
Le village est situé à 640m d’altitude sur un plateau qui appartient à l'avant-causse, plateforme établie sur des calcaires, en avant du causse Larzac qui suit à l'Est, mais est plus haut de 100 à 200m. L'avant-causse est très caillouteux dans la zone du Clapier, d'où son nom dû aux nombreuses murettes d'épierrement et tas de cailloux. La montée sur le Causse se fait en deux niveaux.
En pied de pente, une épaisse couche de marnes noires appartenant au Toarcien (175 millions d’années) est visible; elle est striée de griffes d'érosion si bien que la couleur sombre du matériau est localement observable dans les prairies.
En haut de pente, apparaissent les grandes falaises blanches et calcaires qui caractérisent le rebord du Larzac, notamment la partie occidentale appelée plateau du Guilhaumard. Ces falaises appartiennent principalement au Bathonien.
Le secteur est lieu d'excursion de chercheurs de l'Europe entière : d'une part, les marnes noires sont fossilifères et livrent une faune marine (ammonites, bélemnites...); d'autre part, la région, depuis la vallée de la Sorgue jusqu'au Larzac proche, permet de découvrir une série sédimentaire superbe qui va du Cambrien au milieu du Secondaire.
Le village est situé sur la ligne de partage des eaux Atlantiques et Méditerranéennes, versant méditerranéen.
Les communes limitrophes sont : Cornus, Fondamente, Romiguières et Roqueredonde.
Héraldique
Les armes de la commune se blasonnent ainsi : Parti au 1er d'argent à la croix de Malte de gueules, au 2e de gueules au léopard lionné d'or; le tout sommé d'un chef de sinople chargé de trois ammonites d'argent.
Toponymie
Clapier = accumulation, tas de pierres au milieu des champs en occitan.
Ce sont des tas de cailloux artificiels créés pour dégager les terrains très caillouteux afin de les rendre arables et agricoles.
Hydrographie
L'Orb, d'une longueur totale de 135,4 kms, prend sa source dans la commune de Cornus et se jette dans la Mer Méditerranée après avoir arrosé 33 communes dont Le Clapier.
La commune est drainée également par : la Verenne, l'Aube, les ruisseaux de la Fage et de Sainte-Anne et par divers petits cours d'eau.
Histoire
Seigneurs et gens de la noblesse
Au Moyen-Âge, chacun tient sa terre d’un suzerain. C’est pour avoir oublié cette règle fondamentale que Raymond de Saint-Maurice, seigneur de Montpaon, vendant à l’abbé de Joncels, "aux calendes d’octobre 1295, le lieu ou repaire du Clapier et l’affar de Larbussel qui dépendaient de la baronnie de Montpaon", met les habitants dans une situation inextricable. Il a en effet oublié de prévenir son suzerain, l’évêque de Rodez, lequel doit non seulement donner son autorisation mais aussi percevoir un droit de mutation... Celui-ci réagit avec la plus grande énergie procédurière et obtient le 20 avril 1320 un arrêt du Parlement de Toulouse confisquant les villages en question en sa faveur, en déchargeant les habitants de tous devoirs envers le château de Montpaon et les faisant dépendre de la juridiction du Clapier.
Cependant celui qui possède le pouvoir physique c'est le seigneur de Montpaon. Tout d’abord Olivier Lieti qui possède ces terres de Raymond de Saint-Maurice, puis la Famille Malapue, qui à l'époque de la Guerre de Cent Ans, sous le roi Jean II dit le Bon (1319/1364) usurpe le château de Montpaon et commet plusieurs violences et extorsions, Jean Rollet, qui ne fait pas meilleure figure que le précédent est jugé comme un homme terrible et violent exerçant rapines et tyrannies, et enfin Antoine Raulet. Les populations, prises entre deux feux, voient cependant leur intérêt : l’évêque de Rodez n’étant pas en position de lever ses taxes, et le seigneur de Montpaon n’étant plus en droit de le faire, certains refusent tout simplement de payer. Le seigneur fait alors jouer la force et l’intimidation, mais les rebondissements se succèdent et un procès plus ou moins continu s’étale entre 1470 et 1516.
Le dossier de ce procès fourmille de détails sur les procédés brutaux employés notamment par la Famille Raulet pour faire valoir ses droits sur les habitants : ledit seigneur avait contraint les hommes dudit fort, du lieu d’Arbussel, du village de la Pascalerie, de contribuer au guet du château de Montpaon, à payer tailles, contributions et communs de paix... et troublait les habitants de la châtellenie du Clapier dans leur droit de pâturage. Il avait fait saisir divers habitants du Clapier, les avait fait conduire enchaînés à Montpaon et contraints à payer de grosses sommes d’argent ; à d’autres il avait pris bestiaux & biens.”
La Famille Pascal de la Pascalerie
A partir de 1317, le hameau de La Pascalerie est cité. La Famille Pascal de La Pascalerie figurent parmi les victimes des exactions du seigneur de Montpaon. Cette Famille, citée comme habitant ce hameau, est probablement liée à sa création. Elle apparait en premier plan dans le conflit judiciaire qui oppose la population au seigneur dont les droits sont contestés.
Bien que roturiers et très probablement en majorité illettrés, cette Famille montre combien nos ancêtres sont procéduriers et défendent leurs modestes droits.
En 1516, l'évèque obtient des Lettres de la chancellerie de Toulouse l’autorisant à se joindre au procès de la Famille Pascal contre le seigneur de Montpaon, qu’ils essayent de faire reconnaître comme usurpateur de leur fief. L’évêque porte leur procès à la Cour du Sénéchal, au Parlement de Toulouse, et à la cour royale d’Orléans.
La Famille Pascal est visiblement une Famille non négligeable du secteur (donation d’un village, identité du nom avec le lieu...) peut-être le cran juste en-dessous de ces laboureurs qui finissent par se faire attribuer une terre noble et ensuite le titre qui va avec ; mais pour ce qui est de la lutte avec le seigneur de Montpaon, ils ne sont que les plus en avant des paysans du Clapier protestant contre une situation de confusion des droits, et savent, malgré les risques physiques à s’opposer au seigneur en place, en tirer parti pour réduire leurs impôts.
Quelques ancêtres de la Famille Pascal de La Pascalerie figure dans mon arbre généalogique (voir § Nos ancêtres).
Patrimoine