Athies-sous-Laon

Athis adm

La ville est située sur la chaussée gallo-romaine reliant Reims à Vermant près de Saint-Quentin.
Un cours d’eau traverse le village, le ruisseau des Barentons.

Drapeau francais fond blancHistoire

L’origine d’Athies est sans doute bien antérieure au Xème siècle et vraisemblablement là au moment de la conquête romaine.
Le nom Athies dérive du  bas-latin "attegium" qui signifiait un village "d'attegia" sorte de cabanes en bois et en roseau de bûcherons. A l’origine, le village de quelques cabanes modestes, se situe au cœur de la forêt marécageuse de Samoussy. Les premiers athisiens étaient peut-être de simples bûcherons, à moins qu’Athies soit né du regroupement d'hommes autour d'un relais de poste de la voie gallo-romaine.
Le défrichement de la forêt libéra des terres qui furent annexées dès le XIVème siècle par les chanoines du Chapitre de la cathédrale de Laon. Ils en restèrent propriétaires jusqu’à la Révolution.
Sur ses plaines, le blé est la principale culture, mais "la butte des vignes", point culminant de la commune, rappelle que le Laonnois était aussi une région viticole.
Croisant la voie romaine, une autre chaussée fut construite «pour la commodité des nombreux pèlerins». Elle traverse les marais et se dirige vers Liesse.
1789 met fin à la domination des chanoines, leurs terres devenues biens nationaux furent vendues par lots au paysans aisés du village.
La nuit du 9 au 10 mars 1814, pendant la campagne de France, le village fut entièrement brûlé par les Prussiens qui affrontèrent les soldats du général Marmont  (Le Hurrah d'Athis, voir ci-après).
Le XIXème siècle vit la construction de deux lignes de chemin de fer, Laon/Reims (1855) et Laon/Liart (1880), ainsi que de la gare.
Les athisiens furent encore envahis en 1870 et pendant les deux guerres mondiales.
Lors de leur retraite en 1918, les troupes allemandes piégèrent la ferme "La maison-Bleue" et causèrent la mort de 48 soldats français de retour du front après la libération de Laon. Un monument leur rend hommage.
En 1942, les Allemands continuèrent la construction du champ d'aviation Laon/Athies (actuellement « Les pistes de Samoussy") qui avait été commencé par les Français. Il fut utilisé par la chasse aérienne de défense allemande contre les bombardiers anglais puis américains. La base aérienne fût reprise aux allemands par les Américains en 1944 et servit de base pour les bombardiers B26 Marauder qui partaient en mission au-dessus de l'Allemagne. En février 1945, ils sont remplacés par les bombardiers légers A26 Invader du 416e groupe de bombardement. Le 3 mai 1945, ils décolleront des pistes d'Athies pour la dernière mission d'un A26 en Europe. Depuis les pistes sont à l'abandon.
Athies était connu jusqu'à la seconde Guerre Mondiale pour la fabrication de balais. Le surnom qui était donné au village "Athies les balais".

Nuit du 9 au 10 mars 1814, le Hurrah d’Athis

Le hurrah était un terme militaire allemand qui signifiait combat au corps à corps, désordre ... Son but est de surprendre, submerger et anéantir l'adversaire, peu importe la manière à pied à cheval. Il s'oppose à la bataille rangée.

