Cuts

Cuts adm

C’est le village le plus important et le mieux sauvegardé du canton car épargné lors des combats de 1918, à l´exception de l´église et du château.
Le territoire constitue une plaine assez vaste, découverte, bornée vers le Sud par le mont de Choisy et s´étirant le long de l´ancienne voie romaine, la « Voie Brunehault »,
Cuts était surtout un village de tisserands qui travaillaient la toile de chanvre et le coton. C´est la raison pour laquelle bon nombre de maisons de tisserands et de manouvriers subsistent encore dans les écarts. Ces maisons possèdent des caves surélevées, voûtées en plein cintre, auxquelles on accède par une descente d´escalier extérieure.
Le patrimoine architectural de la commune se caractérise par la qualité des constructions en pierre de taille et par ses pignons à redents, qui annoncent le Soissonnais. La grande majorité des maisons et des fermes date du premier tiers du XIXème siècle.

Drapeau francais fond blancHistoire

Cuts a changé 1 seule fois de nom en 1793 et s'appelait Cus.
Le Mont Choisy aurait vraisemblablement servi à l’assiette d’un camp duquel partaient plusieurs chaussées.
Sous l´Ancien Régime, l´ensemble de la commune suivait la coutume de Senlis, sauf Gizancourt qui se rattachait à celle du Vermandois.

1914-1918, Zouaves et Spahis*, des soldats très présents dans la Grande Guerre

Afin de renforcer les troupes françaises, la France a fait venir quelques centaines de milliers de soldats de ses colonies, d’Afrique du Nord, de l’Ouest et Equatorial : Marocains, Algériens, Sénégalais, habitants du Mali, de Madagascar, de Djibouti, de la Côte des Somalis.Cuts oise cpa les spahis
Entre 1914 et 1918,  l’Armée d’Afrique du Nord envoie 300 000 soldats combattre en Europe. Sur le Front de l’Oise, l’apport des troupes d’Afrique du Nord a été décisif lors des grandes batailles, celle du Mont Renaud notamment. Peu de témoignages subsistent de ces hommes qui ont quitté leur pays pour combattre en France dans des conditions souvent difficiles et très éloignées de leur environnement quotidien.
Ces troupes, grâce à leurs qualités guerrières, sont choisies pour participer aux combats les plus durs sur le front de France chaque fois que la situation l'exige. Ainsi, à propos des faits d'armes de la Division marocaine, le maréchal Foch aurait dit : « La fortune a voulu que la division marocaine fût là ! ». Si quelques cas de panique sont signalés dans certains bataillons lors des premières semaines de combats, ces régiments sont considérés à l'égal des meilleurs.
Plus d’un quart d’entre eux furent tués ou portés disparu. Sujets français, ils avaient rempli leur devoir, la défense du territoire.
Cuts et Carlepont, deux communes ayant été le théâtre de violents affrontements durant la Grande Guerre, conservent des traces de l’implication des  troupes d’Afrique dans les combats (Photo ci-dessus : les spahis traversent Cuts en 1917).

*Spahi, mot d’origine turque provenant du persan sipâhi signifiant « soldat » dont la traduction la plus acceptée est celle de « cavaliers ». À l'origine, ce sont des cavaliers fournis par les tribus inféodées à l’Empire ottoman qui viennent renforcer les effectifs de Mamelouks (troupes régulières) lorsque l’ampleur des opérations le nécessite. Ils se payent sur le terrain en pillant les lieux où ils interviennent et, une fois l’opération terminée, rejoignent leurs tribus d’origine.
Les spahis étaient des unités de cavalerie appartenant à l'Armée d'Afrique qui dépendait de l’armée de terre française.

Zouave, unités françaises d’infanterie légère appartenant à l'Armée d'Afrique souvent associés à l'image des batailles du Second Empire et connus pour leur uniforme singulierporté au combat jusqu'en 1915. Le corps des zouaves fut créé lors de la conquête de l'Algérie par l'incorporation de soldats kabyles. Le nom de zouave vient d'ailleurs de la déformation du nom d'une de leurs tribus. Les unités deviennent à recrutement exclusivement européen à partir de 1842.

La seigneurie de Cuts

Elle était réunie à celle de Camelin (Aisne) et appartenait à Berthe de la Pommery.
La cure placée sous le vocable Notre-Dame d’Août était conférée par le prieur de Quiercy.

