
Carcassonne est située sur les bords du fleuve Aude. La ville est divisée en deux : la ville basse, qui occupe les berges du fleuve à l'Ouest, et la ville haute (ou Cité), qui occupe un petit plateau constitué par le creusement de l'Aude.
Elle fait partie de la région naturelle appelée le Carcassès, entre les prémices du Massif Central et les contreforts pyrénéens, dans un couloir entre la Montagne Noire au Nord, les Corbières à l'Est, la plaine du Lauragais à l'Ouest et la vallée de l'Aude au Sud.
Son emplacement stratégique sur la route entre la mer Méditerranée et l'océan Atlantique est connu depuis le Néolithique.
Cet ensemble médiéval est unique en Europe de par sa taille et son état de conservation. La cité est ceinturée de deux rangées de remparts et possède un château comtal et la basilique Saint-Nazaire. Elle est classée au Patrimoine Mondial de l'UNESCO en 1997. C'est le haut lieu touristique de la ville, avec près de 4 millions de visiteurs chaque année, dont près de 500 000 visites du château comtal et des remparts.
C'est le deuxième site touristique le plus visité de France après le Mont-Saint-Michel.
Les communes limitrophes sont : Berriac, Caux-et-Sauzens, Cavanac, Cazilhac, Couffoulens, Fontiès d'Aude, Lavalette, Montirat, Palaja, Pennautier, Pezens, Roullens, Trèbes, Villedubert et Villemoustaussou.
La ville est jumelée avec : Eggenfelden (Allemagne) depuis 1973 ; Baeza (Espagne) depuis 2012 ; Tallinn (Estonie) depuis 2013 ; Jaisalmer (Inde) depuis 2024.
Hydrographie
La ville est drainée par :
- le Canal du Midi, canal de navigation de 239,8 Kms à bief de partage qui relie Toulouse à la mer Méditerranée depuis le XVIIème siècle ;
- les rivières :
l'Aude, qui prend sa source dans la commune des Angles, s'écoule du Sud vers le Nord et se jette dans le golfe du Lion à Fleury, après avoir traversé 73 communes ;
le Fresquel, qui prend sa source dans la commune de Baraigne, s'écoule d'Ouest en Est et se jette dans l'Aude sur le territoire communal, après avoir traversé 22 communes ;
l'Arnouze, qui prend sa source dans la commune d'Alairac, s'écoule du Sud-Ouest vers le Nord-Est et se jette dans le Fresquel sur le territoire communal, après avoir traversé 3 communes ;
- les ruisseaux de :
Carrel ou de Bazalac, qui prend sa source dans la commune de Mas-des-Cours, s'écoule vers le Nord et se jette dans l'Aude à Trèbes, après avoir traversé 6 communes ;
Malepère, qui prend sa source dans la commune d'Alairac, s'écoule du Sud-Ouest vers le Nord-Est et se jette dans l'Aude à Cavanac, après avoir traversé 4 communes ;
et encore les ruisseaux de Régal, des Bouteillères, du Rieu, de Conquet, de Montirat, de Saint-Martin, des Sabartèzes ;
- et divers autres petits cours d'eau.
Toponymie 
Carcasso au Ier siècle avant J.-C. ; Carcaso au IIème siècle, cité par Pline l'Ancien (23/79, portrait de droite).
En occitan le nom de la ville est directement dérivé de sa forme latine : Carcassona.
Héraldique
Les armes actuelles de la commune se blasonnent ainsi : D'azur semé de fleurs de lys d'or au portail de ville flanqué de deux tours couvertes d'argent, maçonné, ajouré et ouvert de sable, la porte coulissée aussi d'argent surmontée d'un écusson de gueules chargé d'un agneau pascal d'argent à la tête contournée nimbée d'or, portant un panonceau aussi d'argent surchargé d'une croisette du champ.
Ce blason est le résultat d'une recomposition des blasons jadis distincts de la ville haute et de la ville basse.
Toutefois on trouve de nombreuses variantes : le champ de l'écu n'est pas toujours semé de fleurs de lis ; les tours sont parfois blasonnées ou couvertes et en clocher ; le champ de l'écusson est parfois lui aussi semé de fleur de lys d'or, ou bordé cousu d'azur ; l'agneau pascal est à tête contournée ou non, nimbé ou non, lequel nimbe est parfois crucifère ; et la croix est tantôt d'argent, tantôt d'or.

Le blason de la ville Haute en 1882 (à gauche) : D'azur à un portail de ville, accompagné de deux tours crénelées d'argent et surmonté d'un écusson d'azur à trois fleurs de lis d'or.
Ces armoiries représentent le Pouvoir.
Le blason de la ville Basse en 1882 (à droite) : D'azur semé de fleurs de lis d'or sans nombre, au besant d'or mis en cœur, chargé d'un tourteau de gueules, surchargé d'un agneau pascal d'argent supportant une croix d'or avec un guidon d'argent chargé d'une croix de sable.
Ces armoiries représentent la très puissante industrie de la laine.
La devise de la ville est : Hic oves bene natæ agnum comitantur = Ici, les brebis bien nées suivent l'Agneau.
Histoire
Les origines de cette Cité médiévale fortifiée remontent à la période Gallo-romaine.
Sa double enceinte de 3Kms de long comporte 52 tours qui domine la vallée de l'Aude, un château (comtal) et une basilique (Saint-Nazaire).
