
Située à 136Kms au Nord-Ouest de Paris, Préfecture du département et Chef-lieu de la Normandie réunifiée après avoir été, de 1956 à 2015, celle de la Haute-Normandie, Rouen est la commune la plus densément peuplée du Grand-Ouest.
Elle est délimitée par 12 communes : Mont-Saint-Aignan, Déville-lès-Rouen, Bois-Guillaume, Bihorel, Saint-Martin-du-Vivier, Darnétal, Canteleu, Saint-Léger-du-Bourg-Denis, Le Grand-Quevilly, Le Petit-Quevilly, Sotteville-lès-Rouen et Bonsecours.
À l'origine, la ville se situe sur la rive droite de la Seine. Aujourd'hui, elle inclut la rive gauche et l'île Lacroix. Le Nord de la ville, Les Hauts de Rouen, très vallonné, est dominé par un plateau sur lequel se trouve une partie des villes de l’agglomération.
La ville est jumelée avec : Norwich (Angleterre) en 1959, Hanovre (Allemagne) en 1966, Ningbo (Chine) en 1990, Salerne (Italie) en 2002, Cleveland (Etats-Unis) en 2008.
Rouen fait partie des rares villes décorées de la Légion d'Honneur et de la Croix de Guerre 1939-1945.
Elle est surnommée irrévérencieusement le pot de chambre de la Normandie, à cause de sa réputation d'être la plus pluvieuse des villes normande, mais aussi la ville la plus polluée de France. Rouen est aussi désignée sous le nom de ville aux cent clochers par le poète Victor Hugo (1802/1885).
La ville compte effectivement environ 100 clochers avant la Révolution Française mais Rouen n’est pas seulement la ville aux cent clochers, son patrimoine est important et son histoire est aussi riche que passionnante.
Toponymie
Ratumacos sous l'occupation des Véliocasses, Ratomagos sur l'Itinéraire d'Antonin et la Table de Peutinger, Rotomagus, in Rodomo en 779, Rotunum, Rodomo, Rodom, Rothom au Moyen Âge, Ruëm vers 1130, Roüan sous l'Ancien Régime.
Rato, roto, rato, rhod, roth = du gaulois roue ou course de char ; magos = du gaulois champ puis marché d'où marché de la roue ou champ de courses par rapport au courses de chars aimées des peuples Celtes.
Héraldique
Les armes de la communes se blasonnent ainsi : De gueules à l'agneau pascal d'argent, la tête nimbée et contournée, portant une bannerette du même chargée d'une croisette d'or, au chef cousu d'azur semé de trois fleurs de lys d'or.
Les maires de Rouen bénéficient du droit d'avoir un sceau aux XIIème, XIIIème et XIVème siècles. Leur sceau a d'abord représenté un lion de face ou léopard, puis un agneau portant un guidon (petit drapeau ou banderole). Au frontispice de la grand-poste de Rouen, l'agneau porte une bannerette chargée d'un lion-léopardé passant. Les trois fleurs de lys sont ajoutées à partir de la première moitié du XVIème siècle.
Hydrographie
La ville est traversée par la Seine en son milieu et divisée en deux rives : la rive droite, sur laquelle se trouve le centre historique de Rouen et la rive gauche, sur laquelle se trouve le quartier Saint-Sever.
La vaste île Lacroix sépare la Seine en deux bras. Les deux rives sont reliées par six ponts routiers et un pont ferroviaire.
La Seine couvre 179 ha de la superficie de la ville.
L'Aubette, petite rivière longue de 7,900 Kms qui prend sa source à Saint-Aubin-Épinay, traverse Saint-Léger-du-Bourg-Denis, Darnétal et Rouen et longe le Robec avant de se jeter dans la Seine à Rouen.
Le ruisseau Le Robec prend sa source à Fontaine-sous-Préaux, à l'Est de l'agglomération rouennaise, concentrant les eaux de ruissellement provenant du plateau. Il longe la rue des Petites-Eaux-du-Robec, pénètre à Rouen jusqu'à la place Saint-Hilaire puis coule dans des canalisations souterraines en centre-ville avant de se jeter dans la Seine, en face de l'île Lacroix, après un cours de 9,300 Kms.
Du Moyen-Age au XIXéme siécle, il alimente les grands moulins de Rouen et les tissus y sont teints. Il est partiellement recouvert en 1880 et définitivement enterré entre 1938 et 1941, canalisé et détourné dans des conduits enfouis sous terre. Cependant, un cours d'eau artificiel, actionné par un système de pompe et alimenté par l'eau de la ville, est reconstitué rue Eau-de-Robec en surface de son cours traditionnel.
