Crasville-la-Roquefort

Crasville adm

Crasville occupe une position stratégique sur un mamelon qui commande la source du Dun à la limite du Talou et du Grand Caux, sur la route de Rouen à Veules-les-Roses.
Les villes voisines du village sont Gruchet-Saint-Siméon, Autigny, Brametot, Vénestanville, Greuville. La grande ville la plus proche est Dieppe et se trouve à 19,09 kms au Nord-Est à vol d'oiseau.

Le Dun prend sa source à Crasville-la-Rocquefort et se jette dans la Manche à Saint-Aubin-sur-Mer après un parcours de 12,8 kms. Le cours d'eau est resté à sec de nombreuses années, ne se remplissant que lors des fortes pluies, mais depuis l'hiver 1999-2000, il s'est remis à couler sans discontinuer. Le régime du Dun peut être considéré de type torrentiel, avec risque de crues fréquentes, car la tête du bassin versant est soumise à de brusques arrivées d'eaux pluviales provenant de quatre vallées sèches situées en amont, voire d'autres de moindre importance suivant le cours du fleuve entre Saint-Pierre-le-Viger et l'embouchure.
Une légende raconte qu'un sire de Crasville-la-Rocquefort voulut acheter un moulin à Fontaine-le-Dun. Le propriétaire de ce dernier refusa de vendre son bien. Le seigneur de Crasville-la-Rocquefort pour se venger utilisa des balles de laine afin de boucher les sources du Dun. Depuis l'eau ne coule quasiment plus sur Fontaine-le-Dun sauf lors des fortes pluies.

Le Talou, ancienne région littorale de Normandie, à la limite de la Picardie qui recouvre partiellement le Petit Caux et le pays de Bray.
Le Talou apparaît à l'époque mérovingienne sous la forme d'un pagus (mot latin signifiant « pays » et désignant une unité territoriale gallo-romaine inférieure à celle de la « civitas », puis, à l'époque médiévale, une subdivision territoriale souvent intégrée dans un comté). L'ouverture maritime qu'offre ce territoire intéresse alors les monastères qui y possèdent des pêcheries et des salines. L'extension géographique du Talou a intrigué les historiens. Compris entre Vimeu et pays de Caux, il semble s'être agrandi à l'époque carolingienne aux dépens de ce dernier.
Lorsqu'en 911, le viking Rollon reçoit de Charles le Simple des terres de part et d'autre de la Basse-Seine, il semble que le Talou fasse partie de cette concession.
Vers 1037, le Talou est érigé en comté au profit de Guillaume d'Arques, fils de Richard II de Normandie, et oncle de Guillaume le Conquérant. Par conséquent, le comté de Talou est aussi appelé par les historiens comté d'Arques.

Drapeau francais fond blancHistoire

Roquefort, Roque Forte (maison forte) et Crasville, cras (grand, important) et villa (domaine rural).

Seigneurs et gens de noblesse

En 1200, la terre de Crasville appartient à Guérin de Clapion, sénéchal de Normandie, qui après avoir joui de la faveur du roi d’Angleterre Jean sans Terre (1166/1216) abandonne son parti pour celui de Philipe Auguste (1165/1223).
Le fief appartient ensuite au comte Guillaume de Varenne.
Puis, Robert et Laurent de Sainte-Beuve, en sont possesseurs mais ils sont tués à la bataille d’Azincourt en 1445, sous la bannière du roi de France, Charles VI.
La terre est confisquée par le vainqueur, le roi d’Angleterre, qui la remet à un chevalier anglais, Roger Penys.
Après l’expulsion des Anglais, en 1464, la terre est rendue aux descendants des Sainte-Beuve.
Dès les premières années du XVIème siècle, la terre de Crasville passe entre les mains de la famille de Rocquigny qui la conserve jusqu’en 1876. Nous trouvons les couples suivants  : Jean de Rocquigny et son épouse Robinette Le Charron, Jean de Rocquigny et Guillemette Mignot, Claude de Rocquigny et Marguerite Le Roux, Jacques de De montfort louisRoquigny né en 1558 et décédé en 1610 à Crasville, Charles de Rocquigny, Suzanne de Limoges et Anne Jubert, Emery décédé en 1708 à Crasville, François Charles né en 1670 et décédé en 1748 à Crasville, Louis Emery né en 1688 à Crasville, François Emery Louis né en 1701 à Crasville…. 
La terre de Crasville est achetée aux héritiers de la famille de Rocquigny en 1876 par le vicomte Louis Philogène de Montfort 1840/1911 (photo ci-contre), époux de Marie Alice Bathilde de Martel de Janville, sénateur de la Seine Inférieure et maire de Crasville-la-Rocquefort où il décède en son château.