Des restes d'un oppidum fortifié, proche de l'emplacement actuel de la Cité, sont mis au jour par des fouilles archéologiques. La découverte de céramiques capaniennes et d'amphores prouvent que ce lieu est déjà un important carrefour commercial.
Vers 300 avant J.-C., les Volques Tectosages (1) prennent possession de la région et fortifient l'oppidum de Carcasso. Ils extrayent l'or de la mine de Salsigne (2) pour constituer des offrandes à leurs Dieux.
En 122 avant J.-C., les Romains annexent la région qui est intégrée dans la Colonie Narbonnaise créée en 118 avant J.-C.. Depuis 200 ans les marchands romains parcourent la région. Sous la Pax Romana la petite cité Gallo-romaine de Carcaso, devenue chef-lieu de la colonie Julia Carcaso, prospère sans doute grâce au commerce du vin et à son implantation sur les voies de communication : elle jouxte la voie romaine allant de Narbonne à Toulouse tandis que les bateaux à fond plat circulent sur l'Atax au pied de l'oppidum. Ce dernier est agrandi par remblayage et les rues et ruelles forment un plan orthogonal. Une agglomération s'étend au pied le long de la voie romaine.
À partir du IIIème siècle après J.-C., la ville se retranche derrière une première série de remparts.
En 333, les textes d'un pèlerin mentionnent le castellum de Carcassonne. Les remparts, encore visibles de nos jours dans certaines parties de l'enceinte, servent de soubassements aux actuelles murailles. Les tours de la Marquière, de Samson et du Moulin d'Avar sont les témoins en partie intacts de cette enceinte primitive. Cette muraille protège la Cité des attaques extérieures tout en permettant de contrôler les passages sur la voie romaine située en contrebas.
Au milieu du Vème siècle, les Wisigoths (3) prennent possession du Languedoc. Entre 413 et 435, la Cité est occupée alternativement par l'armée romaine et par celle des Wisigoths au gré des alliances et de leurs modifications. La Cité jouit d'une relative paix politique jusqu'au règne d'Alaric II (460/507, portrait de gauche).
En 507, les Francs chassent les Wisigoths d'Aquitaine, mais ces derniers conservent la Septimanie (4) dont fait partie la Cité de Carcassonne.
En 508, mon ancêtre Clovis Ier (466/511, portrait de droite), roi des Francs Saliens, lance en vain une attaque contre la Cité.
En 585, une nouvelle attaque de Gontran (532/592, statue de gauche), roi des Francs de Burgondie, est couronnée de succès. Mais, les Wisigoths reprennent la cité peu après et en restent maîtres jusqu'en 725.
Au cours du VIème siècle, Carcassonne devient, avec Agde et Maguelonne, le siège d'un évêché. Une cathédrale wisigothique, dont l'emplacement n'est pas connu, est alors construite.
En 725, lors de l'invasion arabo-musulmane de la Septimanie, le wali Ambiza (5) s'empare de Carcassonne. La Cité reste entre les mains des musulmans jusqu'en 759, date à laquelle elle est prise par les Francs conduits par mon ancêtre Pépin dit le Bref (714/768, portrait de gauche).
En 1067, Raimond-Bérenger Ier de Barcelone (1023/1076) acquiert Carcassonne, mais son beau-fils, Raymond-Bernard de Trencavel (+1074), réussit à prendre le contrôle de la Cité. Une révolte des habitants le chasse mais il reprend la ville avec l'aide du comte de Toulouse. Trencavel meurt, son épouse Ermengarde est reconnue vicomtesse en 1082.
En 1096, débute la construction de la basilique Saint-Nazaire dont les matériaux sont bénis par Eudes de Châtillon (1035/1099), pape Urbain II.
Vers 1130, le palais comtal fortifié est construit à l'intérieur des murs.
En 1192, la ville se dote d'un Consulat, composé de notables et de bourgeois, jusqu'à six, chargés d'administrer la ville qui en 1229 se dote d'une Charte Coutumière.
A cette époque, une nouvelle religion, le catharisme (6), s'implante avec succès dans le Languedoc. Les cathares étant protégés par le vicomte Raimond-Roger Trencavel (1185/1209), après l'assassinat du légat apostolique Pierre de Castelnau (1170/1208), la ville et toute sa région sont déclarées terres d’hérésies par Lotario dei Conti di Segni, pape Innocent III (1160/1216, gravure de gauche) et en conséquence subissent la Croisade des Albigeois, dirigée par Arnaud Amaury (1160/1225).
L'armée croisée met le siège devant Carcassonne : deux bourgs situés près des remparts tombent rapidement et sont brûlés. L'enceinte de la cité résiste à l'assaillant, mais c'est la sécheresse et la soif qui font capituler la ville au bout de deux semaines en 1209 (voir § Les Seigneurs).
Des sénéchaux royaux sont installés dans tout le Languedoc. Les habitants quittent la ville. La cité devient zone militaire, mais reste un centre religieux grâce à la cathédrale Saint-Nazaire. Le palais comtal est transformé en forteresse, l'enceinte de la ville est doublée et renforcée jusqu'à la fin du XIIIème siècle. Une période de terreur s'installe à l'intérieur de la ville. En 1234, un tribunal d'Inquisition s'installe dans la Cité.
Le 17 septembre 1240, Raimond II Trencavel (1207/1267) assiège la cité, les combats durent jusqu'au 11 octobre et l'arrivée d'une armée royale de secours.
