Aumetz

Aumetz adm

Le village se situe à l’extrémité orientale du plateau des Pays-Haut, sur un axe incontournable pour des milliers de frontaliers se pressant vers l’eldorado économique luxembourgeois, venant de Meuse et du Nord Meurthe-et-Mosellan.
Sinistrée depuis les années 1990 par les fermetures successives des mines de fer, qui faisaient alors respirer toute une région, et par une sidérurgie qui se meurt, Aumetz a retrouvé une nouvelle chance grâce au richissime Grand-Duché du Luxembourg. Aujourd'hui, pour beaucoup de Lorrains, venir habiter près du Luxembourg constitue la sécurité de l’emploi et des revenus élevés, avec pour conséquence, l’installation de nombreux commerces, un maillage routier qui se renforce et une ville qui a réussi à survivre brillamment à l’après-mine.

Blason de la ville de aumetz moselle svgHéraldique

Les armes de la commune se blasonnent ainsi :
D'azur, à deux bars adossés d'or, accompagnés en chef d'un massacre de cerf croisé du même et en pointe d'un fer de lance de gueules mouvant de la pointe.

Les deux poissons sont empruntés aux armoiries de la Maison de Bar et rappellent l’ancienne appartenance au duché de Bar.
Les bois surmontés de la Croix rappellent l'Abbaye de Saint-Hubert dans les Ardennes belges. Selon la légende, "Saint Hubert, un seigneur ardennais parti chasser un Vendredi Saint, poursuivait un cerf blanc qui soudain s'arrêta et lui fit face. Il vit s'inscrire entre les bois du cerf un crucifix d'or. Il reconnut en lui le Christ, se repentit et se convertit. [...] Il devint évêque de Maastricht. [...] Saint Hubert est le patron des chasseurs."
La lance rappelle que l'abbaye de Gorze avait le patronage sur l'église d'Aumetz. Saint Gorgon, patron de Gorze, porte une lance.

Drapeau francais fond blancHistoire

Origine du nom : La plus connue et la plus légendaire, rapproche le nom à celui de Metz, lors du passage des Huns dans la région au Vème siècle : la ville de Metz aurait été pillée la veille de Pâques 451. Les infortunés messins, rescapés du massacre, se seraient réfugiés sur le plateau.
La seconde hypothèse date de 636, où est mentionné Talmatio, nom dérivé du latin populaire, qui signifie  " maisons hautes.
D’après des études récentes d'Alain Simmer, historien local, Aumetz aurait été mentionné pour la première fois en 933, sous la dénomination de Almas in pago Matensis, rappelant l'appartenance de la région au pays du Mathois (nom probablement d'origine gauloise, pourrait désigner l'Aulne).
On relève également  dans les écrits : Amez en 1212 ;  Ametz en 1265 ; Aulmetz et Ameiz en 1275 ; Ameis en 1396 ; Almaco  en 1570 ; Ometz et Hametz en 1675.
En 1749, le patronyme se fige avec la dénomination que nous connaissons encore aujourd'hui, Aumetz.

