Noyon

Noyon adm 

Chef-lieu de canton, la cité de Saint Eloi et de Jean Calvin, est depuis 1998 labellisée «Ville d’Art et d’Histoire» par le Ministère de la Culture et de la Communication.
Un large cercle de boulevards arborés restitue le tracé de l’enceinte médiévale, un autre, plus petit, à l’intérieur, enserrant le cœur de la ville, marque l’emplacement du rempart gallo-romain.
Un ensemble d’élégants hôtels particuliers du XVIIème et XVIIIème siècles, construits par les chanoines, cerne le parvis de la cathédrale.
La commune est traversée par l’Oise, connexion entre le canal latéral à l'Oise, le canal du Nord et celui de Saint-Quentin.

Noyon blasonHéraldique

Blasonnement de la commune :
d'argent à la fasce de gueules

Drapeau francais fond blancHistoire

La ville ne semble pas antérieure à la période gallo-romaine. Elle fut créée au 1er siècle après J.-C. et s’étend sur 10 à 15ha environ le long de la voie menant de Soissons à Amiens. Elle faisait partie de la cité des Viromanduens. C'était une petite ville qui bénéficiait de sa position à proximité de la vallée de l'Oise.
C’est dans "l’itinéraire d’Antonin" établi au cours du IIIème siècle après J.-C., que Noviomagus (nouveau marché) est cité pour la première fois comme une station sur la route Reims-Amiens.

Noyon à travers les Temps 

Elle est le siège d'un commandement militaire (préfecture des lètes de Condren, cf. la Notitia Dignitatum).
A la fin du IIIème siècle/début du IVème siècle après J.-C., Noyon s’entoure de fortifications. La place forte n’enserre alors que 2,5ha.
En 531, Saint Médard y déplace le siège de l’évêché de la civitas Viromanduorum.
À l'époque mérovingienne, l'évêché de Noyon bénéficie de sa proximité avec Soissons, qui fut l'une des capitales du royaume franc et des palais voisins.
Vers 588, l’orfèvre Éloi, né en Limousin, devint monétaire de Clotaire II, puis trésorier de Dagobert Ier avant d’être élu évêque de Noyon en 641. Il le restera jusqu’en 659, date de sa mort. Fondateur de monastères à Solignac et à Paris, il accueillit Sainte Godeberthe comme moniale à Noyon. A l’emplacement de son tombeau est fondée une abbaye historiquement attestée en 842.
CharlemagneEn 768, Charlemagne (portrait ci-contre) est sacré roi des Francs à Noyon.
En 891, après avoir pillé Balâtre, Roye et Roiglise, les vikings font subir le même sort à Noyon.
Hugues capetEn 987, Hugues Capet (portrait ci-contre) y est sacré roi des Francs.
Les évêques de Noyon comptent au nombre des Pairs ecclésiastiques du royaume de France. Jusqu'à la Guerre de Cent Ans, le comté ecclésiastique de Noyon a un rôle stratégique entre le domaine royal  (l'Île-de-France), les terres des comtes de Vermandois et des seigneurs de Boves-Coucy.
En 1108, l’évêque Baudry accorde une charte de libertés communales aux bourgeois de la ville. Cette charte entraîne la construction d’une maison de la ville et d’un beffroi.
Au début du XIVème siècle, Jean de Meudon est chanoine de Noyon.
En 1363, Noyon est transmis comme apanage à la maison de Bourgogne et restera composante du duché jusqu'à Charles Quint.
Le 13 août 1516, signature du Traité de Noyon entre François1er et Charles Quint (la France obtient le Milanais mais abandonne Naples).
En 1544, l'empereur restitue finalement le duché de Bourgogne à la France au traité de Crépy-en-Laonnois. La ville est définitivement rendue à la France après le traité du Cateau-Cambrésis en 1559.
En 1592, Henri IV prend la ville. (Gravure ci-contre la ville en 1680).
De 1790 à 1795 Noyon est chef-lieu de district.

Noyon oise cpa gravure 1680

La Première Guerre Mondiale

Noyon a été occupé par les allemands de 1914 à 1917, puis de Mars à Août 1918.
En septembre 1914, la ville est prise lors de l'offensive allemande passant par la Belgique et se rabattant sur Paris. Après la bataille sur la Marne et lors de la course à la mer, le front se stabilise dans la vallée de l'Oise en aval de Noyon.
En mars 1917 : L'Armée allemande réduit son front entre Arras et Soissons et évacue Noyon.
Lancée le 21 mars 1918, le flanc Sud de l'Offensive Michael conduit les troupes allemandes à Noyon. La ville est à nouveau prise par les forces allemandes (bataille du 23 au 25 mars). Les violents combats à proximité du Mont-Renaud (du 26 au 30 avril) entraîneront sa destruction par bombardement par les Français eux-mêmes afin de limiter les capacités logistiques allemandes. La bataille sur le Mont-Renaud sera rude afin d'y barrer la route de Paris par la vallée de l'Oise et de conserver un point d'observation sur la région. Une photo d'archive montre, fin août 1918, la colline du Mont-Renaud totalement dénudée, ne laissant paraître des arbres que les troncs noircis, totalement démunis de leurs feuilles et branches. Le château a disparu.
Le 30 août 1918 : la ville de Noyon sera définitivement libérée lors de l'offensive de libération alliée de l'été.
De cette époque, François Flameng, peintre officiel de l'armée, a laissé de nombreux croquis et dessins de ces lieux qui parurent dans la revue l’Illustration « Le récit 1917 ».
Pour la seule ville de Noyon,on compte : 151 morts pour 7 277 habitants en 1911 (soit 2,1% de la population).
En hommage aux 26 enfants de la commune morts au combat, un monument aux morts en granit gris de Bretagne taillé finement surmonté de la statue d’un Poilu dans la tranchée. Croix de guerre et couronne en bronze sont dédicacées sur la partie polie et les noms des victimes militaires sont inscrits en lettres gravées et dorées sur deux panneaux de marbre blanc. D'abord édifié près de l'hôtel de ville le 24 août 1924, il sera déplacé en 1930, près de l'Eglise.

La nécropole militaire française a été créée le 19 juin 1919, elle est érigée en cimetière national en 1922 et a reçu les corps des cimetières provisoires de Noyon, Tirlancourt, Guiscard, Pont-l’Evêque, Passel, Pontoise, Appilly, Bussy, Porquéricourt, Canny-sur-Matz, Lassigny, Chiry-Ourscamp, Brétigny. Elle contient 1022 tombes, 2 ossuaires contenant 699 corps, 1 tombe de victime civil, 1 tombe ‘’In mémoriam’’ et 4 tombes de la guerre 1939-1945.