Patrimoine

L’église Saint Martin est mentionnée au XIIIème siècle. Les seigneurs de Crasville fondent un prieuré qu’ils donnent à l’abbaye de Thiron (Eure et Loir)  en 1126.  Jusqu’à la Révolution, Crasville est resté un prieuré-cure.
La chapelle Nord, qui jouxte le chœur, est construite au XIIIème siècle, c’était la chapelle du prieuré d’origine, une petite porte la faisait communiquer directement avec la maison des moines.
Le porche Sud est construit au XVIème siècle.
Le mur Sud de la nef est reconstruit au XVIème siècle.
La tour-clocher, construite au XVIIème siècle, est décorée d’un cadran solaire, et supporte une flèche fine et élancée.
Le mur Nord de la nef est construit dans la seconde moitié du XVIIIème siècle après la démolition du collatéral Nord vers 1766. Le chœur date du XVIIIème siècle.
La façade Nord en briques et grès a été restaurée au XVIIIème  siècle.
L’église est très remaniée au XIXème siècle.
Le logement des moines  au Nord de l’édifice, a été restauré récemment. La cour qui prolonge cette demeure s’est appelée longtemps  Pâturage de la Prieuré.
La façade Sud est agrémentée d’un joli petit porche dont la base est en grès.
La charpente présente un pignon bordeaux inscrit à l’inventaire des Monuments Historiques.
L’autel majeur est en bois peint et doré du XVIIIème siècle. Les autels latéraux sont dédiés, l’un à Notre-Dame (statue d’une Vierge à l’Enfant du XIVème siècle en bois peint et doré), l’autre à Saint Nicolas.
Dans la chapelle collatérale, deux pierres tombales sont fixées au mur. L’une du XIIIème siècle, porte la mention  lchi Gist Pierre Jourdain, prestre, jadis prieur d’ichiste (prieur à l’époque de Saint Louis et d’Eudes Rigaud). L’autre est du XVIème siècle  Icy gist religieux et frère Jacques-Agnès Gattel … canon et prieur de céans … faire ceste chapelle, les travées….. (prieur qui travailla à la réfection de l’église et de la chapelle). Dans cette chapelle se trouve une magnifique Charité de Saint Martin du XVIème siècle en pierre polychromée. Un Saint Méen y est toujours honoré. Des toiles peintes du XIXème siècle la décorent.

Dans le cimetière se trouve un calvaire en grès de la première moitié du XVIIème siècle. La croix en fer a été refaite au XIXème siècle. Le socle comporte un blason et en haut du fût, on peut encore lire l’inscription  O Crux Ave.

