Avrieux

 

Avrieux adm

 

Ce village, aux portes du Parc National de la Vanoise,  est situé en Haute Maurienne, au bord de la rivière Arc, à 5 Kms au Nord-Est de Modane.
Il bénéficie d’un climat exceptionnel de type méditerranéen montagnard favorisant une faune et une flore unique dans la région. Une végétation de type steppique, telle qu’on peut la rencontrer en Europe centrale et une avifaune nettement méridionale, prospèrent sur le territoire communal. La bonne exposition du village et les caractères exceptionnels de son climat ensoleillé et peu arrosé, ont d’ailleurs valu à Avrieux le surnom de petit Nice.
Appellation ancienne : Brios en 877, Aprili en 1153, Villa Aprili en 1214.

Drapeau francais fond blancHistoire

La mort de mon ancêtre Charles II dit le Chauve
Charles II dit le chauveAu mois de septembre 877, le pape Jean VIll, menacé par des incursions de sarrasins, appelle  à son secours Charles II dit  le Chauve qu'il a lui-même couronné empereur le jour de Noël 876. Mais alors que l'on délibère sur les mesures à prendre, on annonce à Charles que son neveu, Carloman,  a franchi les Alpes avec une armée, dans le but de prendre l'Empire. Charles renvoie, au-delà des Alpes, l'Impératrice Richilde et son trésor  et la suit peu après. Arrivé au pied des Alpes, après avoir franchi le Mont Cenis,  il est pris d’une fièvre soudaine. Son médecin, Sédécias, lui administre  une potion qui ne fait qu'empirer le mal. Sédécias étant juif, certains historiens, voient en lui un infâme empoisonneur. Charles arrive à Brios (Avrieux), et comme la maladie s'aggrave et que la violence du poison le tourmente, il fait appeler Richilde qui est à Saint-Jean-de-Maurienne. En sa présence, dans une modeste chaumière, il rend l'âme le 6 octobre.
On tente d'embaumer son corps avec du vin et des aromates, après en avoir ôté les viscères, pour le transporter à Saint-Denis. Mais l'embaumement échoue et comme le corps répand une abominable puanteur,  on l'enferme dans un tonneau, enduit de poix à l'intérieur et à l'extérieur, et enveloppé de peaux, mais l'odeur reste insupportable, le corps est donc laissé sur place au monastère de Nantua d'où il n’est transporté à Saint-Denis que 7 ans plus tard.

Saint thomas becketLa paroisse Saint-Thomas Becket
Au  début du XIIIème siècle, le village d’Avrieux forme sa propre paroisse. Elle a comme patron Saint Thomas Becket, archevêque de Cantorbéry (+1171). En février 1214, Anselme d 'Avrieux et ses enfants d’Angleterre donnent à l'église  et à son recteur diverses propriétés. Chose curieuse, cette paroisse consacrée à un saint d'Angleterre est fondée par un seigneur anglais.  Certains voient en eux des parents de Thomas Becket qui auraient fui l'Angleterre pour échapper à la persécution et se seraient réfugiés à Avrieux où ils auraient acquis des fiefs. Pourtant, dès 1153, (18 ans avant le martyr de Saint Thomas) un Guillaume d'Avrieux est témoin d'une transaction faite à Aiguebelle entre l'évêque de Maurienne Bernard et Ponce de la Chambre.

Avrieux à travers les temps...
Avrieux est le chef lieu d’une partie de la vicomté de Maurienne qui appartient au seigneur de la Chambre (voir § suivant).
Le village possède un château (aujourd’hui disparu) et un châtelain.
Les droits que les seigneurs de La Chambre perçoivent à Avrieux sont connus par plusieurs chartes : Jean de la Chambre est cité en février 1354, en  mai 1357, en 1393 où il autorise les habitants qui tiennent ses terres  à défricher et à utiliser les eaux d'arrosage.
Les vicomtes de La Chambre ne sont  pas les seuls seigneurs d'Avrieux, leurs suzerains, les comtes puis ducs de Savoie, y possèdent également des hommes. Pour eux aussi les archives sont riches en albergements, reconnaissances, transactions.
Victor amedee ii de savoie gravureMarie jeanne baptiste de savoieCe mélange de fiefs est source de querelles que viennent encore compliquer des propriétés communes avec Le Bourget.
A partir du XVIIème siècle, les habitants doivent veiller à ce que les voyageurs de rang élevé, reçoivent un accueil digne d'eux. En mai 1684, le duc de Savoie, Victor Amédée II (1666/1732, portrait de gauche), revient de France avec sa mère, Marie Jeanne Baptiste de Savoie-Nemours (1644/1724, portrait de droite). La lettre adressée par le châtelain au syndic d'Avrieux dit ceci : Je vous donne advis que son Altesse Royale infailliblement passera en Piedmont lundy prochain à bon heure, vous tacherés de vous en venir en corps de commune du costé de Villaro-din pour luy tesmoigner vostre zèle en criant en général vive Savoye ! Le mesme vous en fairés à Madame Royale et à sa cour qui passera pour mercredy ... vous ne manquerés à tenir prests les melieurs porteurs que vous pourés pour soulager ceux qui sont au service de Madame Royale et de sa suite".
Un des inconvénients du passage est qu'il apporte parfois des épidémies : la peste de 1630 fait 47 victimes que l'on ensevelit dans une gorge au bas des rochers de l'Esseillon, l'endroit s’appelle toujours Aux Morts.
Avrieux est un important centre artistique au XVIIème siècle.
Dès juillet 1751, les habitants s’affranchissent des droits seigneuriaux de la vicomté de Maurienne que possédait anciennement le comté de La Chambre. Ils versent pour cela 330 Llivres de Savoie. L'affranchissement des dimes se fait en 1768 pour celles dues à l'évêque et en 1769 pour celles dues au curé.
La  Révolution Française ne semble pas avoir soulevé à Avrieux un enthousiasme délirant. La municipalité tarde à fournir l'inventaire détaillé des biens d'église : On dirait que la malice vous porte à embrouiller les choses pour nous les rendre inintelligibles ...
Au XVIIIème siècle, il y a à Avrieux, deux tanneries. Au XIXème siècle, une scierie au pont du Nant et une usine à plâtre.
Les principaux faits du XIXème siècle sont le vote à l'unanimité du rattachement en 1860 et un incendie qui, en 1875, détruit 14 maisons.
Le XXème siècle voit l’arrivée de l’industrialisation.
En 2009, Avrieux officialise son jumelage avec Piedicavallo, petit village de la vallée du Cervo, dans la province de Biella (Italie).