La Seconde Guerre Mondiale

Noyon oise 1939 1945 plaque place cordouenVille martyre durant la Première Guerre mondiale, Noyon détruit à 90% connaîtra une longue reconstruction encore inachevée à la veille de la Seconde Guerre Mondiale. Encore meurtrie par ces blessures, la ville sera de nouveau martyrisée en 1940 et 1944.
La bataille de Noyon se déroule le 7 juin 1940 jusque dans les rues de la ville. Le soir, la ville est occupée par les Allemands qui, cependant, ne parviennent pas à encercler les deux divisions françaises engagées dans le canal de Saint-Quentin. Le 9 juin, de violents combats ont lieu avant la retraite de l'armée française.
A Noyon, peu de traces de cette la bataille. Seule, sur un mur de la Place Cordouen, une plaque évoque le sort du 1er bataillon de chars. Dix chars seront détruits ce jour-là, 13 hommes d'équipage tués, 5 blessés et prisonniers, un prisonnier indemne et un rescapé. Aucune victime civile ne sera à déplorer, l’exode massif des habitants durant le mois de mai et l’évacuation de juin ayant épargné de nombreuses vies. Les dévastations sont pourtant grandes et de nombreux quartiers ont soufferts. Au retour des premiers Noyonnais, courant juin 1940, les troupes d’occupation réquisitionneront les hommes valides pour le nettoyage des rues et la remise en état des infrastructures.
Noyon connaîtra de nombreux bombardements aériens notamment à partir de 1943 ainsi que des attentats par la Résistance locale. La gare sera le principal objectif des raids alliés, notamment lorsque des convois d’armements ou de carburant seront signalés. Outre ces bombardements aériens, Noyon connaîtra de nouveaux bombardements d’artillerie lors des combats pour la libération de la ville les 1er et 2 septembre 1944, par la 3e armée américaine de George Patton. La ville est libérée après quelques combats au Mont-Renaud.
La ville de Noyon a reçu la croix de guerre 1939-1945.

Personnalités liées à la commune

Guillaume d'Ercuis (1255/1314), notaire royal, chanoine de Laon, Noyon, Senlis, Mello, Marchais et Reims, archidiacre de Laon et de Thiérache, aumônier du roi Philippe III de France (1245/1285) dit Philippe le Hardi. Il est aussi précepteur et familier du futur roi Philippe le Bel (1268/1314) et propriétaire terrien.

Étienne Aubert (1282/1362), né en Corrèze est promu à l'évêché de Noyon, en 1338. Jean-Pierre Besse précise dans son livre « Chantilly et Noyon » : Si le passage du futur pape Innocent VI sur le siège épiscopal de Noyon fut bref, il n'en honora pas moins grandement le diocèse de saint Éloi. Deux ans plus tard en 1340, il est appelé au siège de l'évêché de Clermont d'Auvergne.
Il succède à Clément VI, à Avignon, pape de 1352 à 1362 sous le vocable d’Innocent VI.

Calvin jeanJean Calvin (1509/1564), né Jehan Cauvin à Noyon, fut un important réformateur, un théologien et un pasteur emblématique de la Réforme protestante du XVIème siècle, notamment pour son apport à la doctrine dite du calvinisme (portrait ci-contre).

Pierre Tempête (XVIème siècle), régent du collège de Montaigu, qualifié par Rabelais de fouetteur d'enfants, puis chanoine de Noyon.

Paschal de l estocartPaschal de L'Estocart (1537/1587), né à Noyon d’une famille noble, est un compositeur français (portrait ci-contre) contemporain du réformateur Jean Calvin. Toute la musique connue de Paschal de L’Estocart tient dans 5 livres, tous imprimés à Genève en 1582 et 1583 et ne figure dans aucune autre source. Elle est exclusivement sacrée ou spirituelle. Il tenait à ce que l’harmonie et la mélodie reflètent le sens du texte, faisant de lui un musicien assez italianisant, encore que son inspiration essentiellement huguenote donne à ses œuvres une gravité constante.

Jacques sarrazinJacques Sarrazin (1592/1660) sculpteur français, né à Noyon (portrait ci-contre). Il épouse en 1631 la nièce du peintre Simon Vouet, sous la direction duquel il travaille pendant une dizaine d'années. Après la Fronde, il participe aux travaux du Palais du Louvre dont il dirige la décoration de 1639 à 1642. En 1648, il est l’un des cofondateurs de l’Académie royale de peinture et de sculpture, qu'il dirige de 1654 à 1660.

François de Maucroix (1619/1708), né à Noyon, ami de longue date de La Fontaine, il monte à Paris pour suivre des études de droit, prépare l'entrée au barreau mais se prend d'intérêt pour les lettres. Il entre au service de Monsieur de Joyeuse en tant que jurisconsulte, poète, musicien, précepteur de sa fille Henriette.
Se lançant dans la politique il prit le parti de la Fronde. Il est ordonné prêtre et en 1647 achète une prébende de canonicat. Il restera chanoine à Reims jusqu'à sa mort, ce qui ne l'empêche pas d'être un homme de salon. En 1661, Nicolas Fouquet l'envoie en mission à Rome pour tenter de rapprocher le roi et le pape. La disgrâce de Fouquet met fin à cette mission.
En 1681, il est député du clergé à l'Assemblée convoquée par le roi, il en sera le secrétaire général, pour régler l'Affaire de la Régale. Il accomplit un grand travail de traduction : Cicéron, Démosthène, Platon, les Homélies de saint Jean Chrysostome et se trouvait dans les groupes des Anciens.
La Fontaine et Maucroix se sont influencés réciproquement, et c'est à lui que La Fontaine adresse la première fable du livre III, Le Meunier, son fils et l'âne. Il devient avocat. En 1685, paraissent les Ouvrages de Prose et de Poësie des SSrs de Maucroy et de La Fontaine.

Antoine gallandAntoine Galland (1646/1715) né dans une famille de petits paysans de la Somme, il fit toutes ses études secondaires à Noyon et y apprit le latin, le grec et l'hébreu (portrait ci-contre). Orientaliste, arabophone, spécialiste de manuscrits anciens et de monnaies, habitué de la Bibliothèque Royale, antiquaire du roi, académicien et, pour finir, lecteur au Collège royal, il fut même receveur de la gabelle du sel. La postérité a surtout retenu sa traduction des Mille et une nuits menée au début du XVIIIème siècle .

Antoine Henri de Bérault-Bercastel (1722/1795), mort à Noyon, est un religieux, chanoine d’Ourscamps, historien de l'Église et poète français.