Diverses trouvailles éparses (haches de pierre, silex, poteries, sépultures...) dans les localités environnantes prouvent l'occupation de la région à l'époque du Néolithique (voir « Echelle des Temps »).
Avant la période romaine, des nations gauloises portant le nom de Médiamotrici faisait partie de la Gaule Belgique. A la conquête romaine (54 avant J.-C.) Aumetz se trouve être le carrefour de deux voies importantes rejoignant la grande voie impériale Metz-Trèves.
Des invasions, pillages et massacres successifs des Vandales  et des Huns au Vème siècle, puis des Normands au IXème siècle ont lieu au début de l’époque féodale.
Au Moyen-âge, la région est bilingue, la langue germanique s'étend jusqu'à Longwy.
Au début du XIIIème siècle, trois grands duchés se partagent la Lorraine : les duchés de Bar, du Luxembourg et de Lorraine. Les rivalités incessantes entre les trois entrainent beaucoup de malheurs pour les populations.
En 1278, Aumetz, qui fait partie du duché de Lorraine, est vendue au duc de Bar.
En 1480, le duché de Bar  est intégré au duché de Lorraine et cédé à la France en 1679.
En 1749, Aumetz est attaché à la seigneurie d’Ottange et ce, jusqu’à la Révolution.
En 1718, retour à la Lorraine, les responsables des localités se réunissent à Villers-la-Montagne pour fêter ce retour.
En 1766, retour de la Lorraine à la France à la mort de Stanislas de Lesczynski.
Ces périodes troublées, sont accompagnées des ravages de vagues d'épidémies : Au XIIIème siècle, la lèpre amène  la création des maladreries. La peste au XVIème et XVIIème siècle désertifie la région. Le XVIIIème siècle connait également plusieurs vagues d'épidémies. Le XIXème siècle amène le choléra.
La Révolution Française voit la rédaction des cahiers de doléances et l'élection des députés du Tiers-Etat.
Le développement de l’exploitation des mines de fer provoque un important accroissement du cadre bâti à proximité de la mine. La première cité minière est construite par les maîtres de forge allemands à la fin du XIXème siècle. Elle est  composée de 63 maisons (2 logements par maison), de 4 petits bâtiments totalisant 22 logements et d’un bâtiment collectif regroupant 42 chambres de célibataires et une cantine. Cette cité jouxte le village traditionnel. Les installations nécessaires à l’exploitation du fer sont localisées de l’autre côté de la nouvelle voie ferrée reliant Longwy à Luxembourg.Thiers
En 1871, Adolphe Thiers (photo 1 à gauche) négocie avec l’Allemagne pour que la place-forte de Belfort reste française. Les Allemands, qui n'ignorent pas la grande valeur minière du sous-sol, acceptent à condition de récupérer à leur profit des communes en déplaçant vers l'Ouest la frontière prévue lors des préliminaires de paix signés à Versailles le 26 février 1871. C’est ainsi que les communes de Rédange, Thil, Villerupt, Aumetz, Boulange, Lommerange, Sainte-Marie-aux-Chênes, Vionville deviennent allemandes. Mais, grâce au normand Augustin Pouyer-Quertier220px pouyer quertier augustin (photo 2 à droite), ministre des finances du gouvernement Thiers, Villerupt et Thil restent françaises ainsi que la commune de Crusne, grâce au capitaine Aimé Laussedat (photo 3 à gauche), chargé de la délimitation de la nouvelle frontière. Ces communes ne réintègrent la France qu’après le traité de Versailles de 1919.
Aime laussedatLa période est plutôt prospère pour les habitants de la commune rattachée au Landkreis Diedenhofen-West. Lorsque la Première Guerre mondiale éclate, les Mosellans se battent naturellement pour l’Empire allemand. Beaucoup de jeunes gens tombent au champ d'honneur sous l’uniforme allemand, sur le Front de l’Est, mais aussi à l’Ouest, en particulier en France et dans les Flandres.
Entre les deux guerres, les sociétés françaises poursuivent la construction de cités minières.
De nouveau rattachée en 1940 à l'Allemagne nazie, Aumetz connait quatre années d'annexion. La commune n’est pas épargnée par les bombardements alliés et une grande partie du village traditionnel est détruite avec l’église. 
Les américains libèrent la cité le 10 septembre 1944 et Aumetz redevient française. La reconstruction du village commence en 1952.

Chroniques communales

La mine de fer Bassompierre

Elle est composée du chevalement édifié en 1941, du bâtiment d’extraction et des machines construits en 1963/1965. Cet édifice est inscrit en totalité aux Monuments Historiques par arrêté du 4 avril 1995.
Cette mine employait 800 ouvriers lors de la première descente en 1900. Elle a été exploitée jusqu’à sa fermeture en 1983.
Les bâtiments d’acier et de béton ont permis à des hommes de travailler à 200m sous terre pour y recueillir un minerai déposé par la mer il y a des millions d’années.
L’écomusée présente l’ancienne forge dans son état d’origine ainsi que l’impressionnante salle de la machine d’extraction. L’accès au quai d’embarquement du personnel, lieu d’attente des mineurs pour prendre la cage et descendre dans la mine, est lui aussi reconstitué.

Le petit ouvrage d’Aumetz

C’est un ouvrage d’infanterie fortifié de la ligne Maginot construit à partir de 1931, qui a été épargné par les combats de  1940. Il est composé en surface de trois blocs de combat, avec en souterrain des magasins à munitions, une usine (avec quatre groupes électrogènes) et une caserne, le tout relié par des galeries profondément enterrées.
Son équipage théorique était de 112 hommes et 2 officiers. Les plans initiaux prévoyaient la construction d'un gros ouvrage à huit blocs (avec deux entrées séparées et trois tourelles d'artillerie), mais seuls trois blocs d'infanterie furent construits. Le bloc 1 sert d'entrée ainsi qu'au flanquement vers l'Ouest, armé avec une cloche JM (jumelage de mitrailleuses) et une cloche GFM (guetteur et fusil mitrailleur). Le bloc 2 est un bloc-tourelle d'infanterie avec une tourelle de mitrailleuses et deux cloches GFM. Le bloc 3 est une casemate d'infanterie flanquant vers l'Est, avec un créneau mixte pour JM/AC 47 (jumelage de mitrailleuses et canon antichar de 47 mm), un autre créneau JM et deux cloches GFM.
C’est l'un des rares ouvrages dont l'équipage, à l'initiative du lieutenant Braun, sabota les matériels et armements avant de le rendre à la Wehrmacht en juin 1940, nonobstant les conditions de l'armistice précisant que les ouvrages devaient être rendus en état à l'occupant.
Faisant partie d'une vague de petits ouvrages cédés par l'Armée dans les années 1970 à 1980, ses équipements et cuirassements, sitôt la vente conclue, furent démantelés et ferraillés par une société messine.
Aujourd’hui, le petit ouvrage a quasiment disparu du paysage. Partiellement remblayé, une partie des dalles supérieures et la façade du bloc 3 sont encore visibles. Par ailleurs, ses galeries et puits d'accès ont souffert par endroit d'importants affaissements du fait d'anciens travaux miniers à proximité.
Le chemin d'accès passant près du soubassement du casernement extérieur, porte désormais le nom du commandant de l'ouvrage en 1940, le lieutenant Braun.

