Au XVème siècle, le roi Charles VI (1368/1422, portrait de droite), amateur de ce fromage, octroie au bourg de Roquefort-sur-Soulzon l'exclusivité de l'affinage du fromage (monopole par lettres patentes du 4 juin 1411), reconnaissant l'appellation d'origine et faisant des caves un lieu protégé. À cette époque, les pains de roquefort deviennent une monnaie d'échange. Son fils Charles VII confirme l'exclusivité et décrit les lieux en ces termes : ce terroir où rien ne pousse, ni pied de vigne, ni grain de blé.
Diverses chartes royales confirment le monopole accordé par Charles VI, les habitants de Roquefort ayant divers privilèges de juridiction,
franchises et droits d’asile. Plusieurs arrêtés de la cour du parlement de Toulouse protègent le fromage contre les imitations, comme celui de 1666 qui punit les faussaires qui usurpent le nom de roquefort. Au milieu du XVIIème siècle, le fromage est expédié à Paris. Les cabanes en bois sont progressivement remplacées par des constructions en dur qui se concentrent le long de la rue des Caves.
En 1742, Diderot dans la Grande Encyclopédie le qualifie de roi des fromages et premier fromage de l'Europe.
La production et la reconnaissance du roquefort prennent leur essor au XIXème siècle grâce à la sélection d'une race laitière très productive, la brebis de Lacaune.
Le Second Empire est ainsi l'âge du roquefort comme du Champagne : on veut du bleu jusque dans le fromage. La fabrication des pâtes à fromage, jusque là confiée aux fermiers qui opéraient de façon totalement artisanale, s'industrialise, ce qui favorise la commercialisation du roquefort dans toute la France et son exportation. Des pains de roquefort, rangés dans des jarres, traversent les mers sur les grands voiliers. Une colonie de rouergats, soldats de la Guerre d'Indépendance des États-Unis, participent à sa renommée en se faisant livrer le fromage de leur pays. Des ambassadeurs et consuls américains déclarent que ce fromage participe comme le champagne au renom de la France aux États-Unis.
En 1840, une maison montpelliéraine, la maison Rigal, accréditée par la Banque Durand-Palerme, tente le monopole de l'exploitation des caves et fonde en 1842 la première société de Roquefort. Les sept principaux maîtres de caves s'entendent pour racheter cette entreprise et former en 1851 la Société civile de Roquefort. Cette société devient à partir de 1856 la Société des Caves-Réunie puis est transformée en 1882 en Société anonyme des Propriétaires de Roquefort qui devient propriétaire de la marque incluant dans son logo ovale vert l'abeille (symbole du travail bien fait) et préside alors aux initiatives techniques de l'industrie fromagère.
En 1925, ce fut la première appellation d'origine (AO), reconnue et faisant l'objet d'une protection particulière. Elle bénéficie depuis 1979, d'une appellation d'origine contrôlée (AOC) et, depuis 1996, d'une appellation d'origine protégée (AOP). Pour correspondre à l'appellation d'origine protégée, le fromage doit être affiné au moins trois mois dans la zone d'affinage de la montagne du Combalou.
De réputation internationale, le fromage de Roquefort est associé à l'excellence de l'agriculture française et à sa gastronomie. Il existe aujourd'hui sous forme industrielle et laitière, sa forme fermière ayant quasiment disparu au tout début du XXème siècle.
Patrimoine
L'église paroissiale du XIXème siècle, remaniée au XXème siècle, et son clocher-mur de 4 cloches.
Un menhir proche du village au bord du Soulzon, d'une hauteur de 3,10 m.
La rue des caves dont les constructions sont adossées aux parois des rochers. Au milieu des constructions, un énorme bloc surplombe au-dessus des maisons, c'est le rocher de Saint-Pierre. La rue des Caves va en se rétrécissant, à l'extrémité se trouve un escalier sinueux taillé dans le roc à pic, conduisant à une petite chapelle en ruines, du XIème siècle, bâtie sur l'étroit plateau du rocher de Saint-Pierre.
Les quilles des Baragnaudes. Il y a plusieurs millions d'années, durant la période du Jurassique (voir "Echelle des Temps"), l'activité volcanique, et l'alternance des glaciations et des redoux, ont fracturé et effondré la corniche du plateau du Combalou provoquant plusieurs phénomènes géologiques dont les quilles des Baragnaudes qui sont des monolithes verticaux assez impressionnants.
La table d'orientation du rocher Saint-Pierre (690m) présente une vue sur le Larzac et le Lévézou.
La grotte des fées remarquable surtout par sa longueur (1500 à 1800m) et par les nombreux dépôts calcaires qui revêtent sa surface ou pendent en stalactites. Son entrée est située à 8 ou 10m au-dessus du sol.
Le chaos rocheux du Sotch de Balhols. Suite à l'effondrement de la bordure du plateau lors d'un accident tectonique il y a quelques millions d'années, une grande faille s'est crée de presque 2Kms de long et de près de 300m de large engendrant d'énormes éboulis. Le fond de ce vallon est appelé sotch (nom donné aux dolines sur le causse habituellement).
Le sentier des échelles sur le plateau du Combalou. C'était autrefois un lieu de pâturage pour le troupeau de brebis de la ferme du Mas de Roquefort. Il y passait une grande partie de l’année accédant au plateau par un chemin de 5Kms. Tous les jours, un employé de la ferme apportait le repas au berger, et empruntait pour cela un raccourci par les éboulis, le long de la falaise, qui comprenait deux échelles.
Personnalité liée à la commune
Maurice Astruc, 1938/2012, est un maître affineur français du fromage Roquefort, connu pour avoir été de 1979 à 2000 l'égérie de la marque commerciale Société du groupe Lactalis dans de nombreux spots publicitaires. Ses bacchantes rouergates resteront longtemps gravées dans les mémoires.
Dans les années 1990, son effigie s’est déclinée par millions sur tous les supports, pubs TV, affiches, emballages, camions... Ce n’est pas le Petit père des Peuples mais le Petit Père du Roquefort. Mais Maurice Astruc n’est pas qu’une image. Sa bouille bourrue exprime réellement ses valeurs et son savoir-faire assurée par 40 d’expérience dans les caves de Roquefort Société. Il est vraiment un ambassadeur du Roquefort, un garant de sa qualité. Il va sur le terrain, faire les démonstrations aux fromagers, grandes surfaces ou chez les restaurateurs.
Hameaux, lieux dits, faubourgs, quartiers et écarts
Bournac, Caumillas, Lauras et son église paroissiale du XIXème siècle, Tendigues, Pradeilles, Le Bousquet, Sales, Moussac, Saint-Privat et son église du XIXème siècle, Montégut...
Evolution de la population
Nos ancêtres de Roquefort-sur-Soulzon...
Carte de Cassini
Sources
Sites, blogs, photographies, livres et revues .... : Wikipedia...