Le port de Rouen est l'un des plus importants ports français d'importation d'agrumes et de fruits tropicaux. Dans la seconde moitié du XIXème siècle, l'activité portuaire augmente fortement avec l'importation de la production vinicole de l'Algérie, suite à la destruction de la presque totalité des vignobles français par le phylloxéra,.La transformation du port en fait le premier port européen exportateur de céréales et le premier port céréalier français. De grands armateurs marquent l'histoire portuaire.
Un port de plaisance ouvert en 2008, compte en 2016 environ 150 à 180 anneaux sur des pontons totalement équipés. La ville connaît une explosion de son trafic de croisières fluviales avec près d'une vingtaine d'escales par semaine en haute saison.
L'Ile Lacroix est la dernière sur la Seine avant la mer. L'extrémité aval de l'île est reliée aux deux rives par le pont Pierre-Corneille, le pont Mathilde et le viaduc d'Eauplet passent au-dessus de l'île.
Au XVème siècle, elle se nomme Ile Bras-de-fer puis Ile de la Mouque jusqu'au XVIIIème siècle.
En 1830 un établissement de bains et en 1845 l'usine de la Compagnie Européenne du Gaz, en 1900 le Théâtre des Folies Bergères et la Salle des Fêtes Château-Baubet, s'y établissent.
En 1922, l'île Brouilly y est rattachée .
Une chapelle orthodoxe dédiée à saint Victrice s'y trouve, ainsi que, depuis 1946, un refuge de la Société Normande de Protection aux Animaux.
Histoire
L’occupation Celte du site est attestée entre autres par la découverte archéologique d'une pirogue monoxyle datée d'environ 900 avant J.-C. à la fin de l'Age du Bronze.
Un village se développe sur la rive droite de la Seine à l'époque gallo-romaine, fondée pendant le règne d'Auguste (-63/-14, portrait 1 de droite), devient la capitale de la Tribu des Véliocasses, peuple Celte de Gaule, et la seconde ville la plus importante de la Gaule derrière Lugdunum (Lyon).
Une communauté juive s'installe au moment de la colonisation romaine dans le quartier autour de l'actuelle rue aux juifs et se maintient de manière continue pendant un millénaire.
Au IIIème siècle, un amphithéâtre et de grands thermes sont bâtis, la ville gallo-romaine atteint son plus fort développement.
Des vestiges du rempart du IVème siècle sont encore visibles de nos jours. Durant ce siècle, le premier groupe cathédrale paléochrétien est créé, un premier évêque est nommé, saint Victrice (+415), et la
basilique Saint-Etienne est en cours de construction pour abriter les reliques d'Ambroise de Milan (339/397).
À partir de 841, les Vikings et leur chef Oscherus Asgeir, effectuent de fréquentes incursions en vallée de Seine et en mai 841 brûlent Rouen, qu'ils attaquent de nouveau en 843.
En 876, mon ancêtre le chef viking Rollon (860/932, statue de gauche à Rouen) s'empare de la ville. A la suite du Traité de Saint-Clair-sur-Epte en 911, elle devient la capitale d'un territoire compris entre l'Epte et la Dives, concédé par le roi des Francs Charles III dit Le Simple (879/929). Rollon est fait comte de Rouen.
Dès cette période, la ville devient un port de commerce en rapport avec la région parisienne et un marché d’esclaves.
Vers 934, au cours d’une bataille ayant lieu dans un pré aux portes de la ville, mon ancêtre Guillaume Ier de Normandie dit Longue-Épée (905/942, statue de droite) chasse Riulf, comte du Cotentin. Aujourd’hui encore une rue à l'emplacement supposé de la bataille est appelée rue du Pré-de-la-Bataille.
En 942, après l'assassinat de Guillaume Ier de Normandie à Pîtres, le roi de France mon ancêtre Louis IV dit d'Outremer (920/954) s'installe à Rouen en protecteur de mon ancêtre le jeune Richard Ier dit Sans Peur (933/996), héritier du duché de Normandie qu'il fait enfermer à Laon. En 947, ce dernier qui a réussi à s'échapper doit affronter la coalition du roi de France Louis IV dit d'Outremer,
l'empereur germanique Othon Ier dit le Grand (912/973) et le comte de Flandre, Arnoul Ier dit Le Grand (918/964) venus mettre le siège devant la ville. Il les bat à Rougemare. Une plaque est apposée sur une maison de la place de la Rougemare, en souvenir de cet événement sanglant.