L'expulsion des habitants de la cité fortifiée est un acte majeur de l'Histoire de Carcassonne, car ils s'établissent sur l'autre rive du fleuve, où le roi Louis IX dit Saint Louis (1214/1270) crée la ville basse ou bastide Saint Louis. Cette colonie rurale aux rues en damier, est entouré de murs au XIVème siècle. Progressivement elle prospère économiquement et acquiert un rayonnement politique. Sa population globale est comprise entre 3000 à 4000 personnes en incluant les habitants des deux bourgs qui se sont édifiés sous les murailles.

Au XIVème siècle, Carcassonne est le premier centre de production textile du royaume, les productions sont exportées vers Constantinople ou Alexandrie.
En 1348, une épidémie de Peste s'abat, récurrente jusqu'au siècle suivant.
En 1355 le prince Noir, Edward de Woodstock (1330/1376, portrait de gauche) incendie la bastide. Elle est reconstruite en 1359, plus petite de moitié et fortifiée.
En 1462, le roi Louis XI (1423/1483, portrait de droite) confirme les privilèges de Carcassonne.
Jusqu’à la signature en 1659 du Traité des Pyrénées, la Cité conserve son rôle militaire à la frontière entre la France et l’Aragon.
Le XVIème siècle est déchiré par les Guerres de Religion : la ville basse soutient les protestants, la ville haute reste catholique. Des échauffourées ont lieu entre les
deux sites jusqu'à la signature de l'Edit de Nantes en 1598.
Le roi Charles IX (1550/1574, portrait de droite) passe dans la ville lors de son Grand tour de France (de 1564 à 1566), accompagné de Grands du royaume tel son frère le duc d’Anjou, Henri de Navarre, futur roi Henri IV dit le Vert Galant (1553/1610, portrait de gauche) et les cardinaux Charles de Bourbon (1523/1590) et Charles de Lorraine (1524/1574).
La Cité perd de son importance avec le transfert de nombreuses institutions à la ville basse croissante. La richesse due au commerce drapier permet d'embellir cette dernière. La Manufacture de draps des Saptes est créée en 1667 par Jean Baptiste Colbert (1619/1683). Des hôtels luxueux sont construits, l'eau est amenée jusqu'à la ville, les rues sont pavées et éclairées.
Les remparts sont démolis au XVIIIème siècle sur ordre de l'évêque Armand Bazin de Bezons (1701/1778), et le portail des Jacobins est construit à cette époque.
L'industrie drapière est concurrencée par les Anglais. Les prix de la nourriture augmentent, la famine et le mécontentement populaire se font sentir.
En 1790, le département de l'Aude est créé, et Carcassonne en devient le chef-lieu.
Sous la Restauration, l'activité est mécanisée et les salaires sont tirés vers le bas. La viticulture entre en concurrence, et la misère gagne la ville et ses derniers tisserands.
Au XIXème siècle, la Cité, complètement ruinée et miséreuse, reçoit le soutien d’érudits audois et carcassonnais tel Jean-Pierre Cros-Mayrevieille (1810/1876, portrait de droite) soutenu par Prosper Mérimée (1803/1870, portrait de gauche), inspecteur des Monuments Historiques.
Les premiers travaux de restauration portent sur la basilique Saint-Nazaire.
De nombreuses expropriations ont lieu, supprimant la totalité de l’habitat construit dans les lices. Il faut ensuite un demi-siècle de travaux pour restituer toute la grandeur du XIIIème siècle au plus grand ensemble de fortification du Moyen Âge d’Occident. L’architecte Eugène Viollet-le-Duc (1814/1879, portrait de droite) porte ce chantier avec réussite.
En 1907, les vignerons carcassonnais participent à la Révolte des Vignerons pour dénoncer les problèmes qui affectent la viticulture du Languedoc.
Les Première et Seconde Guerres Mondiales (voir § suivant).
En 1961, un musée est installé dans le château comtal.
En 1997, la Cité de Carcassonne obtient son classement sur la liste des sites au Patrimoine Mondial de l'Unesco, et la ville basse, la Bastide Saint-Louis, est classée secteur sauvegardé. Le château comtal, les fortifications, et les tours appartiennent à l'État et sont gérés par le Centre des Monuments Nationaux, tandis que les lices et le reste de la Cité font partie du domaine municipal.
La Première Guerre Mondiale 1914-1918
En août 1914, 431 Austro-Allemands envoyés dans l’Aude sont cantonnés par le préfet à Carcassonne (asile de Bouttes-Gach) : J’ai pris sur moi de les conserver en totalité à Carcassonne. L’opinion était en effet tellement surexcitée par le récit des atrocités commises en Allemagne que ces Allemands et Autrichiens eussent été certainement tués si je les avais envoyés isolés dans des communes sans police locale ou sans garnison.
La conférence pédagogique de novembre 1915 à Carcassonne est formelle : L’instituteur doit expliquer la guerre aux familles ; compléter son enseignement dans les cours d’adultes en commentant les communiqués officiels ; faire rédiger des lettres aux enfants à l’intention des soldats au front ; engager les paysans à souscrire aux emprunts nationaux ; avoir la force morale qui triomphe des bruits pessimistes ; entretenir le souvenir des morts pour la Patrie ; tenir un cahier des "notes de la guerre" afin de garder une trace historique du conflit.
En avril 1916, un dépôt de prisonniers est créé à Carcassonne, dans la caserne du château comtal aménagée pour recevoir 200 prisonniers.
