Hautot-l' Auvray

Hautot l auvray seine maritime adm

Le village et ses hameaux, situés sur le plateau du Pays de Caux, à 13kms de la Côte d'Albâtre,  proposent un patrimoine rural typiquement cauchois avec de grandes fermes et de nombreux bâtiments qui utilisent les matériaux locaux : briques, silex et colombages. La commune a conservé de nombreux fossés (talus plantés de hêtres ou de chênes) qui délimitent les propriétés en protégeant des vents.

Blason ville fr hautot l auvray seine maritime svgHéraldique

Les armes de la commune se blasonnent ainsi :
De sinople à un écusson d’or chargé d’une croix latine pattée de sable mouvant d’un mont de trois coupeaux du même, le fût brochant sur une lette S majuscule accostée de deux fleurs de lys le tout aussi de sable ; ledit écusson soutenu de deux bouquets de deux épis de blé feuillés posés en bande et barre ; mantelé d’argent à deux vaches arrêtées affrontés au naturel ; au chef de gueules à un léopard d’or armé et lampassé d’azur (validées en 2015).

Drapeau francais fond blancHistoire

Les premières traces d'occupation du site remontent à l'époque Gallo romaine.
La première mention connue d'hotot date de 1060 et, en 1218, on trouve celle de l'Auvéré.
tot,
issu de l'élément norrois bien connu toft, signifie domaine rural ou village qui a remplacé villa à l'arrivée des Anglo-scandinaves. L'élément vieil-anglais hoh  signifiant pente date de la même époque. Quant au qualificatif Auvray, il dérive du nom du seigneur local Alvredus (Alfred), d'origine anglo-saxonne. La signification du nom serait donc le domaine en pente d’Alfred.
Eudes Rigaud désigne Hautot-l’Auvray sous le nom de Hotot-Alverici, d’autres encore Hotot-l’Aufrai.

La paroisse, avant la Révolution, est du doyenné de Canville-les-Deux-Eglises, de l’Archidiaconé du Petit Caux, du Parlement, de la Chambre des Comptes et de la Cour des Actes de Rouen, du Bailliage de Caux, de la Vicomté de Cany, de la Généralité de Rouen et de l’Élection de Caudebec.
Le patron de la commune est saint Martin, évêque de Tours.

Dès le XIIème siècle l’abbaye de Jumièges est présente à la cure. Dans une bulle de 1147, le pape Eugène III confirme la possession de l’église à l’abbaye de Jumièges. L’abbaye en cède par la suite aux Célestins de Rouen le patronage, les dîmes, les oblations et les autres revenus aux conditions d’une rente de 30 sous par an et que les Célestins soient tenus à fournir la pension canonique du vicaire perpétuel. Le contrat est confirmé par l’Archevêque de Rouen en 1525.
Dans le pouillé des bénéfices du diocèse de Rouen, imprimé en 1738, la cure de Hautot à la présentation des Célestins de Rouen vaut 800 Livres.