1814, l'Empereur Napoléon fait face à la sixième coalition. La retraite de Russie a laissé une armée amputée de ses meilleurs soldats. C'est donc avec beaucoup de nouvelles recrues, qu'il s'oppose à l'attaque des alliés. A la veille du hurrah d'Athies, le 7 mars, Napoléon avait battu, à Craonne avec ses 22 000 soldats, les 22 500 hommes du feld-maréchal Blücher, l'ennemi de toujours, commandant en chef des armées prussiennes et russes. Blücher, dans sa retraite, choisit avec évidence le plateau de Laon comme position défensive qui domine de 25m toute la plaine. Blücher pouvait depuis les terrasses de la cathédrale observer les mouvements des troupes. Napoléon, désirant prendre au piège Blücher, décida d'un mouvement de tenaille autour de Laon. La branche droite de cette tenaille était confiée au général Marmont. Le 9 mars au soir, ce dernier avait réussi une belle percée puisqu'il s'était avancé jusqu'à Athies aux portes de la route de Marle, voie stratégique vers la Belgique. L'Empereur, pensait refermer sa tenaille le 10 au matin. Blücher avait jugé la situation, il dépêcha un aide de camp, le comte de Goltz, au général York, lui enjoignant d'attaquer dans l'instant. Il était préférable d'attendre la nuit. Grâce à l'obscurité le combat deviendrait hurrah.
Les meilleurs soldats de Marmont étaient dispersés, cherchant des vivres dans les fermes environnantes. Les autres, et c'était le plus grand nombre, vaincus par la fatigue, engourdis par le froid, affaiblis par la faim, dormaient, serrés comme des moutons au parc, autour des feux de bivouac. A 7h, les Prussiens se glissent lentement dans la plaine, gardant le plus grand ordre et observant le plus profond silence. La division du prince Guillaume pénètre dans Athies baïonnettes croisées, sans tirer un coup de fusil. Surpris dans leur premier sommeil, incapables de se rallier rapidement, les jeunes soldats du duc de Padoue font à peine résistance. Les uns sont tués ou faits prisonniers, les autres s'enfuient dans la direction de la butte des Vignes qu'occupe le gros des troupes. Mais avant qu'ils aient eu le temps de donner l'alarme à la réserve de Paris et aux vétérans du 6e corps, la colonne de Kleist, qui a marché et marché très vite à travers champs, entre Athies et la route de Reims, assaille la butte des Vignes en criant : «Hurrah ! hurrah !» et la colonne de Horn, qui a suivi la grand-route, arrive devant le parc d'artillerie établi en face du Chaufour.
Napoleon 1ere abdicationCe glorieux fait d'armes du Hurrah d'Athies restera dans l'histoire comme la défaite de l'Empereur à Laon.
Paris sera pris avec la trahison de Marmont le 30 mars ce qui conduit à l'abdication de Napoléon le 6 avril 1814. Le 6 avril 1814 à Fontainebleau, Napoléon abdique sans condition. Le tableau ci-contre montre que ce sont ses propres maréchaux, dont Marmont, qui lui présentent l'acte d'abdication.
Cet épisode de la campagne de France fût longtemps enseigné dans les écoles militaires, en effet la cavalerie n'était jamais utilisée pour les attaques de nuit. Il faut s'imaginer ce que pouvait être la confusion d'une attaque de nuit, les soldats avaient la plus grande difficulté à identifier l'ennemie du compagnon d'arme, on cherchait à tromper en utilisant les cris de ralliement de l'adversaire, les flashs produits par les tirs des armes fournissaient la lumière pour éclairer le champ de bataille, mais elle était aussi source d'éblouissement. Pour le cavalier, la nuit représentait un danger supplémentaire pour sa monture.

Seigneurs et gens de noblesse (source : Dictionnaire historique de Melleville)

Au début du XIVème siècle, les seigneurs d’Amigny possèdent les terres d'Athis-sous-Laon. Marie d'Amigny vendit une partie d'Athies à Simon, sous-chantre de l'église de Laon, qui en fit présent au Chapitre. Ce même Simon acheta le surplus de cette seigneurie en 1379 et le donna encore aux chanoines de la cathédrale. C'est ainsi que le chapitre de Laon devint propriétaire du domaine qu'il garda jusqu'à la Révolution.

Chronique communale

1937, un bûcheron tué par son fils : le meurtrier est acquitté.

