Beauvois-en-Cambresis

 

Beauvois en cambresis 59 adm

 

Beauvois en cambresis 59 geoBeauvois-en-Cambrésis est située dans le sud du département, à 27 kms de Valenciennes et à 60 kms de Lille.
Les communes limitrophes sont : Bévillers, Béthencourt, Fontaine-au-Pire, Carnières, Boussières-en-Cambrésis et
Caudry la plus grande ville des environs.
Beauvois est le berceau historique de l'industrialisation textile dans le Cambrésis.

La commune est proche du 
Parc Naturel Régional de l'Avesnois.

 Hydrographie 

Beauvois est située dans le bassin de l'Escaut.
Le Riot de Beauvois, qui prend sa source dans la ville voisine de 
Caudry, traverse la commune. Il devient le Riot du Pont à Vaques et rejoint en rive gauche l’Erclin, affluent de l'Escaut, à Rieux-en-Cambrésis

Beauvois en cambresis 59 blason Héraldique 

Les armes de la commune se blasonnent ainsi : De sinople à une coupe couverte d'or.
Ce sont les armes de la Famille Godin, un temps seigneur du lieu.

 Toponymie 

Le village est connu à partir du XIème siècle. Le nom est justifié par une situation agréable, belle et assez élevée.
Bello visu en 1087 et 1184 ; Bellus Visus en 1187 ; Beauvoir en 1131, 1233 et 1349 ; Bealvoir en 1174.
Puis, BielvoisBelvoerBealvoesBeauvois en 1793 ; Beauvois-en-Cambrésis en 1903 ; Beauvois en 1961.
En 1962, la commune prend son nom actuel de Beauvois-en-Cambrésis.

Drapeau francais fond blanc Histoire 

D'importantes découvertes de sépultures et d'objets gallo-romains sont faites à différentes époques. Des sépultures à incinération des Ier et IIème siècles sont également découvertes.
L'agglomération est traversée par un chemin ancien reliant Saint Quentin à Valenciennes.
Sous une partie du village existe un souterrain refuge, d'époque indéterminée, creusé dans la craie.

En 1793, la ville est pillée par les troupes autrichiennes.
La première école est construite en 1849.

Seigneurs et gens de la noblesse

Wicart de Beauvois est bailli de Cambrésis en 1117.
Jehan 
de Pardieu est seigneur des lieux, il est le neveu de Valentin de Pardieu (1).
La seigneurie appartient à la Famille Thieffries puis à la Maison d'Esne par : Jean d'Esne dit le Mansart, époux en 1372 d’Isabeau de Wallincourt (+1388) ;
Jean Baudoin d’Esne époux d’Anne Marie de Jauche de Commignies (+1410) ; Jehan d’Esne dit le Baudrain (+1492) époux de Barbe de Hoves du Bois (+1516).
La Famille Godin possède également la seigneurie, de 1616 à 1746 et donne ses armes à la commune : Daniel Godin, écuyer, anobli en 1623, époux de Jeanne Rosel ; Pierre Godin époux de Barbe Polet du Sartel ; Aimery François Godin (+1692) époux d’Anne de La Croix ; Jean François Godin, époux en 1692 de Marie Gabrielle Le Hardy ; Gilles François Joseph Godin (°1694) époux en 1715 d’Antoinette Barbe de Valicourt (°1692).

 Chroniques communales 

La saga Seydoux dans l’industrie lainière

Auguste seydouxHenri sieber 1804 1882Charles jean jacques etienne seydoux 1796 1875​​​​​​​Auguste Seydoux (1801/1876, portrait 1 de gauche) est embauché en 1820 comme directeur de la filature de laine Paturle-Lupin du Cateau-Cambrésis fondée en 1818. Son frère aîné Jean Jacques Etienne Charles Seydoux, dit Charles Ier (1796/1875, portrait 2 de gauche), le rejoint en 1823 ainsi qu’un troisième associé Henri Sieber (1804/1882, portrait de droite) qui devient plus tard le gendre d’Auguste en épousant sa fille Angélique Seydoux. Tous les trois sont Suisse et protestants.
Ensemble, ils
transforment progressivement la fabrique dotant le Cateau d’une usine moderne et mécanisée fonctionnant avec un personnel attaché à des murs, des méthodes et des patrons. Intéressés aux bénéfices, ils font rapidement fortune.

​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​Les deux frères font construire le premier château
(photo ci-dessous) au Cateau où ils cohabitent et qui est par la suite le siège de l’entreprise.

Le cateau cambresis 59 le 1er chateau seydoux

En 1837, Charles seydoux 1827 1896Auguste quitte la Société pour raisons de santé et s’installe au château de Chaumontel à Luzarches qu’il vient d’acheter. En 1848, Charles Ier quitte la Société à son tour pour se consacrer à la pPolitique et Auguste revient alors.
Sur les hauteurs boisées, dominant le Cateau, Auguste fait construire en 1856 le château du Mérinos 
(photo ci-dessous) pour son fils Charles II (1827/1896, portrait 3 de gauche).
​​​​​​​L'intérieur s'organise autour d'un hall central en marbre à colonnades avec escalier monumental. Les cheminées de marbre, les pièces lambrissées et les parquets mêlant plusieurs nuances de bois témoignent de l'aisance de la famille.