Chronique communale
 
Le trésor de Cuts
 
Déterré par des chercheurs du dimanche, dans un terrain privé en pleine forêt de Cuts, un jour de juin 1998, le trésor de Cuts s’est trouvé au cœur d'une bataille judiciaire qui a duré 6 ans. Ce magot de 1180 pièces frappées sous Hugues Capet et Robert le Pieux vers l'an 1000, caché dans deux cylindres et une pierre de l'époque, est unique de l'avis des spécialistes. Mais il n'a pas seulement un intérêt archéologique. Il a aussi une très grande valeur pécuniaire (264 000€) déterminée après une âpre bataille d'experts.

À qui appartient donc le trésor de Cuts ? Aux découvreurs qui l'ont vendu pour 22 724 € ? Au propriétaire du terrain qui réclame la restitution de "son" trésor "dilapidé" ? Ou aux trois collectionneurs, dont un marchand parisien spécialisé en monnaie médiévale, qui l'ont racheté en partie ? Il y a le libraire, collectionneur passionné, qui raconte, le regard embué, "la beauté" de ces pièces. Il y a le retraité, numismate averti, qui a préféré enterrer, à nouveau, une partie du trésor dans sa peupleraie, pour le soustraire "aux cambriolages". Il y a enfin le marchand parisien qui a acheté deux lots de pièces de 6 860 € chacun, auxquels il a consacré une publication. (Source : Courrier Picard n° 19547 du 6/12/2006)
Le trésor moyenâgeux estimé à 264 000 € et découvert en juin 1998, sur un terrain privé en forêt de Cuts, revient bien aux propriétaires du champ. C'est ce que les juges du Tribunal Correctionnel de Compiègne ont estimé en mettant fin ainsi à une bataille judiciaire qui aura duré 6 ans. Ils ont ordonné la restitution aux propriétaires du terrain d'une partie des 1180 pièces  récupérées au cours de l'enquête. Ils ont également condamné les deux découvreurs à une amende de 8 000 € chacun. Les deux hommes devront également verser 1000 € de dommages et intérêts aux propriétaires du terrain, au titre de la violation d'une propriété privée. Mais les deux Noyonnais qui  avaient vendu une partie du trésor à deux collectionneurs, ne sont pas les seuls condamnés. Le libraire noyonnais, qui avait acheté plusieurs pièces, a été condamné à un mois de prison avec sursis et 5 000 € d'amende. Le collectionneur parisien, auteur d'une étude sur les lots qu'il avait achetés puis revendus en partie, a été condamné à 3 mois de prison avec sursis et 10 000 € d'amende. En outre, les quatre hommes devront dédommager les propriétaires du trésor à hauteur de 10 000 € pour les pièces non retrouvées. Enfin, le collectionneur retraité, qui avait caché une partie des pièces dans sa peupleraie pendant l'enquête, écope d'un mois de prison avec sursis et 4 000 € d'amende. Un seul des 6 prévenus a été relaxé. Il avait servi de chauffeur aux deux découvreurs de trésor. (Source Courrier Picard n° 19608 du 7/2/2007


Personnalité liée à la commune

Pierre de la rameePierre de la Ramée (1515/1572), dit Pierre Ramus, logicien et philosophe français converti au calvinisme, un des plus grands humanistes du XVIème siècle, qui naquit en 1515 à Cuts.  Il devint professeur au tout nouveau collège de France et fut connu pour ses critiques sur Aristote.  Il fut le principal acteur de la polémique sur la prononciation de la lettre « Q » (le U ne devait pas se faire entendre) évoquée par Montesquieu dans Les Lettres Persanes. Il fut tué à Paris le 26 août 1572, le 3ème jour de la Saint Barthélémy. Son médaillon orne la façade de la mairie de Cuts.

Patrimoine

La nécropole militaire française, créé en 1920, sur une superficie de plus d'un hectare, elle contient 3296 corps, dont 1770 en ossuaires. Elle regroupe les tombes issues d'une dizaine de cimetières militaires provisoires de la guerre de 1914-1918, auxquels s'ajoutent des tombes, essentiellement musulmanes, de soldats de la seconde guerre mondiale tombés le 5 juin 1940.

L’église de l’Assomption-de-la-Vierge et le cimetière qui l’entoure.
De l'église du XVIème siècle, subsistent les parties basses de la nef et le pignon Nord du bras du transept. Le chœur à chevet plat est du XIIIème siècle et comprend deux travées barlongues voûtées d'ogives, le bras Sud du transept porte la date de 1861.  Le bas-côté Sud date de 1862. Entre 1863 et 1866, divers travaux de restauration sont effectués : le voûtement d'ogives de la nef, la construction d'un clocher de façade.