Le château a été bâti sur une motte féodale au XIème ou XIIème siècle. La motte féodale a joué certainement un rôle défensif pour la vallée du Dun. La motte presque parfaitement circulaire s’élève à 2,80 m au-dessus du fossé qui l’entoure. Au-delà de ce fossé, une enceinte à peu près concentrique est encore très visible. Des études archéologiques permettent d’imaginer cette motte féodale surmontée d’une tour de bois et entourée de palissades et de pieux. La partie la plus large de l’enceinte pouvait constituer la basse cour (habitat des soldats et refuge des paysans). Telle qu’elle est conservée, la motte de Crasville constitue une intéressante réserve archéologique. Il y a continuité entre cette motte et le château.
Le logis, ainsi que deux pavillons, ont été rebâtis un peu plus à l’Est par Jacques de Roquigny. Une inscription au-dessus de linteau de la porte mentionne la date de 1602 …
Comme les pavillons d’entrée, le logis, abrité par une haute toiture d’ardoise, est édifié sur un soubassement de grès.
La disposition est semblable sur les deux façades : un avant-corps central (escalier) en légère saillie, couronné par un fronton (curviligne avec oculus sur le jardin, de tracé triangulaire coupé par une grande lucarne sur la cour) ; de part et d’autre, une travée de grandes fenêtres surmontée, du côté de la cour, d’une importante lucarne a grand tympan triangulaire et petite ouverture en plein cintre. Les fenêtres intercalées entres ces travées et l’avant-corps central sont de facture beaucoup plus simple et doivent résulter de modifications ultérieures.
Les deux façades diffèrent cependant à leurs extrémités. Sur la cour d’honneur, le corps de logis est flanqué de chaque côté en avancée d’un pavillon de plan carré à toiture en hache. Par contre, sur le jardin, d’élégantes tourelles latérales cylindriques, coiffées en poivrière très élancées, reposent en encorbellement sur un haut soubassement de plan carré.
Les deux tourelles portent à leur base un bandeau en dents d’engrenage. Au-dessous de la corniche, un troisième bandeau s’inscrit tout au long des différentes façades du château : quatre rangées de briques de profil semi-elliptique, placées en opposition deux à deux, y dessinent deux chaînes superposées.
Les façades et les toitures du château (à l'exclusion de l'aile du XIXème siècle), les deux pavillons d'entrée et le colombier sont inscrits aux Monuments Historiques en 1978.

Personnage lié à la commune

François Raoul Billon dit Fred Money, 1882/1956, peintre, illustrateur et affichiste français, possédait une maison  et un atelier d'été à Crasville-la-Rocquefort où il venait souvent.
Il illustre des œuvres de La Fontaine, Alphonse Daudet, Alexandre Dumas, Gustave Flaubert, Pierre Loti, Pierre Louÿs, La Varende. Il se fait connaître en France par des séries d’affiches touristiques en faveur des grandes plages de la côte atlantique, commandées par les Chemins de Fer Français, les Offices de Tourisme et l’Exposition Universelle de 1937. Il produit également des cartes postales illustrant différentes régions.
Il peint des scènes de genre, des portraits, des fleurs ou des paysages. Ami d'Auguste Renoir et de Pierre Eugène Montézin, son œuvre se situe dans le sillage du postimpressionnisme. Plusieurs de ses tableaux représentent la région (ci-dessous : Chaumière, et Fête foraine).
Fred money chaumiereFred money fete foraine

Evolution de la population

Crasville demo

Hameaux, lieux dits et écarts

Le Bas de Crasville, le Bourbon.

Nos ancêtres de Crasville-la-Rocquefort …

Naissance/Baptême :
BUQUET Jean (sosa 500G9) le 25 juillet 1736.

Unions :
BUQUET Louis (sosa 1000G10) en première noce avec Marguerite BOEUX (sosa 1001G10) le 23 octobre 1719 et en seconde noce avec LEGRAS Anne (hs) le 5 mai 1744.

Décès/inhumations :
BOEUX Marguerite (sosa 1001G10), épouse de BUQUET Louis (sosa 1000G10), le 23 février 1743.
BUQUET Louis (sosa 1000G10), veuf de BOEUX Marguerite (sosa 1001G10) et époux de LEGRAS Anne (hs), le 12 décembre 1751.
BUQUET Jean (sosa 500G9), époux de CORUBLE Charlotte Angélique (sosa 501G9), le 4 novembre 1798. Il était laboureur, tisserand, marchand de chevaux.
BUQUET Pierre (sosa 2000G11), époux de LEMAISTRE Françoise (sosa 2001G11), le 20 septembre 1719.

 


 

Sources
Sites et photo :
Wikipedia, Communauté de Communes Entre Mer et Lin, Base Mérimée, Seine 76.

 

Date de dernière mise à jour : 13/05/2016