Le Palais et le jardin, inscrits à l’inventaire des Monuments Historiques en 1969, sont rachetés par la ville de Menton en 1994 pour le franc symbolique et des statues d’art contemporain sont exposées dans le jardin.
Inscrit aux Monuments Historiques en 1969, il obtient le label Jardin remarquable en 2005 et sert d'écrin au Palais, aujourd’hui Musée des Beaux-Arts.
Le jardin Colombières (privé)
A la demande de la Famille Ladan-Bockairy, Ferdinand Bac (1859/1952), personnalité phare de la Belle Epoque, reçoit pour mission d’aménager un espace de 11ha situé dans les hauts de Garavan.
Ce domaine a appartenu au philosophe Alfred Fouillée (1838/1912, portrait de gauche), philosophe spécialiste de Platon.
De 1920 à 1928, Ferdinand Bac réalise une œuvre déconcertante voire délirante. Pour faire comprendre sa démarche, il écrit un guide publié en 1925 sous le titre Les Colombières. Ses jardins et ses décors.
Le domaine se compose de la villa Hadriana, hommage fervent à la Méditerranée, qui pourrait avoir comme enseigne Au rendez-vous des Argonautes, et d’un parc formant une seule et même unité abolissant toute séparation entre le jardin et la résidence, entre le minéral et le végétal. Le parti de Bac est la juxtaposition de jardins hiérarchisés, chacun d’eux étant consacré à un thème particulier, à un personnage mythologique ou à un objet à forte charge symbolique, la Fontaine des Colombes, la Fontaine Nausicaa, l’Obélisque, le Faune Dansant, l’Esclave au Collier, l’Enfant au Papillon…
Le jardin Colombières est une mise en scène grandiose de la Nature réalisée par un créateur de génie, homme inspiré et maître des techniques.
Le jardin du Clos Peyronnet (privé)
Derrick Humphrey (1908/1971) et Antony Henry Waterfield (1909/1983) héritent de leur père, la maison construite en 1897 et achetée en 1912 à Mme Troubridge.
Elle possède son potager et son verger d'oliviers, de figuiers et de citronniers. Les grands palmiers de l'entrée sont déjà plantés lors de l'acquisition.
Après la guerre, les deux frères reviennent à Menton pour constater que les combats et les pillages n’ont épargné ni la maison, ni le jardin. Plutôt que de restaurer, Humphrey, architecte autodidacte et talentueux, redessine et remodèle le jardin. Il repense le plan et redéfinit des perspectives. A partir d’un petit bassin existant, creusé en haut du jardin, il imagine un escalier d’eau, c’est-à-dire une succession de bassins de dimension identique, dénivelés les uns par rapport aux autres et séparés par les restanques. Plus bas, il fait creuser deux pièces d’eau rectangulaires, beaucoup plus grandes et également dénivelées entre elles. Entre les deux ensembles de bassins, il aménage une tonnelle posée sur des piliers de pierres servant à la fois de passage et de lieu de repos. Du haut de la propriété, le regard rebondit sur chaque miroir d’eau.
D’une superficie d'un demi hectare, la propriété de forme carrée se présente comme un espace clos, fermé côté Sud par la villa et entourée de hauts murs de pierres sur les trois autres côtés. La villa aux couleurs passées, noyée dans la végétation, se singularise par une longue galerie à colonnade dont une moitié est ornée par une très ancienne glycine. L’autre moitié, convertie en terrasse, est un lieu de vie. Sur la façade au-dessus de la galerie, un balcon ressemblant à une loge de théâtre, est accroché.
Son propriétaire, William Waterfield (1942/2021, portrait de droite) devenu mentonnais en 1976, est le dernier représentant des grands jardiniers anglais de Menton. Son objectif est de conserver le jardin en l’état afin de sauvegarder l’œuvre de Humphrey. De ses voyages en Afrique du Sud, il rapporte la passion des bulbes et sa propre collection compte aujourd’hui plus de 300 taxons.
Le Clos du Peyronnet hésite entre la luxuriance folle et l’austérité savamment calculée. Son alimentation estivale en eau est encore aujourd’hui dépendante d’un collecteur construit sous le Premier Empire.
La Citronneraie (privé)
L’origine du jardin remonte aux environs du XVIème siècle. A cette époque commence l’aménagement de restanques en terre, puis de murets en pierres traversés d’allées et d’escaliers. 200 oliviers en bordure des restanques sont plantés ur une superficie d’environ 25000 m².
Vers 1820, une petite maison rurale est construite dans la tradition mentonnaise. Elle est ombragée d’une terrasse couverte de belles pergolas de glycine et de jasmin.
Après la Seconde Guerre Mondiale, morcelée par plusieurs successions, la propriété se trouve en partie abandonnée.
En 1957, la plantation d’une centaine de nouveaux citronniers commence dans sa partie amont. Aujourd'hui, 450 pieds de la variété Citron de Menton sont dénombrés.
