Caisnes

Caisnes adm 

Petit village, dans le noyonnais, au Sud du Canton et à 10Kms de Noyon, Caisnes était une des communes les plus peuplées du canton. La population, qui s´élevait à 575 habitants en 1793, a atteint son maximum avec 846 habitants en 1846 et son seuil le plus bas avec 145 habitants en 1936. La commune comptait 230 maisons en 1851, le plus souvent construites en pierres extraites localement.

Drapeau francais fond blancHistoire

Caisnes tient son nom du mot «chêne» en latin et en picard.
L’hypothèse selon laquelle le village de Caisnes trouve son origine dans une villa mérovingienne, connue au IXème siècle, sous le nom de Casnum, n´est confirmée par aucune trace.
Dans le village, cerné par la forêt, les activités économiques ne se limitaient pas à l´agriculture. Au XIXème siècle, bien des habitants de Caisnes étaient bûcherons, carriers ou tisserands.
D'après la monographie communale, une école mixte existait depuis 1649.

1939-1945, le maquis de Caisnes

Le groupe de Caisnes (photo ci-dessous) réunira un stock d'armes issu de parachutages alliés dans le secteur de Varennes. Les conteneurs seront vidés la nuit et leur contenu transféré dans la Carrière Mériot à Nampcel. Ce dépôt de "la creute de la Montagne" aurait contenu jusqu'à 130 mitraillettes de tous modèles, plusieurs milliers de cartouches, des grenades, des pétards aimantés... mais peu de fusils. Le dépôt de Caisnes permettra d'alimenter les groupes voisins tels celui de Chauny ou celui de Compiègne qui fera exploser les cuves de l'entreprise Ternac contenant de l'alcool pour les V1. Outre le parachutage, le groupe de Caisnes travaillera au ravitaillement en nourriture du maquis (réfugiés,émigrés, résistants, réfractaires STO...), à la fourniture de papier d'identité et de cartes, à l'approvisionnement en armes des groupes voisins puis, à partir de juin 1944, au sabotage des lignes (coupures des câbles, sciages des poteaux) et des ponts.

Caisnes maquis 1939 1945
A la suite de rumeurs de dénonciation, ce stock d’armes de la Carrière Mériot sera transféré en pleine nuit par tombereaux tirés par des chevaux dans une sape du Grand Bois. Quelques jours plus tard, la Carrière Mériot sera investie et fouillée par les troupes allemandes. Le 23 juin 1944, le maquis des Usages à Crisolles, est attaqué par les Allemands. Le 1er juillet, les Allemands procèdent à une rafle à Salency. La plupart des réfugiés du maquis de Caisnes seront arrêtés par l'armée allemande le 26 juillet 1944 au cours d'une rafle,  sur dénonciation du traître Adrien Souris. Ce fils de gendarme était connu à Caisnes où il venait parfois à la poste du village. Les premiers avertis de la rafle sont les braconniers qui, posant des collets dans les bois, voient le village se faire encercler par les Allemands. Toute la population est réunie sur la place du village, surveillée par des soldats mitraillette au poing et par deux mitrailleuses. Un soldat allemand hurle en tapant du pied: "Si vous bougez, vous serez hachés! Je le répèterai pas deux fois !"
Après contrôle de l'identité, le soldat fait sa sélection : les Yougoslaves, les Polonais et les Russes sont faits prisonniers. L'un d'entre-eux, caché sur une branche haute d'un sapin, est arrêté et passé à tabac après que la branche ait cédé sous son poids. Les cinq Espagnols du village déclinent leur identité en invoquant la neutralité de leur pays. L'Allemand contrôle les papiers puis en frappant du pied au sol hurle "Terroriste ! Communiste ! ..." et les fait arrêter. La plupart des bûcherons seront ainsi arrêtés de même que des réfractaires au STO (comme Jacques Willecocq emmené dans un camion avec son vélo) mais aussi des hommes du cru. La famille Affagard n’y échappe pas.  Réfugié du Havre, Roger Affagard était hébergé à Caisnes, il y  est arrêté en tant que résistant, puis déporté dans un camp de concentration à Thale, dans le Harz. Libéré le 6 mai 1945 mais profondément marqué par ses conditions de détention, il gardera les séquelles jusqu'à sa mort.Croix de guerre 39 45w En tout, vingt six personnes seront raflées à Caisnes ce jour-là. Dix-huit d’entre elles seront déportés à Buchenwald. Trois d’entre eux en reviendront. Un des Espagnol sera, dit-on, exécuté d'une balle dans la tête après avoir subit les morsures des chiens de garde pour avoir ramassé un chou-navet dans le camp.
Après la rafle de Caisnes, tous les résistants rescapés de la rafle entreront dans la clandestinité.
A la Libération, la Résistance s’éteint d’elle même par manque d’information et par le relais de l’armée régulière. Certains résistants entreront dans le 67e RI basée à Compiègne et combattront pour libérer les quelques villes encore tenues par les Allemands (Dunkerque). Les autres reprendront leurs activités d'avant guerre et travailleront à la reconstruction du pays.
Le village de Caisnes recevra en 1948 la Croix de guerre 1939-1945 (ci-contre) avec citation à l’ordre du corps d’armée, tandis que les habitants seront reçus à Vincennes par le Général Hanote.