François Joseph Alexandre de La Fons, baron de Mélicocq (1802/1867), archiviste, archéologue et naturaliste, issu d'une famille anoblie en 1583, par Henri III. Débarrassé des obligations et des soucis de l'activité professionnelle par sa fortune familiale, il consacra sa vie à deux sciences : la botanique et l'histoire des départements septentrionaux de la France. Durant la Restauration, il intègre l'École de Saint-Cyr qu'il dut quitter pour des raisons sanitaires. Jusque vers 1830, il habita Noyon. Après la Révolution de juillet il se retira chez une de ses tantes au château de Cuiry-lès-Iviers dans l'Aisne, puis vers 1840  s’établit à Douvrin dans le Pas-de-Calais. Dans les années 1850, il s'installe à Lille durant 6 ans et en 1857 achève sa vie à Raismes.

Charles ernest noelCharles Ernest Noël (1847/1930) Ingénieur de l'École centrale en 1870, il est cette même année mobilisé comme officier et participe à la guerre franco-allemande, pendant laquelle il est fait prisonnier. À sa libération, il travaille aux chemins de fer de Turquie d'Europe, puis en 1875 devient directeur d'une usine chimique à Noyon (Oise). Il entre en politique en 1886, lorsqu'il est élu conseiller général de l'Oise. En 1888, il devient maire de Noyon. Il entre au Palais Bourbon en 1893 et siège parmi les républicains modérés.
Réélu en 1898, il est battu de justesse en 1902 par Auguste Bougon un nationaliste anti-dreyfusard. Cette élection étant contestée, et invalidée, il se représente à l'élection partielle qui suit, et retrouve son siège de député. Il est, pendant cette législature, Président de la Commission des douanes. En 1904, il devient Président du Conseil général, fonction qu'il conserve jusqu'à sa mort, en 1930.
En janvier 1906, il est élu sénateur de l'Oise. Au Palais du Luxembourg, il siège au sein du groupe de la Gauche démocratique.
Au début de la Première Guerre mondiale, il décide de rester à Noyon, qui est occupé par les troupes allemandes dès le mois d'août 1914. Sa résistance à l'occupant lui vaut d'être arrêté, puis envoyé comme prisonnier à Singen. La Légion d'honneur récompense cette attitude en 1917. Il n’est libéré qu'en 1916, et reprend son siège de sénateur, il est réélu en 1920 (photo ci-contre).

Joseph porchire pinchonBecassineJoseph Porphyre Pinchon (1871/1953) est un illustrateur français, pionnier de la bande dessinée et précurseur de la ligne claire (photo ci-contre). Son frère est le sculpteur Émile Pinchon (1872-1933). Il se met à la peinture dès son plus jeune âge et décide de se tourner vers l'illustration pour la presse en 1904, travaillant dans Le petit journal illustré de la jeunesse. L'année suivante il crée le personnage comique de Bécassine, dans La semaine de Suzette. À partir de 1913, sur des textes de Caumery, Bécassine vit des aventures "à suivre", ensuite publiées en albums. Pinchon dessine jusqu'à sa mort les aventures de cette bonne bretonne montée à Paris. Né à Amiens, sa famille s’installe à Noyon en 1887 et dans le village voisin de Clairoix, lieu de villégiature familiale .

Henry Jacques Hardouin, (1891/1957), écrivain de guerre, passa son enfance à Noyon au château du Marquais.

Jacques ramadeJacques Ramade (1928/2013) né à Noyon, chansonnier, humoriste et acteur français (photo ci-contre). Il fut aussi chroniqueur dans les émissions de Laurent Ruquier.

Lucien Arnette (1878/1956) est avocat à la cour d’appel de Paris. En 1904, il épouse la noyonnaise Marie-Thérèse Delacharlonny. Il s’anoblit en décomposant le nom patronymique de sa femme. Docteur en droit, il choisit comme sujet de thèse « De la responsabilité des propriétaires d’automobiles ». Fervent défenseur de la bicyclette et de l’automobile, il reçoit à Noyon son ami André Citroën qui envisage d’y construire une usine. Membre de la Société Historique et Archéologique, il s’intéresse à la vieille cité noyonnaise et fait paraître en 1905 un « Guide de Noyon et de ses environs ». Mobilisé en 1914, bien que simple Lieutenant, il est chargé de réorganiser le service de santé de la 4e Région Militaire. A son retour de guerre, il part vivre à Aix-en-Provence, sa demeure noyonnaise (l’hôtel Arnette de la Charlonny, voir texte ci-dessous) ayant été endommagée par les bombardements. Après son décès, le 25 décembre 1956, son fils Louis Arnette, sa belle-fille Yvonne Des Grées Du Lou et leurs enfants seront les derniers propriétaires privés de son l’hôtel particulier de Noyon.

Patrimoine

L’enceinte de fortification
Elle a été probablement construite vers 1175. Une importante modernisation, remparage et reconstruction partielle eut lieu dans la 1ère moitié du XVIème siècle. Vers 1553, un ouvrage d'artillerie, appuyé sur le côté Nord-Est de l'enceinte est construit et à partir de 1591, une citadelle sur le flanc Ouest des fortifications à l'emplacement de l'ancienne abbaye Saint Eloi. La citadelle est démantelée vers 1625 et les autres parties des fortifications vers 1825.