Seigneurs et gens de noblesse

La Maison de La Chambre
Cette ancienne famille noble d'extraction chevaleresque savoyarde, originaire de Maurienne, longtemps rivale de la Maison de Savoie, s'éteint au XVème siècle dans la Famille de Seyssel.
La Famille de La Chambre, selon les périodes, porte les titres suivants : vicomtes de Maurienne ; barons de Châteauneuf ; seigneurs d'Argentine, d'Avrieux, de Bonvillard, de Chamoux, de Charbonnière, de Conflans, de Crête, de Cuynes, d'Épierre, de Grésy, de L'Heuille, de La Chambre, de Lanslevillards, de Meillonnas, de Perouse, de Saint-Rémy, de Sainte-Hélène-des-Millières, d'Ugine.
Les seigneurs de La Chambre possèdent la plupart des paroisses du mandement de La Chambre, ainsi que quelques-unes du mandements de Modane, depuis Épierre jusqu'au Pal de Bonizon (au Mont-Cenis). Ils résident principalement au château de Notre-Dame-du-Cruet et avaient un châtelain à Avrieux et un à Saint-Étienne-de-Cuines.
Leur histoire débute en Maurienne, vers le Xème siècle, avec Aymon de La Chambre. Ces successeurs portent le titre de vicomte de Maurienne.
En 1356, la Famille de Morestel cède ses droits de leur fief de la vallée des Huiles dont le château, de l'Aiguille ou des Huiles, situé au chef-lieu de La Table, aux La Chambre.
Vers 1448, à la suite de la mort sans postérité de Gaspard de La Chambre, les titres et possessions de la famille passe à Amédée de Seyssel (fils de Marguerite de La Chambre, sœur de Gaspard et épouse de Jean de Seyssel) qui hérite de son oncle et donne naissance à la branche des Seyssel-La Chambre.

Chroniques communales

Le Télégraphe Chappe
L’épopée de la télégraphie démarre dans le tumulte de la Révolution Française. Oppressée et encerclée par ses ennemis coalisés, la France ressent la nécessité de bénéficier d’un système de transmission rapide des messages. C’est ainsi que le 4 août 1793, la Convention nationale décrète la création d’une première ligne télégraphique entre Paris et Lille, ligne qui s’appuie sur le système mis au point par Claude Chappe, physicien originaire de la Sarthe.
Ce nouveau système fait rapidement ses preuves et la Convention fait le choix de développer le réseau télégraphique : les lignes Paris-Strasbourg  en 1798, Paris-Brest en 1799,  Paris-Lyon en 1805  sont créées. Craignant une reprise des hostilités avec l’Autriche, cette dernière ligne est prolongée jusqu’à Turin en 1806, jusqu’à Milan en 1809 et finalement jusqu’à Venise en 1810. Etalée sur environ 1 200 Kms avec 124 stations, cette nouvelle ligne de communication permet de relayer des messages en 24 heures quant il fallait  5 jours auparavant.
Le système Chappe repose sur l’échange de signaux optiques retranscrits au sommet d’un mât vertical à 7 où 8m de hauteur. L’ensemble est manœuvré par des stationnaires qui se relayent tous les jours. Au dessus d’eux, inspecteurs et directeurs sont chargés de la surveillance des lignes et de la transcription des messages. En totalité, 92 signaux peuvent être produits. Le vocabulaire, qui permet la transcription des messages, comprend 92 pages de 92 lignes chacune, soit 8 464 mots. La transmission se fait donc par groupes de 2 signaux, le premier indiquant le numéro de page, le second le numéro de ligne.
A Avrieux, sur le site du Courberon, des travaux de restauration sont en cours et prochainement, la communication entre trois postes consécutifs pourra être rétablie.