Le père, Henri Robillard, 49 ans. Un bûcheron dur à la tâche. L'alcool joue le rôle principal de ce drame. Henri employé de la commune de Laon, travaille au bois de la Mouillère à abattre des arbres et les débiter. Sa vie, c'est la forêt.
Son second fils, André, 24 ans, vit dans la maison familiale d’Athis. Il est bûcheron comme son père mais travaille dans la forêt de Samoussy loin de lui  car ils ne s'entendent pas.
Il y a encore trois autres fils, Andréa 17 ans qui tient la maison, Samuel 14 ans et Lucien 9 ans. La mère est morte quelques mois auparavant.
Le 30 décembre 1937, la journée a été rude. A 16 h 30, André rentre à la maison. Il est fatigué et n'aspire qu'à deux choses : s'asseoir et manger une soupe bien chaude.
Mais à peine le père rentré, les insultes fusent. Henri Robillard est encore plus saoul que d'habitude. Il hurle : «J'ai tué le cochon, ce matin ! Tu n'en auras pas !» Tuer le cochon, c'est la fête... Comment André peut-il en être privé ? Et pourquoi ? Le père va cuver son vin. Il se couche.
André n'est déjà plus lui-même. Vengeance, c'est la seule chose qui lui vient à l'esprit. Le  fusil est accroché au mur (la famille chasse). Dans un tiroir, du petit plomb numéro 4. Il charge l'arme, vise le crâne de son père, et, en hurlant, appuie sur la détente. A bout portant. Le père meurt sur le coup. André confie alors ses jeunes frères à une voisine. Puis il part à bicyclette à la gendarmerie de Vaux-sous-Laon ou il se constitue prisonnier.
Durant l'enquête, il témoigne de la violence alcoolique du père. Les plus jeunes confient qu'ils le craignaient et racontent que le père avait déjà menacé André d'un fusil.
Le 9 mai 1938, devant les assises de Laon, tout le monde le décrit bon soldat et bon travailleur ; l'accusé est pourtant un meurtrier qu'il faut juger. Le parricide pleure, mais ce procès est un peu celui du père, la victime.
Sous les applaudissements nourris du public, André Robillard est finalement acquitté.

Personnalités liées à la commune

César Méléra, Officier de marine, sous-lieutenant de l'Infanterie coloniale, orientaliste, écrivain et poète né à Athies-sous-Laon en 1884, il fut mobilisé en août 1914, combattant sur l'Yser, dans l'Artois, à Verdun, en Champagne, blessé grièvement à Verdun en 1916, trois fois cité à l'ordre du jour, chevalier de la Légion d'Honneur, mort pour la France, frappé d'une balle au cœur, à Brin (Lorraine) en 1918. Il est l’auteur du livre "Verdun (juin/juillet 1916) La montagne de Reims (mai/juin 1918)" paru aux Editions de La Lucarne en 1925. Son nom figure au Panthéon parmi les écrivains morts au Champ d'Honneur pendant la guerre 1914/1918.
Son épouse, Marguerite Yerta Juillerat-Méléra, fut rédactrice et collaboratrice occasionnelle ou régulière de nombreux journaux et revues. Elle publie trois ouvrages consacrés à Rimbaud et deux romans. Elle fut la première femme élue à l'Institut jurassien des sciences, des lettres et des arts  en décembre 1960.          

Patrimoine

L’église Saint Quentin est très ancienne. Les chapiteaux du chœur et les fonts baptismaux sont romans, le plan roman primitif. Elle fut maintes fois remaniée et restaurée. La voute du portail, très ouvragée, est un ajout du XIXème siècle.

Hameaux, lieu-dits et écarts 

Les Manoises, La Mouillée (ferme), La Butte des Vignes, La Paillasse (moulin), La Route de Reims.

Evolution de la population

Athis demo

Nos ancêtres d'Athis-sous-Laon...

Naissance/baptême :
VILLAIN Marguerite (sosa 435G9) le 10 novembre 1734.

 

Date de dernière mise à jour : 29/03/2015