Tressange

Tressange adm

La commune est située sur l’axe Thionville/Luxembourg au cœur du pays des trois frontières, à environ 7 Kms de la frontière franco-luxembourgeoise.
Elle est composée de Tressange, Bure et Ludelange.

Blason ville fr tressange 57 svgHéraldique

Les armes de la commune se blasonnent ainsi :
Mi-parti d'azur à deux bars adossés d'or cantonnés de quatre croisettes recroisetées au pied fiché du même, et d'argent à trois chevrons de gueules.

Drapeau francais fond blancHistoire

Tressange : Trissinga ou Tressinga  (le domaine de Treso) en 980, Tresseng et Tressenge en 1178, Tresinga en 1188, Tresinges en 1249, Tresanges en 1272), Triexinges en 1297, Tressinga  en 1404, Tressingen en 1433, Trescenge  en 1686, Tressingen en 1871 et 1918.
Ludelange : Luidelinga  en 1121, Ludelengis en 1147, Ludlinge et Ludilengen en 1169, Ludelinga en 1180, Luttelange en 1681, Ludlange en 1749 et  1793, Lüdelingen en 1940 et 1944.  
Bure
: Beura (petite maison) en 822, Burne en 1193, Bures en 1272, Buren au XVème siècle, Beuren  en 1626, Buren en 1629, Bares en 1793, Bur en 1801.

La commune composée des villages de Ludelange, Tressange et Bure se situe au carrefour de voies romaines qui reliaient la vallée de la Moselle à Arlon.
Les villages sont au Moyen-âge intégrés au comté puis au duché de Bar, lui même uni à la Lorraine en 1480 puis annexé à la France en 1766.
Ludelange dépend de la Seigneurie de Bassompierre alors que Tressange et Bure dépendent des Seigneurs d’Ottange et de l’Eglise (abbayes de Justemont et de Villers-Bettnach).
La population, essentiellement composée de laboureurs et de manouvriers, compte également des artisans, maréchaux-ferrants, tisserands, tonneliers… On élève des chevaux, on cultive le chanvre et le houblon. Au XIXème siècle, une brasserie est encore en activité à Ludelange ainsi qu’une huilerie à Tressange.
La population baisse sinistrement lors de la guerre de Trente ans (1618-1648).
La contrée connaît des épidémies de lèpre. Il y a une maladrerie à Tressange au XIIIème siècle. La peste ravage les villages aux XVIème et XVIIème.
Le hameau de Ludelange est rattaché à Tressange entre 1790 et 1794, et la commune de Bure en 1811.
En 1870-1871, lors de l’annexion au Reich allemand, les frontières sont redéfinies et pour obtenir le Territoire de Belfort la France abandonne l’Est de Longwy à l’Allemagne dont les trois commune qui se germanisent en Lüdelingen, Tressingen et Beuern mais le Français reste la langue pratiquée.
Dans le dernier quart du XIXème siècle,  l’économie et la démographie prennent leur essor grâce à l’exploitation plus massive du minerai de fer déjà exploité au Moyen-âge. En 1877, la minière Ferdinand de Tressange, propriété d’une société sarroise (une des plus modernes d’Europe), extrait un minerai d’excellente qualité grâce au travail de seulement huit mineurs.
En 1929, à Bure, sur la concession Gustave Wiesner, les chevalements et le puits sont installés, deux ans plus tard débute l’extraction du minerai. Dans la commune, des cités accueillent des communautés italiennes, polonaises puis maghrébines dont les pères et les fils travaillent sur les sites d’où est extrait «la minette» qui a fait de la Lorraine «l’Eldorado français».
En 1973, la mine de Bure cesse d’extraire, cinq ans plus tard, elle ferme définitivement et en 1981 ses chevalements sont rasés.
En 1997, la mine Ferdinand arrête à son tour son activité laissant les mineurs un peu orphelins :  une grande époque vient de prendre fin.

Chroniques communales

Légendes et sobriquet

Une légende des VIIème ou VIIIème siècles, prétend qu’une sécheresse se serait abattue sur le village il y a fort longtemps. Les habitants désespérés ont tant prié la madone qu’une source miraculeuse a jailli à l’endroit dit «la fontaine».
Depuis 1613 le pèlerinage du 15 août existe toujours et l’eau continue à couler.

Charlemagne qui chassait dans les forêts alentour, aimait s’y recueillir.

Les Tressangeois, friands de poireaux, étaient surnommés poluches d’porettes (ou éplucheurs de poireaux).