L’hôtel de ville de Noyon
La première mention d’une maison de ville date de 1292 et elle se situait à la place de l’actuel hôtel de ville. Reconstruit plusieurs fois, de style Gothique Flamboyant, il donnait sur une cour à l’Est avec un puits et des bâtiments : une chambre pour les élections, la prison et des halles au Nord et au Sud.
En 1480, cette maison est très délabrée et la commune décide de la reconstruire. C’est l’architecte : Matthieu Réaulme qui dirige les travaux de 1485 à 1520. On peut encore admirer ce corps de logis en style gothique flamboyant comme beaucoup d’hôtel de ville picards. La façade occidentale est richement ornée de bandeaux entre le rez-de-chaussée et l’étage ou se mêlent des animaux domestiques et sauvages dans une verdure foisonnante de choux frisés et grappes de raisin, thème courant dans les enluminures et les tapisseries de l’époque. Le premier étage est scandé par une série de neuf niches comportant les statues des 9 preux, symboles de l’esprit chevaleresque médiéval, choisis dans les 3 lois (païenne, juive, chrétienne) : Hector, Alexandre et César ; Josué, David et Judas Macchabé ; Arthur, Charlemagne et Godefroy de Bouillon. Une sorte de marquise et une bannière en cuivre portant les armoiries de la ville, aujourd’hui disparues, complétaient ce décor flamboyant et symbolique.
On accédait à la cour orientale par une porte cochère où se trouvait la chambre du conseil, la chambre de l’audience, le trésor, la prison, la chapelle et des halles.
En avant de ce bâtiment, se trouvait le beffroi, se dressant fier comme le symbole du pouvoir des bourgeois sur la place du grand marché, du côté de la rue des Boucheries. Détruit dans l’incendie de 1293, il est reconstruit en matériaux léger vers 1310 puis en pierre en 1328. Massive structure carré, il renfermait une prison, des latrines et une chambre. Une lampe, deux cloches et une horloge finissaient de l’orner.
En 1552, cet ensemble brûle ; si le corps de logis est restauré, le beffroi ne fut jamais reconstruit. Il faut alors attendre 1689 pour que des travaux modifient sensiblement l’hôtel de ville. Pierre Binard est chargé de sa reconstruction dans un style classique. L’actuelle porte cochère date de cette époque ainsi que de nombreux ajouts au premier étage : l’entablement, les balustrades, les lucarnes, les cinq oculi, les pots à feu à décor à godron et le fronton hémicirculaire. C’est aussi à cette occasion que l’on crée un campanile.
La Révolution sera une période de destruction : les décorations trop royalistes ou religieuses sont bûchées ou anéanties. C’est pourquoi au XIXème siècle, Selmershiem, architecte des monuments historiques, propose un projet de restauration pour rendre l’édifice tel qu’il était au Moyen-âge mais jugé trop onéreux et trop peu fidèle, ce projet ne fut jamais réalisé.
Par les bombardements de 1918, l’hôtel de Ville est fortement touché : outre la restauration du corps de bâtiment XVIème siècle avec ses décorations, la construction de nouveaux bâtiments administratifs est prévue de part et d’autres du bâtiment. La charpente du corps de logis est refaite en béton, comme celle de la cathédrale et le nouveau toit en ardoise. L’ensemble comprend aussi une maison du XVIIIème siècle.
A l’intérieur on trouve quatre bas reliefs monumentaux en plâtre exécutés par Emile Pinchon (frère du créateur de Bécassine) à l’occasion de l’exposition coloniale de 1931. Au pied de l’escalier menant à l’étage trône la statue de Jacques Sarazin, sculpteur du XVIème siècle, né à Noyon, et auteur notamment des Cariatides exposées au musée du Louvres à Paris. Le salon d’honneur de l’Hôtel de Ville abrite l’Evangéliaire de Morienval, précieux manuscrit carolingien.
En 1935, la ville décide de démolir deux maisons des XVIIème et  XVIIIème siècles, collées au corps de logis XVIème siècle afin d’agrandir la place ce qui provoque la colère des Beaux-Arts et le déclassement de l’hôtel de ville (classé en 1875) jusqu’en 1998 où il est inscrit sur l’inventaire des Monuments Historiques. En 2004, l’ensemble est à nouveau classé.

Noyon oise cathedrale evangeliaire de morienvalL’Evangéliaire de Morienval
Prestigieux manuscrit de l’époque carolingienne, l’évangéliaire de Morienval a été réalisé au IXème siècle, à l’abbaye de Hautvillers, dans la vallée de la Marne. Conservé à l’abbaye de Morienval depuis le XIIème siècle, il a été acheté par la fabrique de la cathédrale de Noyon en 1868, au hasard d’une visite chez un antiquaire-brocanteur, à Compiègne. Aujourd’hui propriété de la ville de Noyon, il est inscrit à l’inventaire des Monuments Historiques et figure parmi les manuscrits les plus précieux.
Le manuscrit est composé des tables de concordances des Evangiles, elles constituent la partie la plus remarquable de la décoration, formée d’arcs retombant sur des colonnes marbrées à chapiteaux inspirés du style byzantin. Les angles supérieurs sont décorés de scènes du quotidien ou s’inspirent de fables comme le corbeau et le renard. Chaque évangile, écrit en belle caroline, est précédé d’une magnifique lettre peinte en pleine page et de l’évangéliste représenté en écrivain inspiré.
Vraisemblablement réalisée au Xème siècle, la reliure est certainement l’une des plus belles et des plus originales du Moyen-âge. Chaque plat repose sur un ais de bois recouvert de basane rouge et d’une plaque de corne, l’ensemble est bordé d’un cadre d’ivoire à entrelacs. Au centre, un carré sculpté sur de l’ivoire, représente le Christ dans une auréole, entouré de Saint Pierre et de Saint Paul. Quatre autres plaques plus petites évoquent les symboles des évangélistes. L’aigle de Saint Jean a disparu.
Le plat inférieur est décoré de la même façon, cependant, la plaque centrale représentant la crucifixion est entourée de quatre cavités destinées à servir de reliquaires. Il est visible à la bibliothèque.