En 1917, l’usine chimique Desflassieux à Carcassonne, fabricant de produits destinés à combattre les maladies de la vigne, se reconvertit dans la fabrication de pièces d’obus, de gaines relais et emboutis et ouvre une carrière de dolomie à Alet pour approvisionner les Aciéries de France.
Des 44 000 Audois mobilisés de 1914 à 1918, 11343 ne sont jamais revenus dans leurs foyers. De 1911 à 1921, l’Aude perd 29362 habitants. En 1920, le département compte 14000 invalides, 7902 veuves de guerre pensionnées et plusieurs milliers d'orphelins.
Il faut attendre les années 1990 pour que le département retrouve son niveau de population de 1911.
La Seconde Guerre Mondiale 1939-1945
Carcassonne fait partie de la zone libre du Sud de la France, elle n'est pourtant pas épargnée par les difficultés de l'occupation allemande et du rationnement. Les habitants de la ville rejoignent le mouvement de Résistance, mènent des missions de sabotage et fournissent de l'aide aux pilotes alliés et aux réfugiés juifs. Les habitants ont recours au marché noir et à la recherche de nourriture dans les forêts pour complèter les maigres rations fournies par le Gouvernement.
Les Allemands occupent Carcassonne le 11 novembre 1942, en réponse au débarquement des alliés en Afrique du Nord. Ils réquisitionnent de nombreux hôtels, les casernes et les immeubles bourgeois pour les militaires. L'aérodrome de Salvaza passe entre les mains de la Luftwaffe. Le château comtal est utilisé comme réserve de munitions et d'explosifs. Les habitants sont expulsés de la Cité et les allemands font murer la porte d'Aude. Seuls les personnels travaillant pour la Wehrmacht sont autorisés, après avoir présenté un laisser-passer, à pénétrer dans la forteresse médiévale.
Pendant les 2 ans d'occupation, les Allemands réalisent des fouilles et découvrent une salle basse voûtée sous la place Marcou : vestige de l'ancienne église Saint-Sernin rasée à la Révolution Française. Une autre galerie ruinée part des fossés du château comtal vers la place Marcou.
Le 19 août 1944, alors que les Allemands s'apprêtent à quitter la ville, 15 résistants sont amenés au domaine de Baudrigue sur la commune de Roullens et sont passés par les armes. Leurs corps disparaissent dans l'explosion des dépôts de munitions de la clairière du parc du domaine. La déflagration cause d'énormes dégâts ; elle est ressentie à des kilomètres à la ronde. Le 21 août, une unité de la 11e Panzerdivision traverse Carcassonne ; pour une raison indéterminée, elle fait halte au Quai Riquet, près de la gare. Après avoir tiré sur des passants, elle rassemble des otages qu'elle exécute sous le pont de chemin de fer. Le bilan des victimes s'établit au nombre de 26.
Les seigneurs et gens de la noblesse
Liste des comtes et vicomtes de Carcassonne
Le premier comte désigné par les Carolingiens est Bello-Borell de Carcassonne (770/818), comte d'Aussonne en 798, de Barcelone, d'Ampurias, libérateur de Barcelone, comte de Conflent, seigneur d'Andorre (Urgel-Cerdagne) de 805 à 812, et marquis des Marches d'Espagne, époux de Nimilda d'Ampurias (765/811).
De père en fils, les comtes de Carcassonne figurent dans mon arbre généalogique jusque Bernard Roger Ier de Comminges (voir § Mes ancêtres).
Oliba Ier de Carcassonne (790/837) comte de Carcassonne et de Razès de 821 à 837, époux de Emeltrude vers 810.
Oliba II de Carcassonne (820/877), comte de Carcassonne et de Razès, fils du précédent.
Bencio Bernard de Carcassonne (850/908) comte de Carcassonne et de Razès de 906 à 908, fils du précédent.
Acfred Ier de Carcassonne, frère du précédent à qui il succède, comte de Carcassonne et de Razès, époux d'Adélaïde d'Auvergne.
Acfred II de Carcassonne (880/927), fils du précédent, comte de Carcassonne, de Foix, d'Auvergne, duc d'Aquitaine, époux d'Arsinde de Rouergue (899/978).
Il reste fidèle au roi, mon ancêtre Charles III dit le Simple (879/929, portrait de droite), pendant la révolte de presque tout le royaume. Il fait des donations au Chapître pour le salut de son âme et de celles d'Acfred, son père, et d'Adelaïde, sa mère.
Arsinde de Carcassonne (917/970) fille du précédent, comtesse de Carcassonne et héritière de Razès, épouse vers 934 Arnaud Ier de Comminges (920/957).
Bernard Roger Ier dit Le Vieux de Comminges (939/1011) comte de Carcassonne, de Razès et de Comminges, seigneur de Foix, époux vers 970 d'Adélaïde de Rouergue (946/1011).
Il succéde à son défunt père Arnaud Ier, vers 957, dans les comtés de Carcassonne et Couserans ainsi que dans une partie de celui de Comminges. Il possède toute la partie méridionale du Toulousain. Le comté de Razès échoit à son frère Eudes pour partie, l'autre fraction du comté de Comminges passe chez son autre frère, Raymond.
En 994, Udalgaire, abbé de l'Abbaye Saint-Pierre-Saint-Paul de Caunes-Minervois, conclut un accord avec lui et son épouse.