Le camp militaire de Ludelange

Situé sur la route de Boulange, la construction du casernement a débuté en 1929, à partir de l’édification de la ligne Maginot. Son rôle était d’accueillir les troupes en poste dans les différents ouvrages fortifiés du secteur de Crusnes.
Dès l’Occupation, le casernement est investi par l’armée allemande où elle rassemble les prisonniers français avant de les diriger vers les camps, en Allemagne.
Quelques mois après le départ des derniers Français, d’autres prisonniers sont internés dans le camp. Il s’agit de Slaves, Russes et Polonais, en majorité des hommes mais aussi quelques femmes. Les habitants de Ludelange racontent que ces détenus étaient visiblement maltraités. Ils étaient employés dans les mines de fer des alentours, mal nourris, et vivaient dans un environnement sanitaire déplorable, autant de conditions qui provoquaient de nombreux décès. Lors de fouilles effectuées dans les années 1960, des ossements attribués à une trentaine de victimes ont été découverts. Les restes de ces martyrs ont été ensevelis sous un monument érigé au cimetière communal.
 A la Libération, le camp devient un centre mobilisateur, une fonction qui n’a pas duré bien longtemps.
Aujourd’hui, il ne reste plus grand-chose de cet ancien camp, seulement un portail et des morceaux de mur, les bâtiments ont été rasés, le terrain dégagé. A proximité, un ensemble immobilier important servait à loger les officiers et les sous-officiers.
Acheté par la commune dans le but de construire des habitations, il est malheureusement classé Zone Non Constructible dans le cadre de la prévention des risques miniers. Un classement que le conseil municipal de Tressange déplore.  Actuellement, ce terrain sert d’aire de stockage à une entreprise en attendant un avenir meilleur.

La mine de Tressange

45 ans de vie pour cette mine et trois changements de patronyme, Sté Minière Ferdinand, Mine Ferdinand et Mine des Terres Rouges.
Dernière grande mine de fer à puits de Lorraine, elle est équipée d'un puits à skip (bennes) ultra moderne. Caractéristique fondamentale et nouvelle en France, elle est entièrement "trackless", c'est à dire sans voie ferrée au fond. Le minerai chargé par des chargeuses transporteuses est amené au puits par un système de bandes transporteuses (convoyeurs). Le minerai passe dans un concasseur primaire au fond, puis est remonté au jour et expédié jusqu'en 1972 aux unités sidérurgiques.
Le premier skip de minerai chargé a été extrait le 8 août 1961.
En 1972, dans le cadre d'une redistribution des concessions minières entre les sociétés d'exploitation, la société de Wendel céde à ARBED la totalité de ses parts. La totalité de la production est expédiée au Luxembourg jusqu'en 198, une petite partie en Sarre.
Le 19 janvier 1973, la mine voisine de Bure est fermée et son exploitation transférée à ARBED. La mine Ferdinand reprend 40 ouvriers et 5 agents de maîtrise du site de Bure.
Fin 1981, un conflit entre la direction et la SNCF sur le coût du transport de minerai, conduit ARBED à cesser toutes expéditions par chemin de fer et à engager les investissements spécifiques pour doter la mine de son propre moyen de transport par le fond vers l‘usine-mère du Luxembourg. Ces travaux durent 12 mois. L'arrêt des installations entraîne l'abandon de plusieurs d’entre elles.
Le champ de production est étendu vers le Sud, par l’acquisition des concessions Hermann et Elisabeth appartenant en partie à Lormines, situées sous le territoire des communes de Boulange et Fontoy et voisines des mines d'Anderny et d'Hayange. Le 25 février 1987, il est décidé de lancer des travaux miniers préparatoires d'envergure vers ces concessions et le 30 octobre 1988 la première unité de production "U55" démarre. Ces concessions doivent prolonger la mine Ferdinand de 15 à 20 ans, dont la fin est prévue faute de gisement vers 1994.
Entre 1985 et 1987, elle accueille une partie des 60 mineurs de Lormines.
67 logements sont construits à proximité du puits pour loger une partie du personnel.
Le 1er janvier 1989, les mines Montrouge d’Audun-le-Tiche et Ferdinand de la division des Mines Françaises de l'ARBED ne constituent plus qu'un seul et unique établissement les Mines des Terres Rouges.
L’arrêt de son exploitation a lieu le 31 juillet 1997, la mine des Terres Rouges s'emploie au démantèlement des installations du fond, à la maintenance des installations de pompage, et à l'extraction des eaux d'exhaure, mobilisant encore 55 mineurs (dont 4 agents de maîtrise), jusqu'à l'arrêt définitif des travaux (abandon de concessions).
La fermeture définitive de la dernière des mines de Lorraine et de France a lieu le 1er décembre 2005.
Le 4 mai 2006, les galeries sous Tressange et Ludelange sont ennoyées. Le 10 mars 2008, les eaux sortent à la galerie de Knutange.
En février 2006,  la tour d'extraction, symbole de l'histoire de cette mine et les accumulateurs à minerai sont détruits. Seuls subsistent le bâtiment des bureaux-bains douches surmonté d'un vaste atelier.