L’Hôtel Arnette de la Charlonny
Une maison à l’enseigne du Grand Treillis est attestée dès 1388. Ce nom proviendrait des grilles entrelacées qui protégeaient les fenêtres. Elle est détruite lors du premier sac de Noyon de 1552. Le terrain est ensuite divisé et occupé par plusieurs petits logements ou boutiques. Il existe notamment une maison à l’enseigne le Dieu de Pitié  bâtie à l’angle des rues Saint-Maurice (de Paris) et de la Poissonnerie (des Tanneurs). Deux autres propriétés sont également identifiées le long de la rue de la Poissonnerie : la maison des maîtres de poste puis la maison dite du Pont-Rouge  appartenant au sieur Achez, curé de Saint-Jacques. Vers 1770, Louis Charles Aubrelicque de Ronquerolles, avocat au parlement, achète les maisons de la rue de Paris et de la rue des Tanneurs, à l’exception de celle du Dieu de Pitié. Sa propriété s’agrandit encore par une délibération du corps de Ville (maire et échevins) du 21 janvier 1772 qui lui abandonne le bassin à poissons. Ce bassin, attesté dès l’année 1260, était alimenté par un bras de la rivière Verse puis se déversait dans un abreuvoir destiné aux chevaux. Il a pour charge de combler le bassin et d’assurer l’alimentation en eau propre de l’abreuvoir. Dans le même temps, il démolit la maison des maîtres de poste et fait bâtir son hôtel vers 1772-1773.
L’édifice présente une disposition classique, avec corps de logis principal entre cour et jardin. Les deux ailes en retour d’équerre (plan en U) forment la cour d’honneur dont le caractère monumental est renforcé par l’absence d’ornements et la sévère modénature des façades, seulement animées par des pilastres colossaux à refends. Du côté du jardin, l’avant-corps central est souligné par un perron et par un fronton triangulaire.
Au cours du XIXème siècle, l’hôtel change plusieurs fois de propriétaire. La modification la plus importante, antérieure à l’établissement du cadastre de 1832, concerne l’aile droite, prolongée d’un bâtiment d’un seul étage. Quelques mois avant la déclaration de guerre de 1914, le propriétaire Lucien Arnette rajoute un second étage à ce bâtiment mais n’a pas le temps de réaliser les aménagements intérieurs.
Du 26 au 28 août 1914, l’hôtel est le siège temporaire de l’Etat-Major du Maréchal John French, commandant en chef de l’armée britannique. Le 30 août 1914, l’armée allemande entre dans Noyon et son Etat-Major s’installe également dans l’hôtel transformé en Kommandantur. Le mur de l’hôtel, côté rue des Tanneurs, porte encore une inscription en allemand : « Entlautzung Zentrum für Menschen » (centre d’épouillage pour humains). En mars 1917, avant leur retraite, les allemands dynamitent les rues et, comme tout le quartier, l’édifice subit une inondation. Durant la bataille de Noyon de mars à septembre 1918, l’hôtel est endommagé par les bombes mais ne brûle pas. En revanche, l’épicerie buvette d’Eloi Liégeois, installée dans l’ancienne maison du « Dieu de Pitié » est détruite.
A l’issue de la guerre, les dommages subis par la famille Arnette sont de nature diverse et Lucien Arnette peut prétendre au versement d’une indemnité de 18 000 Francs pour l’occupation de son hôtel par les allemands pendant 3 ans. Si une partie des valeurs bancaires (bons, actions, obligations) et des objets précieux est restituée à Lucien Arnette en avril 1919, la destruction des biens mobiliers demeure néanmoins considérable puisque l’estimation des dégâts s’élève à 168 751 Francs. La déclaration de dommages de guerre, établie le 21 mars 1920, comprend une liste d’objets disparus ou détériorés longue de 42 pages, cet inventaire reflète la richesse de l’ameublement de l’hôtel à la veille de la guerre.
L’architecte-expert, désigné par le Préfet, dresse le procès-verbal de constat de dommages de guerre, répertorie et localise précisément les dégâts : brèches et trous dans les maçonneries, fenêtres et portes ôtées, cheminées arasées, fermes de charpentes brisées, gouttières arrachées, ardoises enlevées, revêtements de murs détériorés… il faut combler la cave de la maison détruite, niveler le sol, refaire un mur d’enceinte, réparer le second étage de l’aile droite dans lequel s’ouvre un trou béant… Le constat de dégradation s’étend également aux deux jardins de l’hôtel  et aux monuments funéraires du cimetière. Le devis estimatif des travaux s’élève à 290 511 Francs. Les travaux de gros-œuvre sont réalisés en 1920. La destruction de la maison d’Eloi Liègeois permet à Lucien Arnette d’acquérir le terrain et d’agrandir ainsi la cour. Le mur d’enceinte est refait. Les travaux de reconstruction sont également l’occasion d’améliorer l’ornementation de l’hôtel : le balcon de l’aile droite et le fronton triangulaire de la façade sur jardin s’ornent à cette époque d’un décor sculpté.
Inscrit à l’inventaire supplémentaire des Monuments Historiques le 14 avril 1951, l’hôtel est racheté par la municipalité en 1983 pour y abriter le Conservatoire de musique Pascal de l’Estocart.

La cathédrale Notre-Dame de Noyon
Quatre cathédrales ont été construites avant l'actuelle. La cathédrale romane  dans laquelle Charlemagne puis Hugues Capet ont été couronnés, fut ravagée par un incendie en 1131. Le chantier de l'actuelle Notre-Dame de Noyon débute par la construction des chapelles rayonnante après 1150. Elle est chronologiquement la deuxième cathédrale gothique construite en France, après celle de Sens (1135) et avant celles de Laon et Paris.

Noyon oise ancienne bibliotheque plaqueLe quartier canonial
Il est encore aujourd'hui considéré comme l’un des plus complets du Nord de la France. Plusieurs bâtiments constituent ce quartier : les maisons des chanoines reconstruites aux XVIIème et XVIIIème siècles, la grande salle capitulaire édifiée sur un vaste cellier voûté d’ogives du XIIIème siècle et d’un grenier, l’officialité (prison et salle de justice), une petite salle capitulaire (actuelle sacristie et salle du Jubé), le bâtiment du trésor et enfin la bibliothèque ou librairie du chapitre, bâtiment en pan de bois porté par deux séries de poteaux qui fut construite à partir de 1506, une des plus anciennes bibliothèques conservées en Europe (photo ci-contre).

Le couvent, séminaire et collège des Ursulines
Il
est fondé en 1628. Il passe dans le domaine public en 1792 et est transformé en caserne puis en dépôt de mendicité de 1813 à 1820. En 1823, il devient un petit séminaire. De 1872 à 1873, une aile est reconstruite, en 1876 une autre aile avec une chapelle. En 1879, l’ancien cloître est détruit. En 1906, les séminaristes sont expulsés pour transformation en collège. Destruction partielle en 1918 et totale dans les années 1980.

L’Ecole des Frères des coles Chrétiennes (Garçons)
En 1853, les frères achètent l'ancien collège de Noyon voisin de leur établissement fondé au XVIIIème siècle. Avec l'aide de la ville de Noyon, ils construisent une nouvelle école de 1859 à 1863. En 1910,  la ville achète une partie des bâtiments. L’école est endommagée pendant la Première Guerre Mondiale et  est restaurée à l'identique.

L’hôtel dit Institution Notre-Dame a été construit vers 1770 et restauré après les dommages subis pendant la Première Guerre Mondiale, l'aile sur rue est entièrement du XXème siècle.

L’abbaye Saint Georges-Sainte Godeberthe-Saint Pierre et Saint Paul
Vers 650, don de l’oratoire Saint Georges à Sainte Godeberthe et fondation par la sainte d'une abbaye sous le vocable Saint Pierre et Saint Paul. A la fin du XIème siècle, don de l'église au Chapitre de la cathédrale. En 1257, l'église est citée pour la 1ère fois comme église paroissiale Sainte Godeberthe. Destruction totale à l'époque révolutionnaire.

L’abbaye Saint Barthélémy
C'est le
pensionnat des chanoines réguliers de Saint-Augustin, des génovéfains, des sœurs de Saint-Thomas de Villeneuve.
La première abbaye est fondée en 1064, hors les murs, pour des chanoines réguliers de Saint-Augustin. Après sa destruction en 1552, construction d'une nouvelle abbaye et adoption de la Réforme de Sainte Geneviève de Paris.  Elle est reconstruite à partir de 1678. Les travaux de l’église abbatiale, commencée en 1708,  durent tout le XVIIIème siècle.  L'église est détruite pendant l'époque révolutionnaire. De 1799 à 1865, les  locaux sont occupés par un collège de garçons puis en 1865 s’installe le pensionnat des dames de Saint-Thomas-de-Villeneuve.  Un agrandissement, avec en particulier la construction d'une chapelle, est fait durant la seconde moitié du XIXème siècle.  En 1918, destruction partielle puis disparition totale après la Seconde Guerre Mondiale

Noyon oise cpa abbaye de benedictins saint loup gravureL’abbaye de Bénédictins Saint Loup-Saint Eloi (gravure ci-contre), est fondée en 645 par Saint Eloi, sous le vocable de Saint Loup. La première église documentée est construite à partir de 1207, le chœur est achevé en 1240. Destruction partielle en 1591, lors de la prise de la ville par Henri IV puis destruction totale et reconstruction sur un autre emplacement à partir de 1649. Plusieurs chapiteaux de l'abbaye du XIIIème siècle sont conservés dans plusieurs édifices de Noyon.    

