Sainte-Eulalie-de-Cernon

Sainte eulalie adm

Au fond de la Vallée du Cernon, un charmant village médiéval fortifié, Sainte-Eulalie-de-Cernon, se trouve au coeur du vaste plateau karstique du Larzac, partie du Parc Naturel Régional des Grands Causses, ou cohabitent une flore exceptionnelle et une faune variée.
Le bourg s'est développé grâce à l'administration des Templiers (1152-1307), puis des Hospitaliers (jusqu'en 1792). Ils ont façonné la physionomie du village mais également son économie en favorisant l'élevage.
Le pastoralisme joue toujours un rôle important avec la production de lait pour le Roquefort. 6 000 brebis arpentent les quelques 5 000 ha de la commune.

Ste eulalie de cernon blasonHéraldique

Les armes de la commune de Sainte-Eulalie-de-Cernon se blasonnent ainsi :
De gueules à quatre pals faillis en chef d'or ; au chef d'argent chargé d'une croisette pattée de gueules.

Drapeau francais fond blancHistoire

Sainte eulalieQui était la sainte Eulalie ?
Vulgairement appelée "Aoulario", elle nait en 292 en Espagne, à Mérida.
Alors qu'elle a une douzaine d'années, elle est, parmi bien d'autres chrétiens, victime des persécutions de l'empereur romain Dioclétien. Le proconsul Dacien n'ayant pu la gagner au culte des idoles, la soumit à des tortures horribles et redoublées.
Pour lire le Cantilène de Sainte Eulalie et sa traduction en français moderne, voir : http://www.restena.lu/cul/BABEL/T_CANTILENE.html
C'est vers le VIème siècle que son culte est introduit dans le diocèse de Rodez. Sigebert, roi d'Austrasie, à la sollicitation de Brunehaut, fille d'Athanalgide, roi des Wisigoths d'Espagne, aurait envoyé prendre les reliques de la Sainte. Choisi pour cette sainte mission, Elaphe, évêque de Châlons, tomba malade sur le chemin du retour, à Rodez, et y mourut vers l'an 533. Et dès lors, Sainte Eulalie fut honorée en Rouergue.

Différents noms du village à travers l'Histoire
Sainte-Eulalie
Une des principales paroisses, parmi les 15 revendiquées dans la région par Saint Dalmas, évêque de Rodez, au VIème siècle. C'est peut-être à ce moment-là que son fondées les premières églises rurales et que le culte de Sainte-Eulalie donne son nom à la localité.
Les diverses orthographes au Haut Moyen-Age sont en général Sancta Eulalia  qui devient parfois Sancta Euladia (chartes 162- N° 249) ou  Sancta  Eulazia (Livre de l'Epervier et cartulaire de l'Abbaye de Nonenque) ou simplement  Sancte Eulalie (cartulaire de Nonenque).
Sainte-Eulalie de Larzac
Toute l'histoire le prouve, le nom de Sainte-Eulalie est  lié au Larzac qui l'entoure.
En 1184, le livre  de l'Epervier parle de Sancta Eulazia de l'Arzac et de " la Vilhade Sancta Eulazia quanten l'Arsac", le Cartulaire de l'Abbaye de Nonenque de " Seinnor Fraire Peire Raimunt, Commandador de la maiso de Sancta Eulalia de la Cavaleria del Temple del Arzac", ainsi que du même" frater Petrus Raimundi, miles preceptor domus Sancte Eulalie milice Templi de Larzaco".
Sous les Hospitaliers, les "Ameilheurissements" de la Commanderie portent le titre de Sainte-Aularie de Larzac, au diocèze de Vabres, sénéchaussée de Rouergue.
Source-Libre
En 1789, on oublie le Larzac pour  ne se souvenir que du Cernon. Mais alors, on en voulait surtout aux "Saints" et le village perd son nom de baptême  pour prendre un certain  temps  celui de Source Libre. L'appellation révolutionnaire dure peu.
Sainte-Eulalie de Cernon
En 1889, la commune est rebaptisée Sainte-Eulalie-de-Cernon.
La véritable orthographe du mot Cernon est Sernon avec S. En patois on dit d'ailleurs  "Lou Sarnou" et les  anciens titres en latin ou en Langue d'Oc portent la mention "Flumen Sarnonis" quand il s'agit de  la rivière et de "Sarnonenca"  quand il s'agit de la vallée.
Ses habitants sont appelés les Saint-Eulaliens. Cependant, le terme occitan les désignant est Cristoulis, faisant référence à la présence des soldats du Christ, les Templiers puis les Hospitaliers.