Le duc de Normandie, mon ancêtre Guillaume dit le Conquérant (1024/1087, portrait de gauche) permet à la Normandie de devenir la province la plus puissante d'Europe. Il installe la capitale politique à Caen mais Rouen reste la capitale économique et religieuse.
Au Xème siècle, Abraham Ben Jacob, marchand juif espagnol, né en 912 à Tortosa, est envoyé par le calife Omeyyade de Cordoue (1), décrit ainsi la ville :

En 1096, les juifs de Rouen, formant la plus grande communauté du Nord de la Loire, sont massacrés lors de pogroms (2) générés par l'appel à la Première Croisade lancé par Eudes de Châtillon (1042/1099) pape Urbain II.
La communauté restante est chassée de France sur ordre du roi Philippe II dit Auguste (1165/1223, portrait de droite) en 1181.
En 1143, Rouen capitule devant la puissante armée du duc de Normandie, Geoffroy V d'Anjou dit Le Bel ou Plantagenêt (1129/1159).
En 1150, la ville obtient une charte communale, elle est alors administrée par les Cent Pairs et les habitants sont regroupés en corporations et confréries de métiers.
Rouen est un centre de commerce important, exportant du sel et du poisson vers Paris et du vin vers l'Angleterre.
En 1200, débute la reconstruction de la cathédrale de Rouen détruite dans l'incendie de la ville.
En 1204, le roi Philippe II dit Auguste, après 40 jours de siège, prend la ville. Le chevalier, capitaine et gouverneur, Pierre de Préaux (+1212) signe l'acte de capitulation. La même année, la Normandie est rattachée au Domaine Royal.
Le roi maintient les privilèges communaux, fait détruire le château ducal et construire le château Bouvreuil sur l’ancien site de l’amphithéâtre romain pour surveiller la cité.
Les troubles liés aux impôts se multiplient avec des émeutes en 1281, l’assassinat du maire et le pillage des maisons nobles. Devant l’insécurité, le roi Philippe IV dit le Bel (1268/1314, portrait de gauche) supprime la commune et retire aux marchands le monopole du commerce sur la Seine. Les Rouennais rachètent leurs libertés en 1294.
En 1306, le roi Philippe IV dit le Bel fait expulser plus de 5000 juifs de Rouen. En 1307, il cède aux maire et jurés de Rouen, toutes les terres, maisons, cours, jardins,biens et toutes propriétés immobilières ainsi que le cimetière appartenant aux juifs de la ville et de la banlieue.
En 1348, la Peste Noire touche Rouen qui perd 70 % de sa population, une famine s'ensuit.
Après 1350, les murs d'enceinte de la ville de Rollon et ceux du roi Louis IX dit saint Louis (1214/1270) sont abattus et remplacés par une vaste enceinte. Les finances royales sont exsangues, les travaux traînent en longueur mais en 1415, la défaite de la Bataille Azincourt, avec des contributions extraordinaires en argent et en corvées imposées à la population permettent son achèvement.
En 1382, une révolte urbaine importante éclate, la révolte de la Harelle, cruellement réprimée par les troupes royales, entraine l'augmentation des impôts et l'abolition les privilèges pour le commerce sur la Seine. Le roi Charles VI fait raser le beffroi, et la Commune est abolie. L’année suivante, les bourgeois de Rouen décident la construction d'une horloge à l'emplacement de l'ancien beffroi. Le bailli et le roi accèdent à la requête en 1389. Une tour est construite afin d'abriter le mécanisme de l'horloge. En 1410, deux cadrans sont posés sur la porte Massacre, qui relie la tour à l'hôtel de ville. En 1527, la porte Massacre est démolie pour être remplacée par une arche surmontée d'un pavillon, où sont apposés les cadrans.
En 1418, en plein affrontement entre Armagnacs et Bourguignons, le Parti du duc de Bourgogne, Jean Ier dit sans Peur (1371/1419), prend la ville. Le roi d'Angleterre, Henri V (1386/1422, portrait de droite) après avoir fait la conquête de la Basse-Normandie, rassemble ses troupes à Bernay et entreprend sa marche sur Rouen. Le siège, commencé le 29 juillet 1418, est long, la ville est prise le 19 janvier 1419. Il rattache la Normandie conquise, à l’exception du Mont-Saint-Michel, à la couronne anglaise. Henri V meurt en 1422, la même année que le roi de France Charles VI dit le Fol (1368/1422), le frère de ce dernier, Jean de Lancastre (1389/1435), duc de Bedford, assure la régence. Devenu chanoine de la cathédrale Notre-Dame, il y est enterré à sa mort.