L’église paroissiale Saint Hilaire
La paroisse est mentionnée en 1158. L'église est vendue comme bien national en 1791 puis la toiture s'étant écroulée en 1850, elle est tombée en ruine ; ce qu'il en reste semble dater du XVIème siècle.  L'édifice se composait d'une nef plafonnée, d'un chœur à chevet plat et de 2 chapelles latérales, Sainte Marie fondée en 1438 et Saint Marcoul.

L'église paroissiale Sainte Marie-du-Mur, Sainte Madeleine
A l'origine était la chapelle du château Corbault, castrum du Bas-Empire, l’église comporte des parties des XIIème, XVIème et XVIIIème siècles. Elle fut érigée ensuite en église paroissiale au vocable Sainte-Marie-du-Mur à une date inconnue. Citée dans les textes pour la première fois en 1232, elle fut rebâtie en 1710  puis vendue à la Révolution, seul son clocher fut démoli. L'église actuelle comprend deux absides : une abside orientale remontant au XVIème siècle, accostée par des bas-côtés de la même époque et une abside, ou chapelle Nord, du XVIIème siècle, dont le 1er étage reçut un décor mural en gypserie à la fin du XVIIIème siècle. Cette partie de l'église fut transformée en habitation après la Révolution.

L’église paroissiale Saint Germain-de-Paris
Primitivement chapelle de l'hôpital Saint Germain, elle est érigée en paroisse au XIIIème siècle. L'édifice est reconstruit au milieu du XVème siècle. Les ruines conservées datent du XVIIIème siècle, la nef ayant été reconstruite en 1740 et le chœur en 1758. En 1791, elle est vendue comme bien national puis transformée en maison ; elle est presque entièrement détruite pendant la Première Guerre Mondiale.

L’église paroissiale Saint-Pierre
Sa construction est située grossièrement entre le XIIIème et le XVIème siècle. Elle s’écroule en 1779 et disparait totalement  à l'époque révolutionnaire.

Le Moulin à tan et scierie du Coizel
Les bâtiments de ce moulin, d'abord destinés à la mouture de blé sont construit au début du XIXème siècle, sur le site d'un précédent mentionné en 1195. En 1830, il est transformé en moulin à tan et scierie. L'activité de l'usine cesse avant 1914, et les bâtiments composant ce moulin sont détruits au cours des bombardements de la Première Guerre mondiale, en 1918.

Le moulin à farine dit d'Appilly
Il est attesté en 1155, mentionné au XVIIème siècle comme dépendant de la seigneurie de Varesnes. Il était actionné par le ruisseau du Grandrû. Le moulin a appartenu à Jean-Louis Duprat de Barbançon (1809), au sieur Coquet (1851), puis au sieur Béguin-Cavallier (1864). Modernisé en 1830 notamment par l’installation d'une nouvelle roue hydraulique verticale. Probablement totalement reconstruit dans la seconde moitié du XIXème siècle et transformé en minoterie fonctionnant à l'aide d'une machine à vapeur (attestée par la cheminée). Il est connu par des cartes postales avant sa destruction au cours de la Première Guerre Mondiale. Seuls deux ouvriers y sont attestés en 1851. A l'époque, l'installation fonctionne pour la consommation locale. L'ensemble devient très important au début du XXème siècle et connaît une forte activité qui se poursuit jusqu'en 1914, date à laquelle les bâtiments sont en partie détruits. A la fin des années 1920, l'établissement subit un incendie qui lui sera fatal. La minoterie ne sera pas reconstruite.

Le moulin d'Andeux
Son existence est attestée à partir de 840, date du cartulaire du chapitre de la cathédrale de Noyon, dans lequel il est fait état de sa donation par Louis le Débonnaire. De 1153 à la Révolution, il appartient à l'abbaye Saint Eloi de Noyon. A partir du XVIIIème siècle, sa destination est clairement mentionnée comme moulin à farine. Vendu ensuite comme bien national, il appartient en 1815 au meunier Nicolas Lecuru, qui, entre 1816 et 1821, réalise plusieurs travaux modifiant la roue à aubes. En 1834, l'édifice est reconstruit et adopte un système de meunerie à l'anglaise. Avant 1911, les bâtiments, appartenant à Firmin Deschiron, sont entièrement réaménagés, voire reconstruits et transformés en minoterie. Détruit en 1918, le bâtiment principal est reconstruit en 1921. Repris avant 1940 par la Société immobilière et industrielle de la Région Parisienne, les bâtiments abritent une conserverie lors du rachat en 1945 par la société Boursier. L'activité cesse vers 1980 et les bâtiments sont entièrement détruits en 1988.

Le moulin d'Huez
Situé au passage de la Verse, un premier moulin destiné à la mouture de grains est attesté en 840. Jusqu'à la Révolution, il appartient au Chapitre de la cathédrale de Noyon. Le moulin actuel est construit à cet emplacement entre 1825 et 1828. Il est d'abord équipé de deux roues hydrauliques verticales que son propriétaire, Médard Descamp, remplace par une seule, plus importante. A la fin du XIXème siècle, la force motrice hydraulique étant devenue insuffisante, la minoterie est équipée d'une machine à vapeur avec sa cheminée. Il subit quelques dommages au cours de la Première Guerre Mondiale. Le bâtiment initial est complété en retour de la façade postérieure, d'un atelier en shed. Il cesse son activité en 1963.

La Place du marché et la Fontaine du Dauphin
Elle est située devant l’Hôtel de Ville et construite en 1769/1770 à l'initiative de Charles de Broglie, évêque de Noyon. Elle commémore le mariage du Dauphin, futur roi de France Louis XVI et de Marie-Antoinette et l'alliance entre la France et l'Autriche. Une partie du décor est détruit à l'époque révolutionnaire et reconstruite à la fin du XIXème. Elle subit des mutilations pendant la Première Guerre Mondiale et une très importante restauration entre 1920 et 1925.