Le cateau cambresis 59 le chateau merinos de la famille seydoux cpa

Auguste Seydoux et Henri Sieber dirigent ensemble la firme avec des hauts et des bas (révolutions de 1848, guerres de Crimée, de Sécession, de 1870…) jusqu’à leur décès respectifs en 1876 et 1882. Leurs fils, Henri Auguste Sieber (1843/1913) et Charles II Seydoux assurent la succession.
En 1892, la société prend la raison sociale Seydoux et Cie et perdure jusqu’en 1922.

Durant la Première Guerre Mondiale et l’occupation du Cateau, la fabrique subit des dommages considérables. André Seydoux (1871/1927), fils du précédent, mène la reconstruction jusqu’en 1921.
En 1922, la fabrique du Cateau fusionne avec l’usine Michau et Cie de Beauvois-en-Cambrésis et ses 1100 métiers à tisser. La nouvelle société, Seydoux et Michau, constituée des fils de Charles II :  André, Georges (1869/1928) Alfred (1862/1911) et Albert (1866/1918), cotée en Bourse de Paris, est la principale valeur de la cote dans le secteur textile.
Puis, la relève est assurée par Charles et Michel fils d’Albert, Daniel fils de Georges, Henri fils d’Alfred et Gérard fils d’André.
La Seconde Guerre Mondiale amène de nouvelles difficultés. La concurrence internationale des années 1950 frappe de plein fouet l’industrie lainière. La situation se dégrade.
En 1963, après 143 ans, la Saga Seydoux dans la laine se termine.
     

Les épidémies

La Peste Noire fait irruption en Europe pendant l’hiver 1347-1348, elle s’étend rapidement et fait des ravages jusqu’en 1351. ​​​​​​​Les epidemies​​​​​​​Pendant plus de trois siècles, l’Europe vit sous la menace et dans la crainte du mal qui répand la terreur avec de nouvelles vagues, des résurgences, des incursions brutales, plus ou moins graves. Les dernières décennies du XVIIème siècle, le fléau recule avant de s’effacer.
A Beauvois-en-Cambrésis, on garde la trace des années 1347, 1348, 1515 à 1521, 1533, 1709, 1710, 1803, 1804, 1832, 1849 qui connaissent des épidémies de peste et de choléra souvent suivi par la famine. ​​​​​​​

 Patrimoine 

Le château et la fabrique
Le château est construit en 1767, acheté, restauré et habité par un riche propriétaire, M. Dubuisson, qui le loue ensuite pour une commission de tissu peu importante. En 1851, M. Vogel en fait l'acquisition et y jette les premiers fondements d’une maison de fabrication, Vogel et Cie.
La filature et le peignage connaissent très tôt l’usage de la mécanique mais le tissage ne l’adopte qu’en 1853.
En 1854, un premier bâtiment est construit pour abriter les magasins et les ateliers.

En 1859, un atelier de tissage est bâti, La Beauvoisienne, annexe de l’usine, avec ateliers, bureaux et maison du directeur.

En 1867, l'aile gauche, aujourd’hui complètement disparue, est ajoutée, le nombre de métiers passe de 300 à 1200.
Derrière l’usine, un coron de maisons identiques toujours existantes (la cité Vogel, maintenant rue Victor Hugo) est bâti pour loger les cadres, mais aussi un familistère et une Caisse d’Epargne pour gérer les économies des salariés.
Théophile Léopold Michau (1843/1915) ouvre une boucherie et une boulangerie pour fournir à prix modiques à ses ouvriers des aliments de première nécessité. Un hôpital, fondé par Charles Seydoux (1827/1896), dans un village proche, Bousies, s’élève bientôt pour accueillir les ouvriers malades pris en charge par l’entreprise. Puis, une Maison du Peuple est ouverte pour les réunions, les représentations théâtrales ou cinématographiques et les bals populaires. De la gare de Beauvois, une ligne de chemin de fer est amenée jusque l'usine pour effectuer les transports vers les différents comptoirs.
En 1922, les Ets Michau et Cie fusionnent avec les Ets Seydoux du Cateau et prennent le nom d'Ets Seydoux et Michau.

En 1940, la fabrique est réquisitionnée par les allemands pour les prisonniers français en transit puis équipée en garage pour réparer le matériel militaire des allemands. Après la guerre, elle fait place durant quelques années à un centre d'apprentissage textile, l'aile droite est vendue et transformée en habitations, l'aile gauche sert de salle des fêtes et de salle de sports avant d’être rasée. Les vastes salles, derrière le château, sont transformées en commerces.