Seigneurs et gens de noblesse

En 1095, le seigneur d'Hautot participe à la première croisade.
En 1171, Richard de Canville fait don de la tierce partie des dîmes du village dont ses auteurs ont déjà donné les deux parts.
La famille Pevrel est donnée comme tenant la terre d'Hautot qui  dépend de la Sergenterie de Cany :
Pendant la Guerre de Cent Ans, Jean I Pewrell quitte l’Angleterre et s'installe en Normandie. Ses deux fils combattent dans les camps adverses :
Guillaume Pevrel, dit Le Grand Pevrel, pour le roi de France Charles VII, il est sire de Montérolier.  Comme son beau-père, Jean de Grouchy, il est appelé le père des Cauchois pour sa vaillance. Il y a entre les paroisses de Nétreville, Valliquerville et Caudebec trois croix plantées appelées les "croix du grand Peverel. Marié avec N. de Grouchy, sans descendance, il est tué au siège d'Harfleur en 1436. La terre de Montérolier échoit aux Grouchy,  plus tard, elle repasse à la maison de Pevrel.
Jean II Pevrel,  du côté anglais pour le roi Henri V, écuyer, lieutenant de la compagnie d’hommes d’armes du comte de Tancarville. Il est récompensé en 1448 par les fiefs du Porquet et de Varengeville. Il épouse Thomasse de Tournebu.
Jean III Pevrel, fils du précédent, est fait chevalier de l'ordre de Camail par le duc d'Orléans, seigneur d'Offranville et d'un fief assis à Varengeville donné par le Roi en raison de ses services contre les anglais. Il est l’époux d’Etiennette Martel de Bacqueville.
Guillaume Pevrel, frère du précédent, tous deux sont coseigneurs d'Hautot l'Auvray, de Bémécourt et de Varengeville.
Robert Pevrel, fils de Jean III, écuyer, seigneur d'Offranville, Bémécourt et fief du Chambellan, et, épouse en 1451 Raouline de Caux, dame de Montérolier, Hautot l'Auvray, Mesnil-Durdent et Saint Denis de Vassonville. Il est tué au siège de Gerberoy. 
Guillaume Pevrel, fils du précédent, chevalier, sire de Montérolier et Bémecourt. Aveu en 1503 pour les fiefs de Grouchy, assis en la paroisse de Massy, Mesnil,  assis en la paroisse de Mesnil Durdent et pour 2/8 du fief assis en la paroisse de Hautot L'Auvray. Il  prête au roi François Ier foy et hommage en 1515 pour les fiefs du Moustier Aulier  (Montérolier) plein fief de haubert, de Bémécourt, de Mesnil Sigot, assis en la paroisse de Saint Saire. Il est l’époux de  Jeanne de Gourlay. Ils ont 5 enfants :
Jean IV Pevrel, fils du précédent, seigneur de Montérolier, chevalier de l'ordre du Roi, un des 100 gentilhommes de sa maison, contrôleur de la maison du Roi. Il est l’époux d’Isabelle de Cantiers, dame d'Argenville (près de Mantes).
René Pevrel, frère du précédent, mort sans héritiers, probablement époux d’Adrienne de Houdetot.
Anne Pevrel, écuyer.
Antoine Pevrel, chevalier de l'ordre du Roi, gentilhomme ordinaire de sa chambre, seigneur de Bémecourt et Montérolier, né en 1519, rend foy et hommage au roi pour les fiefs de Grouchy, du Mesnil et des 2/8 du fief assis en la paroisse d'Hautot L'Auvray.
Louis Pevrel, prêtre, abbé commanditaire de l'Abbaye de Saint Victor en Caux en 1531, aumônier du roi, seigneur de Montérolier, rend foy et hommage au roy pour les mêmes fiefs, ainsi que pour les terres de Vassonville, Aumale assis en la paroisse de Hodens et Mesnil Segot.
Anne Pevel, page du roi, écuyer, fils de Jean IV, seigneur de Bémécourt, sert jusqu'à l'âge de 60 ans. Il épouse en 1547 Catherine Charlotte de Fumechon.
René Pevrel, fils du précédent, seigneur de Nogent, époux de Perrine de Venois.
Louis Pevrel, fils du précédent, épouse Barbe Le Barges de Busc Rabasse puis Angélique de Chaulieu, puis Suzanne de Bailleul. La fille née de son 1er mariage, Françoise Pevrel épouse en 1661, François d’Arnois, capitaine général pour le Roy en sa côte du Pays de Caux, sieur de Blanques et d'Hautot.
François d'Arnois, fils du précédent, dont la fille Marie épouse en 1722 François Alexandre de Banastre de Parfondeval, né en 1695. Leur fille Marie Françoise de Banastre épouse en 1747, Charles Antoine Jean de Lestandart (1716/1797).
Louis de Lestandart, fils du précédent, chevalier de l'Ordre de Saint-Louis, est nommé maire d'Hautot à la Restauration. Le curé Brasdefer jure fidélité à la Constitution civile du Clergé et devient le premier officier d'état civil. En 1823, Louis de Lestandart vend ses biens à fonds perdus, quitte la commune et est remplacé.

Jacques de Civille (mort en 1637) est cité comme seigneur d'Hautot-l'Auvray et autres lieux, ce qui laisse penser l’existence d’autres fiefs à Hautot.

Patrimoine

L'église Saint Martin dont les parties les plus anciennes, le chœur et le clocher, datent du XIIIème siècle. Le clocher,  en calcaire local, est situé à la croisée du Bonnechosetransept qui devait déjà exister. Le chaînage du chœur et le fenestrage sont aussi en calcaire avec un remplissage  en silex.
Au XVIIème siècle, l'abbé Jacques Symon, un riche curé, fait refaire la nef et installe une contre-table de style Louis XIII (la plus belle de l'arrondissement d'Yvetot dit-on). On lui doit aussi les fonds baptismaux en grès. Derrière le chevet plat, une sacristie en briques de Saint-Jean, peut être du XVIIIème siècle.
En 1869, il est décidé d'agrandir l'église mais la Guerre de 1870 et l'occupation prussienne retardent le projet.
En 1874, une nouvelle nef, deux bas-côtés et les deux bras d'un transept en grès et briques jaunes se greffent sur la base du clocher. Le cardinal Henri Marie Gaston Boisnormand, cardinal de Bonnechose, 1800/1883 (portrait ci-contre), archevêque de Rouen, dédicace la nouvelle construction qui n’est  réellement terminée qu'en 1890 par l’ajout d'une nouvelle sacristie.

