Martincourt-sur-Meuse

Martincourt adm

La commune de Martincourt est située dans la partie Nord de la plaine de la Woëvre et est traversée par la Meuse et par le canal de l'Est. Le village est construit à flanc de coteau, le long de la Meuse, sur les roches bajociennes du Jurassique moyen (voir « Echelle des Temps »).
Son petit territoire est creusé par des combes appelées fonds : Fond des Caures, Fond des Coulmiers, Fond de Martincourt (où se trouve blotti le village) ; plus au Nord, se trouve les sources réputées du Trou du Loup et de Serinval qui alimentent Stenay et Martincourt.
L’activité traditionnelle était liée aux carrières, à l’extraction du minerai de fer et à la vigne.
L'histoire de la commune est profondément marquée par la Seconde Guerre mondiale et les violents combats de mai 1940 dont elle a été le théâtre.

Martincourt blason

Héraldique

Premières armoiries de la commune, celles d'Aubertin VI de Pouilly lors de l'élévation en seigneurie de ses terres de Martincourt, Inor et Pouilly.

Drapeau francais fond blancHistoire

Autres noms : Martis-curia, puis Martini-curtis, le village devient Marthecurt  en 1157, Marthincourt en 1591 et Martincourt en 1656, puis par arrêté préfectoral du 24 février 1922, Martincourt-sur-Meuse.
L’existence du village est attestée au IXème siècle et la charte de l’archevêque Hillin de Trêves, en 1157, fait état de Marthecurt au rang des 32 villae Evodiennes qui, chaque année, depuis 882, apportent processionnellement leurs cierges et leur bannières sur le tombeau du roi Dagobert, dans la chapelle Saint-Rémy, à Stenay (voir page sur Stenay).

Une voie romaine traverse le territoire communal par les côtes et relie Verdun à Mouzon.
La tradition locale mentionne l'existence d'un gué romain sur la Meuse.  En 1877, en creusant le canal, un dallage en briques d’une construction antique est découvert  ainsi qu’une pièce en bronze à l’effigie d’Antonin.
En 879 puis en 883, les Vikings, emmenés par Rollon, futur duc de Normandie, remontent l’Escaut, puis la Meuse, ravagent et pillent la Belgique, puis la Lotharingie jusqu'à Mouzon. Rainier 1er, duc de Lotharingie, comte de Stenay, a alors pour charge de s'opposer aux incursions. Les communes de Stenay et Martincourt sont épargnées par les vikings, selon la légende, par un miracle qui fait se séparer en deux les eaux de la Meuse et refouler les assaillants. Une procession solennelle est organisée dès 882 et jusqu'à la Révolution française sur le tombeau de Saint Dagobert, tenu pour responsable de cette aide miraculeuse.
Henri ivEn 1590,  Henri IV (portrait ci-contre à gauche), qui tient les Lorrains pour les principaux alliés des Ligueurs, leur déclare la guerre.
Le duc de Nevers, principal ennemi des Lorrains, fait une incursion dans le pays, à la poursuite du comte de Chaligny. Le 10 novembre 1590, Chaligny passe la nuit à Inor, avant de plier bagage dès l’aube pour se rendre, via Martincourt, à Stenay.
Les Sedanais, revenant de Jametz, passent par Martincourt et Inor avec 500 chevaux.
En 1630, une épidémie de peste ravage la région,  Martincourt une grande partie de ses habitants.
En 1646, les Lorrains, terriblement affaiblis, subissent les assauts des mercenaires croates, hongrois et polonais qui ravagent le pays de Stenay alors aux mains des Français. Les ravages commis sont considérables. Cette troupe profite des gués sur la Meuse pour circuler librement et rapidement dans la vallée. Martincourt compte un de ces passages sur son territoire. FabertAbraham de Fabert, maréchal de France (portrait ci-contre à droite), fait construire des redoutes de surveillance sur la Meuse, dont une à Martincourt au lieu-dit la redoute Lambert, sur la rive gauche de la Meuse.
La fin du XVIIème siècle et le début du XVIIIème siècle marquent le retour d'une certaine prospérité permettant la construction de coûteuses et vastes fermes.
A la Révolution, Le curé de la paroisse est réfractaire à la constitution civile du clergé et refuse de prêter serment. Il entretient dans ses anciennes paroisses un large sentiment contre-révolutionnaire et jouit de l’estime des villageois qui protègent et le cache pendant huit ans. Il reprend son office avec le Concordat instauré par le consul Bonaparte.
Au XIXème siècle, du fer est extrait au lieu-dit Le Pèlerin, à la limite entre Martincourt et Stenay, puis charrié jusqu’à un lavoir à bras, dont les vestiges sont encore visibles au Fond des Coulmiers. Lavé, il est sorti du bac et mis à sécher avant d’être acheminé vers les fonderies de Stenay, toutes proches. La faible teneur en fer du minerai de Martincourt explique l’abandon rapide de l’exploitation du gisement.
En 1827,  les vignes occupent 27.784 hectares de terrains aux lieudits le Grand Vignoble, les Vignes de Bel Air, les Vignes du Closel, les Longues vignes et le Cul des Vignes et Martincourt produit un vin de qualité moyenne.  Dans les années 1960, environ un demi-hectare de vignes est encore exploité au lieudit Le Cul des vignes. La viticulture a aujourd’hui disparu. En plus des vendanges, les hommes et les femmes du village vont aux bois récolter les faines, fruit du hêtre. Celui-ci est mis à sécher dans les greniers, avant d’être porté au moulin à faines et transformé en farine puis en huile.
Fokker dr1 du lt jacobsEn 1916, sur les hauteurs de Martincourt, les Allemands construisent une piste d’atterrissage pour leurs biplans ainsi qu’un laboratoire de développement mobile dans la cour de la ferme Fiévet, siège de la kommandantur (camion dans lequel on développe les plaques photographiques en verre des reconnaissances). Martincourt est le premier aérodrome de la Jagdstaffel 7, surnommée Jasta 7.  La Jasta 7 est commandée à partir du mois d'août 1917 par Josef Jacobs, surnommé Le Diable noir, l'un des plus grands as de la Première Guerre mondiale. Son Fokker DRI triplan noir, orné d'une tête de diable ailé, crachant et écumant (dessin ci-contre), est au moins aussi célèbre que le triplan rouge du Baron rouge, Manfred von Richthofen.