L’Hôtel-Dieu des Augustines
Il est
fondé au XIIème siècle, et tenu à partir de 1640 par des Augustines, probablement à l'origine de la reconstruction de presque tous les bâtiments, dont le cloître. Au XIXème siècle, d'abord hospice, l'hôtel-Dieu est acheté par la ville en 1855 pour être transformé en école et en maison de Charité. De l'hôtel-Dieu, il ne reste plus que le cloître du XVIIème siècle, tous les autres bâtiments ont disparu lors de la Première Guerre Mondiale. Restauré  dans les années 1980, c’est actuellement un lieu d’exposition consacré au patrimoine.

L’hôpital Général
Il est fondé en 1657. En 1671, un grand corps de logis est construit et  en 1683, une autre aile et la chapelle. Entre 1723 et 1725, d’importantes réparations ont lieu et des travaux d'agrandissement. Reconstruction de 1774 à 1776 et construction d'une aile nouvelle en 1873. Destruction partielle en 1918, puis totale en 1939/ 1944.

Le musée Jean Calvin, construit entre 1927 et 1930, à l'initiative de la Société de l'histoire du protestantisme français sur l'emplacement de la maison où est né Jean Calvin le 10 juillet 1509. Cette maison natale, détruite pendant les guerres de la Ligue a été remplacée par une nouvelle maison, elle-même détruite pendant la guerre 1914/1918. La thématique du musée s’établit autour de la personnalité de ce réformateur, né le 10 juillet 1509 à Noyon. Il est également abordé l’histoire des guerres de religions ainsi que la période du "désert" au sein de la communauté protestante française.
Le musée compte également de rares imprimés du XVIème siècle évoquant l’histoire du protestantisme aux XVIème et XVIIème siècles : placard contre la messe de 1534, Bible d’Olivétan de 1535, édition originale de l’Institution chrestienne de 1536 ainsi que des gravures et des peintures illustrant la vie de Jean Calvin.

L’ancien palais épiscopal, l'abbaye Saint-Benoit,  abrite aujourd'hui le musée du Noyonnais
L'abbaye Saint-Benoit,espace au Sud de la cathédrale, était affecté à l'évêque dès le VIIIème siècle.  Entre 1175 et 1200, l'évêché est reconstruit, il reste, de cette époque, la chapelle dédiée à Saint Nicolas achevée en 1183. De 1521 à 1525, une partie du logis est reconstruite, puis à partir de 1630, l'aile en retour d'équerre du logis. Jusqu'à la fin du XIXème siècle, logis et chapelle communiquaient directement avec la cathédrale. De 1884 à 1886, destruction volontaire des trois dernières travées de l'aile du XVIIème siècle et de la partie Ouest de la chapelle dans le but de dégager la cathédrale. L'ensemble est très endommagé en 1918, la chapelle n'est que consolidée, tandis que le logis est entièrement reconstruit de 1923 à 1939. La zone empierrée correspond à la maçonnerie du rempart gallo-romain. Les deux doubles fenêtres obturées de briques sont les seuls vestiges du palais épiscopal du XIIème siècle. L’abside de la chapelle montre encore ses baies à double lancettes surmontées d’un oculus, caractéristiques de l’art gothique naissant.
Le logis abrite depuis 1930 le musée du noyonnais, musée d’art, d’archéologie et d’histoire depuis la période gallo-romaine (1er siècle avant JC) à nos jours : Evocation de la vie quotidienne gallo-romaine (objets métalliques, céramiques, stèles funéraires…), affirmation d’une élite brillante (très rare jeu d’échecs du XIème siècle), coffres de la fin du XIIème aux XVIIème siècles, provenant du trésor de la cathédrale, ainsi qu’une riche collection de peintures orientalistes de Joseph-Felix Bouchor (1856-1937).

Le monument aux morts a été construit vers 1924 et la nécropole en 1919.

Le Bureau de Poste se trouvait, au XIXème siècle, rue de Grèce, il est ensuite installé rue Paul Bert dans l'ancien petit séminaire. Un nouvel édifice est construit de 1910 à 1913. Destruction totale en 1985.

Le théâtre construit entre 1905 et 1908 est très endommagé en 1918 et reconstruit.

Le château du Marquais
I
l est situé rue d’Orroire. Henry Jacques Hardouin y passa son enfance. Il fut détruit durant la Première Guerre Mondiale.

Les abattoirs communaux
Ils sont construits au cours du Second Empire sur une parcelle donnant sur le boulevard extérieur de la ville, établi après 1845, à la suite du démantèlement des fortifications et des portes de la ville. Les bâtiments sont exécutés vers 1858. En 1883, une bascule est installée à l'entrée de l'abattoir.

Agriculture et industrie

La vigne y fut longtemps cultivée. Au Moyen-âge, le terroir le mieux adapté à la vigne fit choisir Noyon comme siège épiscopal plutôt que Saint-Quentin. À la fin du XVIIème siècle, Noyon produisait 5 000 pièces de vin de 216 pintes de Paris. Vers 1850, 124 vignerons en cultivaient 62,02ha sur le territoire de la commune où on comptait encore 26 tonneliers et 5 marchands de vin. La production annuelle était encore de 340 000 litres, à Noyon on en consommait alors 13 500 litres. La vigne y était cultivée en hautains ou en fosses sur échalas. Les vendanges s'effectuaient le plus souvent début octobre. On trouve encore aujourd'hui de nombreuses traces de cette culture dans la dénomination des lieux-dits et des voiries de la commune (Vinottes, Berceau-Roger, Vigne-aux Moines…)

La fonderie Edmond Denis, fut reconstruite après la guerre de 1914-1918 et se transforma en sidérurgie jusqu'à sa fermeture en 1967.

La fonderie de bronze et robinetterie Muller et Roger est d'abord créée en 1888 à Paris. Par l'accroissement de sa production et sous l'impulsion d'Ernest Noel, sénateur maire de Noyon, elle s'installe également dans cette ville en 1899. La nouvelle usine est construite sur un terrain de 5ha, relié à la gare de la Compagnie des Chemins de Fer du Nord et à la ligne d'intérêt local Noyon-Ham. Un ensemble de 30 maisons ouvrières est construit en 1900 à proximité de l'usine. Entre 1914 et 1917, la fonderie est occupée par les Allemands, puis endommagée au cours de la bataille de Noyon en 1918. Les grandes halles de fabrication et les pavillons d'entrée sont conservés et les autres bâtiments industriels sont reconstruits à l'identique. En 1920, l'activité de l'entreprise se tourne vers la fabrication de baignoires en fonte émaillées et porte la nouvelle raison sociale Fonderie et Emaillerie de Noyon, puis Société Générale de fonderie, puis Jacob-Delafon. En 1940 et 1944, l'usine fait l'objet de plusieurs bombardements détruisant plusieurs bâtiments industriels. En 1945, l'usine entreprend un grand plan de modernisation et d'extension. Vers 1960, le site est repris par le groupe américain Kohler, mais conserve le nom de Jacob Delafon. En 1927, la production est de 50 baignoires/jour, en 1937 elle passe à 130 unités et en 1950 atteint 1000 unités/jour. En 1900, l'usine emploie 300 salariés et en 1962, plus de 500 salariés. L’usine Jacob-Delafon-Kohler ferme en 2009.