La mine de Bure

Gustave Wiesner et Thomas Byerne, de la Sté des Hauts-Fourneaux de la Chiers de Longwy, après avoir obtenu, sur une superficie de 332 ha, l'exploitation des concessions, chargent  en 1929 la Sté Foraky de "foncer" les puits jusqu'à une profondeur de 202m afin d'atteindre les couches exploitables du gisement.
Afin de donner plus de souplesse à l'extraction en raison de la configuration géographique du Pays-Haut interdisant à la mine une galerie débouchant au jour, deux puits sont forés : le puits 1 destiné à la sortie du minerai par des skips  de 10 tonnes et le puits 2 réservé à la descente du personnel par des cages de 20 places.
Le puits 1 reçoit un chevalement en acier, alors que le puits 2, moins sollicité en poids de levage, est surmonté de structures en bois.
La mine commence ses premières expéditions en 1931.
Durant la guerre 1939-1940, Bure se trouve  imbriqué dans les zones défensives de la ligne Maginot. Le génie militaire français fait sauter à l'explosif les chevalements, à la fois pour rendre la mine inutilisable et pour supprimer un point de repère d'artillerie.
La mine qui passe pour être l'une des plus modernes du bassin, tente les occupants allemands qui essayent de la remettre en service en mettant en place deux nouveaux chevalements entre 1941 et 1942, leur masse d'acier culminait à 52m de hauteur.
La mine de BURE est l'une des premières à être mécanisée à 100%.
En 1964, la mine de Bure devient propriétaire de la concession Thomas-Byrne II.
En 1969, le tonnage extrait journellement oscille entre 5200 et 5800 tonnes dont 15% environ de minerai silencieux. L'effectif total (apprentis compris) est de 330 personnes, dont 65 cadres et collaborateurs.
L'œuvre sociale de la mine créée des cités minières (ouvriers, employés et ingénieurs), des jardins d'enfants, une école ménagère, une salle des fêtes, un stade et un centre d'apprentissage.
Le 1er septembre 1973, la mine ferme ses portes. Ses concessions  sont amodiées à la société ARBED, qui reprend une partie du personnel (40 ouvriers et 5 agents de maîtrise). Les autres sont mutés en grande partie à la mine de Droitaumont et à l'usine-mère de Longwy. Les bâtiments de surface sont détruits, l'atelier électro-mécanique est occupé un temps par une société de Verdun, puis par une fabrique de bennes pour camions. C’est le dernier à être détruit en 2009.
Le 23 décembre 1980, le chevalement du puits 2 est abattu, le 13 janvier 1981, celui du puits 1.. Le puits 2 est bouché, tandis que le puits 1 est repris par Fensch Moselle pour une future exploitation de l'eau.
Le 30 novembre 2005, l’ennoyage de la mine de Bure, à l'instar du bassin Nord dans lequel elle se trouve, commence. Le 30 novembre 2006,  l'eau atteint le haut des galeries.
La municipalité profite des terrains du carreau de la mine situés hors plan de prévention des risques miniers pour implanter un lotissement de pavillons qui abritent pour une grande partie des descendants de mineurs....

Personnages liés à la commune

FerreroBruno Ferrero 1933/-, (photo ci-contre) footballeur français né à Tressange. Gardien de buts, il a été finaliste de la Coupe de France en 1962 avec le F.C. Nancy et international la même année.

Jean et Julien Noirel, (photo ci-dessous) natifs de la commune, résistants de la Seconde Guerre mondiale, mort en déportation au camp de Buchenwald en 1945 à l’âge de 22 et 24 ans.

