Criquebeuf-en-Caux

Criquebeuf en caux seine maritime adm

Les vestiges d'un fossé romain et d’une motte féodale, près de l'église Saint Martin, sont certainement le point de départ de l'histoire du village.
Le village est entouré de plaines et de champs cultivés, traversés par le sentier des ramendeuses, qui permettait aux femmes de pêcheurs de rejoindre Fécamp pour réparer les filets de pêche.

Blason criquebeuf en cauxHéraldique

Les armes de la commune de Criquebeuf-en-Caux se blasonnent ainsi :
D'azur au chevron d’argent accompagné, en chef de deux maillets d’or et en pointe d’un paon rouant du même.

Drapeau francais fond blancHistoire

Criquebeuf en caux seine maritime carteCriquebeuf vient du scandinave kirkja (église) et buth (maison ou village habité).
Crique aurait désigné un endroit élevé et garde encore ce sens en patois cauchois.
Criquebeuf, le village de la hauteur, s’explique par sa situation péninsulaire entre la mer et les vallées d'Yport et de Grainval (plan ci-contre).
Le village est mentionné en 1079 sous la forme latinisée Cricheboum.
Homonymie avec Criquebeuf (Eure), Cricquebœuf (Calvados) et Carquebut (Manche), tous situés dans la zone de diffusion des toponymes anglo-scandinaves.

Bien que le nom de la commune soit d'origine scandinave, les archéologues n'ont rien mis au jour qui date de cette époque le Xème siècle. L'abbé Cochet signale à proximité de l'église Saint-Martin, les vestiges d'une église antérieure, une motte féodale et les ruines de deux autres châteaux.
Par la prospection aérienne, les archéologues ont repéré un rempart de terre large de 6m à la base et haut de 1,20m. Les fouilles menées sur le site (la Cavée Rouge) en 1991 ont montré que le rempart a été construit en une seule fois. Un second tronçon de rempart a été repéré 150m plus loin. Sur le site : du charbon de bois, du blé carbonisé, quelques silex taillés, des dents de cheval et surtout un grand tesson en céramique tournée provenant de la base d'une jatte, qu'il est permis de dater de la fin de la Tène (voir « Echelles des Temps »). Cet objet découvert dans la couche sableuse à la base de la levée de terre et au centre de celle-ci, permet donc de dater l'ensemble de la structure à la fin de l'âge du fer;
Au XVIIIème siècle, la commune s'étend de la Valleuse de Vaucottes à l'Ouest à la commune de Saint-Léonard à l'Est.  Les terres fertiles du plateau situé au sommet des falaises appartiennent aux familles de Monchy et de Paon, et nourrissent une population agricole. Des familles de marins, installées dans la Valleuse d'Yport, vivent des produits de la pêche en caïque ou des récoltes de varech et de coquillages au pied des falaises. 
Au début du XIXème siècle, le détachement d’avec la commune d'Yport réduit de moitié son territoire et de 5/6e sa population. Sans la pêche et toutes les activités s'y rapportant, le nouveau visage de Criquebeuf-en-Caux est essentiellement agricole, comme en témoigne la liste des métiers exercés dans la commune en 1906.

Seigneurs et gens de noblesse

Robert d’Estoutteville, fils d’Henri 1er 1170/1232 et de Mahaut d’Eu 1170/1212, époux de Péronelle de La Cricque, est seigneur de Criquebeuf-en-Caux.
Jean d'Estoutteville, fils du précédent, lui succède. Il est l'époux de Marie de Hotot.
Pierre d'Estoutteville, fils du précédent, devient seigneur de Criquebeuf, il épouse en 1275 Alix de Gal.
Collard d'Estoutteville, fils du précédent, chevalier, prend la succession. Il est l'époux d' Alix de la Sierre d'Argences.
En 1397, Guillaume d’Estoutteville, fils du précédent, chevalier, seigneur de Criquebeuf, Chamelles et la Sierre, assure la relève.
Son frère, Collibeaux d’Estoutteville dit Collibeaux de Criquebeuf, devient seigneur du Parc d’Ourville par son mariage avec Jeanne de Missy, dame de Missy, Brucourt, Han, Anneville et du Parc. Il en rend aveu au roi de France en 1403. Il est du nombre des 119 chevaliers de la garnison du Mont-Saint-Michel qui, sous les ordres de Louis d’Estoutteville (gouverneur du Mont-Saint-Michel), résistent aux Anglais en 1417 (Henri V d’Angleterre débarque à l’embouchure de la Touques, en moins de 2 ans il reprend toute la Normandie sauf le Mont-Saint-Michel qui reste imprenable). 
Vers 1425, à la suite des événements qui aboutissent à la reconquête de la Normandie par les Anglais, Henri V, usurpateur de la couronne de France, confisque le fief du Parc et le donne à Jehan d’Argouges en raison de la fidélité au roi de France de Collibeaux de Criquebeuf.  
En 1429, un accord intervient entre Jehan d’Argouges et Thomas V de Clamorgan, époux de Catherine d’Argouges, qui  joue un certain rôle pendant la fin de la guerre de Cent Ans en se ralliant aux Anglais. En 1436, il est maintenu dans la possession de ses biens par le roi Charles VII, mais tenu de restituer à leurs anciens propriétaires les biens que les Anglais lui avaient concédés. Cependant, il est encore seigneur du Parc en 1439.
Vers 1940, le fief du Parc est restitué aux enfants de Collibeaux de Criquebeuf : 
Simon d’Estoutteville, seigneur de Criquebeuf, Chamelles, Missy, Brucourt, Han, Anneville et du Parc,
et Perrette d’Estoutteville, dame de Criquebeuf, Chamelles, Missy, Brucourt, Han, Anneville et du Parc, héritière de son frère Simon, qui épouse en 1437 Richard de la Rivière, écuyer.
Bertrand de la Rivière, fils des précédents, chevalier, seigneur du Parc, Anneville, Criquebeuf, la Fère, Missy et Saint-Germain du Crioult est reconnu noble à Saint-Lô d’Ourville par Montfaut en 1463, époux Jeanne de Bricqueville, lui succède.
Jacques de la Rivière, fils du précédent, époux de Marguerite du Mesnildot prend la suite de la seigneurie. 
Puis  le 15 avril 1514, François de la Rivière, seigneur du Parc, rend aveu pour le fief.