En 2019, le couperet tombe : le château est classé demeure en péril imminent et sa destruction jugée inéluctable. Le château est détruit mais la fabrique reste. Cette dernière, victime d’un incendie en 2007, est restaurée à l’identique un an plus tard. Le bâtiment est donc en très bon état.
C’est une très belle usine qui ressemble à une grosse maison.
Son réaménagement pour l’accueil d’évènements et de classes vertes, prévoit un développement sur trois niveaux avec de grandes salles au rez-de-chaussée et au deuxième étage, tandis qu’au premier étage des dortoirs seront aménagés. A l’extérieur, devant une cour et derrière un jardin public dans le style arboretum et une allée reliant l’usine à la base de loisirs côté Caudry, pour se promener. A l’emplacement du château, le tracé des murs sera conservé au sol. La fin des travaux est prévue pour 2020.

L’église Sainte-Anne
En 1857, l'abbé Pouillaude lègue par testament une somme de 1400 Francs pour la construction de l'église et laisse le soin à l'abbé Rémy de continuer son œuvre. Ce dernier est nommé à Beauvois en 1859. De 1865 à 1868, il quête avec l'aide du maire Henri Senez pour permettre sa construction. La Famille Delfosse de Paillencourt, héritière des anciens seigneurs, fait don de terres contigües à la chapelle et au cimetière. En 1868, le chantier démarre et en 1871, la première messe y est célébrée. Elle est consacrée en 1885 par Mgr Henri Monnier (1820/1916) évêque de Lydda (Israël) et auxiliaire de l’évêque de Cambrai.
L'église est de style roman et réellement achevée en 1875.
Dans la sacristie, un retable en bois de chêne sculpté date du XVIIème siècle, un retable en pierre de la fin du XVème siècle orne la chapelle des fonds baptismaux.

La Chapelle Sainte-Anne
Située rue Berthelot, elle est édifiée sur l'emplacement d'une chapelle primitive datant de 1535 construite pour protéger la population des épidémies de Peste.

 Personnages liés à la commune 

Léopold Théophile Michau (1843/1915) est un important manufacturier. L'essentiel de son activité porte sur le secteur industriel. Ses établissements de filature et de tissage mécanique de laine à Beauvois occupent plusieurs milliers de tisserands et ses relations commerciales s'étendent en Angleterre et en Amérique.
En 1889, au plus fort de la crise boulangiste, il se présente et est élu aux élections législatives dans la 1ère circonscription de Cambrai, il se représente en 1893. Il siège au centre gauche comme républicain modéré et apporte dans la vie politique les conceptions et l'expérience de l'homme d'affaires. Il abandonne la vie politique en 1898.

 Evolution de la population 

Beauvois en cambresis 59 demo

 Nos ancêtres de Beauvois-en-Cambrésis… 

Beauvois en cambresis 59 ancetres 1Beauvois en cambresis 59 ancetres 2

 Carte de Cassini 

Beauvois en cambresis 59 cassini

 

 


 

Notes :
(1) La Famille de Pardieu, ancienne famille de la noblesse française originaire d'Avremesnil en pays de Caux. Ce patronyme est connu en Normandie en 1260 par l'établissement des cordeliers d'Évreux fondé par le chevalier Henri de Pardieu (1190/1260) et son épouse Jeanne d'Ailly. Henri II Plantagenet (1133/1189), roi d'Angleterre et duc de Normandie, confirme un accord signé entre le Chapitre de Bayeux et Robert d'Isigny, devant lui, en présence de l'évèque de Bayeux, Henri II de Pardieu (+1205).

Eustache de Pardieu prend part à la 3ème croisade (de 1189 à 1192) ; Colard de Pardieu devient gouverneur de la ville et du comté d'Eu ; Guy de Pardieu assume la fonction de gentilhomme ordinaire de la chambre du roi Philippe II dit Auguste (1165/1223).
Valentin de Pardieu (1530/1595) seigneur d'Esquelbecq, de la Motte de Bayenghem, vicomte de Nielles-les-Bléquin, gouverneur de Gravelines, chevalier de l'Ordre de Saint Jacques de l'Epée, général d'artillerie, commandeur de Stepa, colonel d'infanterie, maire de Saint-Omer, est le fondateur du cloître de Sainte-Catherine de Sion à Saint-Omer.
Il est l'époux en 1563 d'Anne de la Porte (+1580) puis en 1581 de Françoise de Noyelles (+1602).
En 1578, il participe à la Bataille de Gembloux. Il permet à Philippe II d'Espagne (1527/1598) de reprendre en main la partie Sud du pays, entérinant la séparation entre la Belgique et les Pays-Bas. Il est chargé par l’Espagne catholique de réprimer la Révolte des Gueux. Il perd un bras au siège de L'Écluse en 1587. Il est tué à la Bataille de Doullens en 1595.
En 1590, il teste en faveur de Jehan de Pardieu, fils de son oncle André de Pardieu, demeurant à Beauvois-en-Cambrésis. 

 


 

Sources
Sites, blogs, livres, photographies … :
Wikipédia, Mairie de Beauvois-en-Cambrésis, Office de Tourisme du Cambrésis.

Date de dernière mise à jour : 18/12/2020