15 et 16 mai 1940

Heinz guderianLe 13 mai, le 19e Panzerkorps, commandé par le général Heinz Guderian (photo ci-contre à gauche), s’empare de la ville de Sedan et perce les défenses françaises. Les blindés s’élancent vers l’Ouest pour encercler les troupes d’armée du Nord et vers l’Est et le Sud pour renforcer encore le succès acquis, s’emparer de Stenay et prendre à revers les troupes des généraux Chapouilly et Falvy.
Le 15 mai 1940, au début de l’après-midi, des troupes de reconnaissance se présentent sur les hauteurs d’Inor. Les fantassins investissent le village en contrebas, les blindés tirent sur Martincourt. Les canons de 75 du colonel Costa, disposés dans la localité ripostent. L’échange d’artillerie dure jusqu’au soir. Martincourt subit alors relativement peu de dégâts : les tirs percent çà et là des murs et des toitures, mais les habitations, pour la majorité, sont encore debout et en bon état, hormis un barrage élevé par le colonel Costa au centre du village, devant l’école.
Les tirs se poursuivent jusque dans la nuit : les batteries de canons du colonel arrosent régulièrement le village d’Inor et les artères qui y mènent afin de prévenir une infiltration ennemie dans cette localité. Le village brûle et les fusils mitrailleurs postés le long du canal balayent le chemin de halage et les prés environnants pour décourager toute intrusion. Vers 3h du matin, les tirs cessent : Inor est repris et les batteries placées sous les ordres du colonel Costa vont se poster dans les carrières d’Olizy-sur-Chiers. Les combats d’infanterie se déplacent alors dans les bois d’Inor, ce que les Allemands nommeront, plus tard, l’enfer vert d’Inor.
Le 16 mai 1940, à 8h du matin, les Allemands, probablement persuadés que le village de Martincourt-sur-Meuse a été transformé en réduit fortifié, entreprennent de l’écraser par des tirs d’obus. Les dégâts sont considérables. Inor et Martincourt sont littéralement pulvérisés.
Quelques maisons survivent pourtant au désastre et sont encore debout à la fin de la guerre.

