Alvimare

Alvimare adm

Située au carrefour du Pays de Caux, à 45 Kms de Rouen et du Havre, Alvimare est une commune rurale à forte concentration agricole.

Drapeau francais fond blancHistoire

Halivi-mara  ou Halvini-mara  et la chapelle d’Alvinbusc sont mentionnés au Moyen-âge sur la charte d’Henri II, duc de Normandie, et sur  le pouillé d’Eudes Rigaud.
La commune est située sur la voie romaine reliant Lillebonne à Grainville, alors défendu par une motte féodale ou un poste gallo-romain aujourd'hui disparu.

Au XIème siècle, Guillaume Bonne-âme, archevêque de Rouen, donne le manoir de Cléville et la chapelle Notre-Dame d’Alvimare, dépendant de l’église de Cléville, à l'abbaye Saint-Étienne de Caen.
Au XIIIème siècle, Alvimare est érigée en paroisse.
En 1295, un procès oppose les seigneurs, patrons honoraires et maîtres temporels de la paroisse,  et l’abbé de Saint-Etienne de Caen à propos du droit de patronage de l’église Saint Benoît et de la chapelle Notre-Dame d’Alvimare. La chapelle est adjugée aux moines de Caen au préjudice des seigneurs des Blanques en 1321. L’accord est confirmé en 1329 par Philippe VI de Valois.
En 1348, L'épidémie de peste noire sévit à Alvimare comme dans beaucoup de communes européennes.

Seigneurs  et gens de noblesse

Dès le XIème siècle, il semble qu'une fortification marque en ces lieux la puissance de la famille Bellenghel. La chapelle tient son nom de cette famille. Il ne reste de cette époque qu'une motte féodale entourée d'une mare, et peut-être des vestiges de douves.
La famille d’Alvimare a longtemps occupé un rang élevé dans la noblesse de ce lieu, elle s’est divisée en plusieurs branches.
En 1457, Pierre marquis de Crespin de Mauny rend aveu de domaine et devient le seigneur de Bellengues.
En 1503, Jean Cramprond de Loré, seigneur de Gisors et époux de Marie de Mauny, rend aveu en son nom pour Bellengues et Caumare.
En 1537, Marie de Mauny décède sans descendance, le domaine passe alors à la famille Poullain de la Choletière, originaire du Perche.
François Poullain meurt en novembre 1586, son épouse Charlotte de Brévilliers en août 1580.
David Poullain, écuyer, seigneur des Blanques et Caumare, époux de Marthe de la Gouge, meurt au siège de Rouen en mars 1592).
En 1641, la  fille de ces derniers, Hélène Poullain (épouse d’un gendarme du Connétable, Jean de la Vallée, mort au siège de Montauban en mars 1621) hérite de la terre des Blanques.

Patrimoine

L’église Notre-Dame, remplace une ancienne église du XIIIème siècle, dont le clocher et le transept avaient été refaits au XVIème siècle et le chœur en 1654.
En 1642, Hélène Poullain fait construire le narthex (vestibule de l'église, partie qui soutient le clocher et l'entrée), et place une épitaphe dans le chœur qui rappelle la généalogie des seigneurs des Blanques. Elle place aussi les armoiries des familles dont elle est issue sur une litre funéraire.
Située sur un tertre, entourée du cimetière mais vétuste, et éloignée du centre du village, cette première église est démolie. Seul, le cimetière subsiste.
Une  nouvelle église est construite en 1860, par l'architecte Oscar Martin, en style néo-roman, avec une tour-clocher à la croisée du transept. L’église, fragilisée dès l’origine par des erreurs de conception et de construction, est frappée par la foudre. De gros sacrifices sont faits par les habitants pour la consolider.
La pierre obituaire en marbre noir de 1642, a été conservée et scellée dans le mur Sud de la nef. Dans le narthex sont encore visibles des traces d'armoiries d'un marquisat. À gauche du maître-autel, une pierre obituaire plus récente, à la mémoire de Jules Dufresne et de sa sœur Mme Giffard, généreux souscripteurs lors de la construction de l'église. Les vitraux représentent Notre-Dame de la Paix et Jeanne d'Arc. Les fonts baptismaux néo-romans ont malheureusement remplacé ceux du XIIIème siècle, non conservés.

La chapelle des Blanques,  située dans la cour de l'ancien manoir, dédiée tout d'abord à Sainte Barbe, puis à sainte Anne, est édifiée par Marie de Mauny, dame de Bellengues et suzeraine du lieu, vers 1518.
C’est un édifice à plan allongé, composé d'une base en pierre, surmonté de murs en colombages, toits à longs pans en ardoise et croupe vers le chevet. Les murs de l'intérieur sont en plâtre. Elle est divisée en deux parties peu élevées : une petite nef surmontée d'un clocher en ardoise et un chœur circulaire. La voûte est en bois.
En 1535, le seigneur du lieu y exerce son droit de patronage qu’il conserve jusqu’à la Révolution.
En 1642, Hélène Poullain fait placer dans la chapelle une table de pierre, sculptée et enrichie à ses armes, sur laquelle une longue épitaphe est inscrite, ainsi qu’un petit clocher à tinterelle (petite cloche).
Cette chapelle en bois, sauf une première assise réalisée en maçonnerie, est unique dans le département. Elle est à présent privée et vient d'être restaurée. Une messe y a lieu chaque année le dernier week-end de juillet. Elle a été classée aux Monuments Historiques le 27 décembre 1974 et contient de jolies statues de Sainte Barbe et de Sainte Anne. Chaque année, depuis 500 ans, la messe y est célébrée pour la fête de la sainte Anne.