Patrimoine

L’église Saint Martin dépend au Moyen âge du Prieuré de Saint-Lô à Rouen. 
De l'église ancienne, ne subsiste que le clocher occupant l'ancien porche de l'église primitive.
Criquebeuf en caux seine maritime murs de l egliseCriquebeuf en caux seine maritime mur de la nefL’église est reconstruite au XVIIème siècle, comme pour la plupart des églises cauchoises, les murs sont faits de silex blancs et noirs éclatés (photo ci-contre). On trouve, pour soutenir les soubassements et créer des ruptures de charge, des moellons taillés de pierre calcaire. Un enduit brun recouvre le mur de la nef en alternance avec des bandes de silex blancs.
Plan en croix latine, chevet polygonal, la nef est du XVIIème siècle. Le mur Nord de la nef présente  au niveau du chœur, à environ 2m du sol, un calvaire fait de silex noirs (photo ci-contre).
La tour- clocher en pierre claire date du XVIème siècle et servait d’amer (repère pour les marins), elle est  couronnée d'une flèche polygonale au siècle suivant.
La façade antérieure est précédée d'un porche en maçonnerie.
Divers réfections ou constructions ont lieu entre 1681 et 1690 comme en témoignent les deux dates gravées sur le mur du transept Sud.

Deux anecdotes :
- Au XIXème siècle, au moment de la scission administrative entre les deux communes de Criquebeuf et d'Yport, sous le règne de Louis-Philippe, les Yportais auraient amarré l'église paroissiale qu'ils voulaient tirer jusqu'à leur territoire. La frontière entre les deux communes se trouvait à quelques mètres du porche.
- La seconde rapportée par l'abbé Cochet, raconte une histoire assez curieuse arrivée à la Révolution : Saint Martin, patron du village y avait sa statue représentée à cheval. Pendant la Terreur, les Beauvais et les Montargis (deux bataillons de soldats qui au moment de la Révolution, dévastèrent plus d'églises à eux seuls que tous les cauchois réunis) vinrent ravagés l’église, enlevèrent la statue de Saint Martin, l'attachèrent au bout d'une corde et la trainèrent ainsi dans les rues d'Yport. Une femme du village plus cruelle encore, sortit de sa maison avec une serpe, s'empara de la statue, la coupa en morceaux et fit bouillir sa soupe avec le bois sacré. A peine eût-elle mangé ce potage cuit avec le bois de la statue, qu'elle fut prise de violentes douleurs d'entrailles que rien ne put apaiser et au milieu desquelles elle expira le jour même.

Le cimCriquebeuf aviateur anglaisetière et l’aviateur anglais qui y repose depuis 1940. C'est au cours de la Bataille d'angleterre que le sergent Gerdhill, âgé de 19 ans, pilote d'un hurricane a été abattu le 11 aout 1940 au large de Weymouth. Le 12 septembre 1940 son corps est aperçu en face de Criquebeuf par un habitant du haut de la falaise. Il est inhumé dans le cimetière où sa tombe est entretenue par la Mairie et où un hommage lui est rendu chaque 8 Mai lors de la cérémonie du souvenir de la signature de l'armistice. 

Personnage lié à la commune

Dieterle georges peintreGeorges Dieterle 1844/1937 (photo et œuvre ci-dessous), peintre français,élève de Gustave Corot et ami de Jean Paul Laurens. Il est nommé conservateur du Musée de Fécamp en 1881 et est maire de Criquebeuf-en-Caux durant 45 ans.

Dieterle masure a saint leonard 1878

Evolution de la population

La population du village s'élève à 1838 habitants en 1836 avant la disjonction d'Yport. En 1856, elle est de 261 habitants.

Criquebeuf demo

Hameaux, lieux dits et écarts

Cocagne, le Bout de la Ville, le Haut de la Côte, le Grand Clos.

Nos ancêtres de Criquebeuf-en-Caux …

Unions :
HALAY Guillaume (sosa 4022G12) et GODARD Marie (sosa 4023G12) le 2 mai 1684.
 


 

Sources
Sites et photo :
Wikipedia, Mairie de Criquebeuf, Observatoire du patrimoine religieux, Seine 76.
Livres et documents :Histoire généalogique de la maison d’Harcourt, par  Gilles André de La Roque de La Lontière, 1662.
Histoire de la Maison Royale de France, et des grands officiers de la Couronne, par le P. Anselme, Augustin Duchaussez, M. du Fourny, 1733.

 

Date de dernière mise à jour : 17/05/2016