Selon la légende, une bataille vers 981, le combat de Lauquet, oppose Oliba Cabreta (920/990), comte de Cerdagne, venu envahir la région. Les troupes de Roger, inférieures en nombre, sont sur le point de perdre le combat et de s'enfuir ou d'être massacrées. Alors, Roger ne sachant plus à qui s'adresser, se tourne vers Dieu, se met à genoux et commence à prier. Il invoque Saint Hilaire et lui demande de l'aider à protéger le village des envahisseurs. Le miracle se produit : Saint Hilaire, vêtu d'une robe éclatante, apparait à la tête d'une armée qui repousse et extermine les troupes d'Oliba. Pour remercier Saint Hilaire de son intervention miraculeuse, Roger 1er s'engage à vêtir les moines chaque année, à faire régulièrement des dons à l'abbaye (photo de gauche) et avec sa femme Adélaïde, il s'engage à respecter les principes de la Règle Bénédictine.
Roger fait un partage de ses domaines entre ses enfants en 1002, il donne à son fils Raymond la ville de Carcassonne avec son comté, le château qu'il posséde à Rennes, la portion du comté de ce nom qui lui revient, le Kercobès, le château de Queille... A Bernard, il légue le château de Foix avec plusieurs bourgades sur les rives de l'Ariège et de l'Hers ; il ne réserve pour Pierre, évêque de Gérone, que les abbayes disséminées dans les terres dont il a fait le partage entre Raymond et Bernard.
Il décède vers 1012 et est inhumé, avec sa femme, en l'Abbaye de Saint-Hilaire, selon ses dernières volontés.
Raymond de Carcassonne (+1007) fils du précédent, époux vers 990 de Garsinde de Béziers (970/1037).
Pierre Raymond de Carcassonne (1000/1060) fils du précédent, comte de Carcassonne, époux vers 1040 de Rangarde de la Marche (1010/1077).
Ermengarde de Carcassonne (1032/1101), fille du
précédent, vicomtesse de Carcassonne et de Béziers, épouse vers 1050 Raymond-Bernard Trencavel (1030/1074), vicomte d'Albi et de Nimes.
La vicomté de Carcassonne apparaît pour la première fois en 1082. C'est à cette date que Bernard Aton IV Trencavel, vicomte de Nîmes et d'Albi, revendiquant les droits de sa mère Ermengarde, réclame les comtés de Carcassonne et de Razès ainsi que les vicomtés de Béziers et d'Agde, et s'en empare. Les Trencavel deviennent alors seigneurs de fait, sans porter le titre de vicomtes. Ermengarde meurt en 1101, et son fils Bernard-Aton est proclamé formellement vicomte de Carcassonne, Razès, Béziers et Agde. Barcelone tente de s'y opposer à plusieurs reprises, notamment en 1107, où Raimond-Bérenger III de Barcelone (1082/1131, portrait de gauche) s'empare de la cité.
Maison de Trencavel
1099-1129 : Bernard Aton IV de Trencavel (1051/1129), fils de la précédente, vicomte de Carcassonne, Razès, Béziers et Agde, époux en 1083 de Cécile de Provence (1070/1150), fille de Bertrand II (+1193), comte de Provence. Il fait prospérer la ville et lance de nombreuses constructions.
En 1129, Bernard Aton IV meurt et ses fils Roger 1er, Raimond 1er et Bernard Aton V Trencavel (+1159) lui succèdent, le premier dans les vicomtés de Carcassonne, Albi et Razès, le second dans celles de Béziers et d'Agde, le dernier à Nîmes.
1129-1150 : Roger Ier Trencavel (1090/1150), vicomte d'Albi et de Carcassonne, fils du précédent, époux de Bernarde de Comminges, fille du comte Bernard Ier de Comminges (+1145) et de Dias de Samatan.
Roger Ier meurt sans postérité et ses deux frères cadets se partagent sa succession : Raimond Ier Trencavel obtient Carcassonne, Albi et Razès qu'il joint à sa vicomté de Béziers, mais cède Agde à son frère Bernard Aton V Trencavel.
1150-1167 : Raimond Ier Trencavel (+1167), frère du précédent, vicomte de Béziers, puis en 1150 au décès de son frère d'Albi, Razès et Carcassonne, époux d'Adélaïde, puis de Saura. Il est un adversaire d’Alphonse Jourdain (1103/1148), comte de Toulouse,
et participe en 1143 à la coalition de seigneurs occitans visant à le chasser de Narbonne. En 1162, le comte Raimond-Bérenger IV de Barcelone (1113/1162, statue de droite) meurt et son fils le roi Alphonse II d’Aragon (1157/1196, portrait de gauche) revendique Carcassonne, ce qui oblige Raimond Ier Trencavel à se rapprocher du comte Raymond V de Toulouse (1134/1194) et à signer un Traité d’alliance. En 1167, il se porte au secours de son neveu Bernard Aton VI Trencavel (1159/1214), vicomte de Nîmes, menacé par le roi d’Aragon. Il est assassiné à Béziers par les bourgeois de la ville, alors qu’il se trouve en l'église de la Madeleine.
1167-1194 : Roger II Trencavel (1149/1194), fils du précédent, vicomte d'Albi, de Béziers et de Carcassonne. Les bourgeois de Béziers, révoltés, refusent de lui ouvrir les portes de la ville. Avec l'aide de troupes fournies par le roi Alphonse II d'Aragon, il assiège, prend la ville et massacre une partie de la population. Il est le vassal du roi d'Aragon pour Carcassonne et le Razès, et du comte de Toulouse pour Béziers et Albi. Il conclut une alliance avec le comte Raymond V de Toulouse en épousant sa fille Adélaïde de Toulouse (1158/1200) et en mariant en 1175 sa sœur Béatrice de Béziers (1154/1193) avec Raymond VI de Toulouse dit Le Vieux (1156/1222).