                                       Julien et jean noirel

Patrimoine

L'église paroissiale Saint-Pierre est érigée au début du XVIIIème siècle (portail et chœur subsistent), agrandie et fortement remaniée au XIXème siècle : une sacristie est ajoutée, le portail est doté d'une statue de Saint Pierre, le maître-autel est peint et doré en 1842. Un élément en calcaire jaune, daté du XVIème siècle, est encastré dans le mur de l'abside. Les fonts baptismaux sont du XVIIIème siècle. Pendant la Seconde Guerre Mondiale, elle est bombardée, pillée et en partie détruite. Dans les années 1950, elle est restaurée grâce aux dommages de guerre. L'atelier Emmanuel Simminger, de Montigny-lès-Metz réalise les vitraux du cœur.
Divers travaux sont effectués dans la seconde moitié du XXème siècle : le clocher, la couverture en ardoise d’Angers, les façades et les vitraux sont restaurés. En 1989, un orgue est acheté à la manufacture d’orgues de Wild (Saverne). Quelques objets proviennent de l’époque de construction de l’église (fonts baptismaux), mais l’essentiel du mobilier date du XIXème siècle. Une sainte Barbe en fonte provenant de l’usine de l’Institut catholique de Vaucouleurs rappelle la vocation minière de la commune.

Le presbytère date du XVIIIème siècle.

Le calvaire de Ludelange, avec Pièta, date de 1693.

La chapelle Notre-Dame de Bure, jadis fortifiée,  faisait partie de la seigneurie de Bassompierre et du diocèse de Luxembourg. Selon la légende, elle peut avoir deux origines :
- Carolingienne, Charlemagne se serait arrêté à cet endroit ;
- Miraculeuse, au VIIème siècle, en réponse à la prière des habitants dépourvus d'eau, la Vierge aurait fait miraculeusement jaillir une source au centre de Bure.
L'analyse architecturale et la présence de quelques dates inscrites sur la chapelle et son mobilier permettent d'établir une chronologie assez précise : la construction d’une première chapelle à l’époque médiévale ; une reconstruction avec clocher fortifié à la fin du Moyen-âge ; la construction d’un mur coupant le chœur à la fin du XVIème siècle ; l’agrandissement et la reconstruction en 1747 ;  la construction de la sacristie au XIXème siècle (la cloche est fondue par Goussel, fondeur à Metz) ; une destruction partielle puis la construction d’une terrasse devant la chapelle pour accueillir les pèlerins, un nouveau clocher et une nouvelle charpente au XXème siècle.
Un bildstock remonté à l’envers s’élève près de la porte.
L’édifice était autrefois entouré d’un cimetière dont il ne reste aucune tombe. À l’intérieur, sur l’autel, se dresse la statue de la Vierge à l’Enfant que l’on peut dater de 1475 environ.

La fontaine de Bure, qui sert également d'abreuvoir et de lavoir,  subit plusieurs restaurations  au fil des ans :   Une pierre datée de 1769 témoigne d'une restauration,  elle est restaurée et transformée  au milieu du XIXème siècle,  puis en 1985, et une fontainerie sur auge est installée à proximité en 2001.
Elle est située à proximité de la chapelle.

L’habitat ancien (XIXème siècle). L’essentiel de l'habitat ancien encore visible est localisé dans le quartier de l'église de Tressange, au Nord de Ludelange et rue de la chapelle à Bure. Il est principalement constitué de grandes fermes en longueur espacées les unes des autres avec le logis, l'étable et la grange, dans le même alignement.
Andre maginotLes bâtiments sont construits en moellons de calcaire. Les façades dont certaines ont été restaurées voire remaniées, sont percées de baies à encadrement en pierre de taille, généralement, à linteau droit.

La ligne Maginot du nom du ministre de la Guerre André Maginot (photo ci-contre), est une ligne de fortifications construite par la France le long de ses frontières avec la Belgique, le Luxembourg, l'Allemagne, la Suisse et l'Italie de 1928 à 1940. Sur Tressange et Bure des casemates, sur Ludelange un camp et un observatoire.

Evolution de la population

En 1570, 320 habitants.
En 1817,  il y avait à Tressange 188 habitants répartis dans 31 maisons et Bure comptait 109 habitants répartis dans 24 maisons.

Tressange demo

Nos ancêtres de Tressange…

Naissance/baptême :
SCHNEIDER Jean Pierre (sosa 166G8) vers 1779.

Décès/inhumations :
GARAUDEL Jeanne (sosa 333G9), épouse de SCHNEIDER Jean (sosa 332G9), vers 1800.
SCHNEIDER Jean (sosa 332G9), époux de GARAUDEL Jeanne (sosa 333G9) vers 1800. Il était manœuvre.

Domicile :
SCHNEIDER Jean (sosa 332G9) et GARAUDEL Jeanne (sosa 333G9) probablement toute leur vie.

 


 

 

Liens
Sources, sites et photo
 :
Wikipedia, Mairie de Tressange.

 

 

Date de dernière mise à jour : 06/11/2015