Situé à flanc de la colline de l’Annonciade, berceau de Menton, elle est orientée face au soleil levant, une exposition très favorable à l’épanouissement des agrumes et à l’acclimatation des plantes tropicales et subtropicales.
Les jardins Biovès
Un premier jardin public est aménagé en 1862 au bord de l'embouchure du Careï, où prend fin la promenade du Midi qui vient d'être achevée.
Parterre rectangulaire d'environ 2500 m², il est constitué de deux allées diagonales et d'un bassin central. Deux parterres sont créés entre 1862 et 1865 : l'un est aménagé sur un début de couverture du Careï, meublé d'un kiosque à musique reconstruit de façon plus monumentale en 1884, il est détruit en 1932 lors de l'édification du nouveau casino ; l'autre parterre se situe sur l'autre rive du Careï, en face de l'église anglicane. La promenade du Midi se poursuit alors jusqu'au Borrigo.
Emile Biovès, maire de Menton (voir § Personnages), est à l'initiative de plusieurs grands travaux entrepris à Menton, dont la couverture du Careï. En 1900, le Carei est couvert jusqu'au carrefour de la rue Partouneaux. En 1899, des plans sont demandés à l'architecte-paysagiste de renom Édouard François André (1840/1911, portrait de gauche) pour la création de jardins sur cette partie couverte et pour la restauration et l'unification du square existant en bord de mer. A la mort d'Emile Biovès, le Conseil Municipal décide de donner son nom au jardin du Careï qui devient jardin Biovès.
La couverture du Careï est poursuivie jusqu'au chemin de fer dans les années qui suivent et en 1909 le nouveau casino est construit au bord des jardins.
Les jardins se présentent comme une suite de parterres réguliers rectangulaires ou carrés aux angles abattus, longés par des allées latérales délimitées par des alignements d'agrumes. Les pièces de gazon sont animées de massifs de fleurs et d'arbustes d'ornement subtropicaux et jalonnées de bassins, monuments, statues, sculptures contemporaines et tonnelles métalliques où grimpent des rosiers. La dernière pièce, à l'extrémité Nord-Ouest se présente comme un massif d'arbres parmi lesquels des palmiers et des magnolias.
Depuis 1936, le jardin accueille l'exposition des sculptures d'agrumes pendant la Fête du Citron.
Citons encore : le parc du Pian, oliveraie de plus de 3 ha aménagée en restanques ; le square des Etats-Unis en plein centre-ville ; le plateau Saint-Michel, véritable belvédère sur le pays mentonnais avec oliviers, pins, mimosas, bruyères ; la villa Africa, aujourd'hui disparue, fondée par l'astrophysicien René Jarry-Desloges (1868/1951) site d’acclimatation important, notamment en fruitiers tropicaux.
Personnages liés à la commune
Louis de Partouneaux (1770/1835, portrait 1 de droite), général des armées de la République et de l'Empire, il est nommé comte d'Empire en 1816, Grand Croix de la Légion d'Honneur en 1823 et Commandeur de l'Ordre de Saint-Louis en 1824.
Il décède d'une attaque d'apoplexie à Menton où il est enterré et son nom est inscrit sous l'Arc de Triomphe de l'Etoile à Paris, côté Sud.
Charles Trenca (1801/1853), chef du gouvernement des Villes Libres de Menton et Roquebrune en 1848, est né à Menton.
William Webb Ellis (1806/1872), inventeur du rugby moderne, y a terminé sa vie et est enterré dans le vieux cimetière.
James Henry Bennett (1816/1891), médecin anglais souffrant de maladie pulmonaire. Ayant constaté que le climat de Menton améliore grandement sa santé, il publie des livres et des articles en faveur du climat local et s'implique dans les améliorations de la ville. Il est considéré comme l'inventeur de la station climatique de Menton.
Hans-Georg Tersling (1857/1920), architecte spécialisé dans les édifices de la villégiature, dessine et édifie de nombreux hôtels, casinos et villas entre Nice et Menton, dont l'Impérial, le Casino Kursaal (actuel Palais de l'Europe), ou encore le Palais Carnolès. Il est né au Danemark, décèdé à Menton et est enterré au vieux cimetière.
Pilar Cuevas y Bringas, épouse de José Ramiro de la Puente y Gonzalez-Nandin dit le marquis Alta Villa Casale Monferrato del Piamonte (1845/1909) et longtemps dame d'honneur de la reine d’Espagne Isabelle II (1830/1904) y a séjourné longuement.
Emile Chrisostome Antoine Biovès (1849/1918), avocat, maire de Menton de 1881 à 1885 et de 1896 à 1905, conseiller général de 1912 à 1918, nait à Monaco dans la maison de son grand-père Louis Biovès, commandant de la Garde Nationale de Monaco. Son père Michel Biovès est négociant à Marseille d'où sa mère, Marie Blanc, est originaire.
