenêtres sculptés, poteaux avec guettes en chevron et liens pleins, allèges avec chaise curule et deux losanges. La partie arrière est reprise aux XVIIIème et XIXème siècles.

La fontaine intarissable sulfureuse.

Une belle demeure à colombage, située près de l’église, avec un pignon orné d’un balcon à balustres, est la
maison natale de Mgr Eugène Klein (voir § Personnalités).

La ferme, située place Saint-Ulrich
Construite vers 1700, elle est constituée de cour fermée, grange, étable. Certaines parties sont modifiées voire supprimées au fil des siècles, mais elle conserve un logis en pan de bois, avec une loggia en pignon. Elle est située entre l'ancienne et la nouvelle église,

 Personnage lié à la commune 

Eugène Klein (1916/1992) ordonné prêtre pour les Missionnaires du Sacré-Cœur de Jésus en 1943, il est nommé en 1960 vicaire apostolique en Papouasie-Nouvelle-Guinée, en 1961 cardinal-archevêque de Bourges, puis en 1971 archevêque de Nouméa en Nouvelle-Calédonie.
Il est né à Avenheim et enterré au cimetière.

 Evolution de la population 

Schnersheim 67 demo

 Nos ancêtres de Schnersheim, Avenheim et Kleinfrankenheim … 

Schnersheim 67 ancetres 1Schnersheim 67 ancetres 2

 Carte de Cassini 

Schnersheim 67 cassini

 

 


 

Notes :
(1) Le nom de cette fonction est si fréquent qu’il s’est transformé en nom de famille très répandu en Alsace.
(2) Il a travaillé dans la Vallée des Rois où il a décrypté et publié les inscriptions des murs des tombes de Thoutmôsis III et Amenhotep II.

 


 

Sources
Sites, blogs, photos et lecture : Wikipedia, Mairie de Schnersheim, Communauté de Communes du Kochersberg ; Les fermes :
lien.

Date de dernière mise à jour : 17/08/2020