D’autres usines ferment  dans les années 2000 : Ronéo Samas en 2004, Rigida Van Schotorst en 2009 et Brezillon, devenu filiale de Bouygues, est relocalisée à Compiègne en 2012. Par contre, Abex Ferrodo, devenu Federal Mogul, s’est installé à Noyon en 1993 et Majencia, sur l'ancien site de Ronéo, est devenu leader en France dans son secteur en 2013 et emploie 210 salariés.

La briqueterie du Mont Saint Siméon est attestée au XVIIIème siècle par la carte de Cassini de 1755, ainsi que par un autre plan dressé 1776, sur lequel figure notamment une petite halle de séchage. L'établissement n'apparaît plus sur le plan cadastral dit napoléonien, levé en 1832 et il n'en n'est plus fait mention au XIXème siècle. La briqueterie actuelle, dite du Mont Saint Siméon remonte à 1935. Elle semble avoir été édifiée par l'entrepreneur François pour Bertrand Farcy. Elle est reprise par Marcel Mazet en 1945, qui poursuit l'activité jusqu'en 1997. Abandonnés et en mauvais état, les bâtiments industriels et la cheminée sont détruits après un arrêté de mise en péril pris en 1998.

Une briqueterie du XVIIème siècle estdécouvertedans le faubourg Saint Jacques, en périphérie Sud-Est de la ville médiévale. Deux dépotoirs, riches en céramique et en scories (déchets de réduction de s minerais de fer) datant de la fin du Moyen-âge indiquent la présence d’ateliers métallurgiques, mais aucune trace d’habitation ou de bâtiment.
Les archives de la fabrique de la paroisse mentionnent une briqueterie dans ce secteur en 1629. 2 fours (voire 3) ont été mis à jour. L’un des fours était un four dit « en meule » de type « klamp » ou « flamand », sans sole dont il ne restait que la chambre de cuisson mesurant 6,30m sur 5,30m. Ses parois en briques très dures et rouges étaient conservées sur 0,80m de hauteur. Un puits maçonné de pierre calcaire bien dressées se situait à une vingtaine de mètre du four et pourrait être lié à son fonctionnement.
Les fours à briques n’étaient souvent que des structures temporaires ne servant qu’à une seule cuisson. Mais une fournée pouvait permettre de cuire jusqu’à 200 000 briques d’un seul coup. D’après les calculs, ce four permettait de faire cuire 40 000 briques. Les cuissons avaient lieu l’été. On préparait les briques avant l’hiver : le limon étaient prélevé, travaillé avec de l’eau et des ajouts selon la qualité de la terre (paille, sable) pour éviter que la terre ne se brise en chauffant. On le laissait reposer tout l’hiver puis les briques étaient formées avec des moules à la taille voulue. Après séchage, les briques étaient placées dans le four en rangées superposées les unes sur les autres, formant une structure de plusieurs mètres de haut. On plaçait du charbon ou du bois entre les rangées de briques et on y mettait le feu. Des canaux étaient ménagés entre les rangées (2 pour le four 1, 3 pour le four 2) afin de permettre à la chaleur de se propager. La cuisson durait plusieurs semaines, avec un feu fort au début et doux en fin de cuisson.

Hameaux, lieux dits et écarts

Le Mont Renaud se dresse au Sud de la ville sur la route de Paris. Cette butte a une longue histoire et a vécu des heures tragiques. Occupée depuis le XIVème siècle par une chartreuse, dont une partie fut transformée en château en 1810 par M. Boileau de Moulaville, elle est devenue durant la Première Guerre Mondiale un point stratégique, théâtre de violents combats. Dès août 1914, la butte et son château sont occupés par les allemands, pillés et bombardés par les troupes françaises. Les allemands l’évacuent en 1917 lors de leur repli stratégique sur la ligne Hindenburg. Ils ne tardent pas à revenir, en mars 1918 et se heurtent à la résistance des troupes françaises solidement retranchées dans le château. Malgré plusieurs attaques, ils ne parviendront pas à franchir l’obstacle. Le château est complètement rasé et sera reconstruit vers 1930.

Le Mont Saint-Siméon, quartier situé au Nord-Est de la Ville, implanté sur les hauteurs de la ville, dans un cadre de verdure où s’étendaient autrefois les vignes, le quartier s’inscrit en limite de la zone urbaine, en marge du centre ville et des voies structurantes et jouxte la zone naturelle du Mont Saint Siméon, qui constitue un des repères majeurs de la cité noyonnaise.

Tarlefesse, Happlincourt, Poilbarbe

Evolution de la population

Noyon demo

Mes ancêtres de Noyon …

NaRichez gransard victorine 1issance/baptême :
PATERNOTTE Albert Elisé (hs) le 12 août 1868.

Union :
GRANSARD Elise Léonie Victorine (hs) et PATERNOTTE Albert Elisé (hs) le 19 avril 1893.

Décès/inhumations :
GRANSARD Elise Léonie Victorine (hs), épouse PATERNOTTE, le 3 novembre 1955. Elle était lingère en 1902.
RICHEZ Victorine (sosa 57G6), épouse GRANSARD, après 1926. Elle était journalière en 1868 et ménagère en 1887.
Sa photo ci-contre et sa signature en 1868.
PATERNOTTE Albert Elisé (hs) le 17 septembre 1953. Il était employé à La Poste en 1893, puis scieur, journalier, découpeur et chef scieur aux Ets Delaver.

Richez victorine 1868Domiciles :
GRANSARD François Jean Baptiste (sosa 56G6), RICHEZ Victorine et leur fille Louise (source : liste de recensement), de 1887 à 1891 au 2 Place Sarrazin (photo ci-dessous).
PATERNOTTE Albert Elisé (hs) et GRANSARD Elise Léonie Victorine de 1887 à 1955.

     Noyon oise cpa place sarrazin n 2 maison de francois jb gransard en 1891Noyon oise cpa place sarrazin2

                                        Noyon oise cpa place st eloi et bld sarrazin

     Noyon oise place sarrazin n 2 2  Noyon oise 4 place sarrazin en 2012

     
   

Date de dernière mise à jour : 08/04/2015