La seigneurie de Caisnes

Les d’Arblincourt ont une firmitas à Caisnes en 1210, tenue de l’évêque de Noyon. En 1254, l’un d’eux se fit seigneur de Caisnes.
La seigneurie passe à la famille de Brouilly au XVIème siècle, puis aux de Pommery.
Sous l´Ancien Régime, la seigneurie relevait de celle de Cuts et la cure de l´abbé de Pierrefonds, puis à partir de 1728 de l´évêque de Soissons.
Jean Baptiste Marie Charles Antoine Berthe de Pommery, marié en 1785 à Louise Félicité de Fay, était seigneur de Caisnes et de Cuts à la Révolution.

Chronique communale

Saint Lucien

Saint lucien de beauvaisL'empreinte du pied de ce saint est visible sur un grès dit "le grès de Saint Lucien". Les pèlerins font trois fois le tour de la pierre, en récitant des prières. Selon la croyance, on obtient la  guérison des maux de dents et des rhumatismes en frottant la partie malade contre le bloc. On fait aussi asseoir dessus les enfants faibles et chétifs.
Lucien de Beauvais est issu d’une illustre famille de Rome. Prénommé Lucius comme son père, il se convertit à la suite d’une prédication de saint Pierre et prend alors le prénom de Lucien. Jeune, il parcourt l’Italie travaillant à la délivrer des superstitions du paganisme. Vers 250 le pape saint Clément le consacre évêque et l’envoie dans les Gaules avec saint Denis et saint Rieul entre autres, afin d’évangéliser ces contrées. Prêchant près de Parme il est le premier en bute à la persécution. Pris, accablé de mauvais traitements, il est jeté dans une obscure prison. La nuit même, de pieux chrétiens que comptent déjà l’Eglise en cette contrée, le font évader. Réuni à ses compagnons, ils continuent leur périple à travers l’Italie et séjournent quelque temps à Pavie où ils convertissent de nombreux païens. Ils arrivent à Arles où s’arrête Rieul. Denis et Lucien continuent alors vers Lutèce. Denis s’y installe. Lucien poursuit seul vers Beauvais, alors Cesaromagus.
Rapidement Lucien obtient un grand nombre de conversion « trente mille cinq cent hommes », tant et si bien qu’il s’adjoint deux jeunes hommes, Maxien (Maximien) et Julien pour l’aider dans son œuvre. Vers 290, l’empereur Dioclétien et son administration imposent une persécution dans tout l’Empire. Le préfet, ayant appris les conquêtes de l’Evangile dans le Beauvaisis, décide d’y mettre un terme. Il donne l’ordre de tuer Lucien. Averti, celui-ci quitte la ville avec Maxien et Julien et se dirige vers une colline, nommée Montmille. Rattrapés par les Romains ses deux compagnons sont décapités ; lui est battu de verges puis devant son refus persistant de renier sa foi, un soldat lui tranche la tête.
Maxien et Julien sont inhumés sur place.
La légende veut que lorsque le corps du saint fut étendu par terre tous les assistants le virent environné de lumière ; et l'on entendit une voix qui disait : "Courage, bon et fidèle serviteur, qui n'a pas craint de verser ton sang pour moi, viens recevoir la couronne qui t’a été promise."
En même temps, ainsi qu'il est écrit dans les actes de son martyre, Lucien se leva, prit sa tête dans ses mains, et marcha vers la ville de Beauvais. Ayant traversé la rivière du Thérain à Miauroy sur un drap miraculeusement raidi sous ses pieds, il s'arrêta à environ un quart de lieue de Beauvais, semblant indiquer ainsi l'emplacement où il voulait que son corps fût inhumé.
Là, de pieux fidèles lui donnèrent une honorable sépulture. Les anges, eux-mêmes, disent plusieurs auteurs, assistèrent aux funérailles du saint et embaumèrent les airs de parfums célestes.
Selon une tradition locale sur les lieux où coula son sang il poussa des rosiers produisant des roses vermeilles.
Pour Louvet : "c'est une chose véritable que les gouttes de sang engendrèrent […] quantité de rosiers garnis de roses vermeilles […] le lieu du martyr s'appelle encore la rosière."