La chapelle Sainte Catherine, entre les hameaux de Labarre et de Gournay, est mentionnée dans un acte notarié en 1724 et en 1851. Elle est probablement détruite pendant les dernières guerres.

La demeure dite château du Clos L’Hermite construite vers 1850 environ, maison bourgeoise avec domesticité sise rue de la Poste. Elévation antérieure du logis avec bossage en rez-de-chaussée, pilastres toscans à chaque niveau, angles et encadrant la travée centrale, surmontée d'un fronton.

Le château fut édifié en 1636, sur l'emplacement d'un ancien château féodal. Il se compose d'un corps de logis flanqué sur sa façade Sud de deux pavillons, le tout couvert d'ardoises, entouré de douves en eau.
Il se différencie des autres bâtis aux XIVème et XVème siècles par l’abandon des dispositifs de défense.
En 1831, le cadastre Napoléon indique l'existence d'un pigeonnier octogonal encadré par un grand corps de bâtiments disposés en U, formant la basse-cour, ces bâtiments disparurent au cours du XIXème siècle,le colombier est le seul vestige de la basse cour. Le château est remanié de 1881 à 1898 : charpentes, exhaussement  d'un étage, pavillon de la façade Sud, tourelle Ouest de l'escalier de service et  distribution intérieure entièrement. La galerie de la façade Nord est construite en 1898 et le pont donnant accès à la cour Nord, reconstruit en 1890, date de la création d'un tapis vert.
En 1917, les Allemands détruisent le pigeonnier et incendient le château.
Il sera reconstruit en 1926, le soubassement et les assises de fondations de la première construction sont conservés. La reconstruction est effectuée "à l'identique" hormis quelques détails comme la création de douves. L'édifice conserve  un escalier à balustre du XVIIème siècle ainsi que des éléments de dallage du XVIIIème siècle. La maison du régisseur a été bâtie en 1824.
Son actuel propriétaire est le baron Christian de Langlade.

Le calvaire de La Pommeraye, durant la guerre de 1914-1918, était considéré par les Allemands comme miraculeux (certaines cartes postales datant de la guerre ont pour légende «le miracle de Cuts»). Durant les combats de septembre 1914. Toutes les maisons des alentours ont été incendiées alors que le calvaire est resté indemne. Pendant toute l’occupation allemande, ce calvaire était entouré d’un grand respect.

Les tumulus ou tombelles de l’ère celtique,  le mot latin tumulus (au pluriel tumuli) désigne une éminence artificielle, circulaire ou non, recouvrant une sépulture. En haut français on emploie aussi le mot tombelle. La tombe peut être de dimensions très variables : d'un simple dépôt d'ossements brûlés jusqu'à une chambre sépulcrale très élaborée en pierre sèche et/ou en dalles, auquel cas on parlera de tumulus mégalithique. Le tumulus est souvent consolidé sur son pourtour par un parement en pierre sèche, voire par des blocs plus gros ou même par des pierres levées. Dans le cas des monuments les plus imposants, il peut y avoir une façade architecturée au niveau de l'entrée de la sépulture. Certains tumuli sont très élaborés et peuvent être structurés en parements concentriques. Ils présentent alors une élévation en gradins.
Deux tombelles sont citées sur le territoire de Cuts : l’une, connue sous le nom de Butergnot, est situé sur le mont Choisy, l’autre, nommée la montignette, s’élève à proximité du hameau de Gizancourt.

Plusieurs puits ont été recensés et un moulin à vent est mentionné en 1851.

Agriculture, commerce, artisanat et industrie

Filatures :
- Le tissage de coton (siamoises et calicots) Gustave Prévost.
- Le tissage de coton Antoine Vénard.
En 1851 ces deux fabriques emploient 209 ouvriers, dont 17 femmes.
- La filature, fondée en 1818 par Louis Augustin Quéhu (négoce connu depuis 1772). Elle appartient ensuite à Louis Noël Provost-Quéhu qui y installe une pompe à feu de 5 atmosphères (en 1830), puis à Gustave Prevost (en 1838) et Jean Joseph Cotard (en 1859). L´usine est reprise en 1831 par Antoine Vénard, qui y installe un tissage mécanique à vapeur (en 1851 et emploie 36 ouvriers en 1850.
- La filature du Bosquet incendiée en 1868.