Des Origines à nos jours
Occupée dès le Néolithique : nombreux dolmens, tumulus de l'occupation gallo romaine (temple de Puech Caut 1er siècle après J.-C.). Cette occupation est à mettre en relation avec la forte activité économique des ateliers de poteries sigillées de La Graufesenque près de Millau et de la présence toute proche de la voie romaine reliant ce site à la Via Domitia dans le Languedoc.
C'est une des premières paroisses de l’Aveyron, citée par Saint-Dalmas, évêque de Rodez au VIème siècle.
Féodalité
Les petits seigneurs guerroyent les uns contre les autres provoquant des troubles qui nuisent à une culture normale de la terre et rendent difficile tout l'élevage. La circulation est dangereuse, les famines fréquentes et parfois terribles. Un système défensif, qui consiste en une série de forteresses bâties sur les falaises du Larzac ou sur les hauteurs environnantes, est organisé par les seigneurs locaux :
- Le Château  de Cornalach commande la vallée du Cernon jusqu'à son confluent avec le Soulzon et défend l'église de Saint-Estève. Divers possesseurs, dont l'abbé de Conques, se partagent son mandement.
- Le Chateau d'Alzobre occupe vraisemblablement la partie occidentale de l'actuelle commune et défend de son côté l'église d'Alzobre.
- Une fortification existe sûrement à Cargouille. Certaines personnes se souviennent d'un reste de tour rasé lors du scellement du signal établi pour la levée de la carte topographique.
L'Eglise, pour remédier à la vague de violence, instaure "la trêve de Dieu" et la chevalerie, avant d'assouvir les instincts guerriers des seigneurs dans la grande aventure des Croisades, morcelle les paroisses dépendantes des grandes abbayes : l'église d'Alzobre dépend de l'abbaye bénédictine de Conques, celle de Saint-Eulalie comme celle de Saint-Estève dépend des bénédictins de Gellone.
La petite agglomération de Sainte-Eulalie, autour de son église, fait partie de la vicomté de Millau.
Une foule de petits seigneurs, dans la foire d'empoigne qui a suivi le démantèlement de l'empire Carolingien, se sont partagé, dans un morcellement devenu inextricable, les seuls revenus terriens. Les petits seigneurs locaux comme Bernard de Montorsier, Olivier et Arnaldu Monna, Bégon de Ségur et Gac de Peyrebrune, se partagèrent la possession du mandement de Cornalach, sans oublier l'abbé de Conques qui y possédait aussi des biens (il donnera bientôt aux Templiers la moitié du mas du même lieu). La même complexité règne d'ailleurs dans les fermes qui paraissent très nombreuses : Bernard de Millau, prieur de l'église de Saint-Amans de Boysse, engage à Bertran Jouven neuf mas situés dans les environs de "Solatgues", et que Raynal Raymond du Monna donne à l'abbé de Gellone sept mas ou fermes qu'il possède dans les environs de Saint-Estève du Larzac.
Moyen Âge, l’église locale dépendait des Bénédictins de Gellone.
TemplierEn 1158, Raymond Béranger, roi d’Aragon et comte de Barcelone, en sa qualité de tuteur de Raymond Berenger II, vicomte de Millau, trop jeune pour exercer ses droits, donne à Élie de Monbrun, la ville de Sainte-Eulalie, et la terre dite "Larzac" qui l’entoure, avec permission d’y construire des "villes" (villas) et des places fortes (forcias).
Les Templiers construisent à Sainte-Eulalie une grande commanderie et organisent le territoire du Larzac. La Commanderie deviendra une des plus puissantes du Sud de la France, participant au financement des activités des Templiers en Palestine.