Les seigneurs et gens de noblesse

Au milieu du XIIème siècle, Étienne de Bers de l’Authe.
En 1266, Hucson de Bers de L’Authe qui transmet ses droits aux Malandry.
En 1290, Jean de Malandry et ses frères. Ils cèdent leurs droits sur le four banal de Martincourt à leur sœur.
En 1397, Aubertin V de Pouilly dit vieil, chevalier, gouverneur et prévôt de Stenay, épouse Jehanne de Berowart.
En 1418, Aubertin VI de Pouilly dit le jeune, fils du précédent, épouse Ermensonne de Saint Maure, héritière des terres d’Inor et de Martincourt et recueille les droits de son père. L’ensemble de ses terres est érigé en seigneurie par René, duc de Lorraine.
En 1447, Aubertin VII de Pouilly, fils du précédent, seigneur de Pouilly-sur-Meuse, Inor, Martincourt et autres lieux, gouverneur de Stenay, épouse Poncette de Walle, dame de Louppy.
EnCharles de vassinhac d imecourt 1653, Claude de Pouilly épouse Gédéon II de Vassinhac d’Imécourt, comte, gentilhomme de la Chambre du Roi, grand-maître de la fauconnerie, ardent défenseur du culte protestant, qui devient propriétaire et seigneur de Martincourt et d’Inor. Il est, en 1651, capitaine de chevau-légers au régiment de Turenne ; en 1667, major au régiment d’Hunnières ; en 1676, mestre de camps au même régiment puis colonel d’un régiment de cavalerie ; en 1688, il a la charge de brigadier des armées du roi ; puis en 1689, gouverneur de Montmédy. Il meurt en 1698, chevalier de l’ordre de Saint-Louis, convertit au catholicisme.Jusqu’à la Révolution française, les Vassinhac d’Imécourt sont seigneurs de Martincourt. Ils refusent l’émigration (contrairement aux de Pouilly qui s’enfuient en Autriche dès 1792) et peuvent racheter leurs terres aux révolutionnaires. La famille conserve des propriétés dans la commune jusque dans les années 1920 (ci-contre photo de Charles Edmond Marie Jean de Vassinhac d’Imécourt 1848/1918).

Chroniques communales

La cloche

Martincourt sur meuse meuse le vol de la clocheLa cloche de Martincourt de 1823 est volée par les allemands le 7 août 1917. Un trou est percé dans le clocher pour la faire tomber et emportée vers l’Allemagne pour être fondue. Le travail est réalisé par les habitants, sous la contrainte. 123 villages de Meuse perdent ainsi leur sonnerie.
Une nouvelle cloche est installée dans le clocher. Lorsqu’éclate la Seconde Guerre mondiale, quelques habitants vont la cacher sous un tas de pierres et de gravats à proximité de la place. Des témoins affirment l’avoir vue dans sa cachette. Malheureusement, elle disparaît.

L’école

En 1834, la commune acquiert une maison, elle sert d’école durant une vingtaine d’années sans aménagement particulier. En 1854, une salle d’école est aménagée au premier étage. Au rez-de-chaussée, un local est construit pour abriter la pompe à incendie, un fournil est monté ainsi que des communs, et à l’étage, outre la salle de classe, une salle de délibération du conseil municipal voit le jour. La maison est couronnée d’un petit campanile qui abrite la clochette de l’école. L’instituteur met fin aux récréations en sonnant cette cloche depuis l’intérieur du bâtiment. Elle sert encore après la Seconde Guerre Mondiale, accrochée entre deux pylônes, non seulement pour l’école provisoire mais aussi pour l’église.
Jusqu’à sa destruction en 1940, la mairie-école garde le même aspect.

Patrimoine

Les constructions les plus anciennes attestées dans la commune datent de la fin du XVIIème siècle.

L'église est bâtie en 1771, probablement en remplacement d’une autre plus ancienne. Elle est rénovée en 1802. Le clocher, détruit à la suite d’un ouragan, est réparé en 1876.
Durant, la Première Guerre Mondiale, elle sert de lazaret, particulièrement lors de la bataille pour la traversée de la Meuse mais aussi dans  les années qui suivent, la présence nombreuse de médecins dans la commune, en témoigne.
Lors de sa reconstruction après la Seconde Guerre mondiale, des sarcophages ont été mis à jour dans les fondations. En exposition sur la place du village, ils ont aujourd’hui disparus. Un large escalier, au niveau du chœur, est également découvert. Il s’enfonce dans la terre vers une maison voisine, il est possible qu’il mène à une ancienne crypte de l’église antique.
Au-dessus de la porte principale se trouve une statue de saint Roch en compagnie de son chien, qui rappelle l'épidémie de peste de 1630. Le saint, qui atteint de la peste en guérit, a la réputation de prévenir l’extension de la maladie.
Dans l’autel était dissimulé une petite cavité-reliquaire avec un morceau du manteau de saint Martin.