En 1431, à l'instigation du duc de Bedford et du parti bourguignon, majoritaire à Rouen même dans la population, Jeanne d'Arc (1412/1431) est jugée et brûlée vive par le bourreau Geoffroy Thérage. La même année, le jeune roi Henri VI (1421/1471) est couronné roi de France et d'Angleterre à Paris, avant de venir à Rouen où il est acclamé par la foule.
En 1449, le roi de France Charles VII (1403/1461) reprend la ville à l'issue d'un siège de 10 jours, 18 ans après la mort de Jeanne d'Arc et 30 ans d'occupation anglaise.
En 1468, le roi Louis XI (1423/1483, portrait de gauche) autorise la prolongation de la Foire de Rouen, le Pardon Saint-Romain, jusqu'à 6 jours de durée. La ville s'accroit. Le 9 novembre 1469, le roi, après s'être fait remettre en avril 1468 lors des Etats Généraux de Tours, l'anneau d'or ducal, symbole de l'indépendance et de l'autonomie de la province, le fait rompre sur une enclume.
L'essor économique de la ville à la fin du XVème siècle est dû essentiellement aux draperies, mais aussi à la soierie et à la métallurgie. Les pêcheurs de Rouen vont jusqu'à Terre-Neuve pêcher la morue et en Baltique pêcher le hareng.
Dès le début du XVIème siècle, les chantiers, ralentis par la Guerre de Cent Ans, se développent à nouveau. Les constructions de l'église Saint-Maclou, de la nef de l'église abbatiale Saint-Ouen, de la salle des pas perdus de l'actuel Palais de Justice s'achèvent dans un style flamboyant, où se mêlent les premiers éléments décoratifs propres à la Renaissance. La cité est la plus peuplée du royaume après Paris, Marseille et Lyon. Rouen est l'un des foyers normands de la Renaissance artistique. Artistes et architectes ornent les maisons et les palais de décors italianisants.
La prospérité de Rouen repose principalement sur le commerce fluvial de la Seine car les marchands rouennais détiennent depuis le roi Henri II (1519/1559) le monopole de la navigation sur la Seine en aval de Paris.
Rouen devient le principal port français de commerce avec le Brésil, principalement pour les colorants de draperies. Les manufactures utilisent des teintures directement importées du Nouveau Monde, le rouge tiré de l'essence du bois-brésil, le bleu issu de la culture et la transformation de l’indigo.La fonction teinturière de la ville est confirmée par la présence des Florentins qui en font la plaque tournante de l'alun romain (3) dans le Nord de la France.
La naumachie (4) organisée en faveur du roi Henri II en 1550 montre que le royaume de France veut se doter d'un empire colonial en Amérique du Sud avec, comme centre d'impulsion, les dynamiques ports normands.
En 1500, 10 imprimeries sont installées en ville.
L'Echiquier Permanent de Normandie, installé à Rouen en 1499 par le cardinal archevèque de Rouen, Georges d'Amboise (1460/1510), est transformé en Parlement en 1515 par le roi François Ier (1494/1547). Ce Parlement a des compétences judiciaires, législatives et exécutives sur les affaires normandes, n’ayant au-dessus de lui que le Conseil du Roi. Il a également compétence sur la gestion du Canada Français.
A partir de 1530, une partie de la population se tourne vers la religion réformée, le protestantisme, prêchée par Jean Calvin (1509/1564, portrait de droite).
Dès 1560, les tensions entre communautés protestantes et catholiques s'exacerbent. En 1562, la population protestante entre dans l’Hôtel de Ville et chasse le bailli. Les troubles gagnent la campagne. Les parlementaires catholiques quittent Rouen. La population demande son aide à Gabriel de Lorges (1530/1574) comte de Montgommery, chef militaire des protestants en Normandie qui fortifie et protège la ville avant l'arrivée de l'avant-garde royale. Après avoir subi des pertes considérables, les catholiques s'emparent des redoutes du mont Sainte-Catherine qui domine la ville. Des messagers rouennais
demandent alors l’aide de la reine Elisabeth Ière d'Angleterre (1533/1603) qui envoie des troupes, en vertu du Traité d'Hampton Court signé récemment avec Louis Ier de Bourbon-Condé (1530/1569), pour soutenir les protestants. Le 26 octobre 1562, les troupes royales, en présence du roi Charles IX (1550/1574, portrait de gauche) et de Catherine de Médicis (1519/1589),
prennent Rouen et pillent la ville pendant 3 jours. La nouvelle du massacre de la Saint-Barthélemy parvient à Rouen fin août 1572, pour éviter le massacre les protestants sont enfermés. Mais, la foule force les portes des prisons et les égorge.