L’Office National d’Etudes et de Recherches Aérospatiales
Depuis plus d’un demi-siècle, l’O.N.E.R.A. est installé à Modane-Avrieux. Dès 1945, la grande soufflerie prend corps progressivement au pied des chutes d’Aussois. Leur présence, leur puissance, le choix du site est  dicté au moment de transférer sur le territoire français, à titre de dommages de guerre, une soufflerie que les allemands ont commencé à construire à Ötztal, dans le Tyrol autrichien. Une voie ferrée, reliée au fort Saint-Gobain, est spécialement créée pour permettre la construction de la soufflerie, le potentiel d’énergie hydraulique qui fournit le centre est développé et renforcé par la mise en eau du barrage d’Aussois en 1950, et la réserve du Mont-Cenis en 1970. Sa destinée hors du commun, sa haute technicité, font aujourd’hui du centre O.N.E.R .A. d’Avrieux un pôle d’excellence technologique, spécialiste du comportement aérodynamique de divers engins issus de l’aéronautique et de l’aérospatiale, sans égal au monde.

Patrimoine

Outre les chapelles de Saint-Sébastien, Saint-Roch, la Sainte-Trinité, il faut remarquer les chapelles de Saint-Benoit, Sainte-Anne et Notre-Dame des Neiges, et l'église paroissiale.

L'église paroissiale dédiée à Saint-Thomas Becket, archevêque de Cantorbéry (+1171), est le joyau baroque de la vallée de la Maurienne, étape incontournable pour les visiteurs sur la route du Mont-Cenis.
Le patronage d'un saint anglais peut s'expliquer aussi bien par la fondation en 1214 de la paroisse par le seigneur Anselme d’Avrieux et ses fils d’Angleterre que par les liens pouvant exister entre la Maison de Savoie et la cour d'Angleterre à cette époque.
L'église actuelle est consacrée le 15 mai 1678 par Monseigneur Berzetti.
La façade est ornée d'un ensemble de fresques, généralement datées du XVIIème siècle, représentant les vertus et les vices. L’édifice regorge de trésors et d’exubérance : nuées d’angelots sculptés et peints, retables dorés à la feuille d’or, décor en trompe-l’œil... La porte polychrome est du XVIIème siècle. L’église abrite un diptyque de l’ancien retable du maître-autel réalisé en 1626 par Jean Clappier retraçant la vie de Saint-Thomas. Les autres retables sont dus à des artistes locaux. Le bénitier de pierre est une ancienne cuve baptismale.
L'église est dotée par le curé Joseph Damé d'une crypte qui sert à entreposer les morts que l'on ne peut ensevelir l'hiver à cause de la terre gelée.

La chapelle Notre-Dame-des-Neiges est érigée par Pierre Bertrand d'Avrieux en 1606. Située en dehors du village, elle signale originellement la dangerosité d’un couloir d’avalanche.
Elle est ornée de peintures en 1636 par Jean Clappier. Cette décoration est  reprise en 1706 par le curé Joseph Damé qui dote la chapelle d'une tribune, d'une sacristie et d'une tourelle dont l'escalier tournant est orné de peintures en grisaille, de sa main,  représentant une sorte de danse macabre.
Elle est vouée au culte de la Vierge Marie.

La chapelle Saint-Benoît située au pied d'une cascade, existe déjà en 1435, mais on ignore la date de sa fondation par la communauté d'Avrieux.
En 1713, elle est agrandie par le curé Joseph Damé. Avant la Révolution Française, elle est le centre d'un pèlerinage très fréquenté et l'on y fait de nombreux dons : grains, huile, cierges, ex-voto...  Dévastée par la Révolution Française, elle est restaurée par le curé Augustin Barroz.

La chapelle Sainte-Anne, détruite après la Seconde Guerre Mondiale avec la construction des conduites forcées (une statue d'une Triade est retrouvée cachée), elle est reconstruite par EDF sur les hauteurs Sud de la commune et inaugurée le 30 juillet 1967.

La cascade du Saint-Benoît est alimentée par le barrage de Plan d'Aval.

Le concours des villes et villages fleuris récompense la commune en 2014 avec deux fleurs.

Le territoire situé sur le haut de la commune fait l'objet d'un site Natura 2000, notamment pour sa richesse floristique.

Hameaux, lieux dits et écarts

Le Solliet d’En-Haut, le Solliet d’En-Bas, les Epinettes, le Fond, l’Eurette, les chalets de Pelouse.

Evolution de la population

Avrieux demo

Un lointain ancêtre d’Avrieux ...

Décès :
Charles II dit le Chauve (sosa 120 754 586 246++G37), roi de Francie Occidentale et Empereur, y meurt le 6 octobre 877.
Voir « Visages de Savoie ».

 

 

 


 

 

Sources 
Sites et photo : Wikipedia,
la commune d'Avrieux et Savoie/Archives...

Date de dernière mise à jour : 15/12/2017