Le Monument aux Morts est érigé à proximité de l'église à la fin de la Première Guerre Mondiale : pyramide de pierre fine, comportant une sculpture, un entrelacs d’une couronne, d’une croix et d’une branche d’olivier, et deux plaques de marbre blanc sur lesquelles sont gravés en or les noms des enfants de la commune morts aux combats.

La canalisation de la Meuse  débute vers 1874 à partir de la frontière belge et son raccordement au canal de la Marne au Rhin. Le ministère des travaux publics procède à des expropriations sur les territoires des communes traversées.
La coupure qui est réalisée produit deux bras morts dont l’un subsiste encore aujourd’hui (réserve de pêche) et l’autre est rebouché après la Seconde Guerre Mondiale avec les gravats de la commune détruite.
Des découvertes archéologiques antiques sont faites à l’occasion du percement du canal.

Le château de la Teulotte  (patois de Tuilotte) évoque le souvenir des ruines romaines mises à jour à cet endroit.

Les gués, les ponts. En raison d'un privilège accordé aux habitants de Martincourt par le duc de Lorraine Charles III, la commune possède des pâturages sur la rive gauche de la Meuse. La traversée du fleuve est donc pour elle une nécessité économique de première importance. Deux à trois gués existent sur le territoire de Martincourt et ils sont connus probablement depuis l'antiquité.
Jusqu'au début du XXème siècle, la traversée de la Meuse s’effectue au moyen d’une barque pour les hommes et les animaux. En 1902, la commune lance un emprunt public pour la construction du pont et vend à la commune de Stenay la source du Trou le Loup pour l’alimentation de la ville en eau potable. La construction du pont sur la Meuse est un projet qui a mis entre dix et vingt ans pour être réalisé. Le 30 avril 1904, le pont est remis à la municipalité. L’entreprise chargée de la construction ne garantit l’ouvrage qu’un an. Il résiste dix ans, et est détruit le 26 août 1914 à cinq heures du matin par les officiers du génie français qui gardent le passage de la Meuse. Il n’est reconstruit qu’en 1922. De nouveau détruit en 1940, un pont provisoire est installé dans les années 1950. Il est toujours en service.

La place communale est aménagée en 1905 sur le pourtour de l’église, terrassé. La même année, le très vieux tilleul de la place est abattu et vendu à Léon Bertz, le dernier sabotier de la commune.

Le lavoir public a été construit en 1865 en lieu et place d’un bac à laver plus ancien, en bois. Il est le seul bâtiment à usage public qui ait survécu aux destructions de 1940.

Le petit cimetière autour de l'église est utilisé jusqu’à la fin du XIXème siècle.  Quelques décrets municipaux, (sorte de règlement intérieur) interdisent : d’y entrer chaussé de bottes, d’y recueillir des herbages ou des fruits sans l’autorisation du maire. En 1890, son déplacement et le transfert des ossements sont entrepris et ce cimetière est définitivement fermé le 31 août 1891.

Evolution de la population

Martincourt demo

Hameaux, lieux dits et écarts

Aucun lieu-dit habité.

Nos ancêtres de Martincourt …

Naissance /baptême :
THIERY Françoise (sosa 1405G11) vers 1689.

Union :
FALALA Nicolas (sosa 702G10) veuf de MARTINCOURT Elisabeth (sosa 703G10) avec DESLINNE Jeanne (hs) le 23 janvier 1748.

Décès/inhumations :
COLLIGNON Jean (sosa 1394G11) veuf de GENOTEL Martine (sosa 1395G11) le 24 avril 1716. Il était laboureur.
NOEL Catherine (sosa 2811G12) veuve de THIERY Maurice (sosa 2810G12) le 25 juin 1740.
THIERY Maurice (sosa 2810G12) époux de NOEL Catherine) sosa 2811G12) le 3 juillet 1706. Il était laboureur.

 

 


 

 

Sources
Sites et photos
 :
Wikipedia, Communauté de Communes.

 

Date de dernière mise à jour : 26/11/2015