Industries

La monographie communale nous apprend la présence de carrières dans lesquelles se pratiquait l´extraction de roche tendre pour les constructions des maisons.
Un four à plâtre est installé en 1846 par François Demoutier.
L’usine Robert Boulnois est mentionnée en 1925 (production d´acétylène).
L’usine de tissage P.N. Casse (calicot et coton) mentionnée en 1850, emploie 120 salariés.
Une fabrique de tissu, mentionnée en 1851, emploie 331 employés, dont 219 femmes.

Patrimoine

L’église Saint Lucien
Elle a été réparée en 1858 (clocher) et en 1890, conserve des parties du XIIème siècle, une chapelle Sud du XVème siècle et une nef reconstruite en 1836. Selon Peigné-Delacourt en 1898), l'église est "le seul monument digne d'intérêt" dans le village, "riche en antiquités romaines et gauloises".
Dans la partie la plus ancienne, les caractères du roman secondaire, la date du XIIème siècle ; ailleurs, des chapiteaux à deux rangs de feuillages indiquent le siècle suivant. Les arceaux qui soutiennent les voûtes du chœur sont formés de trois boudins comme ceux de Bellefontaine. Les transepts et une partie de la nef sont modernes. A droite de la porte d'entrée se trouve le fameux grès, dit de Saint-Lucien.
En 1919, le dossier des dommages de guerre indique "L´église de Caisnes charmant petit édifice en partie du XIIème siècle a été très endommagé. La couverture a presque complètement disparu. Certaines parties de charpente et de maçonnerie sont détruites. En vue de sa conservation, il y aurait lieu après un déblaiement, pas important du reste, de protéger la partie haute des murs de la nef et les voûtes du chœur. La charpente actuelle peut être utilisée sans modifications et avec de simples raccords et recevra en partie une couverture en carton bitumé". Le classement de l´édifice est proposé. Les premiers devis pour la restauration sont dressés en 1921 par l'architecte Collin. Le culte est rétabli en 1923, après la pose de nouvelles vitreries. A cette date, les plafonds de la nef, des bas-côtés et de la chapelle latérale n´ont pu être remis en état. Le rapport de l´architecte signale qu´il "existait jadis un plafond général, d´une seule volée. Au cours de l´exécution des travaux, nous avons retrouvé dans les solives, un certain nombre d´anciennes solives semblant dater du XVIème siècle. Ces solives devaient être apparentes [...]. Nous proposons d'utiliser les solives anciennes en bon état et de reconstituer les plafonds dans leur première disposition. Un tiers des solives peut être utilisé, le surplus est brisé et doit être remplacé".
La restauration s'achève en 1932 par la maçonnerie des façades, des contreforts et de la sacristie, la réparation des couvertures des versants Nord et Sud de la nef et de la sacristie, enfin de la charpente de la sacristie.
L'église Saint-Lucien n'est pas un édifice homogène, le chœur voûté d'une voûte à triple boudin, la nef plafonnée et la façade Ouest datent du 4ème quart du XIIème siècle ; la chapelle Sud du chœur est du XVème siècle ; la chapelle Nord du XVIème siècle ; les murs extérieurs des bas côtés ont été reconstruits en 1836 ; la sacristie date de 1924 ainsi que la couverture et le clocher ; des traces de peintures murales du XVIème siècle apparaissent dans la chapelle Nord et le bas-côté Nord.
Elle est classée aux Monuments Historiques en 1920.

Devant l’église le grès de saint Lucien.

Le cimetière, fermé par un mur et une haie vive, entoure l’église.

Le monument aux morts des guerres de 1870 et 1914-1918 a été inauguré en 1923.

Les moulins
La présence avant 1870, de quatre moulins à farine alimentés par le ru de Bellefontaine est signalée. Un seul est encore en activité en 1896.
- Le moulin neuf, peut-être ancien tordoir à huile, est mentionné en 1779, sur le ru de Bellefontaine. Produisant 3 900 HL de farine en 1851, il est toujours en activité en 1893.
- Le moulin du Relai, peut-être ancien tordoir à huile puis moulin à farine, est mentionné en 1771, sur le ru de Bellefontaine. Employant 2 salariés en 1851, il est toujours en activité en 1893.
- Le moulin de la Prée, mentionné en 1795, sur le ru de Bellefontaine, employant 2 salariés en 1851, est exploité en 1866 par Cléroy. En 1893, la force hydraulique ne sert que par intermittence (battage et activités agricoles).
- Le moulin de la Ville, mentionné en 1665, sur le ru de Bellefontaine, est exploité en 1747 par le meunier Claude Hayez. Il appartient en 1833 à Dermigny. Employant 2 salariés en 1851, il est toujours en activité en 1893.