La chapelle Notre-Dame des Autels est située dans ce hameau qu'Hautot partage avec la commune voisine de Fultot. La première mention de la chapelle des Autels apparaît en 1427. Elle dépend de la paroisse d’Hautot qui elle-même relève de l’abbaye de Jumièges et est donc cédée avec elle aux Célestins de Rouen en 1523.
Le terme latin d'Altare (autel) a eu très tôt le sens d'église secondaire, ce qui semble être le cas ici car par deux fois, en 1580 et en 1678, des tentatives de récupération de  son patronage, et surtout de ses revenus, conduisent  les tribunaux à confirmer la cure d'Hautot dans sa possession.
Le terrain autour de la chapelle est réservé aux enfants mort-nés du village qui n'ont pu être baptisés.
La chapelle est probablement pillée pendant les Guerres de religion.
Elle est au centre d’une foire très fréquentée qui a lieu le lendemain de la fête principale de la chapelle (la Nativité de la Vierge), le jour de la Saint Gorgon. Cette foire est transférée en 1856 sur la place des Marquets dans le village.
Le cardinal Claude Maur d’Aubigné y suspend l’administration des sacrements en 1714, parce que le concours extraordinaire de peuple qui s’y fait ne concourait pas à la sanctification des peuples et qu’il y aurait arrivé quelques scandales.  De même en 1824, le curé transfère les quarante heures de la chapelle à l’église parce qu’elles entraînent des bals et autres désordres.
Vendue comme Bien National à la Révolution, puis cédée au curé qui la lègue à sa servante, elle est revendue par cette dernière à la Fabrique pour 2000 francs en 1830.
Elle remplace l’église pour la célébration du culte, durant les travaux de reconstruction de la nef en 1874 et 1875.
Les messes continuent à y être célébrées jusque dans les années 1960 ; en particulier pendant la Grande Guerre tous les jeudis pour les Poilus, ensuite jusqu’en 1925 pour le départ des conscrits.
En 1949 sont installées quatre verrières dans le chœur.
Avec la raréfaction du clergé et la diminution de la pratique religieuse, la fréquentation de la chapelle s’amenuise. En 1977, elle est désacralisée et il est même question de la vendre à un particulier.
En 1988, une association se crée dans le but de préserver et de redonner vie à ce monument qui a tenu pendant des générations une place importante dans la vie des Hautotais.

La partie la plus ancienne de l'édifice est du XIIème siècle, elle est bâtie en silex liés à la chaux.
Elle est éclairée par de petites fenêtres semblables à des meurtrières.
La partie la plus récente date de 1646 : à cause de la grande affluence de pèlerins, il est décidé d'allonger la chapelle par une construction soignée en grès doublés de briques de Saint-Jean, plus haute, plus large, terminée par une abside polygonale et couverte par une classique voûte en carène de navire.
Le porche d'entrée et le clocheton sont du XIXème siècle.

La ferme La Mésangère est, depuis 25 ans, une exploitation agricole spécialisée dans la culture de céréales, légumineuses et oléagineuses.

Evolution de la population

En 1738, la paroisse compte 100 feux.

Hautot l auvray seine maritime demo

Hameaux, lieux dits et écarts

En plus du bourg, il y a 3 hameaux : Les Heunières, les Autels et le Nouveau Monde (autrefois les Bruyères). La population après avoir dépassé le millier d'habitants descend régulièrement et des hameaux disparaissent : le Petit Bout incorporé au Nouveau Monde, la Valette et le Frébois partagé avec Saint-Vaast-Dieppedalle.

Nos ancêtres de Hautot-l’Auvray …

Décès/inhumations :
LEBRUN Michel (sosa 4010G12), époux de AUTIN Charlotte (sosa 4011G12), le 5 avril 1690.

 


 

Sources
Sites et photo :
Wikipedia, Sauvegarde de l’art français, Seine76,
Livre ou document : Les églises de l’arrondissement d’Yvetot, par L’Abbé Cochet, tome I, 1853.
J’ai mal à ma jeunesse, mœurs et coutumes 1900-1945, de Jenny Ricœur, 1982 (témoignage).

Date de dernière mise à jour : 18/06/2016