1194-1209 : Raimond-Roger Trencavel (+1209), fils du précédent, vicomte d'Albi, de Béziers et de Carcassonne, époux d'Agnès de Montpellier (1190/1226), fille de Guilhem VIII de Montpellier (1157/1202), seigneur de Montpellier, et d'Inès de Castille. En 1209, il est dépossédé de son titre et
emprisonné par Simon IV de Montfort (1170/1218, portrait de gauche). Il meurt peu après en captivité, peut-être assassiné.
Maison de Montfort
1209-1218 : Simon de Montfort, seigneur de Montfort, vicomte d'Albi, de Béziers et de Carcassonne, époux d'Alix de Montmorency (1173/1221), fille de Bouchard V de Montmorency (1129/1189) et de Laurence de Hainaut. Il est est la principale figure de la Croisade des Albigeois de 1209 à 1229. Porté aux nues en son temps comme défenseur de l’Église et comme combattant de l’hérésie Cathare, il est considéré ensuite comme le bourreau de la conquête de l’Occitanie, conquête lourde en vies humaines et en massacres.
1218-1224 : Amaury de Montfort (1192/1241, portrait de droite), fils du précédent, comte de Montfort, vicomte d'Albi, de Béziers et de Carcassonne, épouse en 1214 à Carcassonne Béatrix de Viennois (1205/1248), fille de Guigues VI André de Bourgogne, dauphin de Viennois, et de Béatrice de Sabran. Le mariage n'est consommé qu'en 1222. En février 1224, il obtient une audience auprès du roi Louis VIII dit Le Lion (1187/1226). Il fait face à un souverain capétien ayant conscience de son rôle d'Homme d'État qui le persuade de renoncer à tous ses droits sur l'Occitanie au profit de la couronne, en échange, la seigneurie de Montfort-l'Amaury est érigée en comté.
En 1230, Amaury succède à son oncle Mathieu II de Montmorency (1168/1230) comme connétable de France.
1224-1227 et 1243 : Raimond II Trencavel (1207/1267), fils de Raimond-Roger Trencavel. Il cherche, des années durant, à reprendre les possessions de son père dont la Croisade des Albigeois l'a spolié et s'oppose à plusieurs reprises à Amaury de Montfort, alors établi sur les anciens domaines Trencavel. En 1246, en échange d'une rente, il finit par céder ses droits au roi de France, Louis IX dit Saint-Louis, qui les rattache au Domaine Royal en 1247.
En 1248, Raimond II Trencavel participe à la 7ème croisade.
Légendes et chroniques communales
Attaques terroristes du 23 mars 2018
La ville est le théâtre d'un attentat djihadiste, revendiquée par le groupe État Islamique, qui fait 4 morts et 15 blessés.
À 10h15, Redouane Lakdime, un Franco-Marocain âgé de 25 ans résidant à la cité Ozanam de Carcassonne, vole une voiture, tue le passager et blesse le conducteur. Il se dirige vers une caserne militaire et tire sur quatre CRS qui reviennent de faire leur footing, blessant grièvement l'un d'entre eux. Il prend ensuite la direction de Trèbes, une petite ville voisine distante d'environ 7Kms, et prend une cinquantaine de personnes en otage dans le magasin Super U de la ville. Il tue deux personnes. Le raid et le GIGN se rendent sur place et sécurisent les lieux. Certains otages parviennent à s'enfuir. Le lieutenant-colonel de Gendarmerie Arnaud Beltrame (1973/2018, portrait de gauche) propose au terroriste de prendre la place d'une otage. Il est grièvement touché par les tirs du terroriste et décède le lendemain. Le terroriste est abattu par le GIGN lorsque l'assaut est donné.
Le lieutenant-colonel reçoit un hommage national et est célébré comme un héros en France et au niveau international.
La légende de Dame Carcas
Ce récit légendaire apparait au XVIème siècle.
Mon ancêtre l’empereur Charlemagne (742/814) fait le siège de Carcassonne sur laquelle règne le roi sarrasin Ballak.
A la mort de celui-ci, son épouse Dame Carcas, lui succède à la tête de la Cité. Le siège de la Cité dure depuis déjà 5 ans lorsque la famine a raison des derniers défenseurs.
Dame Carcas veille sur la Cité et, pour faire croire aux attaquants à une garde toujours nombreuse, dispose des mannequins de paille habillés en soldats dans chaque tour de l'enceinte et décoche des tirs d’arbalète visant l’armée assiégeante.
La nourriture se raréfie et bientôt il ne reste plus dans la ville qu’un petit cochon et une mesure de blé pour nourrir la population. Dame Carcas gave alors le cochon avec le reste de blé et le jette du haut du rempart. Le cochon, en touchant le sol, éclate et de son ventre déchiré s’échappe un flot de bon grain. Devant ce spectacle, Charlemagne croyant que la Cité déborde encore de vivres au point de gaspiller un porc nourri au blé, lève le siège.
Avant que la grande armée ne disparaisse, Dame Carcas fait sonner les cloches de la ville pour annoncer la bonne nouvelle aux alentours. C’est alors qu'un des hommes de Charlemagne s'écrit : Sire, Carcas sonne !