Personnage lié à la commune

Constant burgConstant Burg (photo de gauche), 1924/1998, né à Aumetz, est un médecin radiologue et un biologiste français. Il est directeur général de l'INSERM de 1969 à 1979 et président de l'Institut Curie de 1985 à 1998. 

Origine de la frontiere linguistique alain simmerAlain Simmer, germaniste et archéologue mosellan, est l’auteur de plus de 70 articles scientifiques, et d’une dizaine d’ouvrages commercialisés.
Il a étudié et publié une cinquantaine de sites mérovingiens du Nord Mosellan. 
Parallèlement à ses travaux archéologiques, il mène une recherche de fond sur le germanisme mosellan. En fonction des dernières découvertes en archéologie mérovingienne, il est de plus en plus probable que l’origine de la frontière linguistique lorraine n’ait aucun lien avec les invasions franques, qui n’ont exercé qu’une influence mineure sur le haut Moyen-âge mosellan. Il s’agit d’un germanisme originel, présent bien avant l’époque mérovingienne. Ces théories sont développées dans L'origine de la frontière linguistique en Lorraine : la fin des mythes. Des thèses nouvelles, qui confrontées à la réalité archéologique, tendent à s'imposer peu à peu et connaissent un succès croissant.
Après un Master d’histoire ancienne de l’Université de Metz en 2009, Alain Simmer est devenu Docteur en Histoire avec une thèse, soutenue en novembre 2013, portant sur le peuplement et les langues de l'espace mosellan depuis la fin de l'Antiquité jusqu'à l'époque carolingienne.

Patrimoine

L’église Saint Gorgon, surprenante et massive, construite après la guerre, vers 1955, offre un style moderne allié à un certain classicisme. Elle remplace l'église néo-gothique, la Cathédrale du Pays-Haut, bâtie en 1879, bombardée en 1940 par l'artillerie allemande et entièrement détruite en 1941. Elle-même avait remplacé l’ancienne église Saint Gorgon qui datait de 1763.
Elle comporte divers éléments d’architecture de l’ancienne église et le mobilier est des XVIIIème et XIXème siècles.

Le presbytère est de la fin du XVIIIème siècle.

Une sculpture  gallo-romaine (buste de femme) est encastrée dans le mur de l’église Saint Gorgon .

Le temple protestant réformé, aujourd'hui désaffecté, a été aménagé dans un ancien lavoir du XIXème siècle. 

La chapelle, dans le cimetière, date de la fin du XIXème siècle.

L'ancien cimetière sur le côté Nord de la chapelle est aujourd'hui désaffecté mais conserve 2 plaques funéraires et 7 tombeaux. Le plus ancien date de 1783, les autres sont de la première moitié du XIXème siècle.

La mine Bassompierre et son chevalement qui se dresse tel  un emblème, perpétue le souvenir encore vivace d’une époque glorieuse (voir § dans chroniques communales).

L'écomusée des mines de fer de Lorraine.

Les bunkers et casemates de la ligne Maginot (voir § dans chronique communales).

Evolution de la population

En 1817, la ville compte 634 habitants répartis dans 115 maisons.

Aumetz demo 1

Nos ancêtres d’Aumetz…

Naissance/baptême :
BASTIEN Jean (sosa 2682G12) vers 1658.

Domicile :
BASTIEN Nicolas (sosa 5364G13) et son épouse NICOLAS Catherine (sosa 5365G13) en 1658 au moment de la naissance de leur fils Jean.

 


 

 

Liens
Sites, sources et photo
 :
Wikipedia, La mairie d’Aumetz, La Communauté de CommunesL’écomusée des mines de fer de Lorraine, Aumetz : Révision du PLU.

 

Date de dernière mise à jour : 05/11/2015