Deux usines à chaux :
- L’Usine de chaux ou de plâtre, connue par les implantations successives de fours à plâtre en 1840 Joseph Guilmont, en 1861 et en 1867, Désiré Guilmont-Béra et en 1877, Louis François Sulpice Guilmont, entrepreneur de maçonnerie.
- L’Usine de chaux ou de plâtre du Haut-Jonquoy, appartenant en 1843 au sieur Quillet.

On y cultivait du chanvre, du lin et on y faisait du cidre.

Lieux-dits, hameaux et écarts

L´habitat est regroupé dans le village et dans plusieurs hameaux : Berlincamp, la Pommeraye, le Jonquoy,  Gournay ou se situait la chapelle Sainte Catherine aujourd’hui disparue. Gizancourt ou la coutume du Vermandois était suivie alors que le reste de la commune était de la coutume de Senlis.
Des écarts : la Vallée, la Barre et le Bois de la Haut qui recèle des sarcophages.

Evolution de la population

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Nos ancêtres de Cuts …

Naissances/baptêmes :
DESNOYELLES Euphrasie Marie Désirée (sosa 59G6) le 15 juin 1834.
FAVERELLE Marie Hélène (sosa 119G7) vers 1793.
SOUCANY Antoine Joseph (sosa 116G7) le 14 novembre 1803.
SOUCANY Louis Auguste (sosa 58G6) le 1er avril 1834.
SOUCANY Marthe Anastasie Augustine (sosa 29G5)le 14 juin 1862.

Desnoyelles desiree 1887Unions :
DESNOYELLES Euphrasie Marie Désirée (sosa 59G6) le 16 octobre 1861 avec SOUCANY Louis Auguste  (sosa 58G6). Sa signature ci-contre en 1887.
DESNOYELLES Honoré Magloire (sosa 118G7) premier mariage à une date inconnue avec DELAHAYE Marie Elisabeth (hs). Sa signature ci-contre en 1834.
Desnoyelles honore magloire 1834DESNOYELLES Honoré Magloire (sosa 118G7) second mariage le 29 mars 1824 avec FAVERELLE Marie Hélène (sosa 119G7).
FAVERELLE Pierre (sosa 238G8) le 1er décembre 1797 avec Marie Lucienne ROSELET (sosa 239G8).
SOUCANY Antoine Joseph (sosa 116G7) le 30 juin 1828 avec Marie Catherine Cécile SOUCANY (sosa 117G7).
SOUCANY Louis Auguste (sosa 58G6) le 16 octobre 1861 avec DESNOYELLES Euphrasie Marie Désirée (sosa 59G6).

Décès/inhumations :
FAVERELLE Marie Hélène (sosa 119G7), épouse DESNOYELLES, le 17 septembre 1863. Elle était fileuse puis ménagère.
FAVERELLE Pierre (sosa 238G8) le 14 décembre 1811. Enfant trouvé d'un hôpital parisien, pensionnaire chez Pierre MOINET de Cuts, il était manouvrier.
ROSELET Marie Lucienne (sosa 239G8), épouse FAVERELLE, le 29 mai 1844.

Domiciles :
DESNOYELLES Euphrasie Marie Désirée (sosa 59G6) en 1836 avec ses parents, en 1866 avec son époux SOUCANY Louis Auguste,  et sa fille, et en 1876 avec son époux (recensements 1836 /1866/1876) au 13 Grande Rue, hameau de Gournay.
DESNOYELLES Honoré Magloire (sosa 118G7) en 1836 avec FAVERELLE Marie Hélène et leur 4 enfants, en 1841, au hameau de La Pommeraye et en 1863 au marais de Gizencourt (source : listes de recensement).
FAVERELLE Pierre (sosa 238G8) et ROSELET Marie Lucienne, probablement toute leur vie, en 1836 avec 3 de leurs enfants et 2 petits-enfants (source : listes de recensement de 1836).
SOUCANY Antoine Joseph (sosa 116G7) et SOUCANY Marie Catherine Cécile, probablement toute leur vie au 7 rue de Lombray.
SOUCANY Louis Auguste (sosa 58G6) et DESNOYELLES Euphrasie Marie Désirée, en 1866 et 1876 au 13 grande rue, hameau de Gournay.

 


 

Sources
Mail : Rémi Fauxbaton (acte notarié du 22 février 1724 Me Moutonnet/Soissons).

Date de dernière mise à jour : 17/08/2016