La ville est plusieurs fois assaillie par les troupes du roi Henri IV (1553/1610, portrait de droite) mais résiste, notamment lors du siège de décembre 1591 à mai 1592, avec l'aide de l'armée espagnole du duc de Parme, Alexandre Farnèse (1545/1592).
A partir du milieu du XVIIème siècle, la population de la ville stagne et la ville perd progressivement de son dynamisme.
En 1703, la Chambre de Commerce de Normandie est créée. En 1734, une école de chirurgie, la seconde de France après Paris est fondée. En 1758, un nouvel Hôtel-Dieu remplace l'ancien devenu trop petit.
À partir de 1767 et pendant une vingtaine d'années, la périphérie de la ville subit des transformations importantes : comblement des fossés, arasement des bastions d'entrée des murailles remplacés par des grilles, création d'un boulevard extérieur planté d'arbres, édification de casernes et création d'une place d'armes, le Champ de Mars.
Pendant la Révolution Française, la ville, très modérée, est considérée comme fidèle au Régime Monarchique. À l'été 1792, un certain nombre de ministres fidèles au régime investissent Rouen et y mettent en place toutes les structures nécessaires pour accueillir le roi Louis XVI (1754/1793) qui aurait pu y restaurer son pouvoir et organiser un gouvernement contre-révolutionnaire. Mais le roi, indécis, préfère rester à Paris. Le 12 janvier 1793, est sign
ée sur la place de la Rougemare une pétition pour que le sort de Louis XVI soit l'objet d'un appel à la Nation : une rixe survient, les cocardes tricolores sont arrachées et l'arbre de la liberté scié et brûlé. En 1795, la statue de Jean Paul Marat (1743/1793) et le bonnet rouge sont renversés et jetés à la Seine.
En 1813, Marie Louise Léopoldine Françoise Thérèse Josèphe Lucie de Habsbourg-Lorraine (1791/1847, portrait de droite), archiduchesse d'Autriche, princesse de Hongrie et de Bohême, impératrice des Français par son mariage avec Napoléon Ier (1769/1821) pose solennellement la première pierre du pont de pierre (actuel pont Corneille)
L'hiver de 1829-1830 est très rigoureux, la Seine reste gelée durant 4 mois.
Pendant la Monarchie de Juillet en 1830, Frédéric Chopin (1810/1849) donne un concert public. Rouen compte parmi les très rares cités où ce compositeur s'est produit dans un cadre officiel.
En 1832, une épidémie de Choléra fait de grands ravages.
En 1848, Rouen est partiellement insurgée. Les troupes déployées sont menées par le comte et maréchal de France Esprit Victor Elisabeth Boniface de Castellane (1788/1862, portrait de gauche). Les barricades, dressées par les émeutiers, sont réprimées par l'usage des canons.
En décembre 1870, l'armée prussienne entre à Rouen, sous les ordres du comte Hans Edwin von Manteuffel (1809/1885). Rouen est alors occupée par 16 bataillons et 16 escadrons sous le commandement du général Georg Ferdinand von Bentheim (1807/1884) qui ne quittent la ville que le 22 juillet 1871.
En mai 1885, sur un quai du port a lieu l'embarquement, sur le bâtiment de transport militaire Isère commandé par Marie Adolphe Jean Gabriel Lespinasse de Saune (1848/1939), des caisses contenant les pièces de la Statue de la Liberté à destination de New York.
En 1896, Rouen accueille l'Exposition Nationale et Coloniale entre le Champ-de-Mars et la côte Sainte-Catherine. Le président de la République, Félix Faure (1841/1899, portrait de droite) fait l'honneur aux exposants d'une visite officielle.
Lors de la Première Guerre Mondiale de 1914-1918, Rouen sert de base à l'armée britannique. De nombreux Belges se réfugient à Rouen pour échapper aux Allemands.
En 1917, le Journal de Rouen annonce un symbole de mémoire et d'espoir, le timbre postal du tricot du soldat. Il représente un poilu casque en tête dans la tranchée, tendant les mains pour recevoir un paquet, derrière lui se trouve une silhouette de la ville de Rouen.