Sous ses mandats la ville se transforme : ouverture des voies du Careï, de la rue de la République, des rues Guyau, Loredan Larchey, Henry Gréville par la transformation du quartier du Fossan, construction du collège communal de garçons, de l'Hôtel des Postes, d'un nouvel abattoir, du cercle philarmonique de l'Hôtel de Ville, du musée, couverture du Careï et création des jardins. Quelques jours après sa mort en août 1918, le Conseil Municipal décide de donner son nom aux jardins et d'y installer une statue. Celle-ci, une femme allongée (allégorie de la ville) surplombée du buste d'Emile Biovès en grès de Menton, est inaugurée qu'en 1925 (statue ci-contre).
Joseph Joffo (1931/2018, portrait de gauche) écrivain, scénariste et acteur, raconte son enfance juive durant l'Occupation allemande dans son roman Un sac de billes paru en 1973. Il a vécu caché à Menton avec ses frères durant cette période avant de se rendre à Nice rejoindre ses parents.?
Grégoire Nicolas Finez (1884/1975), artiste-peintre, est décédé à Menton. Il obtient en 1948 la Grande médaille d'or au Salon des Artistes Français.
Louis Caperan-Moreno (1948/-) est un historien mentonnais. Il publie une Histoire de la population mentonnaise en 1981, et une Histoire de Menton en 1986. Il écrit également en mentonnais et il est auteur d'un manuel de cette langue.
et de nombreux autres…
Evolution de la population

Hameaux, lieux dits, quartiers, faubourgs et écarts
Les quartiers : Madone-Carnolès, Biovès-Casino, Hôtel de Ville, Saint-Paul Garavan, Riviera, Terres Chaudes, Borrigo, Careï.
Dans les hauteurs : La vallée de Gorbio et le village de Gorbio, la vallée du Fossan et le hameau de Fossan, le Haut Borrigo, le hameau de Monti sur la route de Sospel, Ciappe, Super Garavan, le Mont-Gros du nom du sommet (229 m).
Le faubourg Saint-Jacques, Les Fermes de Suippes et de Piémont, la Voie Souveraine…
Menton et moi ...
Après le décès de mon époux début 2018, isolée dans une grande maison du département de l’Oise, en pleine campagne, mes enfants au loin, je décide de me rapprocher de ma famille sur la Côte d’Azur.
Tombé sous le charme de Menton il y a bien longtemps alors qu'enfant j'y venais en vacances avec mes parents (ma soeur habitant Vintimille puis Monaco), je décide de m'y installer en décembre 2019, dans un studio provisoire face au Winter-Palace en attendant que les travaux de mon futur appartement se terminent un peu plus bas sur les jardins Biovès. C'était prévu pour 3 mois ... les travaux durent un an à cause du Covid19 !
La suite de l'histoire restait à écrire...
Carte de Cassini
Les frères Cassini (voir lien) ont établi une cartographie de la France entre 1756 et 1815, donnant une vision d’ensemble de la France dans ses frontières de l’époque, c'est la raison pour laquelle la levée de la carte n°169/Antibes en 1778 s’arrête à Saint-Laurent du Var, Menton n’y figure pas car il ne fait pas encore partie du département des Alpes-Maritimes.

Notes :
(1) Les guelfes et les gibelins sont deux factions médiévales qui s'opposent militairement, politiquement et culturellement dans l'Italie des XIIème et XIIIème siècles. À l'origine, elles soutiennent respectivement deux dynasties qui se disputent le trône du Saint-Empire.
(2) En 1257, le comte de Vintimille, le génois Guillaume de Vento, ayant cédé à Charles d’Anjou, l’héritage de ses pères, Gènes en prend ombrage et, pour prévenir toute querelle, mande à Aix trois députés qui, le 22 juillet 1262, en présence des archevêques d’Aix et de Tours, de l’évêque de Fréjus, du comte de Vendôme, etc… signent un Traité d’Alliance définissant clairement les droits des deux parties sur le comté de Vintimille, et qui assure les places de Vintimille, Roquebrune et Monaco au marquis de Gènes et Puypin au seigneur Guillaume Vento et ses successeurs. (Source : Menton, Roquebrune et Monaco, Histoire et description de ce pays par Abel Rendu, Ed. Comon/Paris, 1848).
(3) Trianon = pavillon, annexe d'une résidence royale ou princière, associé à des jardins.
Sources
Sites, livres et/ou photo : Wikipedia.
Un grand merci aux membres Facebook de Tu sais que tu as vécu à Menton quand… pour leur aide à identifier ce château Marly, que je vois de mes fenêtres du studio, et à retrouver son histoire.
Lire notamment Menton sous les Vento de M. Lapasset, no 54, juin 1990, Menton.