Les croix de pierre, dites croix des Blanques. Ces croix, près de la chapelle, dont la plus haute est classée aux Monuments Historiques, sont liées à la légende de la demoiselle de Mauny « d'une beauté ensorcelante », qui refusait de choisir entre deux seigneurs qui la courtisaient et qui se battirent dans un duel sans merci au cours duquel ils perdirent tous les deux, la vie. La plus haute croix serait à la mémoire de celui qu'elle aimait en secret...

Hameaux, lieux dits et écarts

Les Blanques : A la fin du XIXème siècle, une maison, construite en pierre de taille, au temps de la Renaissance, atteste encore la vieille majesté du manoir démoli par les années et dégradé par les révolutions. Des mottes et des fossés encore debout dans un taillis sont les derniers témoins de cette existence féodale, ainsi que l’île des Blanques, encore entourée d’eau, qui avoisine la chapelle et la métairie. C’est un tertre couvert de ronces dont les halliers cachent les murs arasés d’une forteresse. Ce fortin s’appelait autrefois Bellenges ou Bellengues. Avec le temps, le nom s’est transformé en Blanques, c’est celui de la chapelle et du hameau.

Personnages liés à la commune

Alexandre hebertAlexandre Hébert 1921/2010 (photo ci-contre), syndicaliste, né à Alvimare. Engagé dès son plus jeune âge dans les combats du mouvement ouvrier, il occupe durant des décennies des responsabilités syndicales.
Militant lutte des classes, fondateurs de la CGT-FO, de l’UAS - Union des Anarcho-Syndicalistes et directeur de publication de l’Anarcho-Syndicaliste.

Hardouin, moine et ermite du VIIIème siècle, spécialiste du comput et de la calligraphie onciale, né à Alvimare et décédé en 812 à l'abbaye de Fontenelle (Saint Wandrille), était un excellent mathématicien et un des meilleurs copistes de manuscrits.

Guillaume de Colles dit Boisguillaume, prêtre et notaire public, interrogé lors du procès en réhabilitation de Jeanne d'Arc, en 1456 à Rouen, curé d'Alvimare.

Evolution de la population

En 1738, Alvimare comptait 103 feux. En 1820, 176 feux.

Alvimare demo

Nos ancêtres d’Alvimare…      

Naissances/baptêmes :
BUQUET Léocadie Joséphine (sosa 125G7) le 27 mars 1817.
LEPILLIER Marie Louise (sosa 251G8) le 11 juillet 1776.

Unions :
BUQUET Jean Pierre (sosa 250G8) et LEPILLIER Marie Louise (sosa 251G8) le 17 août 1799.
LEPILLIER Louis Joseph (sosa 502G9) et LEVILLAIN Marie Anne (sosa 503G9) le 24 novembre 1764.

Décès/inhumations :
BUQUET Jean Pierre (sosa 250G8), veuf de LEPILLIER Marie Louise (sosa 251G8), le 27 mars 1832. Il était toilier puis cultivateur. Sa signature 1 ci-dessous en 1817.
LEPILLIER Louis (sosa 1004G10) époux de POUCHIN Marie Marguerite (sosa 1005G10) à une date inconnue. Il était toilier. Sa signature 2 ci-dessous en 1766.
LEPILLIER Louis Joseph (sosa 502G9), veuf de LEVILLAIN Marie Anne (sosa 503G9), le 28 janvier 1813. Il était cultivateur. Sa signature 3 ci-dessous en 1799.
LEPILLIER Marie Louise (sosa 251G8), épouse de BUQUET Jean Pierre (sosa 250G8), le 24 mai 1826. Elle était fileuse.
LEVILLAIN Marie Anne (sosa 503G9), épouse de LEPILLIER Louis Joseph (sosa 502G9), le 14 août 1782.

Buquet jean pierre 1817   Lepillier louis 1766Lepillier louis 1799

Domicile  :
BUQUET Jean Pierre (sosa 250G8) et son épouse y sont domiciliés en 1817. Leur trois enfants y naissent, il est probable que ce couple y a vécu toute sa vie.

 


 

Sources
Sites et photo :
Wikipedia, Communauté de communes « Cœur de Caux », Flickr.com.
Livres : « Etat présent de la noblesse française » d’après les manuscrits de Ch. D’Hozier de 1886,
« Description géographique et historique de la Haute-Normandie, Tome 1 – Le Pais de Caux » de 1740.

 

 

Date de dernière mise à jour : 10/04/2016