En juillet 1917, Victoria Marie Augusta Louise Olga Pauline Claudine Agnès de Teck (1867/1953, portrait de droite) et son fils le prince de Galles, Edward Albert Christian George Andrew Patrick David, futur roi d'Angleterre Edouard VIII (1894/1972, portrait de gauche) en visite à Rouen, effectuent un parcours en automobile dans le centre.
Pendant la Seconde Guerre Mondiale de 1939-1945, Rouen est occupée par l'armée allemande du 9 juin 1940 au 30 août 1944. Le 9 juin 1940, au 11 rue de Bihorel, les Allemands massacrent à la mitrailleuse des civils et des soldats noirs et algériens. Après un combat avec les Panzer, le pont Corneille saute faisant de nombreux morts. Un important incendie détruit tout le quartier ancien entre la cathédrale et la Seine. De violents bombardements de 1942 à 1944 visent notamment les ponts et la gare de triage de Sotteville-lès-Rouen. Le bombardement de la Royal Air Force en avril 1944, fait 816 morts et 20 000 sinistrés. La cathédrale et le Palais de Justice sont endommagés, puis durant la semaine rouge menée par les Américains, une partie de la cathédrale et le quartier Sud sont de nouveau incendiés. Le 30 août 1944, les Allemands battent en retraite et les canadiens de la 3e Division d'infanterie libèrent la ville.
Après la guerre, le centre-ville est reconstruit.
La ville connait une effervescence durant les événements de Mai 1968.
Le 26 septembre 2019, l'explosion de l'usine Lubrizol provoque un immense incendie.
Les seigneurs et gens de la noblesse
Très tôt par rapport aux villes françaises, Rouen obtient une Charte Communale accordée par le duc de Normandie vers 1150. Tout homme libre ayant un an de résidence relève de la juridiction communale.
Seules quelques Familles participent au gouvernement de la ville, les Cent Pairs, qui sont élus. Les habitants sont groupés dans des corps de métiers et appartiennent à des confréries, groupes solidaires basés sur le culte d'un saint.
Chroniques communales
De la Course de la Liberté à l'Armada
Ce large rassemblement de grands voiliers (L'Hermione, à droite) est organisé tous les quatre à six ans sur les quais de la Seine et dure généralement une dizaine de jours. Il est un des événements importants du monde de la mer.
Au début des années 1980, Jean Lecanuet, maire de Rouen, cherche une idée pour animer et faire revivre les quais à l'abandon. Son adjoint, Patrick Herr lui propose une course entre Rouen et New-York afin de célébrer le centenaire de la statue de la Liberté en 1986. Huit multicoques sont au départ de la Course de la Liberté et pour donner un air de fête à la manifestation, une course d'OFNI (Objets flottants non identifiés) et un grand défilé dans les rues de Rouen à l'américaine avec majorettes, voitures décapotables et confettis, sont organisés. Le public est au rendez-vous tant sur les quais, non encore rénovés, que dans les rues ou sur les berges.La grande aventure des Voiles de la Liberté est lancée.
En 1989, les Voiles de la Liberté (logo 1) célèbre le bicentenaire de la Révolution Française ; en 1994, l'Armada de la Liberté (logo 2) célèbre le 50ème anniversaire du Débarquement allié en Normandie, avec 28 grands voiliers, 17 bâtiments militaires et une vingtaine de vieux gréements le long des quais qui viennent d'être rénovés ; en 1999, l'Armada du Siècle (logo 3) commémore la fin du IIème millénaire avec un survol par la Patrouille de France de retour des Champs Elysées, des concerts gratuits et un feu d'artifice en clôture ; l'Armada de Rouen 2003 (logo 4), 4ème édition, avec le premier voilier à entrer dans le port le Marité, dernier terre-neuvier fécampois en bois en état de naviguer, propriété de jeunes suédois l'ayant rénové et remis à l'eau ; l'Armada 2008 (logo 5 définitif) accueille une trentaine de voiliers et 3 bâtiments militaires envoyés par le Japon, les tabliers levés du nouveau pont Flaubert laisse passer les bâteaux ; l'Armada 2013 voit la participation d'une quarantaine de bateaux dont le géant quatre-mâts russe Kruzenstern construit en 1926 et le Pen Duick sans Eric Tabarly (1931/1998) disparu en mer depuis 15 ans ; l'Armada 2019 avec environ 35 voiliers et une quinzaine de bâtiments militaires du monde entier, célèbre le 75ème anniversaire du Débarquement en Normandie.
La prochaine édition de l'Armada de Rouen devrait avoir lieu à l'été 2023.




