
La ville, plantée dans une campagne fertile, dominée par le château de Calmont d'Olt, est traversée par le Lot, après sa confluence avec la Boralde de Flaujac.
Sur les rives du Lot s'alignent les façades de maisons pittoresques aux balcons de bois en encorbellement. Ce sont d'anciennes tanneries, les calquières, dont les pierres en degrés, appelées gandouliers, plongent dans la rivière.
Le Lot est sujet à de fréquentes crues. Les torrents descendant de l'Aubrac sont appelés boraldes en amont d'Espalion et coussanes en aval. La ville est inscrite au Patrimoine mondiale de l’UNESCO.
Héraldique
La commune d’Espalion se blasonne ainsi :
D'or au lion de gueules tenant en sa gueule une épée en bande du même.
Histoire
Les lieux furent habités à une époque très ancienne (découverte de vestiges).
Une voie romaine secondaire franchissait le Lot à Saint-Côme-d'Olt par un gué près de l'emplacement du pont gothique.
Charlemagne est-il à l’origine de la fondation de la ville d’Espalion ? Un mémoire sur les principales villes du Rouergue et le Nobiliaire universel le laissent entendre : le premier évoquant un passage de l’empereur sur ces terres qu’il aurait données à son chambellan et nommées Hispalion et le second rapportant qu’il aurait fait construire un pont autour duquel la ville se serait constituée.
De nombreux documents font état de l’existence de maisons seigneuriales dès le début du Moyen-âge.
De l’an 1000 à l’année 1299, les seigneurs de Calmont-d’Olt règnent sur la baronnie, avant que celle-ci ne devienne, en 1315, la possession d’Hughes de Castelnau de Bretenoux. Cette puissante Famille règne sur le domaine seigneurial jusqu’à la Révolution Française.
La Révolution laisse la ville dans un aspect lamentable (remparts délabrés, maisons éparpillées sans ordre, portes en ruines, rues dépavées, absence d’hygiène…) mais les Espalionnais jettent toutes leurs forces dans une véritable bataille urbaine : destruction de toutes les maisons qui menacent ruine, réparation du vieux pont, ouverture d’un collège, construction d’une grande route, édification du pont-neuf…. En un demi-siècle, le chef-lieu d’arrondissement est entièrement transformé.
Une croix de mission, pour la conversion des protestants, est élevée au XVIIIème siècle sur le pont.
En 1832, l'ancienne commune de Flaujac fusionne avec Espalion.
En 1908, une ligne ferroviaire de près de 23Kms est mise en service après 7 ans de travaux, elle relie Bertholène à Espalion par Banc, Gabriac, Bozouls et Biounac. Le trafic des voyageurs cesse en 1938 et celui des marchandises en 1987. Elle est aujourd’hui totalement déferrée.
En 1926, Espalion perd son rôle de Sous-Préfecture.
Chroniques communales
Le Pèlerinage de Compostelle
La ville est traversée par un des quatre chemins du pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle, la Via Podiensis qui longe la très belle église romane dite de Perse. Elle part du Puy-en-Velay et traverse le pays d'étape en étape jusqu'au village basque d'Ostabat près duquel elle rejoint la Via Turonensis et la Via Lemovicensis réunies peu avant.
Espalion au cinéma
En 2005, tournage du film de Coline Serreau « Saint-Jacques... La Mecque » avec, entre autres, Muriel Robin, Jean-Pierre Darroussin, Pascal Légitimus et Aymen Saïdi qui remporte le prix du meilleur jeune espoir masculin aux Césars de 2006.
Faits divers : Meurtres
Février 2013
Un homme, âgé de 72 ans, est retrouvé sans vie dans sa maison par les gendarmes alertés par des proches de sa fille qui avait écrit à des amis pour leur indiquer son intention de se suicider. En se déplaçant dans cette maison à Espalion, les militaires pensaient trouver le cadavre de la fille et non celui du père. Le septuagénaire a été tué de sept coups de couteau et d’une balle dans l’abdomen. Au cours d’une battue organisée par les gendarmes, la fille de la victime, une hôtesse de l’air âgée de 44 ans, soupçonnée d’être la meurtrière, est retrouvée vivante 10 jours plus tard, errant dans la neige et très affaiblie dans le bois de la Valette à proximité de la maison. Elle a reconnu le meurtre. (Source : La dépêche.fr).