A noter... Si la Cité est bien dominée par les Sarrasins entre 725 et 759, à cette date, la Septimanie est totalement conquise, non pas par Charlemagne, mais par son père, mon ancêtre Pépin dit Le Bref (714/768). Cette histoire locale n’est pas à l’origine du nom de Carcassonne.
À l'entrée du pont-levis, le buste de Dame Carcas (photo de droite) accueille les visiteurs.
Le cyclône d'août 1912
Dans la soirée du 19, après douze jours consécutifs de temps absolument sec, un orage violent, accompagné de pluie, de grêle, mais surtout de très fortes rafales de vent, frappe la ville et les environs.
De nombreux arbres séculaires, dont d'énormes platanes, sont abattus au niveau du boulevard de la Préfecture (actuel boulevard Jean Jaurès), du square Gambetta, dans le secteur du Pont-Neuf et aux alentours de la caserne Laperrine. Les rues sont jonchées de grosses branches d'arbres. Près du Pont-Neuf, les ateliers Puel sont démolis. Boulevard Barbès, une baraque est détruite et la charpente transportée à 50m, 4 wagons de la gare SNCF sont renversés par le vent, partout en ville, des cheminées écroulées et des toitures endommagées. Certaines rues des bas quartiers sont indondées. Dans les campagnes environnantes sur un rayon d'au moins un kilomètre et demi, les récoltes sont atteintes.
Les pompiers sont réquisitionnés pour déblayer les principaux passages.
Cet orage, aussi bref que violent, n'a provoqué aucune victime.
La gare ferroviaire
Elle est située au Nord du centre-ville près du port et des berges du canal du Midi. Elle est mise en service en 1857 par la Compagnie des Chemins de Fer du Midi et du Canal Latéral à la Garonne. L'architecture du bâtiment voyageurs, construit la même année, est classique avec un corps de bâtiment encadré par deux ailes en retrait et une horloge en fronton sans étage.
Elle devient gare de bifurcation, lorsque la Compagnie du Midi met en service le tronçon de Carcassonne à Limoux en 1876, prolongé jusqu'à Quillan en 1878.
Le hall de la gare est décoré d'une peinture, installée en 1995, du peintre Jean Camberoque (1917/2001) représentant les terroirs de l'Aude. Le buffet de la gare abrite une fresque murale réalisée en 1996, représentant l'acteur de cinéma Philippe Noiret (1930/2006, portrait de droite), qui résidait près de Carcassonne, attendant le train sur un quai de la gare. Des scènes du film Inguélézi, réalisé par François Dupeyron sont tournées dans la gare en 2003.
Carcassonne à l'écran
De nombreuses scènes de films ou téléfilms sont tournées dans la ville.
Films : Le Retour du croisé, Serment de fiancés, Le Remord et La guitare enchantée de Louis Feuillade en 1908 ; Le Miracle des loups de Raymond Bernard en 1924 ; Le Tournoi dans la cité de Jean Renoir en 1928 ; La Merveilleuse Vie de Jeanne d'Arc, fille de Lorraine de Marco de Gastyne en 1929 ; Sans famille de Marc Allégret en 1934 ; Adémaï au Moyen Âge de Jean de Marguenat en 1935 ; La Fiancée des ténèbres de Serge de Poligny en 1944 ; Le Miracle des loups d'André Hunebelle en 1961 ; Le Corniaud de Gérard Oury en 1965 ; Le Lion en hiver d'Anthony Harvey en 1968 ; Casimir le grand d'Ewa Czeslaw en 1974 ; Mes petites amoureuses de Jean Eustache en 1974 ; Une glace avec deux boules de Christian Lara en 1982 ; La Promise de Franc Roddam en 1985 ; Robin des Bois, prince des voleurs de Kevin Reynolds en 1991 ; Les Visiteurs de Jean-Marie Poiré en 1992 ; Le Destin de Youssef Chahine en 1997 ; D'Artagnan de Peter Hyams en 2001 ; Inguélézi de François Dupeyron en 2004 ; Les Chevaliers du roi de Pieter Verhoeff en 2008 ; Vie Sauvage de Cédric Kahn en 2014 ; Les Hommes du feu de Pierre Jolivet en 2016 ; Selon la police de Frédéric Videau en 2020 ; Overdose de Olivier Marchal en 2021 ; La Fille et le Garçon de Jean-Marie Besset en 2022 .
Téléfilms et web-série : Les Cathares de Stellio Lorenzi en 1965 (image de gauche) ; Quentin Durward de Gilles Grangier en 1971 ; La tisane des sarments de Jean-Claude Morin en 1980 ; Jeanne d'Arc, le pouvoir et l'innocence de Pierre Badel en 1988 ; Je, François Villon, voleur, assassin, poète... de Serge Meynard en 2006 ; Labyrinthe de Christopher Smith en 2011 ; Noob de Fabien Fournier en 2012 et 2013 ; Meurtres à Carcassonne de Julien Despaux en 2014.
Patrimoine
Sous sa forme actuelle, cette cité médiévale fortifiée est dotée d’un énorme système défensif développé essentiellement au XIIIème siècle. Ce système est constitué de deux enceintes séparées par des lices, entourant les maisons, les rues et la cathédrale gothique, ainsi que le château et les corps de logis qui lui sont associés. Les remparts intérieurs comprennent 26 tours circulaires et se superposent en grande partie aux défenses romaines clairement visibles sur les deux tiers de leur longueur. Les remparts extérieurs comportent 19 tours rondes, dont 3 sont des barbacanes. L’enceinte est entourée de douves et les deux entrées principales de la cité, la Porte Narbonnaise et la Porte de l’Aude, sont particulièrement élaborées.