Hameaux, lieux-dits ou écarts rattachés à la commune

Laigle, forme une seule rue de 60 maisons à l’Ouest de Caisnes, Hesdin comprend 40 maisons et se situe au Nord, et le Paradis est un ancien hameau réuni au corps du village par des constructions intermédiaires voisines de l’église.

Evolution de la population

 Caisnes demo

Nos ancêtres de Caisnes…

Naissances/baptêmes :
CARRE Jean (sosa 3836G12) avant 1684.
CARRE Pierre (sosa 1918G11) vers 1701.
CARRE Marie Anne (sosa 959G10) le 18 mai 1722.
COPIN Louise (sosa 3839G12) avant 1668.
COPIN Pierre (sosa 7678G13) avant 1638.
COQUELLE Marie (sosa 7679G13) avant 1638.
CRAUET Antoine (sosa 958G10) vers 1698.
CRAUET Marie Anne (sosa 479G9) le 8 novembre 1747.
LARUELLE Louis (sosa 3838G12) avant 1666.
ROSELET Alexis (sosa 478G9) à une date inconnue.
ROSELET Marie Lucienne (sosa 239G8) le 15 octobre 1777.

Unions :
CARRE Jean (sosa 3836G12), premier mariage avant 1704 avec Elisabeth TUBLIN (sosa 3837G12).
CARRE Jean (sosa 3836G12), second mariage le 10 février 1734 avec Marguerite HIBEAU (hs).
CARRE Pierre (sosa 1918G11) le 9 juillet 1720 avec LARUELLE Marie Anne (sosa 1919G11).
CARRE Marie Anne (sosa 959G10) et CRAUET Antoine (sosa 958G10), le 25 juin 1743.
COPIN Louise (sosa 3839G12) le 23 novembre 1863 avec Louis LARUELLE (sosa 3838G12).
COPIN Pierre (sosa 7678G13) avant 1655 avec Marie COQUELLE (sosa 7679G13).
CRAUET Antoine (sosa 958G10) second mariage le 25 juin 1743 avec CARRE Marie Anne (sosa 959G10).
CRAUET Marie Anne (sosa 479G9) le 31 juillet 1770 avec ROSELET Alexis (sosa 478G9).

Décès/inhumations :
CARRE Jean (sosa 3836G12) à une date inconnue. Il était laboureur.
CARRE Pierre (sosa 14918G11) le 12 mars 1733 au hameau de Laigle. Il était laboureur.
CARRE Marie Anne (sosa 959G10), épouse CRAUET,  le 24 février 1786.
COPIN Louise (sosa 3839G12), épouse LARUELLE, le 10 octobre 1728.
COPIN Pierre (sosa 7678G13) après 1682.
COQUELLE Marie (sosa 7679G13) après 1682.
CRAUET Antoine (sosa 958G10) le 5 juillet 1773. Il était berger et laboureur.
CRAUET Marie Anne (sosa 479G9), épouse ROSELET, le 15 août 1797.
LARUELLE Louis (sosa 3838G12) entre 1720 et 1729.
LARUELLE Marie Anne (sosa 1919G11), épouse CARRE, le 21 mars 1758.
ROSELET Alexis (sosa 478G9) le 15 février 1784. Il était berger au hameau de Laigle.

Domiciles :
CARRE Jean (sosa 3836G12) et  ses deux épouses, probablement toute sa vie, peut-être au hameau de Laigle.
CARRE Pierre (sosa 1918G11) et LARUELLE Marie Anne (sosa 1919G11) probablement toute leur vie au hameau de Laigle.
CRAUET Antoine (sosa 958G10) et ses deux épouses probablement toute sa vie.
COPIN Louise (sosa 3839G12) et LARUELLE Louis (sosa 3838G12) probablement toute leur vie.
COPIN Piedrre (sosa 7678G13) et COQUELLE Marie (sosa 7679G13) probablement toute leur vie.
ROSELET Alexis (sosa 478G9) et CRAUET Marie Anne (sosa 479G9) probablement toute leur vie.

 

Date de dernière mise à jour : 08/04/2015