La vallée rouge
Douze crimes sauvages de 1946 à 1953, perpétrés dans un rayon de 10 Kms autour d'Espalion, non élucidés. Chaque fois, le meurtre est commis avec la même sauvagerie : le crâne des victimes est entaillé à l'aide d'un bigos (instrument à deux dents utilisé par tous les cultivateurs du pays) et leur maison s'écroule sous les flammes.
En 1946, les fermiers du Roucanel sont les premières victimes. En 1949, le moulin de Verrières est pris pour cible. En 1951, la veuve Prat trépasse à la Combe d'Ardenne. L'année suivante, la famille Maurel est massacrée au hameau de la Bessette puis le maire du hameau de Coudoustrines est assassiné avec sa femme et son fils. Cette fois, Louison, le cadet de la famille, passe rapidement aux aveux. Ce sera le seul meurtre élucidé avec celui de la Bessette. Encore que, pour ce dernier, l'hypothèse d'une erreur judiciaire a longtemps été avancée. Le présumé coupable, après de multiples interrogatoires, lâche avoir tué ses voisins pour régler des dettes. Mais, peu après, il se rétracte et déclare avoir écrit une lettre d'aveu sous la dictée. Il ne change plus de version tout au long des deux procès. Il est condamné à mort en 1957 par la cour d'assises de l'Hérault, il bénéficie finalement d'une grâce présidentielle de René Coty et meurt à la prison de Fresnes, dix ans plus tard, à l'âge de 70 ans. (Source : L’Express)
Personnages liés à la commune
Benoît Rouquayrol 1826/1875 (photo de gauche), né à Espalion est, avec Auguste Denayrouze 1837/1883, l’inventeur du premier scaphandre autonome.
Ce scaphandre obtient la grande médaille d'or de l'Exposition universelle en 1867 où il est découvert par Jules Verne qui en équipe le capitaine Nemo dans le roman Vingt mille lieues sous les mers, publié en 1869.
Joseph Vaylet 1894/1982 (photo de droite), majoral du félibrige (association qui œuvre dans un but de sauvegarde et de promotion de la langue, de la culture et de tout ce qui constitue l'identité des Pays de langue d'Oc), qui a rassemblé sa vie durant les collections présentées au Musée des Arts et Traditions Populaires et créé l'Association chargée de continuer et pérenniser son œuvre.
La famille Poulenc
A l'origine Joseph Poulenc 1811/1890 (photo ci-dessous 1), issu d'une famille de tanneurs espalionnais, qui est né à Espalion. Il vient à Paris grâce à un oncle, curé d'Ivry-sur-Seine (Val de Marne). Son fils Etienne 1823/1878 (2), ouvre une pharmacie à Paris en 1858. Il épouse la fille de Pierre Wittmann 1798/1880, boulanger-pâtissier. En 1897, il s’associe avec son beau-père (3) et ses trois fils pour fonder la Maison Wittmann et Poulenc qui devient les Ets Poulenc Frères, axés sur la recherche et la fabrication de produits pharmaceutiques et chimiques. En 1928, l’établissement fusionne avec les Usines du Rhône pour donner naissance à Rhône-Poulenc. Ses trois fils sont :
- Emile 1855/1917 (4), né à Espalion, est directeur des Ets Poulenc Frères, et le père du grand compositeur et pianiste Francis Poulenc 1899/1963 (7).
- Gaston 1852/1948 (5), est moins connu.
- et Camille Etienne Joseph 1864/1942 (6), est Censeur de la Banque de France de 1920 à 1932, puis Régent de la Banque de France de 1932 à 1936.
La Tour de Masse, située au-dessus de Flaujac, a été leur maison familiale (voir texte § patrimoine).