En 1312, à la fin de l’Ordre du Temple, la ville passe sous domination Hospitalière.
En 1377, François dit "Fohlon" de Roquefeuil pille et incendie la commanderie hospitalière ainsi que la ville pendant la nuit du 11 juillet. Les Roquefeuil-Anduze sont connus pour avoir toujours eu des relations difficiles avec leurs voisins les chevaliers hospitaliers. Après de nombreuses escarmouches organisées par Raymond III, Arnaud II et son fils Arnaud III c'est le neveu, François qui se distingue.
A partir de 1442, les remparts sont construits par Maître Déodat d'Alaus, tailleur de pierre, associé à Maître Pierre Moinier de Calmont. Les délais de livraison sont fixés à trois ou quatre ans. Huit à dix ouvriers au minimum doivent y travailler en permanence. L'ouvrage doit être achevé en 1447 au plus tard,  mais Maître Déodat d'Alaus est d'un caractère impossible et en 1449 les travaux sont encore inachevés. Après un procès, ce n'est qu'en 1450 que sont assurément achevés les remparts protecteurs de la cité.
En 1575, la ville est pillée par les Protestants lors des Guerres de religion.
En 1625, pour se mettre à l'abri des Protestants, l'évêque de Vabres se réfugie à Sainte-Eulalie.
Avec la paix retrouvée, la Renaissance puis le grand siècle vont introduire en France un nouvel art de vivre.
Jean antoine riquetti bailli de mirabeauA Sainte-Eulalie, le château devient villégiature de commandeurs comme Jean Antoine Riqueti de Mirabeau, oncle du tribun révolutionnaire (portrait ci-contre).
C'est le Commandeur Jean de Bernuy-Villeneuve qui marque tout particulièrement de son empreinte la commanderie.
La construction n'est plus à la défense mais à l'agrément, la petite cité va ouvrir sa ceinture de pierres et devenir plus accueillante. La place est transformée. Le cimetière est transféré hors des remparts, la fontaine construite, l'église inversée et largement ouverte, se pare d'un grand portail baroque aux armes du novateur, et de la Vierge en marbre blanc de Carrare. Des familles nobles attirées par la prospérité du lieu aménagent de belles demeures dont celles de M.de Monnie, médecin de Louis XIII, de M. de Senaux, premier Président du Parlement de Toulouse, de M. de Barrier qui obtient le droit avec le Sieur Déjean d'élever des tombeaux dans l'église. De belles fenêtres à meneaux éclairent les appartements qui s'enrichissent de peintures, de cheminées monumentales surmontées de décoration aux vives couleurs, de magnifiques plafonds à la française, d'escaliers à vis et de balcons en pierre aux grandes balustrades.
Malheureusement, le reste de la population sur qui pèsent les nombreux impôts connaît une vie rude et précaire.
A la veille de la Révolution, la Commanderie de Sainte-Eulalie était une des plus belles que l'Ordre possède en France. Le projet de l'Ordre de Malte à ce moment-là, était de la diviser en trois commanderies : Sainte-Eulalie,  La Cavalerie, La Couvertoirade.
En 1789, une grande partie de la splendeur de Sainte-Eulalie est détruite.
Le 11 septembre 1794 (25 fructidor de l'an II) le domaine de Sainte-Eulalie du Larzac est divisé en 32 lots et mis en vente sur folle enchère par Jacques le Bel, homme de loi et feudiste de Saint-Affrique.
Depuis 1970, ces lots ont été réunis et l’ensemble mis en valeur.