La Bastide Saint-Louis
Créée au XIIIème siècle, la Bastide est toujours divisée en carrons délimités par quatre rues. Elle est délimitée par des boulevards aménagés au XVIIIème siècle sur les anciens fossés de la ville.
L'enceinte de la ville basse est bâtie de 1355 à 1359, sous les ordres du comte Jean II d'Armagnac dit Le Bossu (1333/1384).
Vers la fin du XVIème siècle, lors des Guerres de Religion, la ville est flanquée de 5 bastions, tours rondes élevées aux angles plus hautes que les autres parties de l'enceinte : Saint-Martial au Nord-Ouest, La Figuières au Nord-Est, de Montmorency au Sud-Est, de la Tour Grosse ou des Moulins au Sud-Ouest (actuellement du Calvaire) et enfin le Ravelin de Montmorency ou fortification de Saint-Antoine.
A la veille de la Révolution Française de 1789, la ville basse n'a encore que 4 portes :
- de Toulouse ou des Augustins, à l'Ouest, ornée de deux tours formant un châtelet restaurées en 1749. Mais en 1778, les murs, tours, fossés, remparts et chemins de ronde sont cédés à perpétuité à la communauté de la ville. Les consuls laissent le bâtiment se détériorer. Il est entièrement détruit en 1806.
- La porte Nord ou des Carmes.
- La porte de l'Est ou des Cordeliers.
- La porte du Sud ou des Jacobins, actuellement conservée et classée ainsi que ses abords sur l'inventaire supplémentaire des Monuments Historiques. Dans les premiers temps de la construction de la Ville, cette porte était située à l'emplacement de la porte de l'ancien Palais de Justice, elle est déplacée en 1571 à l'extrémité de la rue de la Pellisserie (actuelle rue Aimé Ramond).
Le château comtal
Vers1130, les vicomtes de Trencavel ordonnent la construction de nombreux édifices, comme le palatium, une demeure seigneuriale.
Le château est construit sur le rempart gallo-romain, certaines de ses fondations reposent sur une domus du Ier siècle. Il s'enrichit de plusieurs extensions au cours du XIIème siècle, comme la chapelle Sainte-Marie, au Nord, ou une nouvelle aile, au Sud.
La Famille de Trencavel souhaitant faire de Carcassonne la pièce maîtresse de leur domaine, cette demeure est donc à la fois le siège et le symbole de leur pouvoir féodal.
En 1209, à l’époque de la Croisade contre les Albigeois, la demeure est fortifiée : Les toitures sont dotées de créneaux, la tour Pinte est surélevée pour mieux surveiller les environs.
Au cours du XIIIème siècle, l’édification d’un second rempart achève de transformer le palatium d’origine en château fort. Carcassonne est une place-forte imprenable.
En 1229 où, aux mains du pouvoir royal, il devient le siège de l'une des deux sénéchaussée du Languedoc ; la seconde étant celle de Beaucaire. L’enceinte qui l’entoure protège le sénéchal des Carcassonnais, dont la fidélité au souverain n’est pas encore acquise.
De 1240 à 1250, la construction de l’enceinte est entreprise pour le fortifier. Cette ceinture est constituée d’une courtine, de tours rondes, du châtelet d'entrée, de la barbacane ainsi que du fossé. Le château est réhaussé d'un second étage.

Au début du XIVème siècle, un bâtiment est érigé à l’emplacement de l’actuelle cour du Midi, il comporte une grande salle avec cheminée et fenêtres gothiques. L’étage de l’aile Sud-Est est aussi agencé en grandes salles où s’exerce l’autorité du sénéchal. En plus de ses fonctions défensives et militaires, le château joue un rôle résidentiel et politique. La Cité est un lieu stratégique dans la rivalité qui oppose les royaumes de France et d'Aragon. Cette situation perdure jusqu’en 1659 et la signature du Traité des Pyrénées, qui clôt la guerre franco-espagnole lancée en 1635. L’ensemble est ensuite laissé à l’abandon.
Sauvée de la destruction par l'action et la ténacité de l'archéologue Jean Pierre Cros-Mayrevieille (1810/1876), puis restaurée au XIXème siècle sous la direction d'Eugène Viollet-le-Duc (1814/1879, portrait de gauche) puis d'Emile Boeswillwald (1815/1896, portrait de droite).
Le château comtal, les fortifications, et les tours appartiennent à l'État et sont gérés par le Centre des Monuments Nationaux, tandis que les lices et le reste de la Cité font partie du domaine municipal.
La Porte Narbonnaise
Porte d'entrée principale de la Cité médiévale, elle est construite vers 1280 et composée de deux énormes tours en éperon.
La Porte d'Aude
Cette porte est percée dans la muraille des Wisigoths, au XIIème siècle. Elle empêche l’ennemi de se maintenir entre l’Aude et la Cité car elle est située à portée de jet des tours.
Une longue rampe aboutit à la barbacane. Cette rampe est dominée par deux tours. Devant cette porte ni fossé ni pont à bascule, mais il n'est pas facile de l'atteindre car l’espace compris entre les deux enceintes forme une véritable place d’armes, un grand châtelet commandé de tous côtés par des ouvrages formidables.