Les commandeurs de Sainte-Eulalie
La liste suivante est établie à partir de celle d'Emile Guillaume Léonard, historien français, spécialiste de l'histoire du protestantisme 1891/1961, et complétée par des publications plus récentes :

Commandeurs

(Source et voir + de détails : http://carriere13.free.fr/histoire.htm)

Patrimoine

La commanderie
L’histoire des Templiers sur le Larzac débute en 1151 lorsque l’abbé de Saint-Guilhem-le-Désert, Raimond, fait don de l’église de Sainte-Eulalie. Plusieurs donations importantes sont faites ensuite par les seigneurs locaux, mais la plus importante reste celle faite en 1159 par Raimond Bérenger, roi d’Aragon et comte de Barcelone qui fait don aux Templiers de la totalité du village de Sainte-Eulalie-de-Cernon ainsi que d’une grande partie du Larzac par l’entremise du commandeur de Rouergue, Élie de Montbrun. Cette donation s’accompagne d’un droit de construction pour des villages et des forteresses.
À partir de 1159, les Templiers vont commencer à rebâtir l’église puis ils vont construire les bâtiments de la commanderie.
En 1307, lors de la chute du Temple, les chevaliers et hommes d’armes de Rouergue sont arrêtés et emprisonnés dans le château de Najac.
En 1312, tous les biens de l’Ordre sont donnés aux Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, qui entreprirent de reconstruire le bâtiment communautaire, avec la salle d'honneur, le dortoir des moines, la salle des fresques... ainsi que la première chapelle de l’église.La grande cage d'escalier décorée de fresques, l'échauguette renfermant des « graffiti » d'églises et de navires.
La commanderie, en forme de quadrilatère, est fortifiée sur l’extérieur. Elle comprend des bâtiments agricoles, l’église et le bâtiment communautaire avec au centre une cour intérieure. Que ce soit les cheminées, les espaces cloisonnés éclairés par de grandes fenêtres, le balcon, tout évoque la Provence, l'Italie et Malte. Les peintures du XVIIème siècle, les poutres et les plafonds de la grande salle sont remarquables. Les appartements privés du commandeur sont en cours de restauration.
La commanderie est inscrite aux Monuments Historiques en 1976.

L'église Sainte-Eulalie, reconstruite par les Templiers lorsqu’ils se sont installés à Sainte Eulalie au XIIème siècle.
Elle est d’une construction sobre à simple nef, composée de quatre travées et d’une abside semi-circulaire voûtée en cul de four, orientée vers l’Est. Toutes les chapelles latérales actuelles datent du XIXème siècle, à l’exception de la première sur la droite en entrant qui date du XIVème siècle. Sa particularité est son entrée qui a été percée tardivement dans le chevet d’origine, en 1641, par le commandeur Jean de Bernuy-Villeneuve qui a fait inverser son sens pour que le portail d’entrée ouvre sur la place. Cette grande porte est surmontée d'une Vierge venant de Gênes.
Elle est inscrite aux Monuments Historiques en 1927.

L'église donne sur une charmante place agrémentée d'une fontaine du XVIIème siècle, la place du Commandeur.

Le bourg médiéval très bien conservé avec les vestiges des remparts et des tours d'enceinte.

La chapelle de Saint Pierre d'Alzobre, désaffectée, est une église romane de conception très simple, datant des XIème et XIIème siècles. Elle fut remise aux Templiers de Sainte-Eulalie en 1181 et resta en service jusqu'à la Révolution.
Un projet de sauvegarde et de restauration a été envisagé.

Les dolmens des Rafènes, de La Barraque, de Peyraube et des Cayrelets.

Les tumulus des Mortes, de la Carbonière, de Puech Caut au sommet du Puech Caut.

Les châteaux disparus
- Le château d'Alzobre, situé de même que l'église et le village entre Lapanouse et Sainte-Eulalie, était la propriété de la famille de Jourdain mais était revendiqué par les Templiers de la Commanderie de Sainte-Eulalie. Un conflit important eu lieu avec des violences de part et d'autre au XIIème et XIIIème siècle.
- Le château de Castelsarrazin portait aussi le nom de Cornalaitz. Il se situait dans le bois de la Motte, sur la commune de Sainte-Eulalie à proximité de l'église de Saint-Etienne du Larzac en allant vers la Cavalerie. Il aurait été construit par les Sarrasins au IXème siècle. On mentionne son existence au XIème siècle. Il aurait été abandonné après la croisade des albigeois. Ses ruines sont encore visibles mais très difficile d'accès.
(Source : www.vivreaupays)

Hameaux, lieux dits et écarts

Marcorelles, Saint-Pierre d'Alzobre, Bengouzal, La Baraque, Le Frayssinet, Le Mas de Roques, Le Mas Razal, Le Mas Trinquier, Le Rouquet, Caubel, La Baysse...

Evolution de la population

Sainte eulalie de cernon demo

Nos ancêtres de Sainte-Eulalie-de-Cernon ...

Naissance/baptême :
VIRENQUE Hélène (sosa 797G10) le 11 février 1706.

Divers :
VIRENQUE Hélène (sosa 797G10) est marraine d'Hélène VIRENQUE, fille de Jean et Marie FARROUCH, née le 8 septembre 1750, vraisemblablement sa nièce.

 

Date de dernière mise à jour : 09/07/2015